Posts Tagged ‘travailleuses du sexe’

Camille ne m’a pas demandé si je fakais de jouir avec les clients

février 2, 2019

(La réponse: non. Quand je jouissais, c’est parce que j’étais assez détendue et que mon clito était bien léché. Sinon je ne faisais jamais semblant. Ils savaient que j’avais du plaisir même si je ne criais pas aussi fort que Céline Dion dans une chanson. )

Cam Grande Brune a un chien adorable, des cheveux comme ma fille en voudrait, étudié en littérature sans triper sur le monde qui l’entourait – hello, je t’aime – , des rêves qu’elle réalise parce qu’elle a du culot et la confiance de se dévoiler sur sa chaine youtube mais aussi de laisser les autres se dévoiler.

Elle m’a invitée à parler du travail du sexe. Et ce qu’elle m’a offert c’est un cadeau. Hyper rare. Le cadeau de parler de plein de choses en lien avec le travail du sexe – ma rencontre avec mon amoureux, les condoms que je suis incapable de mettre, toutes les raisons possibles de vouloir baiser, ce que je demandais à mes parents comme cadeau de Noël quand j’étais adolescente. Sans être jugée. Sans aller dans le trauma porn. Parce que le trauma porn, quand on parle de travail du sexe, c’est populaire. On veut aller dans le dégoûtant, dans les perversions, dans les as-tu été violée par ton arrière-grand-papa et le voisin du boucher de ton quartier. Les putes, on aime bien les attendre à l’hôtel et ne pas leur demander l’autorisation de leur poser les pires questions. Mais Camille n’est pas comme ça.

Et je suis très heureuse du résultat, avec moi qui rit trop souvent mais qui tente de trouver les mots pour dire, je ne dis jamais tout car il a trop à dire, mais je tente de m’en approcher, les mots pour tout dire, pour me dire moi et pour espérer que les autres femmes dans l’industrie puissent un jour avoir cette chance, de se dire et de dire ce qu’elles veulent, que ce soit fuck you, à l’aide, j’adore, ne me touche pas ou ouh la la, ça goûte la merde les condoms au pina colada.

Merci.

Je vous invite à la suivre sur son blogue et sur sa chaine youtube. Elle est hyper intéressante, qu’elle parle de ukulele, d’asexualité ou de maillots de bain.

Je vais pique-niquer avec mon église le jour de la F1

juin 10, 2017

Pendant le weekend du Grand Prix, je joue une partie de balle-molle, je me rends à un anniversaire pour enfants et à un pique-nique organisé par ma paroisse. Selon les groupes contre le travail du sexe, réagissant à mes articles sur le travail du sexe et le Grand Prix, je suis plutôt en grande période de sollicitation pour me faire payer à parler moteurs et condoms.

C’est faux. Comme toute l’hystérie entourant le Grand Prix, année après année. Les journalistes ne changent pas de topo, malgré le fait que les policiers s’ajustent et indiquent qu’aucun cas de mineures ou de personnes exploitées sexuellement n’a été prouvé l’an dernier, dans le cadre de cette fin de semaine de célébration.

L’exploitation sexuelle, c’est grave. Et ça existe pour vrai. Lorsqu’on invente des faits, au lieu de se baser sur des données disponibles, on fait énormément de tort aux travailleuses du sexe et aux personnes qui sont réellement exploitées.

À lire absolument pour vous donner une idée juste de ce qu’est le travail du sexe pendant le Grand Prix:

1.Mon expérience comme escorte au Grand Prix

Extrait: »J’ai tenté de trouver une explication à mon impopularité soudaine: peut-être que la proprio de l’agence n’avait pas assez dépensé en publicité? Peut-être aussi que les clients préféraient se masturber dans des pots d’échappement? »

2. Montréal se transforme-t-elle vraiment en bordel pendant la F1?

Extrait: »Ce que je n’avais jamais prévu, c’est qu’un client que j’avais vu au moins trois fois avant me viole pendant le Grand Prix. Il m’a violée chez lui. Je voulais pas baiser une deuxième fois avec lui et il m’a poussée. Il m’a baisée par terre, sur un drap sale. J’ai pas pris ma douche chez lui. »

3.Qui fait le plus d’argent pendant le Grand Prix?

Extrait: »Marilyne raconte que son unique expérience en lien avec le sport a été de donner une fellation pendant un match de la demi-finale de la coupe du monde. « C’était devant la télé et ça faisait débander mon client, d’ailleurs», rigole-t-elle. Myriam dit que lors d’évènements sportifs, elle n’a que les clients habituels. Elle est plus populaire pendant les grands salons, « des putains de nids à clients », comme les congrès en immobiliers et en ingénierie.  »

Bon weekend y’all! Je vous souhaite du soleil, des baisers saveur pina colada et stay strong fellow sex workers de mon coeur.

