Posts Tagged ‘travail du sexe’

Juger les filles qui s’achètent du glitter pour travailler

novembre 5, 2016

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Je suis obsédée par les pornstars, les concours de beauté et la pizza. Dans un article pour Vice, plusieurs gorgeous babes de l’industrie du sexe ont été hyper généreuses et ont accepté de me parler de ce qui représente un des plus grands dangers de l’industrie: le jugement.

Tous les performers dans l’industrie du sexe se font juger et c’est quasi impossible de s’en sortir (quand ça devient trop fatiguant de s’enduire de glitter pour aller travailler, as if!) – parce que lorsqu’une actrice ne fait plus de porno, son passé la rattrape et elle est contraite à abandonner son travail pour ensuite revenir dans le seul milieu qui l’accepte, celui de l’industrie du sexe.

Forever des salopes dans la tête de ceux qui se branlent ou qui mouillent en espérant nous sauver de l’indécence? C’est plus que triste. Lisez ce que Harley Hex, Claudie Auclair et d’autres m’ont confié.

Faire de la porn pour ses chats

octobre 29, 2016

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Travail du sexe au Canada: le harcèlement policier et des droits en attente

octobre 19, 2016

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Ricochet a dernièrement publié une série d’articles remarquables sur les répercussions pour les travailleuses du sexe de la loi C-36. Plus de vingt travailleuses du sexe (pas juste des filles blanches privilégiées demandant 500$ par heure de branlette) ont témoigné sur ce que représente le sex work after Harper.

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Ces témoignages sont d’un intérêt majeur, surtout en ce moment, alors que l’opération Northen Spotlight est expliquée et comprise n’importe comment par les médias. Radio-Canada a entre autres choisi un titre très rigolo – sans le vouloir – choisissant de partager l’angle des policiers qui tentent de sensibilier les travailleuses du sexe, alors que lorsque les policiers attendent une escorte, cachés dans une chambre d’hotel, ce n’est pas de la sensibilisation, c’est de l’escroquerie et du harcèlement. Les travailleuses du sexe attendent encore le moment où elles pourront appeler le 911, puis attendre, devant une tasse de thé, que des policiers se présentent non pas pour désamorcer une bombe ou une chicane de couple, mais plutôt pour se faire sensibiliser aux risques de leur travail et se faire proposer de virer travailleur en usine de confection de déguisements pour animaux à la place.

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Sandra Wesley, la directrice de Stella, un organisme qui aide et défend les droits des travailleuses du sexe, remarque et s’interroge sur l’horreur que ça représenterait pour quiconque à l’extérieur de l’industrie du sexe de vivre pareil harcèlement: “Pouvez-vous imaginer aller à la rencontre d’un client, mais finalement vous retrouver coincé dans une pièce avec un policier qui demande à savoir pourquoi vous avez décidé d’aller travailler ce jour-là et qui tente de vous convaincre de quitter votre profession?”

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Je vous invite à lire la série d’articles de Ricochet, mais je vous en présente quelques extraits.

Les travailleuses du sexe peuvent-elles parler?

« Comme la plupart des personnes impliquées dans l’industrie du sexe, je crains la police. Je n’ai été physiquement agressée qu’une seule fois dans mes 16 ans de carrière, mais j’ai pris conscience du traitement que la police réservait aux travailleuses du sexe en 2003. J’étais sur un appel avec une autre escorte lorsqu’un client s’en est pris à une travailleuse. Nous avons quitté les lieux sur le champ avec notre chauffeur afin de nous rendre au poste de police, mais les agents s’intéressaient nettement plus à l’agence qu’aux détails de l’agression.

Nous avons été interrogées pendant des heures. Bien que nous avons initialement été bien traitées par les policiers, leur attitude a changé à partir du moment où ils ont appris que nous étions des escortes. Même si l’achat de services sexuels n’était pas illégal à l’époque, nous étions quand même maltraitées par la police. Maintenant que plusieurs aspects du travail du sexe sont criminalisés, je sais que je ne ferai jamais appel à leurs services.

