Posts Tagged ‘prostitution’

2.4 millions remis à des victimes d’exploitation au Canada

juin 10, 2017

 

L’exploitation existe pendant les événements sportifs et n’est pas dénoncé. Quelle exploitation? Celle des travailleurs dans la construction, des femmes dans les usines qui coudent des t-shirts aux couleurs de Ferrari ou de l’équipe d’Allemagne de football, des athlètes qui se font promettre une vie incroyable, qui sont recrutés à l’étranger et qui n’ont finalement pas les conditions de vie promises…

Pourtant cette exploitation là, les médias n’en parlent pas. Au Canada, pendant les Jeux Olympiques de Vancouver, des cas d’exploitation ont été révélés et le gouvernement a été obligé de donner plus de 2.4 millions de dollars aux victimes. Nous préférons avoir peur et inventer des histoires d’exploitation sexuelle, un trafic existant mais improbable lors d’un événement aussi court que le Grand Prix.

Lisez pourquoi l’exploitation sexuelle est moins à craindre pendant le Grand Prix que l’exploitation dans d’autres industries sollicitées lors d’événements sportifs.

 

La panique autour du trafic de femmes lors d’événements sportifs est injustifiée

Extrait: « Plusieurs raisons expliquent pourquoi le trafic humain est peu probable lors d’événements sportifs. Statistiquement, ce n’est pas vraisemblable. Les événements qui s’étalent sur quelques jours ou plusieurs semaines sont relativement courts et ne peuvent être profitables au trafic, puisque l’exploitation demanderait plus de préparation, d’investissement et de temps qu’elle ne produirait de bénéfices. « Ça coûte énormément d’argent de déplacer des gens. Dans l’optique de profit et dans la perspective d’un trafiquant, tenter de profiter d’un événement comme les Jeux olympiques ne peut pas avoir de sens », assure John de Haas. »

 

 

Je vais pique-niquer avec mon église le jour de la F1

juin 10, 2017

Pendant le weekend du Grand Prix, je joue une partie de balle-molle, je me rends à un anniversaire pour enfants et à un pique-nique organisé par ma paroisse. Selon les groupes contre le travail du sexe, réagissant à mes articles sur le travail du sexe et le Grand Prix, je suis plutôt en grande période de sollicitation pour me faire payer à parler moteurs et condoms.

C’est faux. Comme toute l’hystérie entourant le Grand Prix, année après année. Les journalistes ne changent pas de topo, malgré le fait que les policiers s’ajustent et indiquent qu’aucun cas de mineures ou de personnes exploitées sexuellement n’a été prouvé l’an dernier, dans le cadre de cette fin de semaine de célébration.

L’exploitation sexuelle, c’est grave. Et ça existe pour vrai. Lorsqu’on invente des faits, au lieu de se baser sur des données disponibles, on fait énormément de tort aux travailleuses du sexe et aux personnes qui sont réellement exploitées.

À lire absolument pour vous donner une idée juste de ce qu’est le travail du sexe pendant le Grand Prix:

1.Mon expérience comme escorte au Grand Prix

Extrait: »J’ai tenté de trouver une explication à mon impopularité soudaine: peut-être que la proprio de l’agence n’avait pas assez dépensé en publicité? Peut-être aussi que les clients préféraient se masturber dans des pots d’échappement? »

2. Montréal se transforme-t-elle vraiment en bordel pendant la F1?

Extrait: »Ce que je n’avais jamais prévu, c’est qu’un client que j’avais vu au moins trois fois avant me viole pendant le Grand Prix. Il m’a violée chez lui. Je voulais pas baiser une deuxième fois avec lui et il m’a poussée. Il m’a baisée par terre, sur un drap sale. J’ai pas pris ma douche chez lui. »

3.Qui fait le plus d’argent pendant le Grand Prix?

Extrait: »Marilyne raconte que son unique expérience en lien avec le sport a été de donner une fellation pendant un match de la demi-finale de la coupe du monde. « C’était devant la télé et ça faisait débander mon client, d’ailleurs», rigole-t-elle. Myriam dit que lors d’évènements sportifs, elle n’a que les clients habituels. Elle est plus populaire pendant les grands salons, « des putains de nids à clients », comme les congrès en immobiliers et en ingénierie.  »

Bon weekend y’all! Je vous souhaite du soleil, des baisers saveur pina colada et stay strong fellow sex workers de mon coeur.

