Je me suis crossée au lieu de vous écrire un conte de Noël

décembre 27, 2017

Je ne vous ai pas écrit de conte de Noël cette année parce que un) personne ne les lit haha et deux) je dois un livre à mon éditrice/bombe blonde/athlète de l’année/amoureuse des chats/personne vraiment trop chill avec moi – ce sera un livre qui sera plus intéressant et magique que le vernis à ongles qui ne s’écaille pas, promis et trois) je suis fatiguée j’ai été trop fatiguée ma fatigue est nulle – j’ai publié un truc sur Facebook le 17 décembre à ce sujet et je vous le copie-colle ici.

« Souvent j’explique que je suis devenue escorte parce que je suis paresseuse.

C’est comme une excuse : je n’étais pas capable de travailler comme les autres, je ne suis pas encore capable de travailler comme les autres, je restais parfois au lit, je me souviens je restais au lit et je n’en sortais pas, toute une journée, incapable d’aller sourire huit heures dans une librairie. Parfois je reste encore couchée et je me lève parce que je dois habiller les enfants, leur proposer aussi une boisson de soya aux fraises et des Froot Loops, je me lève et je me dis je pourrais retourner me coucher après et les journées passent comme ça.

Je ne sais pas pourquoi. Je suis triste parfois. Je suis fatiguée. Je n’en parle pas, je ne pense pas que je suis malheureuse, c’est juste que ma tristesse est parfois trop lourde ou qu’elle n’est pas une tristesse : je suis parfois juste trop lourde pour me soulever.

Je ne suis pas devenue escorte parce que je suis paresseuse. Je suis devenue escorte parce que c’est la seule façon que j’ai trouvé d’être moi, de pas me fausser, de pas rire si ça ne me plaisait pas, de pouvoir passer des journées juste à lire à boire de l’eau au pamplemousse et à rester seule, et d’autres journées à voir plein de monde et à me déshabiller et à regarder d’autres personnes se déshabiller.

Je n’ai pas à m’excuser d’être devenue comme ça. Et pour toutes les autres qui sont comme moi et pour toutes les autres qui ne sont pas comme moi, qui ne se retrouvent pas dans ce travail, mais qui enfilent quand même des condoms sur des queues et qui ont les cheveux gras de trop les laver, toutes les autres toutes les autres nous toutes, nous n’avons pas à subir la violence. De personne. Nous n’avons pas à subir la violence des personnes qui forcent une des nôtres, à sauter, par peur d’être arrêtée par la police, d’un immeuble, et de mourir, de mourir d’avoir été pute. C’est arrivé, comme ça, cette année, à New York. Nous n’avons pas à subir la violence des personnes qui nous rejettent, qui nous jugent, qui refusent que nous soyons ce que nous sommes. Nous n’avons pas à subir la violence de certains clients qui croient que nous ne comptons pas, puisque nous devrions faire comme à la télé et ouvrir les jambes comme des robots et mouiller sur commande et crier aussi merci. Nous n’avons pas à subir la violence des journalistes qui nous nomment comme nous ne voulons pas être nommées et qui nous cherchent que pour les étiquettes et les scandales de foot et de foutre et de drogues à s’injecter comme si personne d’autre que nous n’était dépendante à autre chose qu’à du dissolvant de vernis à ongles.

C’est presque fini. C’était aujourd’hui : la journée internationale pour en finir avec la violence dirigée contre les travailleuses – et travailleurs – du sexe. »

Je vous propose d’autres lectures aussi parce que je suis toujours super pertinente.

Une femme nous raconte comment une escorte a pu l’aider à se connaître et sauver in a way son couple.

Le poil des femmes est toujours prêt à embarrasser le monde entier. Ou à exciter.

Une escorte canadienne enceinte explique comment ça se passe, travailler avec un ventre prêt à exploser.

Des travailleuses du sexe révèlent les messages merdiques que certains clients leur envoient.

C’est du tout beau. Si vous avez des questions pour moi, n’hésitez pas, que ce soit sur la manière de lécher des couilles sans avoir de poils entre les dents ou comment diriger la planète Terre (ça je sais pas, mais ça peut être le fun de demander à des gens influents).

Des noms parfaits pour des strippers

décembre 27, 2017

J’ai reçu un collier de perles de foutre

décembre 27, 2017

Ce matin mon mec m’est venu entre les seins. Après j’ai pris un miroir antique appartenant à ma belle-mère pour regarder son foutre sécher sur mon corps. Je me trouvais très chic.

Je vous souhaite à tous un merveilleux temps des fêtes. Ne brûlez pas vos lèvres en buvant du chocolat chaud. Vaut mieux privilégier le champagne.

Je vous embrasse. Mes lèvres goûtent le San Pelligrino – rien – et le baume au karité. Peut-être aussi le chlore mais à peine, parce que je suis frileuse et je me baigne jusqu’au nombril avant d’aller chauffer mes fesses dans le sauna.