Après cet incident où la police a pris conscience de mes activités, de celles de ma collègue ainsi que de celles de l’agence, les agents se sont mis à se rendre régulièrement à notre lieu de travail et à nous harceler. Bien que j’aimais vraiment travailler à cet endroit, j’ai fini par démissionner plus de trois ans plus tard car j’avais l’impression que toute cette attention policière allait finir par me nuire tôt ou tard. »

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Impossible d’annoncer ses services dans les médias alors bienvenue à la clandestinité non réglementée!

« We have all-female management, and the business is owned and operated by a woman with lived experience in the industry. We respect the privacy and discretion of all of our clients and staff. We are registered and licensed with the city in which we are based. Our work is consensual. Our work is real work.

Since the introduction of the new sex work laws, I feel less safe as an individual within the industry. At the studio we have had to change the way we advertise our work. Before the new laws, even though we had to be careful about the language and images we used in our ads, we were still able to advertise in the Yellow Pages, newspapers, newsletters, and elsewhere. We would pay for advertising like other businesses do in order to secure safe, reliable, and consistent work.

We are now forced to advertise by using sketchy websites that put everyone at risk. The providers and consumers have all moved underground to connect. These methods are unregulated and often unmoderated, and can be dangerous to both the provider and the consumer. Women have had their personal information, including full names, addresses, contact information, identifying photos, and social media accounts, posted and shared for everyone to see. This is where we are forced to go to advertise. This is not safe and this is not acceptable. »

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Ce que les travailleuses veulent: la fin de l’intimidation policière

« Those of us who work in the industry know what we need in terms of help. For those of us working outdoors, I would love a big house where workers can eat and sleep and live but not bring clients, with a separate rooming house to bring clients to. It would function similarly to an in-call agency but be more of a non-profit.

We need plain-clothed officers who are willing to focus on violence against us.

I wish our relationship with the police was more like having a liaison to talk with comfortably. As it is, you never know what you’re going to get with the police. Some are okay, but others are quite rude and say horrible stuff to us. In Victoria, police are not monitoring us too much, but they do make their presence known, and there have been nights where we’ve seen a police car on the street at least every 15 minutes.

This kind of intimidation definitely deters people from stopping in certain areas. Some clients are even starting to walk up to book the date now, to avoid risking getting pulled over. This kind of fear with the police isn’t good for any of us. I know the police think they’re helping us. But they’re not. They’re infringing on our work and our capacity to support ourselves. »

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Cubicule ou chambre d’hôtel?

octobre 3, 2016

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La fessée et beaucoup de vices

septembre 19, 2016

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J’ai discuté jeudi dernier de mon désir de redevenir escorte avec Yannick Marceau et Laurence Gagnon de l’émission radio Marceau le soir. C’est chouette, la radio, même si ok, je sais que ce serait encore plus top si j’étais en studio avec eux. Bientôt – quand je trouverai une baby-sitter pour mes choux.

Écoutez-moi me donner une fessée.

Et lisez les deux textes qui ont inspiré mon passage à Marceau le soir.

Pourquoi je voudrais redevenir escorte (Vice Québec est lancé, yeah!) – une amie m’a dit que j’écrivais de façon trash et poétique et j’étais trop contente qu’elle soit sous le charme, malgré le sujet, qui l’enchante moins: “Me faire bronzer au parc pendant que j’apprends aux enfants à chanter l’alphabet et jouer à la cachette tout en lisant des potins sur mon cellulaire, c’est super gratifiant, mais j’aimerais aider notre famille autrement qu’en répétant dix fois par jour : « Les mots de toilettes, c’est juste aux toilettes qu’on peut les dire. »”

Aimer la fessée n’est pas une maladie mentale (ma chronique Canoë hebdomadaire, yeah!): “Une personne soumise ne le fait pas pour plaire à quelqu’un: elle le fait car c’est ce qu’elle croit essentiel pour se sentir accomplie. Parfois, cela va au-delà du jeu sexuel. Jessica Caruso explique que certains participants vont s’inscrire à un registre d’esclaves. Un numéro d’esclave leur est alors assigné, ainsi qu’un certificat d’inscription et un code-barres personnalisé.”

Bon début de semaine y’all! Bisous soufflés au miel!

Des danseuses occupées par des policiers plutôt que par des clients

juin 17, 2016

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J’ai participé à une campagne de Stella pour condamner la répression en général du travail du sexe, dont celle ayant lieu dans le contexte du Grand Prix de Montréal.

