Je ne vous montre pas celle de mes seins contre une icône

juin 26, 2016

Mélodie Nelson

photo par Myriam Lafrenière

Je voulais être un personnage. C’était plus facile pour moi, vouloir être un personnage que d’écrire ou whatever. Puis finalement personne ne pouvait écrire sur moi comme moi je pouvais écrire sur moi, personne pouvait dire ce que ma mouille goûtait parce que j’étais la seule qui écrivait mouille dans mes cours de création littéraire à l’université, une fille insistait pour me dire qu’il existait un vrai mot pour ça, c’était cyprine. Et je savais c’était quoi la cyprine. C’était un beau mot, mais moi ce que j’avais entre les jambes, c’était de la mouille.

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Je suis plus vieille maintenant et je n’écris pas assez et parfois devant le miroir ou sur mon tapis de yoga je redeviens un personnage. Je pensais pas trouver quelqu’un qui voudrait me voir vivre en personnage, en moi exagéré, en moi en bikini/lingerie/perruque blonde/legging made in China fushia dans une église.

Mais Myriam Lafrenière partage avec moi un désir d’images fracassantes, de féminité exacerbée parce qu’elle aime toutes les formes que la féminité peut prendre, elle aime les melons d’eau de David Lachapelle et j’aime les crottes de fromage que Pamela Anderson lance dans les airs pour David Lachapelle.

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Nous avons joué ensemble, dans une église, et j’étais extatique, sauf le moment où j’avais du rouge sur les dents/des Cheetos sur les dents et qu’une dame est entrée pour prier. Je ne savais plus comment me rhabiller, j’étais mortifiée et je répétais le mot grotesque à Myriam.

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J’étais son personnage, à Myriam, mais aussi une fille de trente ans qui se prenait un peu pour Amanda Lepore/Pamela Anderson et Courtney Love – et c’était mieux qu’à mon mariage, alors que j’avais demandé à ma cousine de me prendre en photo, juste avant que je ne vomisse, parce que je trouvais que je devais avoir l’air top et trash, au-dessus de la cuvette, bleachée et en bikini à cerises.

Des danseuses occupées par des policiers plutôt que par des clients

juin 17, 2016

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J’ai participé à une campagne de Stella pour condamner la répression en général du travail du sexe, dont celle ayant lieu dans le contexte du Grand Prix de Montréal.

Dans ma chronique Canoë, j’indiquais qu’au “mois de juin, pour le Grand Prix, ou peu importe le mois et l’événement, les escortes ne veulent pas être sauvées. Elles veulent travailler. Sans être exploitées, surveillées, traitées de pizza ou menacées par des lois et des croisades faussement féministes”.

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Stella, un organisme à la défense des droits des travailleuses du sexe, rappelait aussi que “le travail du sexe et la traite humaine ne sont pas synonymes. Le portrait de tout travail du sexe comme étant de l’exploitation et la confusion entre travail du sexe et traite humaine amènent les policiers à surveiller, détenir, arrêter et déporter des travailleuses du sexe, particulièrement les femmes racisées ou migrantes, sous couvert d’opérations cherchant des «victimes». Ceci détourne des ressources qui pourraient être utilisées pour enquêter sur les vrais cas d’exploitation et empêche les clients et travailleuses du sexe qui sont témoins de situation d’exploitation de les dénoncer, sous peur d’être arrêté-e-s.”

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Pourquoi rester anonymes?

Des Femen et des femmes contre le travail du sexe ont décrié le fait que les participantes à la campagne de Stella avaient le visage masqué. Comment pouvaient-elles nier notre besoin d’anonymat, alors que les travailleuses du sexe sont insultées, instrumentalisées, comparées à des pizzas ou à des femmes brainwashées, pointées du doigt dans des procès pour la garde d’enfants lors d’un divorce, obligées de marcher toutes nues, en public, une fois arrêtées par les forces de l’ordre? Des Femen se sont aussi joyeusement applaudies, insinuant que les travailleuses du sexe les imitaient enfin, posant nues, alors que ce sont elles, les Femen, qui copient les travailleuses du sexe, en utilisant leur corps pour faire passer un message. Les travailleuses du sexe utilisent leur corps, toujours, ne le vendent pas, et préféreraient ne pas avoir à passer un message, mais comme parfois personne ne semble écouter, leur corps, dont elles connaissent mieux les limites que quiconque, leur corps leur sert à passer un message, encore, à payer leur loyer, à nourrir leur enfant, à jouir et faire jouir.

