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Marilyne ne vend pas de la limonade

février 26, 2016

Du 8 février au 8 mars, j’ai envie de vous présenter des femmes que j’aime. Chaque jour, pendant un mois, une femme. Un mois en attente de la Journée internationale de la femme, que cette journée signifie quelque chose pour vous ou non. Ces femmes, je les aime. Elles sont importantes parce qu’elles ont un prix Nobel ou parce qu’elles sont les premières avec qui j’ai joué à Alerte à Malibu dans ma piscine.

Marilyne

Avant elle habitait à moins de deux minutes de chez moi.

Nous aurions pu nous souffler des baisers avant de dormir. Nous aurions pu boire un café ensemble tous les jours. Nous aurions pu promener son chien dans les ruelles de Rosemont, nous aurions pu projeter de faire des murales ou de vendre de la limonade, nous aurions pu courir avec des sucettes plein les poches, convaincre mes enfants que nous étions des sorcières wicca, commencer une fanfare pour terminer tout ça par une partie de Pac-Man à la Succursale.

Je regrette, et je regrette si peu de choses, mais je regrette de ne pas avoir dessiné un cœur sur sa main, de ne pas lui avoir emprunté son fer à friser, et Marilyne, elle ne m’en veut pas, mais je suis sûre qu’elle aussi, elle nous aurait imaginé offrir de la limonade au gérant du Gariépy.

Elle a déménagé, un cœur brisé, éclaté contre les murs de son appartement, en petits morceaux, il l’avait frappée, son amoureux l’avait frappée et elle en avait les marques autour du cou et ailleurs.

Quand je l’ai revue, c’était à mon anniversaire. Elle était à côté de moi, à table, je venais de coucher les enfants, ou j’en avais un sur les genoux. Marilyne a parlé de son ventre vide. Elle était certaine qu’il resterait vide, et elle ne l’avait pas voulu ainsi, elle l’avait imaginé avec des batailles entre jumeaux, occupé, elle avait imaginée son ventre plein, ou au moins sa maison.

Elle aurait eu une maison et six enfants. Des enfants qu’elle aurait portés ou des enfants qui ont besoin d’une famille d’accueil, les enfants ont besoin d’une Marilyne, d’une femme-fée, capable de raconter des histoires de rue très sombre, et des histoires lumineuses de glace à la noix de coco.

Mais pas de girafe, elle n’aime pas les girafes.

À mon anniversaire, elle parlait qu’elle savait, qu’il resterait vide, son ventre, et qu’elle apprenait à l’accepter. Elle n’avait pas l’air triste. Elle avait ving-cinq ans, je crois, et elle n’était pas triste, elle avait l’air étrangement certaine de tout ça, que ça ne se reproduirait pas, de trouver un homme qu’elle aimerait et qui l’aimerait et qui se laisserait aimer, aimer assez pour avoir les mêmes rêves et les mêmes joies qu’elle.

Quelques années ont passé, Marilyne a toujours un tatouage qui n’est pas terminé.

Elle a aussi une myrtille dans son ventre.

Libido, Jésus et nouvelle coiffeuse

janvier 7, 2015

Pendant que mes enfants courent partout dans l’appartement avec leurs bottes d’hiver et une lampe de poche, je vous propose mes derniers billets ailleurs qu’ici.

moi enceinte mélodie nelson

Sur TPL Moms, je vous parle de ma libido quand j’avais une framboise dans le ventre.

“Moi, j’étais fatiguée, mais ça ne changeait rien à mon désir d’être proche du corps de mon mec. Lui, il adorait mon nouveau ventre, plus rebondi. Le seul obstacle à ma libido : quand mon chéri buvait avec ses copains, le jeudi soir, ce qui lui donnait inévitablement envie de manger du poulet frit. Et l’odeur du poulet frit me rendait malade. Oups.”

bébé jesus

Je vous montre aussi avec fierté le talent de ma fille pour représenter un Jésus qui ressemble à la fève espérée par une amie chaque année, quand elle mange la galette des rois.

Et sur Canoë, je vous convie à ne plus faire ni rire de blagues sur le viol et à chercher une bonne coiffeuse pour être heureux en 2015. Wouhou.

Cocon

février 6, 2013

Je ne prends pas de rendez-vous à l’hôpital, je te garde en moi, que pour moi, quand je fais la sieste je te caresse, je tente de deviner tes pieds.

Ton papa t’embrasse avant de s’endormir, une main, toute chaude, dans mon dos, qui descend, vers mes fesses, pendant la nuit.

