Dirty talk fail

février 27, 2019

Hier j’ai sucé mon mec et c’est peut-être parce que je n’avais pas bu de gin tonic, mais j’étais vraiment plus qu’enthousiaste. J’étais en position de porn star, mes fesses parfaitement placées pour être bien vues dans le miroir et je pense que j’aurais pu le sucer plus de trente minutes, mais il a interrompu mon excitation avec une phrase weird: « Tu me suces comme la misère qui tombe sur le pauvre monde. » Ou un truc de Français comme ça. Ça voulait dire que ça paraissait que j’avais envie de le sucer, qu’il a dit.

Il m’a dit que c’était dans un poème mais j’ai arrêté de le sucer pour googler et je n’ai rien trouvé.

Mes livres sentent les grilled cheese

février 26, 2019

Mes livres restent rarement propres. J’y renverse de l’eau chaude citronnée. Mes doigts y laissent des traces de chocolatine, de gras de grilled cheese extra gras. J’écris dans les marges des LOL et je surligne ce avec quoi je suis d’accord ou ce que j’aime trop lire à voix haute. Mon critère de livres à recommander à quiconque : aimer le lire à voix haute. Je ne sais pas pourquoi. J’ai besoin de le sentir vivre avec moi et lire à voix haute, toute seule ou pas, me permet de le faire mien. Je dois être quelqu’un de très possessif mais whatever.

Je vais commencer une nouvelle section de blogue : lire presque toute nue. Mon effort pour sortir la littérature du carcan académique. (Pas vraiment : c’est surtout lier deux plaisirs – celui de m’exhiber subtilement et celui de lire.)

Livre que je termine bientôt : Roux clair naturel, de Fanie Demeule, publié dans la collection Hamac de Septentrion.

Team partage de rondelles d’oignons

février 8, 2019

urbania

Je n’aime pas parler d’argent. Quand j’ai commencé à être escorte, c’était sous la peur du manque. Et j’accumulais tout: les savons, les assiettes, les cahiers, les pots de peinture, les rasoirs, les chemisiers, les rouleaux de papier de toilette. J’avais peur qu’un jour je ne puisse plus travailler et que je n’aie plus rien à nouveau. J’accumulais pour ne pas avoir peur du manque, pour reculer le manque au fond d’une armoire à biscuits.

J’ai encore peur parfois. Je n’aime pas en parler. L’argent nous rend tous vulnérable. Et fragilise malheureusement aussi des relations amicales. J’en parle dans un article sur Urbania. 

La logique

février 8, 2019

Les problèmes avec la publication sur les sexfies de Vrak et les réactions qui ont suivie

février 5, 2019

J’ai déjà trouvé une photo de ma belle-fille que j’ai jugée troublante. Un selfie qu’elle a pris, caméra au-dessus d’elle pour montrer sa bouche en cœur, ses yeux qui se la jouent confiants et son haut de camisole. Je n’ai pas aimé ça. Ma belle-fille avait onze ans et elle reproduisait les photos que je voyais ailleurs, ou que j’aurais pu prise moi-même, mais c’est un angle que je ne maîtrise pas, je montre trop de front. Je lui ai demandé pourquoi ou pour qui elle avait prise cette photo. Je pense que je n’étais pas prête à cette conversation et que j’ai peut-être été trop brusque pour que ce qui en découle soit une conversation positive, où je l’aurais plus comprise, et où elle aurait pu parler sans se sentir piégée.

Ces photos existent. Les jeunes les voient, s’ils ont un compte Instagram, s’ils regardent les photos que les médias republient des stars du web ou des actrices en vacances. Si c’est troublant de voir un enfant vouloir reproduire ça, il faut être capable de lui expliquer pourquoi et d’où vient notre malaise, mais il ne faut pas dire « n’en parlons pas, ne fais jamais ça, c’est la solution », selon moi. Prendre une photo de soi et de sa camisole, c’est peut-être moins dangereux que les mélanges de Gatorade que ma cousine et moi faisions quand nous nous ennuyions au Mont Saint-Sauveur, jeunes adolescentes.

