Posts Tagged ‘féminisme’

Porno, pot et poupées

mai 1, 2017

Je suis allée à Québec récemment pour distribuer des sucettes en forme de coeur à Marceau le soir à Radio X. Et pour me prendre en photo sur le lit de mes beaux-parents.

Avec Yannick et Laurence, j’ai parlé des stars de la porno qui aiment fumer des joints et utilisent aussi le cannabis comme outil de rapprochements avec leurs groupies.

Écoutez-moi ici et lisez sur les pornstars stoned ici.

Extrait: « Alors que plusieurs stars porno ont une quantité de jouets ou de poupées gonflables qui leur ressemblent vaguement, certaines actrices se tournent maintenant vers la commercialisation du pot. »

À la radio j’ai aussi discuté mais vraiment super rapidement des personnes qui souhaitent que la porno disparaisse. Un article plus complet est dispo ici, avec les arguments totalement fake et violents de féministes radicalement réactionnaires et d’un mec qui veut se marier avec son ordinateur tout en harcelant des jeunes filles mineures dans des crèmeries.

La virginité et le racisme inversé n’existent pas

février 28, 2017

virginite

Le concept de la virginité est hyper injuste: c’est sexiste et hétéronormatif, assez pour faire angoisser une copine qui avait demandé, à sa blonde, durant les années d’école secondaire, si elle resterait toujours vierge vu qu’elle était lesbienne.

J’ai écrit à ce sujet sur Vice. Des amis y ont joyeusement contribué et j’y ajoute aussi des détails croustillants sur l’hymen, qui était d’abord un dieu couronné de fleurs et non une membrane à déflorer.

Extrait: “Une femme doit voir sa vie changer par le frottement d’un pénis contre ses parois vaginales. Soraya, une amie, n’est pas convaincue : « Moi je ne m’en rappelle plus vraiment. Au moins je sais c’était avec qui. » Perdre sa virginité est un acte si mémorable qu’il porte un nom, alors que d’autres événements annonçant un tournant dans la vie de tout le monde n’ont pas de nom véritable. La première fois qu’on fait un pas, la première fois qu’on lit une nouvelle d’Alice Munroe, la première fois qu’on boit un gin-tonic : il n’y a pas de terme qui désigne ces aventures importantes, ni l’idée qu’en goûtant du gin Tanqueray nous perdons quelque chose.

À Canoë, ma chronique est sur ce qu’il ne faut pas dire aux victimes d’agressions sexuelles. Même mon mec se sent trahi parce que je ne lui raconte pas tout en détails, so je trouvais important de tout noter pour conseiller les autres et renvoyer mon mec vers mon texte s’il me redemande une autre fois ce qui s’est passé de la chambre de mes parents à la commode de ma chambre.

Extrait: “Il ne faut jamais minimiser une agression. J’ai déjà dit à une amie, qui était sous le choc de s’être battue avec un agresseur sexuel dans une ruelle qu’un viol, ça n’enlève rien. Qu’un viol, ça ne nous tue pas, qu’on ne nous vole pas une partie de soi-même. Je regrette de lui avoir dit ça. Elle n’avait pas besoin d’un sentiment qui amoindrissait ce qu’elle avait vécu. Il y a 10 000 façons de vivre un viol. Certaines personnes vont sentir qu’effectivement on ne leur vole rien du tout, certaines personnes seront plus en colère qu’anxieuses, et d’autres auront l’impression de ne plus avoir de corps, que leur corps n’est plus le leur, longtemps.”

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Et une vidéo et des textes importants à lire pour se déconstruire, ne pas se limiter à une ignorance facile d’enjeux cruciaux et pour mieux comprendre des expressions comme “racisme inversé” et “féminisme blanc”:

Appelons les racistes des racistes en 2017

Extrait: “Mes parents sont des êtres intelligents. Ce qu’ils voulaient que je comprenne, c’est que je suis noire et que je le serai toujours. Les gens vont pas cesser de me le rappeler. Donc, il fallait que j’en sois consciente. Même si je suis d’ici, ils agiront toujours comme si je viens d’ailleurs.”

7 raison pour lesquelles le racisme anti-blanc n’existe pas

Extrait: “C’est dur pour les blancs de confronter la réalité du racisme et les commentaire des gens de couleur sur comment le pouvoir et le privilège fonctionnent, c’est tentant de prendre ces commentaire comme une attaque personnelle et insister que les gens de couleurs sont méchants qui est souvent une tentation de fuire les accusations de racisme inversé.”