Je chante, le matin venu, pour ta grande sœur, elle se balance, elle me demande une craie, elle dessine sur un tableau noir, mais si je cesse de chanter, elle vient me retrouver, elle fait aller ses mains, et je recommence. Je chante pour toi aussi.

Plus que des poussières en cadeaux

janvier 24, 2013

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Chère Mini Fée,

Je suis allée te chercher à la garderie, en fin d’après-midi, un peu plus tard que d’habitude, il était presque cinq heures. Quand je montais les marches d’escaliers, à l’extérieur, tu as vu mon capuchon et mon visage presque tout camouflé, et tu m’as pointée du doigt. Ta petite bouche formait un o de surprise, le même o que tu fais quand tu veux ta doudou panda, quand tu échappes des morceaux de clémentine sur les pantalons de ton papa ou quand tu entends le carillon de la porte avant. Je t’ai prise dans mes bras, je t’appelais ma poulette, ma petite poulette, ma chérie, ma pouliche, et tu me pointais alors le cheval à bascule et tes habits de neige.

Dehors, tu ne te plaignais pas du froid. Je te serrais contre moi, je voulais garder ton visage contre le mien, mon capuchon te cachant un peu aussi, t’embrasser jusqu’à la maison, mais tu me repoussais, tu voulais regarder par-dessus mon épaule, les lumières allumées, le Saint-Bernard des voisins.

J’ai répété à ton papa ce que la gardienne m’avait dit, que tu aimais t’amuser toute seule maintenant, que tu ne la collais pas autant qu’un des jumeaux, un peu plus vieux que toi et toujours pendu à ses vêtements ou à son cou. À la maison aussi, c’est comme ça, tu me veux près de toi, mais tu dessines, tu empile les parties d’une girafe géante, tu danses sur du Radio Radio ou du Karim Ouellet ou du Indochine, un groupe que ton papa aime bien, mais que je trouve un peu trop années 80, tu joues, sans avoir besoin de mes bras, de ma chaleur contre toi. Tu passes parfois à une autre pièce, et je t’entends changer de voix pour jouer avec les animaux de Littlest Pet Shop de ta grande soeur. Tu reviens me chercher, au bout de quelques minutes, avec un citron vert dans les mains, l’envie de trafiquer mon téléphone ou de boire quelques secondes à mon sein.

Avant, je ne pouvais pas être dans une autre pièce que toi. Quand tu trouvais un livre sur les monstres ou sur un écureuil effrayé par son propre anniversaire, tu me le tendais, tu voulais que je te le lise, tout de suite, et maintenant, tu tournes les pages toute seule, tu me regardes, tu attends mon assentiment, tu attends que je te dise oh tu lis ma chérie, c’est bien, oh, qu’est-ce qu’il fait comme son, le chien? Tu fais alors un semblant de wouaf, ou tu m’ignores, penchant la tête pour retourner à ton livre cartonné.

Je t’appelle ma pouliche, mais je t’appelle encore mon petit bébé, même si je sais que tu es ma petite fille maintenant, un toddler sur les sites de parentalité américains, pas un baby. Je sais que tu es bien, que tu n’as pas besoin d’avoir toujours le bout de mes doigts qui chatouillent ton dos, mais tu sais, je crains un peu la fin avril. Je ne suis pas terrifiée, pas encore, je suis plus craintive et triste que terrifiée. Fin avril, début mai, tu auras un petit frère, il n’a pas encore de prénom, ni une liste très longue de possibles prénoms. Il a un surnom, Ti-Brin, que ta mamie lui a donné, parce qu’elle souhaite que ton petit frère soit aussi coquin qu’une marionnette de Passe-Partout.

J’ai hâte de voir si ton petit frère aura aussi peu de cheveux que toi, de l’avoir dans mes bras, de souffler dans son cou, de le masser avant de le mettre en pyjama. Mais je suis triste parce que je suis bien avec toi, et que tu es bien avec moi, et avec ton papa, et je suis bien avec nos journées à rigoler et à faire des muffins, et avec nos soirées, blottis à trois sur le canapé, ton papa me parle de son heure de lunch et du Mali, et je lui dis le nombre de poussières que tu as ramassées en guise de cadeaux pour moi. Je suis triste parce que j’ai peur que tu sois bouleversée, pendant quelques mois, un an, je ne sais pas. J’ai commencé à allaiter tes peluches, pour observer tes réactions, tu trouve ça super marrant, tu mets parfois ton petit pingouin à mon sein, avant de boire à ton tour. J’ai peur, mais je vous imagine déjà partager un cornet de crème glacée, colorier à l’intérieur des tatouages de votre papa et vous coucher l’un contre l’autre, dans mon lit, comme le font les enfants d’Éloïse et les enfants de Georgia.