Une réélection plus importante qu’un jugement de la Cour suprême?

avril 13, 2017

Les travailleuses du sexe sont souvent traitées comme de la merde, comme si elles ne comptaient pas, comme si leur sécurité, leur autonomie corporelle et financière ne comptaient pas.

Le maire de Montréal, ainsi que plusieurs maires d’arrondissement (hello Croteau, hello DeSousa) préfèrent rester copains comme cochons avec les citoyens qui se plaignent des masseuses et de leurs lubrifiants, plutôt que de respecter un jugement de la Cour suprême indiquant que toute nuisance genre du bruit ou des bouteilles d’alcool fracassées dans une ruelle sont moins importantes que la dignité et la sécurité des travailleuses du sexe.

Lisez mon article dans Vice pour en savoir plus, alors qu’aucune preuve de crime organisé ou de trafic humain n’a été découverte: À quelques mois des élections municipales, Denis Coderre revient à la charge contre les salons de massage.

Juger les filles qui s’achètent du glitter pour travailler

novembre 5, 2016

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Je suis obsédée par les pornstars, les concours de beauté et la pizza. Dans un article pour Vice, plusieurs gorgeous babes de l’industrie du sexe ont été hyper généreuses et ont accepté de me parler de ce qui représente un des plus grands dangers de l’industrie: le jugement.

Tous les performers dans l’industrie du sexe se font juger et c’est quasi impossible de s’en sortir (quand ça devient trop fatiguant de s’enduire de glitter pour aller travailler, as if!) – parce que lorsqu’une actrice ne fait plus de porno, son passé la rattrape et elle est contraite à abandonner son travail pour ensuite revenir dans le seul milieu qui l’accepte, celui de l’industrie du sexe.

Forever des salopes dans la tête de ceux qui se branlent ou qui mouillent en espérant nous sauver de l’indécence? C’est plus que triste. Lisez ce que Harley Hex, Claudie Auclair et d’autres m’ont confié.

La fessée et beaucoup de vices

septembre 19, 2016

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J’ai discuté jeudi dernier de mon désir de redevenir escorte avec Yannick Marceau et Laurence Gagnon de l’émission radio Marceau le soir. C’est chouette, la radio, même si ok, je sais que ce serait encore plus top si j’étais en studio avec eux. Bientôt – quand je trouverai une baby-sitter pour mes choux.

Écoutez-moi me donner une fessée.

Et lisez les deux textes qui ont inspiré mon passage à Marceau le soir.

Pourquoi je voudrais redevenir escorte (Vice Québec est lancé, yeah!) – une amie m’a dit que j’écrivais de façon trash et poétique et j’étais trop contente qu’elle soit sous le charme, malgré le sujet, qui l’enchante moins: “Me faire bronzer au parc pendant que j’apprends aux enfants à chanter l’alphabet et jouer à la cachette tout en lisant des potins sur mon cellulaire, c’est super gratifiant, mais j’aimerais aider notre famille autrement qu’en répétant dix fois par jour : « Les mots de toilettes, c’est juste aux toilettes qu’on peut les dire. »”

Aimer la fessée n’est pas une maladie mentale (ma chronique Canoë hebdomadaire, yeah!): “Une personne soumise ne le fait pas pour plaire à quelqu’un: elle le fait car c’est ce qu’elle croit essentiel pour se sentir accomplie. Parfois, cela va au-delà du jeu sexuel. Jessica Caruso explique que certains participants vont s’inscrire à un registre d’esclaves. Un numéro d’esclave leur est alors assigné, ainsi qu’un certificat d’inscription et un code-barres personnalisé.”

Bon début de semaine y’all! Bisous soufflés au miel!

Des danseuses occupées par des policiers plutôt que par des clients

juin 17, 2016

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J’ai participé à une campagne de Stella pour condamner la répression en général du travail du sexe, dont celle ayant lieu dans le contexte du Grand Prix de Montréal.

Dans ma chronique Canoë, j’indiquais qu’au “mois de juin, pour le Grand Prix, ou peu importe le mois et l’événement, les escortes ne veulent pas être sauvées. Elles veulent travailler. Sans être exploitées, surveillées, traitées de pizza ou menacées par des lois et des croisades faussement féministes”.