What is “white feminism”?

Extrait: “The term « white feminism » was coined sometime around that time, by people wishing to distinguish it from intersectional feminism, and has been used as a way to critique some prominent feminists’ tendency to keep treating issues that don’t affect primarily white suburban women as unimportant.”

« Je n’aurais aucun problème à la crisser dans une salle pis la battre pendant des heures à coups de poing. »

février 4, 2017

Kali Queen

J’aime croire que je suis douce et gentille et que mes ongles sont trop régulièrement limés pour ne pas se transformer en griffes. Sauf que lorsque mes enfants ou une personne que j’aime est attaquée, je ne veux plus être douce et gentille et mes ongles tapent sur mon clavier même si je voudrais faire autre chose quoi je sais pas.

C’est totalement injuste, la violence rencontrée par certaines personnes, comme Kaligirwa Namahoro, une reine qui refuse bullshit et soumission, une reine qui donne des conférences et milite activement contre tout ce qui tue et trouble et rend silencieux les autres.

Kaligirwa crache sur le silence. Au racisme, au sexisme, à la transphobie ou à l’homophobie, Kaligirwa s’oppose et lutte et dicte des mots dicte la réalité, tell it like it is, des white tears c’est des white tears et des cheveux en motton c’est pas des dreads. Ce doit être lourd parce que sa voix est souvent refusée et bafouée et instrumentalisée.

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Ce n’est pas seulement sa voix qui est menacée, ce sont ses doigts que quelqu’un rêve de voir écrasés, son cou brisé, son corps recouvert d’hématomes, tout ça tout ça librement avoué sur les réseaux sociaux.

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Cette violence Kaligirwa la reçoit et ce n’est pas juste et ce n’est pas normal et il n’y a rien à relativiser. C’est grave.

Chercher la salope

janvier 8, 2017

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La nudité soumise à rien d’autre qu’à son envie d’être nue

mars 19, 2016

selfie hiii

Ma chronique Canoë est sur la tendance à juger les femmes qui offrent leur nudité pour rien, parce qu’elles le veulent, sans qu’une agence publicitaire ou un producteur de porno leur demande.

Extrait de Nudité Menaçante : « Le corps des femmes, lorsqu’il est consommé dans la pornographie ou la publicité, est accepté. Montrer son corps, toutefois, peu importe la raison, que ce soit vraiment parce que Kim Kardashian n’avait rien à se mettre ou parce qu’il est plaisant de voir ma frange de Bettie Page imprimée sur des pages lustrées, est inacceptable et dangereux pour la jeunesse d’aujourd’hui et pour l’avenir de la planète et du Manoir Coors Light. »

Bonne lecture et bon weekend y’all !

Lundi oui oui oui: chambres pour pleurer à Tokyo et mousse au choco

juin 9, 2015

gang Nouvelle-Zélande

reversed centaure

Je viens de recevoir des pyjamas de pompier pour mon fils et je suis super heureuse. J’ai hâte de lui montrer et qu’il fasse des grands yeux et qu’il applaudisse. Je ne sais jamais s’il réagi très fortement pour me faire plaisir ou si c’est un garçon pour qui tout se doit d’être plus qu’épatant – les fleurs, la couleur rouge, les rice krispies aux guimauves roses, les camions – ou plus que mortel – une botte perdue, un non de ma part, son nez qui coule.

Ce que j’aime plus que renverser mon skinny vanilla latte :

Reverse centaure, trouvé sur la page Facebook de Kraddy. Mousse au chocolat au congélateur. Siestes. Histoires antropologiques de poor little rich women de New-York. Marcher sous la pluie avec mes enfants, pas courir, juste marcher et me laisser mouiller. Chambres pour pleurer à Tokyo – je connaissais les love hotel, mais pas les crying rooms. Conversations au parc avec une maman qui part parcourir l’Europe et l’Asie, sans plan prédéterminé, avec son chéri et sa fille. Jouer avec des lampes de poche. Photos de la plus grosse gang de Nouvelle-Zélande. Irriter mon clito parce que je me touche trop. Regarder un film en matinée en espionnant mes voisins. Aller à l’église quand il n’y a pas de messe.