Les cadeaux sont punis par la loi

février 14, 2017

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Les lois sur le travail du sexe sont pourries. Et même si elles ne sont pas les mêmes en France qu’au Canada, cette boutade de Thierry Shaffauser arrive à point, pour confirmer que le côté mercantile des relations sexuelles n’est pas que présent dans le travail du sexe.

“À l’occasion de la St Valentin, après avoir échangé vos cadeaux n’oubliez pas que « Art. 611-1.-Le fait de solliciter, d’accepter ou d’obtenir des relations de nature sexuelle, y compris de façon occasionnelle, en échange d’une rémunération, d’une promesse de rémunération, de la fourniture d’un avantage en nature ou de la promesse d’un tel avantage est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la cinquième classe. »

Il faut croire que certains échanges économico-sexuels sont plus légitimes que d’autres.”

Thierry Shaffauser, accompagnant sexuel pour des personnes handicapées et militant pour les droits des travailleurs.ses du sexe

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Travail du sexe au Canada: le harcèlement policier et des droits en attente

octobre 19, 2016

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Ricochet a dernièrement publié une série d’articles remarquables sur les répercussions pour les travailleuses du sexe de la loi C-36. Plus de vingt travailleuses du sexe (pas juste des filles blanches privilégiées demandant 500$ par heure de branlette) ont témoigné sur ce que représente le sex work after Harper.

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Ces témoignages sont d’un intérêt majeur, surtout en ce moment, alors que l’opération Northen Spotlight est expliquée et comprise n’importe comment par les médias. Radio-Canada a entre autres choisi un titre très rigolo – sans le vouloir – choisissant de partager l’angle des policiers qui tentent de sensibilier les travailleuses du sexe, alors que lorsque les policiers attendent une escorte, cachés dans une chambre d’hotel, ce n’est pas de la sensibilisation, c’est de l’escroquerie et du harcèlement. Les travailleuses du sexe attendent encore le moment où elles pourront appeler le 911, puis attendre, devant une tasse de thé, que des policiers se présentent non pas pour désamorcer une bombe ou une chicane de couple, mais plutôt pour se faire sensibiliser aux risques de leur travail et se faire proposer de virer travailleur en usine de confection de déguisements pour animaux à la place.

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Sandra Wesley, la directrice de Stella, un organisme qui aide et défend les droits des travailleuses du sexe, remarque et s’interroge sur l’horreur que ça représenterait pour quiconque à l’extérieur de l’industrie du sexe de vivre pareil harcèlement: “Pouvez-vous imaginer aller à la rencontre d’un client, mais finalement vous retrouver coincé dans une pièce avec un policier qui demande à savoir pourquoi vous avez décidé d’aller travailler ce jour-là et qui tente de vous convaincre de quitter votre profession?”

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Je vous invite à lire la série d’articles de Ricochet, mais je vous en présente quelques extraits.

Les travailleuses du sexe peuvent-elles parler?

« Comme la plupart des personnes impliquées dans l’industrie du sexe, je crains la police. Je n’ai été physiquement agressée qu’une seule fois dans mes 16 ans de carrière, mais j’ai pris conscience du traitement que la police réservait aux travailleuses du sexe en 2003. J’étais sur un appel avec une autre escorte lorsqu’un client s’en est pris à une travailleuse. Nous avons quitté les lieux sur le champ avec notre chauffeur afin de nous rendre au poste de police, mais les agents s’intéressaient nettement plus à l’agence qu’aux détails de l’agression.

Nous avons été interrogées pendant des heures. Bien que nous avons initialement été bien traitées par les policiers, leur attitude a changé à partir du moment où ils ont appris que nous étions des escortes. Même si l’achat de services sexuels n’était pas illégal à l’époque, nous étions quand même maltraitées par la police. Maintenant que plusieurs aspects du travail du sexe sont criminalisés, je sais que je ne ferai jamais appel à leurs services.