Vrak s’est défendu en rappelant que la chaine visait maintenant un public de 18-34 ans. Et c’est vrai que la chaîne change : ce n’est plus Bibi et Geneviève leur émission la plus populaire, comme à l’époque où ça s’appelait Canal Famille et que je rêvais d’avoir mille Oups, l’animal de compagnie de Stella de Robin et Stella. Vrak laisse place à des discussions sur plein de sujets dans différentes émissions : menstruations, masturbation, pilosité, etc.

Grâce à une publication d’une amie sur Facebook, j’ai pu suivre, constater et réfléchir aux problèmes en lien avec l’article sur les sexfies :

  • Il manque un avertissement comme quoi c’est illégal de partager des photos de nudité complète ou partielle si tu es mineur.e. Quiconque le fait peut être accusé de distribution ou possession de matériel de pornographie juvénile.
  • La photo montre une fille blanche et mince en lingerie sur son lit. Elle aurait pu montrer quelqu’un de moins conventionnellement type annonce de la Senza. Une fille plus ronde, une fille racisée, une fille avec un afro, une fille qui s’amuse devant son téléphone et non qui ne prend qu’une pose aguichante.
  • Il y aurait eu beaucoup d’emphase sur la responsabilité de la personne qui se prend en photo, mais pas de rappel sur la personne qui la reçoit. Une personne qui reçoit la photo – que ce soit un ami, sa meilleure amie, son amoureux ou son amoureuse – a une responsabilité aussi.
  • En lisant l’article on a l’impression que ce n’est qu’aux filles qu’il s’adresse. Pourtant elles ne sont pas les seules à pouvoir ou vouloir se prendre en photo comme ça.

Les réactions à la suite de l’article ont encore laissé place à la panique, comme chaque fois ou presque qu’on tente de parler de sexualité, image corporelle et adolescents.es. Ce qui revenait : « Un bon sexfie c’est pas de sexfie. » Mais les jeunes en font déjà. Est-ce qu’il y aurait une façon de mieux en parler? Oui. Mais sans qu’on les diabolise ou qu’on croit qu’en en parlant, on pousse tout le monde à en faire et à porter des talons hauts au lit? L’article ne montrait pas ça comme un rite de passage et insistait sur le fait qu’il ne fallait pas se sentir forcé.e. C’est comme la sexualité : à l’école j’ai vu des photos de plein d’infections transmises sexuellement pas traitées depuis des années. Ça m’a donné mal au cœur mais ça ne m’a pas donné l’idée d’attendre un autre siècle pour baiser. Les sexfies existent. Si on insiste que sur le danger, on s’empêche d’avoir une discussion qui pourrait être super intéressante sur le sujet.

À lire aussi: Ce que vous auriez voulu apprendre lors de vos cours d’éducation sexuelle

Tenter de faire poser son sextoy

février 3, 2019

bestfriend

C’est plus difficile de trouver un angle le fun pour un jouet à succion du clito que de trouver une façon de montrer mes seins pas trop sur les photos. 

Camille ne m’a pas demandé si je fakais de jouir avec les clients

février 2, 2019

(La réponse: non. Quand je jouissais, c’est parce que j’étais assez détendue et que mon clito était bien léché. Sinon je ne faisais jamais semblant. Ils savaient que j’avais du plaisir même si je ne criais pas aussi fort que Céline Dion dans une chanson. )

Cam Grande Brune a un chien adorable, des cheveux comme ma fille en voudrait, étudié en littérature sans triper sur le monde qui l’entourait – hello, je t’aime – , des rêves qu’elle réalise parce qu’elle a du culot et la confiance de se dévoiler sur sa chaine youtube mais aussi de laisser les autres se dévoiler.

Elle m’a invitée à parler du travail du sexe. Et ce qu’elle m’a offert c’est un cadeau. Hyper rare. Le cadeau de parler de plein de choses en lien avec le travail du sexe – ma rencontre avec mon amoureux, les condoms que je suis incapable de mettre, toutes les raisons possibles de vouloir baiser, ce que je demandais à mes parents comme cadeau de Noël quand j’étais adolescente. Sans être jugée. Sans aller dans le trauma porn. Parce que le trauma porn, quand on parle de travail du sexe, c’est populaire. On veut aller dans le dégoûtant, dans les perversions, dans les as-tu été violée par ton arrière-grand-papa et le voisin du boucher de ton quartier. Les putes, on aime bien les attendre à l’hôtel et ne pas leur demander l’autorisation de leur poser les pires questions. Mais Camille n’est pas comme ça.