Des danseuses sans clients pendant le Grand Prix

Comme Stella le prévoyait, la répression lors du Grand Prix a eu des effets néfastes sur les services proposés par les travailleuses du sexe. Un ami m’a raconté qu’il était au Café Cléopâtre, avec une copine qui dansait autrefois au Cléo. Elle avait décidé d’y retravailler quelques soirées. Le samedi du weekend du Grand Prix, vers minuit, dix policiers sont entrés. Ils ont noté le nom de toutes les danseuses et ils ont vérifié leur âge et d’où elles venaient. Ils ont interrompu les danses en cabines, alors que les danseuses y travaillaient. Cela a certainement enlevé à plusieurs clients l’idée de se payer une danse. Les policiers sont restés entre une heure et deux heures. Les travailleuses ont perdu leur temps et possiblement beaucoup d’argent. Toutes les cabines étaient vides, après le départ des policiers, qui semblaient déterminés à trouver des danseuses nées dans un autre pays. Il n’y en avait pas. Elles étaient toutes là pour travailler, par choix, et elles n’ont pas travaillé: elles ont plutôt assisté à ce que provoquent la panique et les croisades moralistes.

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À regarder au lieu des nouvelles télévisées

juin 17, 2016

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Un compte instagram plaisant à regarder est celui d’Arielle Billie, une mannequin from Canada, qui a des lèvres incroyables et beaucoup d’estime pour les animaux et les bains moussants.

Enjoy!

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Milles Batailles pour se mimer hors de soi

juin 3, 2016

mille batailles

La danse, je ne comprends pas ça, je ne peux pas l’analyser, je ne peux pas comprendre comment se commence et se crée un mouvement, et comment ça se termine, c’est destabilisant, c’est me retrouver devant des mots que je ne maitrise pas, devant un autre langage et d’autres corps, des corps qui utilisent l’espace comme je ne réussis pas à l’utiliser.

Avant d’aller assister à Mille Batailles, je n’ai rien lu, rien écouté sur le spectacle, parce que je ne voulais pas voir ce que les critiques auraient perçu et deviné, je voulais comprendre juste ce que je pourrais comprendre, et peu importe si j’inventais dans ma tête de fausses raisons et de fausses histoires aux mouvements de danse de Louise Lecavalier et de Robert Abubo.

Mille Batailles, c’était un ring, un cul-de-sac et parfois un damier. Louise Lecavalier, seule, au début, avait les pieds qui bougeaient si rapidement qu’elle semblait sur un tapis roulant, et sa gestuelle, si proche de son visage, laissait croire qu’elle portait un masque.

Un masque pour se défaire et se refaire. Des mimes pour sortir de soi et ressortir de soi et ne plus savoir comment être soi.

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Quand Robert Abubo est allée la rejoindre sur scène, les deux danseurs tentaient des rapprochement, mais même dans une tentative de lutte, ils ne se touchaient pas. Comme si se défaire de soi nous éloignait non seulement de toutes nos guerres intimes, mais aussi de ce qui pourrait nous consoler ou nous blesser chez l’autre.

Sans points de repères, avec une lumière rouge qui faiblissait, les danseurs se sont aussi retrouvés contre un mur. Je ne savais pas quoi y déceler, des mouvements d’araignée prise dans sa propre toile, ou de divinités indiennes qui tentaient de repousser ce qui semblait trop fort ou lourd à combattre.

À la fin, après une heure de danse, les deux danseurs étaient assis, retirés, l’un contre l’autre. Ils étaient plus perdus ou moins perdus qu’avant. Je n’ai pas décidé.

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Fuck your sexist bullshit

mai 26, 2016

slut shaming

Près de chez moi, près d’un champ de pissenlits à souffler fort fort, il y a un chouette dessin, collé sur mur, un chouette dessin anti-shaming de salopes.

Un facteur attendu

mai 24, 2016

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En attente de mon premier jouet Lelo. J’ai un crush pour les facteurs, mais là j’ai juste très hâte de déballer ce que le mien m’amènera.

Je me croise les doigts – sales – pour qu’il vienne aujourd’hui.

Conversations de bateaux et foutre dans un mouchoir

mai 24, 2016
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Les deux kayacs étaient là. Mais je ne les ai pas pris en photo pendant que nous baisions parce que j’avais autre chose en tête que de les prendre en photo.

Sur le balcon, il a baissé ma petite culotte. Il a proposé que j’aie plus vers la gauche, proche du boisé et du vieux cabanon au toit de tôle, pour ne pas faire directement face aux deux kayacs en face de nous.