Après cet incident où la police a pris conscience de mes activités, de celles de ma collègue ainsi que de celles de l’agence, les agents se sont mis à se rendre régulièrement à notre lieu de travail et à nous harceler. Bien que j’aimais vraiment travailler à cet endroit, j’ai fini par démissionner plus de trois ans plus tard car j’avais l’impression que toute cette attention policière allait finir par me nuire tôt ou tard. »

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Impossible d’annoncer ses services dans les médias alors bienvenue à la clandestinité non réglementée!

« We have all-female management, and the business is owned and operated by a woman with lived experience in the industry. We respect the privacy and discretion of all of our clients and staff. We are registered and licensed with the city in which we are based. Our work is consensual. Our work is real work.

Since the introduction of the new sex work laws, I feel less safe as an individual within the industry. At the studio we have had to change the way we advertise our work. Before the new laws, even though we had to be careful about the language and images we used in our ads, we were still able to advertise in the Yellow Pages, newspapers, newsletters, and elsewhere. We would pay for advertising like other businesses do in order to secure safe, reliable, and consistent work.

We are now forced to advertise by using sketchy websites that put everyone at risk. The providers and consumers have all moved underground to connect. These methods are unregulated and often unmoderated, and can be dangerous to both the provider and the consumer. Women have had their personal information, including full names, addresses, contact information, identifying photos, and social media accounts, posted and shared for everyone to see. This is where we are forced to go to advertise. This is not safe and this is not acceptable. »

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Ce que les travailleuses veulent: la fin de l’intimidation policière

« Those of us who work in the industry know what we need in terms of help. For those of us working outdoors, I would love a big house where workers can eat and sleep and live but not bring clients, with a separate rooming house to bring clients to. It would function similarly to an in-call agency but be more of a non-profit.

We need plain-clothed officers who are willing to focus on violence against us.

I wish our relationship with the police was more like having a liaison to talk with comfortably. As it is, you never know what you’re going to get with the police. Some are okay, but others are quite rude and say horrible stuff to us. In Victoria, police are not monitoring us too much, but they do make their presence known, and there have been nights where we’ve seen a police car on the street at least every 15 minutes.

This kind of intimidation definitely deters people from stopping in certain areas. Some clients are even starting to walk up to book the date now, to avoid risking getting pulled over. This kind of fear with the police isn’t good for any of us. I know the police think they’re helping us. But they’re not. They’re infringing on our work and our capacity to support ourselves. »

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Des danseuses occupées par des policiers plutôt que par des clients

juin 17, 2016

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J’ai participé à une campagne de Stella pour condamner la répression en général du travail du sexe, dont celle ayant lieu dans le contexte du Grand Prix de Montréal.

Dans ma chronique Canoë, j’indiquais qu’au “mois de juin, pour le Grand Prix, ou peu importe le mois et l’événement, les escortes ne veulent pas être sauvées. Elles veulent travailler. Sans être exploitées, surveillées, traitées de pizza ou menacées par des lois et des croisades faussement féministes”.

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Stella, un organisme à la défense des droits des travailleuses du sexe, rappelait aussi que “le travail du sexe et la traite humaine ne sont pas synonymes. Le portrait de tout travail du sexe comme étant de l’exploitation et la confusion entre travail du sexe et traite humaine amènent les policiers à surveiller, détenir, arrêter et déporter des travailleuses du sexe, particulièrement les femmes racisées ou migrantes, sous couvert d’opérations cherchant des «victimes». Ceci détourne des ressources qui pourraient être utilisées pour enquêter sur les vrais cas d’exploitation et empêche les clients et travailleuses du sexe qui sont témoins de situation d’exploitation de les dénoncer, sous peur d’être arrêté-e-s.”

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Pourquoi rester anonymes?