Dans ma chronique Canoë, j’indiquais qu’au “mois de juin, pour le Grand Prix, ou peu importe le mois et l’événement, les escortes ne veulent pas être sauvées. Elles veulent travailler. Sans être exploitées, surveillées, traitées de pizza ou menacées par des lois et des croisades faussement féministes”.

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Stella, un organisme à la défense des droits des travailleuses du sexe, rappelait aussi que “le travail du sexe et la traite humaine ne sont pas synonymes. Le portrait de tout travail du sexe comme étant de l’exploitation et la confusion entre travail du sexe et traite humaine amènent les policiers à surveiller, détenir, arrêter et déporter des travailleuses du sexe, particulièrement les femmes racisées ou migrantes, sous couvert d’opérations cherchant des «victimes». Ceci détourne des ressources qui pourraient être utilisées pour enquêter sur les vrais cas d’exploitation et empêche les clients et travailleuses du sexe qui sont témoins de situation d’exploitation de les dénoncer, sous peur d’être arrêté-e-s.”

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Pourquoi rester anonymes?

Des Femen et des femmes contre le travail du sexe ont décrié le fait que les participantes à la campagne de Stella avaient le visage masqué. Comment pouvaient-elles nier notre besoin d’anonymat, alors que les travailleuses du sexe sont insultées, instrumentalisées, comparées à des pizzas ou à des femmes brainwashées, pointées du doigt dans des procès pour la garde d’enfants lors d’un divorce, obligées de marcher toutes nues, en public, une fois arrêtées par les forces de l’ordre? Des Femen se sont aussi joyeusement applaudies, insinuant que les travailleuses du sexe les imitaient enfin, posant nues, alors que ce sont elles, les Femen, qui copient les travailleuses du sexe, en utilisant leur corps pour faire passer un message. Les travailleuses du sexe utilisent leur corps, toujours, ne le vendent pas, et préféreraient ne pas avoir à passer un message, mais comme parfois personne ne semble écouter, leur corps, dont elles connaissent mieux les limites que quiconque, leur corps leur sert à passer un message, encore, à payer leur loyer, à nourrir leur enfant, à jouir et faire jouir.

Des danseuses sans clients pendant le Grand Prix

Comme Stella le prévoyait, la répression lors du Grand Prix a eu des effets néfastes sur les services proposés par les travailleuses du sexe. Un ami m’a raconté qu’il était au Café Cléopâtre, avec une copine qui dansait autrefois au Cléo. Elle avait décidé d’y retravailler quelques soirées. Le samedi du weekend du Grand Prix, vers minuit, dix policiers sont entrés. Ils ont noté le nom de toutes les danseuses et ils ont vérifié leur âge et d’où elles venaient. Ils ont interrompu les danses en cabines, alors que les danseuses y travaillaient. Cela a certainement enlevé à plusieurs clients l’idée de se payer une danse. Les policiers sont restés entre une heure et deux heures. Les travailleuses ont perdu leur temps et possiblement beaucoup d’argent. Toutes les cabines étaient vides, après le départ des policiers, qui semblaient déterminés à trouver des danseuses nées dans un autre pays. Il n’y en avait pas. Elles étaient toutes là pour travailler, par choix, et elles n’ont pas travaillé: elles ont plutôt assisté à ce que provoquent la panique et les croisades moralistes.

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Lundi oui oui oui: célébrités imitées et sucettes

janvier 26, 2016

*COMPOSITE*

J’ai lu le Le Grand Antonio et un livre sur les pompiers à mes enfants (mon fils est un wannabe pyromane-pompier-strip-teaser-reine de beauté-Bob le bricoleur). Je suis prête à googler calendrier de pompiers maintenant.

Ce que j’aime plus que d’entendre mon voisin jouer de la flûte :

Guru. RedBull aux fruits tropicaux. Copine qui se colle une moustache sous le nez. Hypnose. Sucettes véganes. Célébrités imitées sur Instagram. Soleil lors d’une promenade à 15h30. Histoire d’un Syrien qui ne comprend pas l’absence de tapis chez sa logeuse. Bande dessinée pour comprendre à quel point les travailleuses du sexe sont ignorées lorsqu’il est question de lois sur le travail du sexe.