Et je suis très heureuse du résultat, avec moi qui rit trop souvent mais qui tente de trouver les mots pour dire, je ne dis jamais tout car il a trop à dire, mais je tente de m’en approcher, les mots pour tout dire, pour me dire moi et pour espérer que les autres femmes dans l’industrie puissent un jour avoir cette chance, de se dire et de dire ce qu’elles veulent, que ce soit fuck you, à l’aide, j’adore, ne me touche pas ou ouh la la, ça goûte la merde les condoms au pina colada.

Merci.

Je vous invite à la suivre sur son blogue et sur sa chaine youtube. Elle est hyper intéressante, qu’elle parle de ukulele, d’asexualité ou de maillots de bain.

La honte

janvier 28, 2019

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I feel like penises sometimes get left behind in the body positivity movement. Yes, all bodies are beautiful! But I still sometimes hear jokes and comments that reinforce desirability norms for penises among feminists (especially the idea that bigger = better). This is a reminder that yes, all bodies are good bodies, *and* all penises are good penises! (Also, it’s cute that they look like mushrooms. 🍄 ☺️) #bodypositive #bodypositivity #bodypositivitymovement #bodypositivemovement #bodylove #penispositivity #penislove #penisart #sexpositive #sexpositivity #notallwomenhavevaginas #transisbeautiful #transbodypositivity #transpositivity #penisart #bodypositiveart #feministart #illustration #cuteillustration #feministillustration #illustrator #illustratorsoninstagram

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Je connais quelqu’un dont la fréquentation doit laver tout ce que contient un endroit – sa voiture, sa chambre – où une relation sexuelle a eu lieu. Son sperme le dégoûte. J’écris pas ça pour en rire, même si j’adore imaginer une telle scène dans une téléréalité ou une comédie romantique, j’écris ça pour mesurer à quel point la haine ou le dégoût ou la honte peut ériger toute sexualité en objet de déviance. 

Il n’aime pas son sperme. Assez pour nettoyer sa chambre à minuit, trois fois par semaine, avec produits nettoyants et chiffon. 

Moi je cachais mes petites culottes quand je commençais mes menstruations sans serviette pour protéger mes sous-vêtements. Je les cachais. Je n’étais pas gênée d’être menstruée, mais quelque chose restait là, dans l’embarras, dans la fuite, dans l’oubli exigé. 

Les lois actuelles sur la prostitution n’aident personne – ni les victimes d’exploitation ni les travailleuses du sexe

janvier 24, 2019

qub

Je suis intervenue en matinée à l’émission Politiquement Incorrect de Richard Martineau sur QUB radio. C’était à propos de la violence vécue par les travailleurs.ses du sexe, une violence qui n’est pas causée par la nature de leur travail mais plutôt par les conditions dans lesquels iels travaillent.

En France, le Conseil Constitutionnel va donner sa décision, début février, concernant la constitutionnalité éprouvée d’une loi datant de 2016 sur la pénalisation des clients. Une loi semblable à celle du Canada. Les travailleurs.ses du sexe n’en veulent pas et déplore une loi qui les astreint à travailler de façon dangereuse, une loi qui vise plus la morale que la sécurité et la dignité de toutes les personnes concernées – clients.tes et travailleurs.ses.

Pour m’écouter : Mélodie Nelson réagit à la violence dans le monde du travail sexuel

À lire : « Non, l’exercice du travail sexuel n’est pas en soi une violence »

Extrait : « Non, notre espérance de vie n’est pas seulement de 40 ans, comme cela est affirmé sans preuve. Il suffit de lire le rapport de la Haute Autorité de santé concernant notre population pour s’en convaincre ou juste de nous écouter. Nous ne souffrons pas d’une plus mauvaise santé que le reste de la population, hormis une exposition aux agressions plus fréquente due au fait que nous devons nous cacher pour exercer.