Des Femen et des femmes contre le travail du sexe ont décrié le fait que les participantes à la campagne de Stella avaient le visage masqué. Comment pouvaient-elles nier notre besoin d’anonymat, alors que les travailleuses du sexe sont insultées, instrumentalisées, comparées à des pizzas ou à des femmes brainwashées, pointées du doigt dans des procès pour la garde d’enfants lors d’un divorce, obligées de marcher toutes nues, en public, une fois arrêtées par les forces de l’ordre? Des Femen se sont aussi joyeusement applaudies, insinuant que les travailleuses du sexe les imitaient enfin, posant nues, alors que ce sont elles, les Femen, qui copient les travailleuses du sexe, en utilisant leur corps pour faire passer un message. Les travailleuses du sexe utilisent leur corps, toujours, ne le vendent pas, et préféreraient ne pas avoir à passer un message, mais comme parfois personne ne semble écouter, leur corps, dont elles connaissent mieux les limites que quiconque, leur corps leur sert à passer un message, encore, à payer leur loyer, à nourrir leur enfant, à jouir et faire jouir.

Des danseuses sans clients pendant le Grand Prix

Comme Stella le prévoyait, la répression lors du Grand Prix a eu des effets néfastes sur les services proposés par les travailleuses du sexe. Un ami m’a raconté qu’il était au Café Cléopâtre, avec une copine qui dansait autrefois au Cléo. Elle avait décidé d’y retravailler quelques soirées. Le samedi du weekend du Grand Prix, vers minuit, dix policiers sont entrés. Ils ont noté le nom de toutes les danseuses et ils ont vérifié leur âge et d’où elles venaient. Ils ont interrompu les danses en cabines, alors que les danseuses y travaillaient. Cela a certainement enlevé à plusieurs clients l’idée de se payer une danse. Les policiers sont restés entre une heure et deux heures. Les travailleuses ont perdu leur temps et possiblement beaucoup d’argent. Toutes les cabines étaient vides, après le départ des policiers, qui semblaient déterminés à trouver des danseuses nées dans un autre pays. Il n’y en avait pas. Elles étaient toutes là pour travailler, par choix, et elles n’ont pas travaillé: elles ont plutôt assisté à ce que provoquent la panique et les croisades moralistes.

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Les fugueuses n’ont pas besoin de lois, mais d’amour

février 5, 2016

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Au Québec, tout le monde s’alarme du sort de jeunes fugueuses qui se retrouvent dans des gangs de rue pour se prostituer.

C’est dramatique. Mais qu’est-ce qu’on leur propose, à ces jeunes fugueuses ? D’être enfermées chez leurs parents. D’écouter tout ce qui peut leur arriver de terrifiant dans l’industrie du sexe. De les gaver d’histoires d’horreur. Des nouvelles lois.

Ce ne sont pas des lois qui changeront ce que ces jeunes filles vivent. Elles veulent de l’amour (si ce n’est pas celui des parents, ce sera celui proposés par les clients), de l’attention (pas celle des médias).

Certains pensent que ces filles sont assoiffées par l’argent, par le bling bling, par des limousines et du champagne donne plus de bonheur que la barbe-à-papa qu’elles avalaient à dix ans.

L’une de ces fugueuses m’a plutôt confié que l’argent, elle s’en fouettait. Ce qu’elle voulait, c’était se sentir acceptée : « Érika explique que son transport et ses joints étaient fournis, de toute façon. Plus important encore pour elle, «la terre arrêtait de tourner quand un homme bandait pour moi, me disait que j’étais belle et fine.» »

Écoutons ces jeunes filles. Ne cédons pas à la panique, à l’envie de les cacher et de cracher sur leurs amis. Écoutons-les.

Aimons-les comme elles veulent être aimées : comme elles sont, avec leur détresse, leurs rêves, leurs questionnements, leur désir d’autonomie mais aussi leur désir d’être protégées. D’avoir quatorze ans. D’avoir quinze ans. D’avoir seize ans. Et d’être elles-mêmes, de se découvrir.

Les gangs de rue sont un repère pour elles, ce ne sont pas juste un danger, c’est un repère, quand elles se refusent à ce qu’elles connaissent déjà : la misère de n’être pas aimées pour ce qu’elles sont et peuvent apprendre à devenir.

Quatorze ans, ce n’est peut-être pas l’âge où on devrait goûter à l’amour en suçant. Et pourtant, qu’est-ce qu’elles peuvent souhaiter, si elles ne sentent qu’elles ne sont pas voulues ailleurs qu’à genoux devant un client ?

