Archive for the ‘Non classé’ Category

Maman et fille fashion et craquantes

Mai 30, 2013

bianca b

bianca b 2

 

Je craque pour les mamans et les petites filles sensiblement habillées pareil. Je n’ai pas encore ni robe, ni même chandail à rayures, qui pourrait ressembler à ce que Mini Fée porte, mais je me promets un jour de trouver – ou d’attendre qu’elle soit plus vieille, genre à quatorze ans et de l’obliger à accepter que je magazine dans les mêmes boutiques qu’elle hahaha. Pour l’instant, je peux toujours saliver devant les tenues de Bianca Balti, photographiée par Martin Jarr.

Se faire prendre pour une prostituée le jour de son mariage

mars 18, 2013

thevaniaJe ne vois pas souvent mes copines, je pourrais dire que c’est parce que je suis maman et enceinte, mais c’est surtout parce que je suis paresseuse et que je suis nulle niveau organisation – dans le sens de prendre un téléphone ou écrire un courriel avec une vraie de vraie date en tête.

La semaine dernière, c’est des copines qui se sont déplacées pour moi et j’en étais si joyeuse. Vania, la photographe attitrée de toute rencontre de filles et d’événements montréalais, avait amené des thés qu’elle s’était procuré lors d’un périple récent à Toronto. Marion et moi les avons goûtés avec bonheur. Du thé à la noix de coco et à la meringue au citron. Un délice.

Nous avons placoté du mariage de l’une. Ayant retiré son bracelet de Club Tout-Compris cubain, elle s’était fait prendre pour une prostituée dominicaine, en mini robe rouge, déjà pompette des quelques verres de bulles qu’elle avait bu avec son chéri. Embarrassante, la situation, quoique ma copine ait apprécié le petit déj au lit le lendemain, gracieuseté de l’hôtel qui l’avait bien mal traitée la veille. Nous avons aussi parlé d’un copain qui a perdu sa virginité avec une femme de cinquante ans et d’une fille complètement folle, l’ex du chouchou de Marion, qui a déménagé en Angleterre après s’être fait tatouer le nom du mec qu’elle fréquente depuis deux semaines sur le bras. Sur le bras comme dans sur toute la longueur du bras. Je n’avais presque rien à raconter, j’étais juste contente de les écouter et d’avoir des copines qui sont aussi enthousiastes que moi de passer une après-midi à boire du thé et à manger des petits biscuits et du pain brioché, même quand je les accueille les cheveux mouillés et le visage pas maquillé – dans le sens de je suis nulle en organisation et j’oublie que de prendre une douche de vingt minutes, ce n’est pas raisonnable.

source photo: Vania

Red Bull et bières VS lait maternel et Jésus

mars 13, 2013

allaitement

J’allaite encore ma chérie, ce qui signifie deux fois par jour certains jours, dont trente minutes au réveil, au lit, un des meilleurs moments de ma vie ever, et ce qui signifie vingt fois par jour quand elle vient de recevoir deux vaccins qui perturbent sont mini corps de poupée.

Je n’aime pas avoir des vêtements à l’encolure trop échancrée, mais oh well, je me promets une super garde-robe quand Mini Fée et Futur Mini Pirate ne boiront plus de mon élixir magique. J’adore n’avoir qu’à secouer un sein et à euh penser à fermer légèrement le store pour que Mini Fée commence à rigoler et à se précipiter vers moi, oubliant ses pleurs ou son envie de vider une boite de mouchoirs en trente secondes.

Que je l’allaite seulement au lit ou en attendant dans la file du H&M, jamais personne ne m’a dit que je devrais cesser. Mes parents sont perplexes devant quelques mouvements de gymnastique que Mini Fée fait avec un téton dans la bouche, mais ils ne jugent pas mon envie d’allaiter tant que Mini Fée le voudra.

Si quelqu’un osait me dire que ça ne se fait pas, allaiter plus de six mois mon enfant, faudrait que je me souvienne de ces sages répliques piquées sur la page Facebook The Skeptical Mother :

 1. Je préfère que mon enfant boive mon lait plutôt que la Red Bull et les dix bières que tu viens de prendre. Et je ne t’ai pas donné mon opinion quand tu t’es resservi du gâteau au chocolat, pourtant en avais-tu vraiment besoin?

2. J’essaie de lui donner envie de boire du lait de vache, mais elle refuse d’apposer sa bouche au pie d’une vache. Gosh.