L’usage de drogues n’est pas plus important chez les travailleuses du sexe que dans le reste de la population générale, excepté pour le tabac et le cannabis, comme le rapporte cette étude, pour lesquels notre surconsommation est comparable à celle des chômeurs et des travailleurs pauvres. Car, oui, cette activité permet aux plus vulnérables d’entre nous de vivre et d’accéder à une autonomie économique. »

À lire : « La pénalisation des clients porte atteinte à la santé, à la sécurité et aux droits des personnes se prostituant »

Extrait : « A l’inverse des clichés trop fréquemment véhiculés, il est fondamental de rappeler la diversité des situations que recouvre cette activité. Si certaines personnes exercent une activité de manière consentie et assumée, d’autres sont exploitées, ou contraintes pour différentes raisons. Il existe de fait entre ces extrêmes autant de situations qu’il existe de personnes. Les politiques publiques relatives à la protection et à la santé des personnes se prostituant doivent pouvoir appréhender la diversité des situations individuelles et y répondre de manière différenciée, ce qui n’est jamais le cas des politiques répressives.

La Haute Autorité de Santé, l’ONUSIDA, le Programme des Nations Unies pour le Développement l’expriment sans ambages : ce n’est pas l’achat sexuel tarifé qui expose les personnes se prostituant, mais les conditions d’exercice de l’activité. En ce sens, ces institutions se sont prononcées contre toute forme de politiques répressives. Nous dénonçons, comme tout un chacun, et avec force, toute forme d’exploitation, de contrainte, de trafic et de violence exercée à l’encontre des êtres humains. »

Les filles qui font pipi

janvier 24, 2019

Pendant que je me branlais au lit avec un jouet de Lelo (j’adore mon Sona, tout le monde devrait se faire aspirer le clito aussi bien – même si c’est un peu bruyant), des lecteurs tombent sur mon blogue en faisant d’étranges recherches sur Google.

Voici le top des obsessions plus ou moins surprenantes– j’ai écarté celles du monde qui passe trop de temps à browser les catégories incestueuses de Pornhub.

1.Initiation à l’amour

C’est presque romantique mais je pense que ça se voulait débauche avec condoms et bananes et crème fouettée sur les tétons.

2.Mais la moi dans le trou que tu veux

Non merci.

3.Il laisse sa bite gonfler dans se chatte

J’ai une image de ballon d’anniversaire et c’est particulier.

4.Ma femme baise avec ma merde

Je veux connaitre vos budgets de draps et de douche bien chaude.

5.J’ai une bite dans l’oreille

Je la connais cette blague ou presque.

6.Les filles qui font pipi

Toutes. La réponse est : toutes les filles font pipi. Il n’y a pas de catégorie spéciale style celles qui le font et celles qui ne le font jamais même quand elles boivent trop de gin tonic.

7.Origami porn

Oh wow. Ça, je veux voir ça.

8.Lors dune sodomie mon copin ressort plein caca

C’est normal. Mais c’est possible de procéder autrement si ça vous dérange. Un lavement et liberté!

9. Du sperme sur les ongles

C’est moins top que le vernis mais hop, sous l’eau du lavabo et c’est de la magie, ça disparait.

10.Fabriquer un penis

En origami? En carton? À partir d’un clito? Je veux en savoir plus.

11.La réponse est dans ton cul

Rarement.

12.Je pensais bien que tu avais une grosse bite

TADAM, c’est une création en origami!

13.Éjaculation dans un trou sale

Sors du moule à gâteau au chocolat.

14.Mère de famille forcée par le père noël

Prochainement sur grand écran dans les cinémas Guzzo.

15.Combats erotiques

Je suis curieuse. C’est quoi les prérequis?

16.Boire du sperme au verre avec des glaçons

Been there done that, c’est pas exceptionnel.

17. Répercussions du harcèlement policiers

Il y en a beaucoup. Mais dès que j’ai lu ça j’ai pensé à l’excellent livre de Robyn Maynard, un essai exceptionnel, sur l’historique du racisme au Canada.