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À lire, le témoignage sur Canoë d’Érika, qui s’est prostitué pendant trois ans pour un gang de rue: http://fr.canoe.ca/hommes/chroniques/melodienelson/archives/2016/02/20160204-150732.html

Un prince à baiser et pour qui chanter au karaoké

novembre 10, 2015

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Comme elle le proclame sur son site web, Jillian Lauren est passée de fille dans un harem à membre d’un parent-teacher association. De fillette abandonnée par une maman ballerine à auteure tatouée qui donne des conférences sur l’adoption.

Elle raconte tout ça dans Some Girls, My Life in a Harem, ce qui l’a amenée à baiser avec un prince sadique et à le partager avec d’autres filles qui se saoulaient et se détestaient en attendant leur tour au karaoké.  Ou leur tour sur un terrain de tennis. Ou leur tour pour recevoir un bijou ou la queue du prince.

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Elle raconte qui elle était, et ce qu’elle tente d’être, après des semaines et des mois de shopping de sacs Vuitton et d’enfermement. Son récit n’en est pas un d’escapades sexuelles dans un pays exotique. C’est le récit d’une Shéhérazade contemporaine, qui se cherche, qui se cherche et se crée, avec des mots, des secrets qui ne sont plus des secrets, de l’encre sur sa peau et des désirs à réinventer.

Some Girls

Extraits de Some Girls, My Life in a Harem:

Sur ses tatouages qui l’obligent à se révéler aux autres : « With my story writ large on the surface of my skin, I would no longer be tempted to fool people into thinking that I was normal. Tattooing was going to be my own radical statement about permanence and impermanence. It was the scarlet letter that I would proudly embroider across my chest. »

Sur le pouvoir de l’argent et des possessions : « There is something about that kind of hard, cold, sparkling sign language for power that even I, quasi-socialist sometime-vegetarian artist – even I wanted to hold up and shout, Look motherfuckers : I have a treasure from a prince. I am beautiful. »

Merci de reconnaître que les travailleuses du sexe sont des êtres humains

août 13, 2015

prostitution décriminalisation

« Peu importe ce que nous pensons personnellement du travail du sexe, en quoi est-ce que ça peut aider quiconque de criminaliser des actes sexuels entre deux personnes consentantes?

Ni l’Organisation Mondiale de la Santé, ni Amnistie Internationale ne nient que des personnes sont trafiquées sexuellement. C’est aussi vrai que plusieurs femmes et enfants sont obligés de coudre les robes que je porte quotidiennement, dans des conditions horribles et dangereuses, sans être nécessairement bien payés. Ils sont parfois exploités et abusés. Et pourtant, jamais de lois ne feraient en sorte que la confection de t-shirt soit illégale. Au contraire, nous tentons de plus en plus de prendre conscience de ce que ça implique, de travailler dans une usine au Bangladesh et nous militons pour de meilleures conditions de travail et des boutiques qui peuvent prouver que leurs jupes à pois proviennent d’un environnement sécuritaire. »

Lisez ma chronique sur le vote d’Amnistie Internationale en faveur de la décriminalisation du travail du sexe.

Lisez aussi l’article hyper intéressant de Gabby Bess sur les réactions des travailleuses du sexe, suite au vote d’Amnistie Internationale. Les travailleuses du sexe sont souvent oubliées par les médias, même lorsque leur vie est discutée, la valeur de leur vie est jugée, débattue, leur voix est tue, et là, maintenant, grâce aux réseaux sociaux, elles sont présentes et elles ne restent pas silencieuses.

Suite à la prise de position d’Amnistie Internationale, il est possible que l’organisation perde des donateurs. Pensez à faire une donation, si possible. Merci. Merci à vous et merci à Amnistie Internationale de montrer que toute vie humaine est importante, que les travailleuses du sexe méritent les mêmes droits que le reste de la population. Merci.

Lundi oui oui oui: poils pubiens et Parc Safari

juin 23, 2015

les filles ne rient jamais

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Je bois du Gatorade dans une coupe de vin orange en me faisant croire que c’est super festif et que c’est aussi rafraichissant que le rosé que je me permettrai de boire juste dans deux heures. Je me fais croire aussi que c’est pas bourré d’aspartame et que ça ne me causera pas de désordres neurologiques tel qu’exposé dans le documentaire Hungry for Change (c’est vraiment bon ! j’y ai appris que certains pilotes d’avion évitent de boire du coca zéro avant un vol, car ils craignent les effets secondaires pouvant genre faire exploser leur cerveau !).