3. La décision d’allaiter mon enfant est une décision émotionnelle et nutritive que mon mari, mon enfant et moi avons prise ensemble. Si tu es intéressé à prendre parti de l’utilisation de mes seins, tu peux en discuter avec mon mari.

4. C’est vrai que ça peut sembler étrange pour certaines personnes, de voir un enfant de plus d’un an allaité. Mais sache que ça renforce son système immunitaire, le protégeant de certains virus et l’aidant à en combattre d’autres. Ça aide aussi la maman, car si elle allaite plus de deux ans, son risque d’avoir le cancer du sein se réduit de 24%.

5. Ta femme aussi se demande quand cesseras-tu d’aimer ses seins.

6. Je vais l’allaiter tant qu’il n’est pas marié. Après, son épouse prendra la relève.

7. Le World Health Organization recommande un minimum de deux ans. Qui veut faire que le minimum pour ses enfants?

8. Oh ça va être tellement malaisant quand mon enfant sera à l’école secondaire. J’espère qu’elle sera sevrée avant, han?

9. Jésus a été allaité trois ans. C’est dans la Bible.

10. Mes seins et mon enfant : mes choix, pas les tiens.

Oh et si vous avez des répliques aussi sages pour une copine mariée qui ne cesse de se faire demander ce qu’elle attend pour tomber enceinte, tell me. C’est comme un peu trop intime, ce genre de questions, non?

Un accouchement en plastique

février 21, 2013

 barbie-home-birth-2

barbie-home-birth-7

barbie-home-birth-111

Enceinte de Mini Fée, jamais je n’aurais voulu accoucher à la maison. Je m’imaginais salir le lit, ne plus vouloir y redormir, trop souffrir, appeler Jésus et les Urgences. J’avais peur, même après avoir regardé des vidéos de femmes accouchant glorieusement à quatre pattes ou dans une mini piscine. De toute façon, je n’aurais pas pu tenter l’expérience : je faisais du diabète de grossesse et Mini Fée se tournait tête la première puis cul en premier à chaque deux jours. Ça me mettait direct dans le camp des accouchements top médicalisés.

J’aurais bien voulu essayer, cette fois-ci, mais je n’ai pas cherché, j’ai pris mes rendez-vous à l’hôpital, j’ai juste spécifié que je voulais que mon mec coupe le cordon, et pas après deux secondes de respiration hors de mon ventre rond, mais après une minute et demie at least. J’aurai encore un beau bracelet d’hôpital quand j’aurai mon Mini Pirate. Je trouve chanceuses les femmes qui accouchent dans leur demeure, avec une sage-femme, un enfant qui les encourage tout près d’eux et un papa qui prépare des daiquiris énergétiques.

J’ai trouvé très chouettes ces photos de Barbie , accouchant à la maison, par Katie Moore. Mais ne tapez pas Barbie Birth sur Google à moins de préférer les photos de poupées qui sortent de chattes poilues aux photos léchées d’accouchement.

Cocon

février 6, 2013

Je ne prends pas de rendez-vous à l’hôpital, je te garde en moi, que pour moi, quand je fais la sieste je te caresse, je tente de deviner tes pieds.

Ton papa t’embrasse avant de s’endormir, une main, toute chaude, dans mon dos, qui descend, vers mes fesses, pendant la nuit.

Je chante, le matin venu, pour ta grande sœur, elle se balance, elle me demande une craie, elle dessine sur un tableau noir, mais si je cesse de chanter, elle vient me retrouver, elle fait aller ses mains, et je recommence. Je chante pour toi aussi.

Plus que des poussières en cadeaux

janvier 24, 2013

DSCN4312

Chère Mini Fée,

Je suis allée te chercher à la garderie, en fin d’après-midi, un peu plus tard que d’habitude, il était presque cinq heures. Quand je montais les marches d’escaliers, à l’extérieur, tu as vu mon capuchon et mon visage presque tout camouflé, et tu m’as pointée du doigt. Ta petite bouche formait un o de surprise, le même o que tu fais quand tu veux ta doudou panda, quand tu échappes des morceaux de clémentine sur les pantalons de ton papa ou quand tu entends le carillon de la porte avant. Je t’ai prise dans mes bras, je t’appelais ma poulette, ma petite poulette, ma chérie, ma pouliche, et tu me pointais alors le cheval à bascule et tes habits de neige.