Les conversations des voisins ne m’empêchaient pas de mouiller depuis quinze minutes. Il n’a pas hésité à me pénétrer. C’était bon de l’avoir comme ça en moi, dehors, dans la nuit qui tombait lentement très lentement, avec des nuages roses entre les arbres.

Je me retournais parfois pour le regarder, excité et beau, à me baiser ailleurs que dans nos draps d’étreintes de froid. Il me regardait, puis ses yeux retombaient sur mes fesses.

Quand j’ai senti son foutre chaud me remplir, j’ai fermé les yeux et je me suis contrainte à ne pas crier, pour ne pas déranger les voisins et leurs conversations de bateaux et de branches à couper.

–           Nous ferons brûler des guimauves cet été?

Il est resté en moi, a approuvé, puis nous sommes rentrés, moi pour boire de l’eau citronnée, et lui, pour s’essuyer la queue dans un mouchoir.

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Qui est le plus obsédé par les graines?

mai 21, 2016

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La vérité: j’aime mieux les pénis bandés que mous. Mais la taille, c’est pas trop dérangeant, pour ma chatte, en tout cas. Je serais triste avec un mec qui a deux centimètres de graine, mais je n’ai vu ça qu’une fois sur mille mecs, alors ce n’est pas effrayant.

Ma chronique la plus récente sur Canoë explore cette obsession sur la taille des bites. Entre les femmes et les hommes, qui est le plus maniaque de la règle à mesurer?

Extrait: “Amélie soulève que son mari a des réactions semblables. «Je coupais des courgettes, des concombres et des carottes. Mon mari s’est approché et il a passé un commentaire comme quoi il avait du chemin à faire avant d’avoir un sexe aussi gros que ces légumes. Quand j’ai rétorqué que son pénis était déjà plus gros, il ne m’a pas crue. Il a sorti son membre pour comparer, et même au repos, il était plus impressionnant que tous les légumes. Il en était bouche bée.»”

La photo surplombant ma chronique a reçu des commentaires hilarants. Thanks guys de me lire et de me faire rire.

Pénis parfait

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En extra: un article qui soulève à quel point les blagues sur les petites queues, c’est stupide, et anti-féministe.

En extra: un chat avec un pénis sur la face. 

chat pénis

Des autos-tamponneuses en forme de vagins

mai 17, 2016

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Quand j’avais quinze ans, mes parents avaient très peur de me laisser aller à la Ronde. Ils pensaient que je me ferais kidnapper entre Repentigny et Montréal et que je passerais mon temps avec des jeunes qui volent des cigarettes dans des dépanneurs. Je n’ai jamais fumé de ma vie et je ne suis pas très influençable, mais mes parents préféraient que je lise des Seventeen dans un maillot une pièce Nike, devant le garage de ma meilleure amie, qui, elle, fumait des clopes et entretenait une correspondance très chaude avec un coach de roller hockey de dix-huit ans.

J’allais tout de même parfois à la Ronde, avec des copines dont les parents promettaient de venir nous chercher avant qu’il ne fasse trop noir et avant que nous soyons malades d’avoir avaler trop de slush à la framboise bleue.

Maintenant je suis étourdie à rien, et je me sens vraiment juste à ma place dans les manèges pour touts-petits, style locomative qui avance plus lentement qu’un escargot.

Mais je serais prête à oublier mes peurs et à tout essayer dans un parc d’attractions pour adultes. Au Brésil, il y aura bientôt un genre de Disneyworld pour adultes: le Erotikaland. Ce ne sera pas possible de baiser dans une auto-tamponneuse, mais mouiller en écoutant un film dans un siège de cinéma 7D sera encouragé. Des breuvages aphrodisiaques seront servis dans un snack bar et les clients du parc d’attractions pourront comparer leurs marques de bronzage dans une piscine pour nudistes.

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Tatsuki et ses muses

mai 17, 2016

T Okura

À presque 80 ans, Yoshihiro Tatsuki est un photographe que je viens de découvrir, même si ça fait depuis 1969 qu’il travaille en freelance. Sa famille avait un studio photo assez réputé et spécialisé en portraits. Tatsuki, lui, a transformé l’art des portraits de ses parents en photos explorant la candeur, les mondes nouveaux (My America, California I love you), les rapports possiblement pervers entre la nudité et la présence d’inconnus (des mains rattachées à un corps inconnu semblent toucher fébrilement les seins d’une jeune fille).

Tatsuki Eves

Tatsuki The Prussian Officer

Tatsuki


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