Celeste Barber

Extrait de La Pile, une nouvelle d’Anne Archet :

« Elle est assise à califourchon sur un inconnu, tatoué jusqu’à la racine des cheveux, dont la bite est enfoncée jusqu’aux couilles dans sa chatte. Un autre inconnu au visage émacié, posté derrière elle, la sodomise précautionneusement, avec une délicatesse maniérée. En les voyant besogner joyeusement, je me surprends à fredonner mentalement Valderi Valdera – il y a fort à parier qu’ils se sentent comme de joyeux promeneurs du dimanche tant les sentiers qu’ils empruntent ont été, avant leur passage, longuement balisés et parcourus de long en large. Le plancher de béton poussiéreux est jonché de vêtement divers sur lesquels sont assis quelques individus, hommes et femmes, qui reprennent leur souffle avec, je le devine, le sentiment du devoir accompli. Debout près de la porte, il y en a une qui a refusé au dernier moment de se désaper et qui filme la scène avec son téléphone, une main fourrée entre ses cuisses. »

Bonne semaine y’all! Cheers!

Lundi oui oui oui: caramel salé et livreur d’UPS

janvier 19, 2016

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Hier je suis allée manger des galettes des rois aux pistaches et au choco-poires. C’était dix jours après la fête des Rois, mais des galettes, j’en mangerais plus souvent qu’une fois par année anyway si je savais en cuisiner. Je n’ai pas pris de champagne parce que j’ai décidé de ne pas boire jusqu’à mon anniversaire (vous pouvez m’offrir des bouteilles devant lesquelles je ferai du yoga ou des incantations magiques) et je n’ai pas montré ma petite culotte parce qu’il y avait trop d’enfants chez mon copain Colin.

masque peeling

Photo classy sur ma page Facebook

Ce que j’aime plus que garder la couleur de mes petites culottes que pour moi :

Masque peeling qui me donne la sensation d’avoir du foutre sur le visage. Masturbation dans une cabine téléphonique new-yorkaise. Chandail tout doux I’d rather be sleeping. Facteur. Livreur d’UPS. Pompiers. Paris Hilton en femme d’affaires bien avisée. Conférences organisées par l’Association végétarienne de Montréal. Fiston qui se réveille en chantant la chanson Élisa de Gainsbourg. Fantasmer sur les mecs plus vieux que moi au Starbucks, même s’ils parlent de trucs blah comme les assurances contre les vols. Sexy Tragic Muse. Frère qui s’en va dans l’armée. Romans policiers prêtées par une superwoman. Défi zéro déchet. Glisser. Caramel salé. Bien utiliser le web pour sa sécurité comme travailleuse du sexe. Photos ahurissantes/déprimantes de gens qui sortent d’un magasin chic.

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Bonne semaine y’all ! Bisous à l’eau pétillante !

Les salopes et leur double vie

janvier 15, 2016

Je fais une mini apparition à l’émission Banc Public, sur le sujet de la double vie.

Moi, ma double vie, c’était quand j’étais escorte, et que je devais mentir non par honte, mais par besoin de me protéger. J’en venais à me détester, à mentir, sur ce que je faisais, sur où je devais me rendre, après une Smirnoff Ice avec des copains. J’en avais mal au ventre, de revenir chez moi et de me retrouver devant rien, juste de l’argent à dépenser, le soleil pour m’aveugler pendant que je lisais trois revues à potins, pour me rapprocher de Jennifer Aniston parce que je n’osais pas me rapprocher de ma meilleure amie, je n’osais rien raconter, ni le plaisir, ni les peurs, parfois, ni la musique préférée d’un client, ni le massage avec une balle de tennis qu’un autre m’avait fait, je ne pouvais pas dire que les cheveux, après avoir été lavés cinq fois, ont l’air trop raplapla pour trouver ça glam, attendre et jouir en changeant mon prénom avec une autre personne qui change aussi son prénom.

Je mentais parce que les salopes, elles ne sont pas crues, elles ne sont pas aimées, elles sont questionnées, sans relâche, sur pourquoi elles sont des salopes.

Je suis encore une salope, mais je sais que je peux être crue, maintenant, un peu plus crue, quand je dis que je ne suis pas juste ça, payée ou pas, je ne suis pas juste ça.