Dehors, tu ne te plaignais pas du froid. Je te serrais contre moi, je voulais garder ton visage contre le mien, mon capuchon te cachant un peu aussi, t’embrasser jusqu’à la maison, mais tu me repoussais, tu voulais regarder par-dessus mon épaule, les lumières allumées, le Saint-Bernard des voisins.

J’ai répété à ton papa ce que la gardienne m’avait dit, que tu aimais t’amuser toute seule maintenant, que tu ne la collais pas autant qu’un des jumeaux, un peu plus vieux que toi et toujours pendu à ses vêtements ou à son cou. À la maison aussi, c’est comme ça, tu me veux près de toi, mais tu dessines, tu empile les parties d’une girafe géante, tu danses sur du Radio Radio ou du Karim Ouellet ou du Indochine, un groupe que ton papa aime bien, mais que je trouve un peu trop années 80, tu joues, sans avoir besoin de mes bras, de ma chaleur contre toi. Tu passes parfois à une autre pièce, et je t’entends changer de voix pour jouer avec les animaux de Littlest Pet Shop de ta grande soeur. Tu reviens me chercher, au bout de quelques minutes, avec un citron vert dans les mains, l’envie de trafiquer mon téléphone ou de boire quelques secondes à mon sein.

Avant, je ne pouvais pas être dans une autre pièce que toi. Quand tu trouvais un livre sur les monstres ou sur un écureuil effrayé par son propre anniversaire, tu me le tendais, tu voulais que je te le lise, tout de suite, et maintenant, tu tournes les pages toute seule, tu me regardes, tu attends mon assentiment, tu attends que je te dise oh tu lis ma chérie, c’est bien, oh, qu’est-ce qu’il fait comme son, le chien? Tu fais alors un semblant de wouaf, ou tu m’ignores, penchant la tête pour retourner à ton livre cartonné.

Je t’appelle ma pouliche, mais je t’appelle encore mon petit bébé, même si je sais que tu es ma petite fille maintenant, un toddler sur les sites de parentalité américains, pas un baby. Je sais que tu es bien, que tu n’as pas besoin d’avoir toujours le bout de mes doigts qui chatouillent ton dos, mais tu sais, je crains un peu la fin avril. Je ne suis pas terrifiée, pas encore, je suis plus craintive et triste que terrifiée. Fin avril, début mai, tu auras un petit frère, il n’a pas encore de prénom, ni une liste très longue de possibles prénoms. Il a un surnom, Ti-Brin, que ta mamie lui a donné, parce qu’elle souhaite que ton petit frère soit aussi coquin qu’une marionnette de Passe-Partout.

J’ai hâte de voir si ton petit frère aura aussi peu de cheveux que toi, de l’avoir dans mes bras, de souffler dans son cou, de le masser avant de le mettre en pyjama. Mais je suis triste parce que je suis bien avec toi, et que tu es bien avec moi, et avec ton papa, et je suis bien avec nos journées à rigoler et à faire des muffins, et avec nos soirées, blottis à trois sur le canapé, ton papa me parle de son heure de lunch et du Mali, et je lui dis le nombre de poussières que tu as ramassées en guise de cadeaux pour moi. Je suis triste parce que j’ai peur que tu sois bouleversée, pendant quelques mois, un an, je ne sais pas. J’ai commencé à allaiter tes peluches, pour observer tes réactions, tu trouve ça super marrant, tu mets parfois ton petit pingouin à mon sein, avant de boire à ton tour. J’ai peur, mais je vous imagine déjà partager un cornet de crème glacée, colorier à l’intérieur des tatouages de votre papa et vous coucher l’un contre l’autre, dans mon lit, comme le font les enfants d’Éloïse et les enfants de Georgia.

J’ai peur de ne plus avoir d’aussi beaux réveils que maintenant, à passer vingt minutes au lit, collée contre toi, à te donner le sein, à te caresser les cheveux, à te répéter que je t’aime, ma petite poulette. J’ai peur des jours que je passerai à l’hôpital, loin de toi et de nos réveils. Mais si ton papa achète des chocolatines, peut-être que tu oublieras mes seins, et que tu seras heureuse dans ses bras, à manger les morceaux qu’il te donnera, les morceaux chocolatés, parce que les morceaux de pain, sans chocolat, tu n’aimes pas. Je sais aussi que ton papi et ta mamie seront là, pour toi, pour moi, pour accueillir un autre petit enfant, et que si tu te plais autant que ce dernier weekend avec ton papi, nous avons peut-être une chance de ne pas être terrifiées du tout.