Ce que j’aime plus que de faire l’épicerie en devinant qu’au moins la moitié des aliments on sale sont plus mortels que les drogues dures :

Texter ma copine végétarienne quand je deviens parano. Petite culotte blanche portée par une actrice asiatique way too excitante. Poils pubiens – à raser sans pression, à garder for the fun and beauty of it. Aller dans des jeux d’eau toute habillée. Croire que je suis en symbiose avec une antilope du Parc Safari parce qu’elle allaite son bébé antilope en même temps que j’allaite mon fils. Mode rigolote mais questionnable près des balançoires. Parler de femme fontaine avec un ami de mon mec. Nouvelle bande dessinée de Zviane. Les filles ne rient jamais. Féministe contre la prostitution qui devient pro-décriminalisation de la prostitution et qui explique pourquoi dans Playboy.

Bonne semaine y’all ! Cheers ! (Bientôt le rosé, yeah !)

Répression, lois et travail du sexe

mai 16, 2015

Cartes Stella

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En Chine, les travailleuses du sexe sont forcées à parader dans la honte, en public, une fois qu’elles sont arrêtées par les forces de l’ordre. Aux État-Unis, à New-York, 30% des travailleuses du sexe rapportent avoir été menacées par la police. En Inde, au Bengale-Occidentale, un groupe, Durbar Mahila Samanwaya Committee, semblable à un syndicat des professionnelles du sexe, révèle que sur 21 000 travailleuses du sexe, 48 000 rapports d’abus et de violence par la police ont été collectés, tandis que 4000 rapports portaient plutôt sur des actes de violence de la part des clients.

Les lois ne semblent pas là pour protéger la dignité et la sécurité des travailleuses du sexe, pas seulement en Chine ou en Inde, mais ici aussi. Des pseudo féministes se soulèvent contre le travail du sexe, parce qu’elles s’attardent au sexe, au désir, comme si c’était immoral, mais n’en font pas autant pour celles qui se tuent à faire des manicures et pédicures à 15 dollars.

Anyway.

Stella, un organisme montréalais, défend les droits des travailleuses du sexe, qu’elles souhaitent sortir de l’industrie du sexe ou simplement avoir de meilleures conditions de travail. Stella a récemment créé des pamphlets pour que toute travailleuse du sexe sache à quoi s’en tenir, du côté des lois, de la répression, des contacts avec les policiers, de ce que signifie proxénétisme et prostitution pour l’entourage des prostituées.

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Je vous invite à obtenir ces pamphlets, si vous travaillez dans l’industrie du sexe. Être informé, c’est se protéger. Communiquez avec Stella. Ne craignez rien : c’est un organisme respectueux, qui ne nie pas la dignité, l’autonomie ou le libre-choix de toute travailleuse du sexe.

Leurs pamphlet d’informations :

  1. La loi, nos amies et nos familles
  2. Arrestation et détention
  3. La loi et les clients
  4. La loi et la communication
  5. La loi et la publicité
  6. La loi et les tierces personnes
  7. Pouvoirs policiers et travail à l’intérieur

Voici un extrait du pamphlet sur la loi et les clients:

« Les impacts

Lorsque les clients craignent la criminalisation, ils évitent les lieux de travail plus visibles, par peur d’être harcelés ou arrêtés par la police.

Pour cette raison, les travailleuses du sexe:

• doivent travailler dans des zones moins bien éclairées et

moins peuplées, ce qui rend les travailleuses du sexe ainsi

plus vulnérables à la violence;

• ne peuvent pas prendre le temps nécessaire à la sélection

de leurs clients avant d’embarquer avec eux;

• doivent travailler de plus longues heures et plus souvent

pour avoir un revenu équivalent et peuvent accepter

d’offrir des services qu’elles n’offriraient pas autrement.

Cela contribue à diminuer notre niveau de sécurité tout en augmentant le potentiel de tensions au sein des membres de la communauté. »