Un autre texte vraiment intéressant sur les mensonges à répéter et la stigmatisation des travailleuses du sexe, Escorte : la vie dans le placard. Un témoignage sensible, fort, poignant.

Extrait : En fait, c’est ça qui a failli me faire craquer, me faire tout arrêter : l’obligation de mentir à tout le monde. Parce que j’ai peur de devenir « la pute », cette fille, là-bas, que sisi, je te jure, elle baise avec des mecs pour de l’argent. Que pfoua, c’est trop dégueu. Que c’est qu’une connasse vénale, ou une pauvre fille perdue, d’ailleurs, avec tout ce qu’elle a vécu, pas étonnant qu’elle soit tordue. Personne pourrait être amiE avec une fille pareille, encore moins partager son intimité. Baiser avec une pute, c’est la honte, et en tomber amoureuxSE, encore plus.

J’ai eu peur, et j’ai toujours peur, de me taper cette étiquette. D’être marquée au fer rouge. De ne plus jamais pouvoir revenir en arrière, d’être obligée de me confronter aux genTEs qui, en permanence, s’imagineront ma sexualité avec une curiosité avide et dégoûtée. Qui me réduiront à cette seule partie de moi : Decade, la pute.

J’ai pas envie d’avoir à me justifier. « Pourquoi tu fais ça alors que t’en as pas besoin financièrement ? Alors que tu pourrais faire autre chose ? Pourquoi t’infliges à ton entourage d’être pote avec une pute, ou amoureuxSE d’une pute ? Pourquoi t’arrêterais pas, ça serait tellement plus simple pour tout le monde, si t’arrêtais. Pourquoi c’est si important pour toi de coucher avec plein de genTEs ? T’es une salope égoïste ou quoi ? Ou alors c’est pour l’argent ? Mais du coup, t’es une connasse de matérialiste ou quoi ? Est-ce que c’est à cause de ton passé ? Est-ce que c’est parce que t’es traumatisée ? Tu donnes un pourcentage de ce que tu gagnes à quelqu’unE d’autre, mais c’est pas immoral ça ? C’est pas anti-féministe ? C’est pas contraire à tes principes ? Comment tu justifies ça ? Vas-y, on sort les pop-corns et on te regarde te débattre dans la boue face à nous »

Et moi, moi je suis marquée au fer rouge, comme elle dit, l’auteure du billet que je cite. Parce que lorsque j’apparais quelque part, c’est ex-escorte qu’on écrit pour parler de moi. Et ça ne me choque plus. Ça me surprend, toutefois, c’est bête, mais ça me surprend.

Un prince à baiser et pour qui chanter au karaoké

novembre 10, 2015

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Comme elle le proclame sur son site web, Jillian Lauren est passée de fille dans un harem à membre d’un parent-teacher association. De fillette abandonnée par une maman ballerine à auteure tatouée qui donne des conférences sur l’adoption.

Elle raconte tout ça dans Some Girls, My Life in a Harem, ce qui l’a amenée à baiser avec un prince sadique et à le partager avec d’autres filles qui se saoulaient et se détestaient en attendant leur tour au karaoké.  Ou leur tour sur un terrain de tennis. Ou leur tour pour recevoir un bijou ou la queue du prince.

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Elle raconte qui elle était, et ce qu’elle tente d’être, après des semaines et des mois de shopping de sacs Vuitton et d’enfermement. Son récit n’en est pas un d’escapades sexuelles dans un pays exotique. C’est le récit d’une Shéhérazade contemporaine, qui se cherche, qui se cherche et se crée, avec des mots, des secrets qui ne sont plus des secrets, de l’encre sur sa peau et des désirs à réinventer.

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Extraits de Some Girls, My Life in a Harem:

Sur ses tatouages qui l’obligent à se révéler aux autres : « With my story writ large on the surface of my skin, I would no longer be tempted to fool people into thinking that I was normal. Tattooing was going to be my own radical statement about permanence and impermanence. It was the scarlet letter that I would proudly embroider across my chest. »

Sur le pouvoir de l’argent et des possessions : « There is something about that kind of hard, cold, sparkling sign language for power that even I, quasi-socialist sometime-vegetarian artist – even I wanted to hold up and shout, Look motherfuckers : I have a treasure from a prince. I am beautiful. »