Demain, tu mangeras du gâteau breton, sur le plancher de la cuisine, une nappe bleue sous nos pyjamas.

Je t’aime. Dors bien, sans trop toussotter, ma pouliche.

Une histoire d’amour courte

janvier 16, 2013

amour_court

Je me rends souvent à la bibliothèque de mon quartier avec Mini Fée. Pendant la matinée, les jours de la semaine, c’est si calme. Mini Fée se plaît à répondre avec charme à tous les sourires des commis et des bibliothécaires.

Récemment, j’ai emprunté un album qui aborde les sentiments des enfants dont les parents sont séparés, Quand l’amour court, de Thierry Lenain. Les mots y sont déchirants de simplicité, de contraintes et d’affection. J’ai proposé à Belle-Fille Princesse de le lire et elle a bien aimé l’histoire de Paola, se réconciliant peut-être elle-même avec l’histoire d’amour de ses parents.

En voici un extrait : « Aujourd’hui je sais qu’il y a des histoires d’amour longues et des histoires d’amour courtes. Je préfère les longues.

Seulement on ne choisit pas, et encore moins l’histoire d’amour de ses parents. Les miens se sont séparés. Ils se sont aimés beaucoup, mais pas longtemps.

C’était une histoire d’amour courte, et je suis née dedans.

Mais je me demande quand même : c’est quoi, l’amour court?

C’est peut-être un amour qui court plus vite que les gens, et qui les laisse un jour par terre, à ne plus savoir rien faire d’autre que se disputer.

Et après les gens oublient qu’ils se sont aimés.  »

Fraises et crème à la mascarpone, pour le petit déjeuner, bientôt

décembre 13, 2012

Chère Élisa,

Au mois d’août, au mariage de ma meilleure amie, tu avais de la calamine sur ton visage et sur tes cheveux, pour diminuer les démangeaisons provoquées par une infection de merde. C’était la première fois que tu étais malade. Je t’avais mise une robe trop longue, fleurie, si jolie. Je crois que c’est la seule fois que tu l’as portée, j’ai oublié de te la remettre, mais je la laisse dans ta garde-robe, comme si demain il faisait à nouveau trente degrés et que tes jambes rapetissaient.

Tes jambes ne rapetissent pas. Tes jambes sont lovées contre ton ventre, nues parce tu es si chaude, plus chaude que sous le soleil de l’été. Depuis dimanche, tu bois mon lait, de l’eau et tu n’ouvres la bouche sinon que pour des biscuits aux riz et de la salade homard-avocats-tomates que ton papa t’a préparée. Tu pleures pour ne pas prendre tes antibiotiques. Tu n’es bien que les jambes sous ton ventre ou ta tête contre ma poitrine, ta salive et ta morve séchant contre mes chandails. Je te berce, je tente de te lire La vache qui a pondu un œuf, mais tu n’imites pas les bruits de la vache, tu ne tournes pas les pages non plus, tu restes dans mes bras, le regard rouge de fatigue.

Quand j’étais malade, mon papa m’achetait toujours des peluches. Dans le grenier, chez tes grands-parents, il y a un Big Bird de plus d’un mètre, des chiens piteux couleur pistache et des Calinours auxquels j’ai teint des poils au crayon feutre. La semaine dernière, quand tu commençais à tousser, je t’ai acheté un chat à la pharmacie, un chat qui fait un bruit terrible et qui dit attrape-moi, attrape-moi. C’est supposé être un jouet éducatif parce qu’il dit aussi c’est un cœur, c’est un carré, compte avec moi, mais qu’est-ce que nous nous en fouettons, des cœurs et des carrés. Tu lui tirais la queue et tu le prenais dans tes bras, mais aujourd’hui, tu ne t’en es pas approchée.

Je fais semblant de regarder des recettes de tarte aux fraises et à la crème mascarpone, mais je suis distraite, je pense à toi. Quand tu te réveilleras, je serai là pour te prendre comme si tu étais la plus délicate des poupées de porcelaine, j’étendrai quelques secondes une lingette froide sur ton front et contre ton cou, et nous nous bercerons encore.

Je pense à toi.