Kathleen Hanna

Et un article avec une constatation rentre-dedans sur le féminisme :

« Le féminisme s’est essentiellement construit sur l’opposition non seulement vis-à-vis des putes, mais aussi vis-à-vis des mères : alors que certaines ont pu clamer « ni putes ni soumises », il semble que plus nombreuses encore soient celles à avoir construit leur féminisme sur un « ni pute ni mère ». Ainsi, la question de la contraception et de l’avortement a été bien plus investie que celles de l’accouchement ou des allocations familiales. Les groupes de travailleuses du sexe, de même que les groupes de mères, sont toujours restés très à la marge du féminisme, alors même que leur situation constitue un point de départ exemplaire pour penser la condition des femmes. La campagne pour un salaire au travail ménager permettait donc de lutter contre cette marginalisation, en rappelant la valeur de ce travail. Surtout, cette campagne permettait de mettre en lumière, que partout où il y a exploitation, qu’il s’agisse de l’usine, mais aussi du foyer, du bordel ou du trottoir, alors il y a la possibilité d’une lutte. »

Bonne semaine y’all ! Bisous au Perrier au citron + gin !

Je ne sais plus si je suis féministe

octobre 27, 2014

lectures

Mes lectures du weekend: Nu, un recueil de nouvelles érotiques dirigé par Stéphane Dompierre, Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses, par Catherine Dufour, et Aimer, materner, jubiler, par Annie Cloutier.

Aimer, materner, jubiler, m’a tellement fait réfléchir que je n’ai pas demandé à mon mec d’écouter le dernier Sons of Anarchy. J’ai lu, avec un marqueur, sans remarquer que je me rongeais les ongles.

“Je continue de me dire féministe parce que le mot continue d’évoquer en moi la subversion, la prise de parole, l’affirmation de soi. Mais d’autres femmes montrent chaque jour qu’il est aujourd’hui possible d’être ce que nous sommes, sans complexe ni culpabilité, et sans béquille idéologique. Alors j’hésite, désormais.” Annie Cloutier

Plusieurs travailleuses du sexe ou ex travailleuses du sexe ne se disent plus féministes. Même si je déteste être vue comme une victime et même si la majorité des féministes refusent de croire en la légitimité du travail du sexe, je me condidérais toujours comme une féministe.

Il a fallu que je lise l’essai d’Annie Cloutier pour douter. Un essai sur la maternité, sur la politique faussement familiale du Québec, sur la pauvreté et sur les choix, les choix de materner et de travailler, les choix de materner et de ne pas travailler. Dans son essai, elle montre que le féminisme, contrairement à ce que plusieurs pensent, n’est pas un humanisme, et il n’est pas, dans son courant principal, prêt à écouter et à croire aux choix de toutes les femmes.

Des féministes m’ont dit que j’étais victime du patriarcat, pour avoir aimé me prostituer. Des féministes m’ont dit que j’inventais, que je mentais, quand je disais que j’avais été pute, et que je n’en étais pas devenue folle après. Des féministes disent que les clients sont violents, terrifiants et qu’ils devraient être jugés comme des criminels.

Et pourtant, je continuais à croire totalement au féminisme. Parce qu’il y a d’autres courants dans le féminisme, il n’y a pas que des femmes qui détestent les femmes qui ne sont pas comme elles, il n’y a pas que des femmes qui refusent la parole à celles qui ne pensent pas comme elles. Il y a le féminisme pro-choix, le féminisme pro-sexe, mais, mais, si le féminisme reste une idéologie et que je n’y souscris pas, puis-je encore être féministe? Ou suis-je maintenant tout simplement une maman, ex escorte, une maman qui aime jouir et faire des muffins aux bleuets? Est-ce que j’ai encore le droit de me dire féministe? Est-ce que j’ai encore l’envie de me dire féministe, même si je suis rejetée par ce qui semble être le courant principal du féminisme?

“I stopped calling myself a feminist several years ago for the simple reason that many feminists don’t like sex workers. I’m sort of the opposite of Groucho Marx: if a club doesn’t want me, then I’m more than happy to chip off elsewhere.” – Brooke Magnanti aka Belle de Jour

 

Un féminisme invitant et en mouvement

novembre 14, 2012

Entre la lecture de The no-cry sleep solution for toddlers and preschoolers et The Happiest Toddler on the Block, j’ai consulté un billet publié sur un site québécois à propos de la féminité, de la transphobie, des filles traitées de salopes parce-qu’elles-osent-se-mettre-du-rouge-sur-les-lèvres-et-des-jupes-qui-pourraient-remplacer-des-napperons-sur-la-table et du travail du sexe.