J’ai peur de ne plus avoir d’aussi beaux réveils que maintenant, à passer vingt minutes au lit, collée contre toi, à te donner le sein, à te caresser les cheveux, à te répéter que je t’aime, ma petite poulette. J’ai peur des jours que je passerai à l’hôpital, loin de toi et de nos réveils. Mais si ton papa achète des chocolatines, peut-être que tu oublieras mes seins, et que tu seras heureuse dans ses bras, à manger les morceaux qu’il te donnera, les morceaux chocolatés, parce que les morceaux de pain, sans chocolat, tu n’aimes pas. Je sais aussi que ton papi et ta mamie seront là, pour toi, pour moi, pour accueillir un autre petit enfant, et que si tu te plais autant que ce dernier weekend avec ton papi, nous avons peut-être une chance de ne pas être terrifiées du tout.

Demain, tu mangeras du gâteau breton, sur le plancher de la cuisine, une nappe bleue sous nos pyjamas.

Je t’aime. Dors bien, sans trop toussotter, ma pouliche.

Une goutte de vin blanc avant le résultat

octobre 10, 2012

J’ai senti mon corps changer avant de savoir que j’étais enceinte. La première fois, ça nous avait pris trois ans, quelques tests de grossesse, des craintes, des rêves de trouver autre chose qu’un désir d’enfant en moi, un passage à vide, des bouteilles de chardonnay, de la vodka dans des Fresca avant de sortir deux-trois soirs, des chauffeurs de taxi qui me prenaient pour une danseuse, une quasi rupture, un déménagement, des pièces pleines de boites pas ouvertes encore, et toi. Toi qui m’a aimée jusqu’à ce que mon ventre se gonfle et ne redevienne plus jamais comme avant, mon ventre, à notre rencontre, plat et les muscles contractés, quand je jouissais, grâce à des centaines d’abdos quotidien, mon ventre qui commence à se gonfler, encore, et ce n’est pas parce que je mange trop de bagels aux graines de pavot.

J’ai bu un verre de vin blanc qui goûte légèrement le pamplemousse avant de passer un test, au cas où ce serait un dernier verre de vin avant longtemps, avant la permission spéciale que je me donne à mon anniversaire. J’ai passé un deuxième test parce que je suis nulle pour faire pipi sur un bâtonnet pendant un nombre exacte et scientifique de secondes.

J’ai su, soudainement, presque avec surprise, que je serais déçue si je n’étais pas enceinte quand je me suis mise à pleurer, en attendant le résultat.

Ça ne nous a pas pris trois ans, cette fois, et avec Mini Fée, nous accueillerons une Mini Sirène ou un Mini Pirate d’ici la fin avril. J’ai hâte. Même si je dois abandonner l’idée de me promener avec des bottes d’hiver à talons hauts.

Le foutre est un remède contre tout

juillet 12, 2012

Avant de tomber enceinte, j’ai lu plein de trucs sur les maux de cœur matinaux et j’étais prête à passer des longs mois à avaler des biscuits soda direct dans le lit avant de me lever. Finalement, je n’ai jamais eu mal au cœur, ma grossesse à été parfaitement parfaite (j’oublie le diabète et une maladie de peau bizarre et épeurante à la 39e semaine) et je serais prête à retomber enceinte demain si ma chatte accueillait plus longtemps le foutre d’Alexandre Le Grand, qui se répand de ma chatte aux draps en trente secondes.

J’ai lu dernièrement une théorie scientifique par rapport à l’absence de maux de cœur. Il paraît que plus les femmes enceintes sucent ou baisent, moins elles ont de maux de cœur. Pourquoi? Parce qu’en fait le corps réagirait au fœtus (ou genre je ne sais pas trop si je comprends, mais les hormones de mec contenues dans le spermato qui a fécondé l’ovule genre) comme si c’était une substance étrangère. Si le corps accepte régulièrement le foutre, il apprends à apprivoiser bien plus rapidement le fœtus (ou genre je ne sais pas trop si je comprends, mais les hormones de mec contenues dans le spermato blablabla).

Donc, la première activité matinale de toute femme enceinte ne devrait pas être de s’enfiler des biscuits soda, mais de prendre la queue de son mec au fond de sa gorge. Je ne sais pas trop ce que les couples de lesbiennes peuvent faire à la place. Demander à un ami des glaçons rempli de foutre et les plonger dans un verre de smoothie?