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Stella, un organisme à la défense des droits des travailleuses du sexe, rappelait aussi que “le travail du sexe et la traite humaine ne sont pas synonymes. Le portrait de tout travail du sexe comme étant de l’exploitation et la confusion entre travail du sexe et traite humaine amènent les policiers à surveiller, détenir, arrêter et déporter des travailleuses du sexe, particulièrement les femmes racisées ou migrantes, sous couvert d’opérations cherchant des «victimes». Ceci détourne des ressources qui pourraient être utilisées pour enquêter sur les vrais cas d’exploitation et empêche les clients et travailleuses du sexe qui sont témoins de situation d’exploitation de les dénoncer, sous peur d’être arrêté-e-s.”

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Pourquoi rester anonymes?

Des Femen et des femmes contre le travail du sexe ont décrié le fait que les participantes à la campagne de Stella avaient le visage masqué. Comment pouvaient-elles nier notre besoin d’anonymat, alors que les travailleuses du sexe sont insultées, instrumentalisées, comparées à des pizzas ou à des femmes brainwashées, pointées du doigt dans des procès pour la garde d’enfants lors d’un divorce, obligées de marcher toutes nues, en public, une fois arrêtées par les forces de l’ordre? Des Femen se sont aussi joyeusement applaudies, insinuant que les travailleuses du sexe les imitaient enfin, posant nues, alors que ce sont elles, les Femen, qui copient les travailleuses du sexe, en utilisant leur corps pour faire passer un message. Les travailleuses du sexe utilisent leur corps, toujours, ne le vendent pas, et préféreraient ne pas avoir à passer un message, mais comme parfois personne ne semble écouter, leur corps, dont elles connaissent mieux les limites que quiconque, leur corps leur sert à passer un message, encore, à payer leur loyer, à nourrir leur enfant, à jouir et faire jouir.

Des danseuses sans clients pendant le Grand Prix

Comme Stella le prévoyait, la répression lors du Grand Prix a eu des effets néfastes sur les services proposés par les travailleuses du sexe. Un ami m’a raconté qu’il était au Café Cléopâtre, avec une copine qui dansait autrefois au Cléo. Elle avait décidé d’y retravailler quelques soirées. Le samedi du weekend du Grand Prix, vers minuit, dix policiers sont entrés. Ils ont noté le nom de toutes les danseuses et ils ont vérifié leur âge et d’où elles venaient. Ils ont interrompu les danses en cabines, alors que les danseuses y travaillaient. Cela a certainement enlevé à plusieurs clients l’idée de se payer une danse. Les policiers sont restés entre une heure et deux heures. Les travailleuses ont perdu leur temps et possiblement beaucoup d’argent. Toutes les cabines étaient vides, après le départ des policiers, qui semblaient déterminés à trouver des danseuses nées dans un autre pays. Il n’y en avait pas. Elles étaient toutes là pour travailler, par choix, et elles n’ont pas travaillé: elles ont plutôt assisté à ce que provoquent la panique et les croisades moralistes.

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Asa Akira est une amie dévouée

avril 13, 2016
Asa Akira: la meilleure amie des lapins et des actrices pornos.

          Asa Akira: la meilleure amie des lapins et des actrices pornos.

Meilleure campagne de financement ever.

Oublions les pamplemousses à vendre pour le bal des finissants. Pensons plutôt aux pamplemousses qu’une star du X veut se procurer.

Asa Akira, une de mes actrices préférées forever (Emma Watson ? Meryl Streep ? Who care? Je veux Asa Akira.) a eu la brillante idée d’organiser une campagne de financement pour son amie et fellow receiver of double dicks in her ass Dana Dearmond.

La campagne baptisée Project MILF serait juste vraiment vulgaire si Asia Akira n’y avait pas ajouté une dose bienvenue d’humour. Si Asa Akira a joué les infirmières sexy dans des films, elle n’est évidemment pas disposer à remplir sa copine de gel d’eau saline.

DANA MILF

Puisque Dana ne peut plus être dans la catégorie Teen, elle souhaite continuer à faire des films pornos et non à vendre des tisanes laxatives. La solution : devenir une MILF. Mais une MILF style porno, pas une MILF avec des enfants et un nombril sorti et des vergetures. Une MILF style porno n’a pas besoin d’avoir mal au cœur pendant quelques mois ; elle n’a besoin que de gros seins et d’avoir plus de vingt-cinq ans.

« In the real world, MILF is a term reserved for women who’ve contracted the worst STD possible – children. However, in the porn world, we use it far more respectably to define any woman above age 30 with big fake tits. So while we cannot reverse time and make Dana a « Teen » again, we can certainly slap some big fake tits on her and make her a MILF. »

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Pour donner un second souffle à la carrière de Dana Dearmond : Project MILF.

Merci de reconnaître que les travailleuses du sexe sont des êtres humains

août 13, 2015

prostitution décriminalisation

« Peu importe ce que nous pensons personnellement du travail du sexe, en quoi est-ce que ça peut aider quiconque de criminaliser des actes sexuels entre deux personnes consentantes?