J’ai toujours peur, quand je lis sur le travail du sexe sur un site féministe. J’ai peur d’être triste, furieuse – et ces émotions ne sont ni bonnes pour ma petite tête qui souhaite un monde de licornes à adopter et de nuages en guimauve, ni bonnes pour le bébé que j’attends.

J’ai beaucoup apprécié le billet en question, non pas parce qu’il se rapproche à ce en quoi je crois, ou, en tout les cas, pas simplement pour cette raison. J’ai apprécié que l’auteure avoue son malaise initial, puis son questionnement sur le travail du sexe et sur une performance de la féminité dont on célèbre l’anticonformisme chez certaines (les drag queen), alors qu’elle est décriée chez d’autres (moi, moi, moi et toutes les filles qui se plaisent à passer plus de cinq minutes devant un miroir).

Extrait : « Et plus tard, une autre fracture: j’ai commencé à lire des articles à tendance pro-sexe. La porno, que je consommais depuis plusieurs années mais avec laquelle j’entretenais un rapport ambigu, voire honteux, n’était soudainement plus diabolisée. J’ai commencé à voir des termes comme “travail du sexe” au lieu de “prostitution”. Le BDSM, dans cette même mouvance, n’était plus du tout compris comme un désir de reproduire des abus ou de la violence: ce pouvait être conçu comme un jeu de pouvoir, une exploration des symboles qui peuplent l’imaginaire sexuel collectif.

Je me sentais plus que jamais comme une outsider. Mes politiques allaient encore souvent dans le sens du consensus féministe, mais ça achoppait sur des points centraux, assez centraux pour que le malaise perdure. Lorsque finalement j’ai pris position dans le débat prostitution-travail du sexe (i.e. je suis en faveur de la décriminalisation totale), je savais que je franchissais une barrière. Que je ne pourrais plus jamais concevoir mon féminisme comme étant lisse, conforme aux guidelines du Conseil du statut de la femme. Que mon étiquette de féministe, il faudrait que je la défende, non plus seulement à l’extérieur du mouvement, mais aussi à l’intérieur. Face, notamment, à des personnes qui pensent pareil que dans cette parodie. »

Les commentaires sont aussi intéressants à lire, pour juger d’un esprit plus ou moins ouvert déguisé en féminisme d’ouverture mal renseigné, pour juger de ce qui est controversé encore aujourd’hui pour certaines femmes, et pas du tout pour d’autres.

Je vous invite à lire l’article et à y réagir, ici ou sur le site de jesuisfeministe.com.

Voici pour ma part ma réaction suite à ma lecture du billet et d’un commentaire en particulier :

« “La prostitution pour la plupart des femmes qui la pratique n’est pas un choix et il résulte de la situation de pauvreté, ou suite à des agressions, maltraitances, abus de toutes sortes.” (sic)

C’est très intéressant de se questionner sur des sujets possiblement controversés pour certaines, comme le travail du sexe et l’industrie de la beauté. Ce n’est toutefois pas se fermer au débat que de rappeler l’importance du libre choix. Il est faux de croire que la majorité des femmes choisissant le travail du sexe au Canada ne font pas un libre choix. Je n’aime pas les opinions qui sont exprimées comme des informations véridiques et vérifiées.

Pour celles qui veulent avoir des informations véridiques et vérifiées, je suggère toujours le site web de l’anthropologue Laura Agustin: http://www.lauraagustin.com/

Les travailleuses du sexe tentent de plus en plus de faire connaître leur quotidien, la valeur de leurs choix et la valeur de leur parole. Je propose ces sites pour celles qui sont curieuses ou veulent entendre un autre discours que celui qui victimisent les travailleuses du sexe:
1. http://titsandsass.com/
2. http://bornwhore.com/
3. http://sexonomics-uk.blogspot.ca/
4. http://postwhoreamerica.com/

En tant qu’ex travailleuse du sexe, je répète souvent que je me suis rarement sentie humiliée ou stigmatisée par des clients. Mais le nombre de fois ou je me suis sentie humiliée ou stigmatisée par des femmes qui se disaient féministes est effarant. Je ne suis pas la minorité, sachez-le.

Merci à l’auteure de cet article d’avoir poussé ces réflexions, au-delà de son malaise initial. »

Source photos: http://seattlegrrrlarmy.tumblr.com/ 

Lundi oui oui oui: des souliers chats DIY et pas de produit chimique dans ma chatte

octobre 15, 2012

Merci pour tous vos mots de félicitations! Ça me rend très heureuse de pouvoir partager ça avec vous, mon quotidien, ma grossesse et la couleur de mes petites culottes (aujourd’hui, noire à motif de cerises).