Être qui on est grâce à une grand-mère ou à un oiseau sauvé de la mort

décembre 5, 2017

J’ai demandé à des gens de me raconté le souvenir d’enfance qui les a le plus marqué. C’est incroyable la générosité dans la réponse des gens. J’en ai été très émue.

À lire sur Vice Québec.

Extrait: « Mon Noël de cinq ans et demi. Je voulais tant un mini-piano. Après avoir déballé des tonnes de cadeaux, pas de piano. J’ai dit : « Le père Noël n’a pas été très généreux cette année. » Ma mère est allée pleurer dans les toilettes. Mon père est allé la consoler, je suis allée voir ce qui se passait, et on m’a expliqué que le père Noël n’existait pas. C’étaient mes parents, qui s’étaient cassés pour nous offrir plein de cadeaux. Je viens d’un milieu défavorisé. J’ai appris que je pouvais faire de la peine aux gens, que je pouvais être méchante sans le vouloir, que la vie était dure. J’ai passé mon enfance à avoir du mal à gérer mes émotions, mon caractère et à penser qu’au fond j’étais méchante. Ce n’est qu’une fois mère que je me suis réconciliée avec tout cela. »

Fétiches de Noël

décembre 5, 2017

J’avais hâte depuis le premier novembre de porter mes culottes HOE HOE HOE et mes ugly sweaters. J’étais super jolie pour l’Halloween #perfection mais who care, je voulais porter des gros chandails colorés qui ne font bander personne.

Je vous souhaite un beau mois de décembre. Get high on candy canes et chocolat chaud.

Demandez-moi le nom de mon rouge à lèvres au Salon du livre de Montréal

novembre 16, 2017

photo: Myriam Lafrenière

Demain je participe à une conférence sur le mouvement #moiaussi mais après je vais au Salon du livre de Montréal avec de la vodka dans une gourde et de l’eau au melon d’eau dans une autre gourde. Venez me voir please et je vais vous signer un exemplaire de Juicy en y ajoutant mille baisers.

photo: Tony Kelly

Je vais sans doute y être en Miss Purity ou Miss Slutty (devinez).

Mon horaire au Salon.

photo: Josie Desmarais

Sur Juicy et Paulo Coelho.

Sur Juicy et mon passé d’escorte.

C’était un flacon de Victoria Beckham en rabais à la pharmacie

octobre 30, 2017

« Une femme non parfumée n’est pas habillée. » C’est presque romantique, comme phrase, mais faut être maso pour y croire. Si une femme ne porte pas de parfum, elle est toute nue, si une femme a les jambes écartées, dans un café, elle est à prendre, si je te repousse c’est pour te faire croire que je ne suis pas assez forte pour te démolir, mais je peux tout faire, et ne pas porter de parfum, ou garder un flacon, avec quelques gouttes de ce que tu préférais sentir sur moi.

 

Le privilège d’être une salope

octobre 30, 2017

Je chante Lolita Go Home en fakant un accent anglais

octobre 23, 2017

J’ai pas encore pris de café. J’ai bu le restant de jus d’orange de mes enfants. La vie est belle même si elle est moins simple que les conseils de la revue Cosmopolitan.

J’aime les mamans qui achètent mon livre.

Et j’aime la playlist inspirée de mon livre Juicy. Genre wow. Je l’écoute plus que l’album de Paris Hilton que j’ai redécouvert il y a quelques mois. 

La semaine est plus dure que mes tétons

octobre 18, 2017

Je suis contente de remettre des pyjamas, après un été à être toujours toute nue ou en petite culotte le soir. Sinon j’ai le moral quand ma fille frenche une citrouille/ma belle-mère m’envoie des décalcomanies/une amie me dit que son chéri pense que Juicy est autobiographique/il y a des arcades dans un bar/il reste du champagne dans mon réfrigérateur.

La semaine a été difficile. J’accuse tout le monde de dérailler et je me réveille en expliquant dans un rêve à une amie pourquoi les hommes ne devraient jamais parler d’avortement et de travail du sexe, ce n’est pas à eux de juger ou de sacraliser quoi que ce soit, ce n’est pas à mon voisin de me croiser dans la rue le matin et de faire semblant de rien, alors qu’il dit aux autres que le sexe entre un client et une escorte, c’est toujours un viol rémunéré, fuck off.

Je veux aller dans le quartier chinois et m’acheter des masques et regarder mes enfants rêver à de la barbe de dragon.

Si vous n’avez pas encore trop mal au cœur des histoires de témoignages #moiaussi #metoo #balancetonporc, vous pouvez lire ce que j’ai à dire sur le sujet.

À Vice je parle de lassitude et je donne un prénom parce qu’il me fallait nommer pourquoi je pleure.

Au Journal de Montréal, je parle de ma crainte de devoir rassurer et consoler ma fille, si.