Ni l’Organisation Mondiale de la Santé, ni Amnistie Internationale ne nient que des personnes sont trafiquées sexuellement. C’est aussi vrai que plusieurs femmes et enfants sont obligés de coudre les robes que je porte quotidiennement, dans des conditions horribles et dangereuses, sans être nécessairement bien payés. Ils sont parfois exploités et abusés. Et pourtant, jamais de lois ne feraient en sorte que la confection de t-shirt soit illégale. Au contraire, nous tentons de plus en plus de prendre conscience de ce que ça implique, de travailler dans une usine au Bangladesh et nous militons pour de meilleures conditions de travail et des boutiques qui peuvent prouver que leurs jupes à pois proviennent d’un environnement sécuritaire. »

Lisez ma chronique sur le vote d’Amnistie Internationale en faveur de la décriminalisation du travail du sexe.

Lisez aussi l’article hyper intéressant de Gabby Bess sur les réactions des travailleuses du sexe, suite au vote d’Amnistie Internationale. Les travailleuses du sexe sont souvent oubliées par les médias, même lorsque leur vie est discutée, la valeur de leur vie est jugée, débattue, leur voix est tue, et là, maintenant, grâce aux réseaux sociaux, elles sont présentes et elles ne restent pas silencieuses.

Suite à la prise de position d’Amnistie Internationale, il est possible que l’organisation perde des donateurs. Pensez à faire une donation, si possible. Merci. Merci à vous et merci à Amnistie Internationale de montrer que toute vie humaine est importante, que les travailleuses du sexe méritent les mêmes droits que le reste de la population. Merci.

Lundi oui oui oui: bals et sérénade dans la rue

juin 2, 2015

Gillian Laub 2

Gillian Laub

J’ai de la gouache entre chacun de mes ongles, j’écris, mon ordinateur sur une nappe tachée par les dix derniers repas de mes enfants, mais who care, dans quelques heures je me ferai lécher.

Ce que j’aime plus que de porter des chaussettes trempées par la pluie :

Chansons de Félix Dyotte. Photos des bals de finissants ségrégationnistes. Mettre du vernis rose fluo à mes enfants. Robes qui montent haut haut haut dans le vent. Nouvelle amie par un jour de pluie et de confidences (hello à L., son amoureux qui lui a fait découvrir mon blogue). Écraser mille noix d’acajou. Tente dans la maison pour jouer aux Barbies et prétendre qu’il y a des tornades dehors, partout, sauf là, dans la tente, les enfants et moi qui nous tenons par les chevilles, pour ne pas nous envoler. Les livres de cuisine les plus déprimants du monde entier. Mec un peu fou dans la rue qui sérénade ma belle-fille, qui ne bronche pas, le regardant à peine, mangeant du popcorn de la bonbonnerie Fou Délice. Maison de retraite pour travailleuses du sexe mexicaines. Parties de baseball de mes frères. Raccourci qui mène à un balcon à Montréal. Revoir une amie et pour la première fois sa chérie d’un mois.

Et un article par Rose-Aimee T. Automne Morin, une fille hilarante, touchante, qui connait par cœur les chansons des deux premiers albums des Respectables, sur les personnes qui ont dix spécialités et qui les affichent fièrement all over the place : « Je suis jalouse, alors je m’octroie un titre pour chaque conférence Ted regardée en ligne. »

Bonne semaine y’all ! Bisous au skinny vanilla latte !

Des sauveurs et des étalons

juin 6, 2014

Au lieu de lire ce que les Conservateurs veulent mettre en branle pour foutre le bordel dans l’industrie du sexe, j’ai lu en riant et en roulant des yeux crissement souvent des paroles dites aux travailleuses du sexe sur le tumblr Shit They Say To Sex Workers.

Que ce soit des journalistes, des personnes soucieuses d’une moralité irréprochable ou de clients qui se croient des sauveurs ou des étalons, les paroles copiées sur le tumblr montrent bien à quel point les travailleuses du sexe font face à beaucoup d’ignorance et d’intolérance.

Des exemples de phrases à ne pas répéter, please:

“But why? You can do anything you want.”

“Let me take you out of this life.”

“I would like to spend an hour and a half with you, but only pay for an hour. I want to spend some time on getting to know you first, it feels so weird having to be ready for sex straight away. Surely you wouldn’t charge me for that?”

“I write erotic Dexter fanfiction and i’m not really into the political thing, but you are soooo right about how marginalized we sex workers are.’

“I have so much respect for you. i could never do that. thank god i have a husband!!”