Blanche-Neige doit choisir entre du sexe anal ou du sexe oral

décembre 12, 2012

photopogo

analoral

La sexperte Violet Blue propose toujours des liens intéressants. C’est grâce à elle que j’ai découvert une fille extra, qui expose sur son site des photos de chats qui mangent du ravioli, une image de Blanche-Neige qui doit choisir entre une relation anale ou orale, et aussi des photos d’elle, magnifique, souvent seins nus, mangeant un pogo ou exhibant son nouveau manteau d’hiver.

Admirez y’all!

De l’amour et de l’épuisement

novembre 30, 2012

Chère Mini Fée,

Tu as presque quinze mois, les cheveux encore si courts et si roux, je t’imagine dans deux ou trois ans, avec à peine la coupe de Twiggy, tu seras superbe, avec tes grands yeux bleus, toujours tournés vers les autres, qu’ils mangent un club sandwich à côté de toi chez Œuf et Bœuf ou qu’ils te montrent des livres d’images à Limasson.

Tu me fais pleurer parfois. Tu me mords un sein, sans faire exprès, dans le noir, j’en pleure, de fatigue et de douleur. Je te fais pleurer aussi, quand je tente de te coucher à nouveau dans ton lit, tu ne l’aimes plus, tu ne veux qu’être avec moi et ton papa, dans nos couvertures, entre nos oreillers, avec ta doudou panda et mes cheveux dans tes mains.

C’est si facile d’être ta maman, de faire des piques-niques dans le salon, de te mettre des tuques roses et des leggings à motifs de flocons de neige, de te dire non quand tu lances tes croquettes aux crevettes par terre, de te dire non juste parce qu’il faut bien dire non, parfois, même si je m’en fouette, des croquettes aux crevettes sur le plancher de bois, si facile de t’embrasser, de t’applaudir quand tu te balances super vite sur ton poney, de rigoler quand je te trouve, cachée derrière une porte ou le visage sous ta doudou panda. Et parfois je me trouve nulle, quand tu pleures, quand je n’arrive pas à te comprendre, quand je suis fatiguée et que je me couche sur le canapé, espérant que tu mangeras ta collation sans venir soulever mon chandail. Je trouve ça difficile, être une bonne maman, et être une mauvaise maman. Je t’aime mon trésor en sucre d’orge, ma princesse à la tache magique dans le cou, ma fée au sourire plus merveilleux qu’un bol de Froot Loops. Je t’aime, mais parfois je veux juste dormir, trois heures, quatre heures, sans avoir à me retourner et à te donner le sein, sans avoir à te rassurer, j’ai besoin de me rassurer, moi, de me dire que je ne suis pas si mauvaise, de me dire que tu n’as pas si peur, de me dire que tu m’aimes quand même, même quand je pleure et que tu pleures.

J’ai envie de retourner sur la plage avec toi, d’écrire ton nom à l’aide d’une roche ou d’un coquillage partout sur la plage, ou d’acheter des marqueurs et d’écrire dans la neige, au parc, dans la cour, sur la voiture de papa, ton nom avec un cœur à côté.

J’aimerais ça être plus forte, noter tout ce que tu fais, chaque jour, les collations que tu manges dans le lave-vaisselle, ta tête, que tu penches, en charmant tout le monde, ton sourire quand tu vois les autres enfants au parc, le parapluie que je veux t’acheter, un parapluie même si ce n’est pas la saison, juste parce qu’il y a des cupcakes dessus. J’aime être ta maman, j’aime ramasser tes jouets, aller acheter une chocolatine le matin, après m’être lavée rapidement les dents, coller contre ta joue ta sacoche en fausse fourrure blanche, j’aime sentir que ma vie n’est plus la même et qu’elle est mieux comme ça, avec les heures à chantonner du Félix Leclerc, à te couper des morceaux de carottes, à t’appliquer de la crème sur le visage, de la crème qui sent si bon, mais moins que ta peau, moins que ta sueur, moins que tes bisous à la confiture de fraises.

Tu es magnifique, en pyjama ou en skinny jeans coloré, dans le bain les cheveux mouillés, ou quand tu feuillettes un livre, si concentrée, à un mètre de mois, tu es toujours magnifique, et je sais que tu ne pleureras pas toujours pour dormir avec moi, et que ta chaleur me manquera, un jour, à deux heures du matin, ta chaleur de petite fille de bientôt quinze mois, je sais aussi que je ne serai pas toujours trop fatiguée, mais je serai toujours ta maman et je te chuchoterai des je t’aime, mille je t’aime, et je te l’écrirai aussi, toujours.