Je vous écris avec du vernis pas sec encore sur les ongles, je vis super dangereusement, non.

Voici ce que j’aime encore plus que la brume autour du chalet :

Joie de Mini Fée quand elle me voit couper des morceaux d’avocat. Homeland. Fuck les produits chimiques dans le vagin. Décorations d’Halloween installées en fin d’aprem avec Mini Fée et une de ses petites copines de quartier. Livre sur le féminisme à libérer absolument des femmes qui ne cessent de juger les autres femmes. Recommandations de bandes dessinées de Nicolas Fréret – le meilleur pour les découvertes automnales. Un peu plus d’un an sans carte de crédit – j’ai du rattrapage de shopping en ligne à faire, wouhou. Papa expliquant sa réaction quand il a vu que son fils regardait de la porn sur Internet. Food, Inc, un documentaire bouleversant – j’aimerai toujours les cheeseburgers du McDo, mais pour le reste, Alexandre Le Grand et moi allons devenir des maniaques du bio et des poulets en liberté. Aller au parc avec Misha. Lire Sacha le bébé chat au Starbucks pendant que Mini Fée dévore une banane. Le premier sex talk de quelques célébrités. Souliers chats à faire soi-même.

Bonne semaine y’all! Bisous à la mangue! 

Un féminisme qui déteste les femmes libres

février 2, 2012

Je l’ai répété souvent, on ne me croit pas toujours, mais je le répète encore : jamais je ne me suis sentie rabaissée par des clients, alors que j’étais escorte. Mais combien de fois me suis-je sentie rabaissée par des femmes, qui se disent féministes abolitionnistes? Un nombre incalculable de fois.

Pourquoi?

Parce qu’elles disent donner une voix aux travailleuses du sexe qui n’en ont pas, tout en refusant une voix à celles qui veulent dire autre chose que leur discours habituel (style « Je me drogue parce que je suis une prostituée. Je déteste les hommes. Blablabla. » – Cette voix existe bien, et c’est important de l’entendre et de l’écouter aussi, mais ce n’est pas le seul discours des prostituées.)

Parce que ces prétendues féministes me refusent un choix, me refusent d’être, me refusent un plaisir. J’ai souvent discuté de la question des abolitionnistes avec des copines ou d’autres travailleuses du sexe, me demandant qui elles étaient vraiment, ce qu’elles avaient vécu par le passé qui les motivaient à dénigrer certaines travailleuses du sexe et les hommes qui fréquentent les travailleuses du sexe.

Jamais je n’avais pensé faire un rapprochement entre leur impérialisme à la je-vais-vous-sauver-même-si-vous-ne-savez-pas-que-vous-devez-être-sauvées et les théories de Freud. J’ai trouvé un article qui vulgarise le tout, et je trouve cela génial. Je vous invite à en lire un extrait, puis à le consulter si la chose vous intéresse autant que moi.

« On voit que là où la morale victorienne opposait la femme respectable (bourgeoise) à la femme socialement inférieure (la putain), à une période où le capitalisme était en plein essor, l’abolitionnisme se veut sans opposition de classes, ce qui le conduit non pas à vouloir cantonner la prostitution (celle-ci était très active sous l’ère victorienne, dans les bas-fonds de Londres par exemple), mais à vouloir sa disparition. C’est ainsi que s’est ajouté au clivage entre la madone et la putain, un clivage entre les hommes et les femmes.

Ce double clivage procède à l’étouffement d’une question qui concerne les femmes en général : celle de leurs pulsions sexuelles. Si la prostituée doit être victimisée, c’est parce qu’elle doit être niée comme femme possible, en étant érigée en victime de la sexualité des hommes. Il s’agit là de préserver l’image de la femme respectable, qui ne peut pas l’être si elle a elle-même des pulsions sexuelles aussi dérangeantes que celles des hommes.

La prostituée victimisée par le discours abolitionniste, sans lui demander son avis sur la question, est donc plutôt haïe que défendue par les féministes abolitionnistes. Cela explique que ces dernières ne tiennent aucun compte des conséquences sociales de la pénalisation des clients pour les personnes se prostituant. Dans la mesure où les pulsions sexuelles sont décrétées relever du seul sexe masculin, et que celles-ci représentent le mal absolu, la prostituée respectable n’est pas concevable, et elle porte atteinte à l’image de la femme en général. »

Source : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/227746-les-prostituees-victimes-des-hommes-ou-des-abolitionnistes.html