Archive for the ‘Alexandre La Graine’ Category

Saké, Thaïlande et robes de bal

Mai 16, 2011

Pas de petite culotte sous ma robe à licou

Des filles parlent des boutons qu’elles ont sous les seins à cause de la chaleur. Des touristes se demandent s’ils ont envie de manger belge ou asiatique. Une fille dit qu’elle veut boire jusqu’à oublier sa bouche charcutée par un chirurgien. Je relève un peu ma robe à licou, découvrant mes ballerines beiges, et j’entre au Philémon, en pensant que je me bourrerais bien de sushis et de saké, moi.

Je cherche Alexandre Le Grand. Je me faufile entre des robes sombres et des escarpins et des verres tenus par des doigts bagués de turquoise. J’entends Alexandre Le Grand qui m’appelle. Je lève la tête, je lui souris, et près de lui, à son oreille, je murmure que je ne porte pas de petite culotte sous ma robe. Il en profite pour répéter à voix haute mes propos. Je rougis, et je me présente à un de ses collègues, Mikolaj, récemment arrivé au Québec. J’embrasse aussi Sadek, et je lui souhaite un joyeux anniversaire d’avance. Il me dit que ses filles lui ont promis de faire le souper le lendemain et que même s’il les trouve gentilles, il craint de devoir commander de la pizza après. Je rigole et je lui dis que j’ai déjà raté un souper d’anniversaire parce que je n’avais pas vérifié si j’avais tous les plats et ingrédients nécessaires, et que finalement j’avais demandé piteusement à Alexandre Le Grand de commander de la pizza aussi.

La beauté des filles qui peuvent se permettre des souliers à talons hauts

Je m’asseois sur un canapé en cuir foncé. Alexandre Le Grand m’offre un Virgin Bloody Ceasar. Je regarde les cinq-six filles près de nous, elles sont jolies. Alexandre Le Grand suit mon regard, il me dit que c’est moi la plus belle, et je hausse les épaules. Des plumes oranges aux oreilles, ma longue robe satinée, mes tétons durs, et ma peau légèrement doré, je me trouve belle aussi, mais ce n’est pas pareil, je ne pourrai pas passer l’été en short, à montrer fièrement mon petit cul, parce que je n’aurai pas un petit cul cet été, et pas de sandales à talons de quatre pouces pour arquer mes jambes de nymphette. J’embrasse Alexandre Le Grand : « Si je pars avant toi ce soir, tu peux cruiser comme tu veux, et regarder comme tu veux aussi, tant que tu me répète que c’est vraiment moi, quand tu reviendras à l’appartement, c’est vraiment moi la plus belle. »

Sadek s’assoit à mes côtés. Il touche mon bras, passe la main sur ma joue : « C’est toi la plus belle. Qu’est-ce que tu fais avec mon meilleur ami ? » Je le pousse en rigolant, et Alexandre Le Grand vient s’asseoir entre nous. Il termine sa bière, et quand il se relève, pour parler à un autre copain, Mikolaj prend sa place. Il me parle de sa femme qu’il voit peu, car elle travaille de nuit, de sa cousine qui habite en Thaïlande, de son envie d’avoir un enfant mais de sa crainte de ne plus avoir la liberté de partir en weekend à Boston sur un coup de tête. Nous parlons de nos films préférés et je lui demande s’il a vu un film trop dramatiquement drôle, Killer Condom. Il secoue la tête, me dit qu’il tentera de le trouver à la Boîte Noire.

Bière sans alcool et fellation

Je commande une bière sans alcool, et je vérifie deux-trois fois si elle est vraiment sans alcool, parce qu’à chaque fois que j’en bois, j’ai l’impression que je me saoule anyway. Alexandre Le Grand revient avec une fille aux joues roses à son bras, vêtue d’une robe de Valérie Duhaime qui lui va too much bien. Elle joue avec un bracelet en argent en nous parlant, puis en voulant s’asseoir, elle tombe sur les genoux de Sadek. Elle se retourne vers lui, il tend les bras, la prend contre lui, refuse qu’elle s’asseoit différemment. Elle dit : « Je pensais que tu étais gai. »

Enfoncée dans le canapé, je continue à regarder autour de moi, ça serait mentir que de dire que je n’ai plus envie de sushis ou de saké, mais je me sens bien, tout le monde est beau, le serveur est craquant, et je suis près de gens que je peux écouter ou non, et à qui je peux dire que je vais gravement sucer mon mec plus tard, ou que je ne comprends pas pourquoi ce n’est pas une activité parfaitement respectable que d’essayer des robes de bal sur la rue St-Hubert, à vingt-six ans, pendant toute une journée.

Parce que nous sommes chanceux

Mai 2, 2011

 

Je ne sais pas ce que ça voulait dire, je ne sais pas si c’était pour nous montrer que nous serions toujours des gamins, la peur au ventre, l’envie de fuir tout en sachant que nous nous ne pouvions pas courir plus loin que dans les bras de l’autre, les oreillers blancs sur la tête, comme des masques, comme des menaces, je ne peux plus t’écouter, parfois, tu ne peux plus m’écouter, parfois.

Je ne sais pas si c’était pour nous montrer que nous serions toujours des kamikazes dans l’amour, des bêtes qui se griffent le dos avant de se mettre à genoux, pour se dire je t’aime.

Tu étais si beau, ta main sur la mienne, ma main sur ta cuisse, je ne sais pas si tu avais envie de pleurer, comme moi, en regardant Louise Lecavalier et Patrick Lamothe, ni si tu sais comme je veux te remercier de préférer les spectacles de danse aux spectacles d’humour, et de me trouver belle, plus grosse et pleine de toi, de nous, chaque jour.

L’an dernier j’étais laide, même lorsque je sautais sur le lit d’un hôtel, en écoutant Ciara, en te regardant terminer une Corona light, j’étais laide, même les ongles parfaitement vernis et la peau légèrement hâlée, je te rejoignais à ton travail, je m’arrêtais avant au salon de bronzage, je gardais les yeux fermés, chaude, et je me demandais si tu me pardonnerais.

En quittant l’Usine C, nous avons marché dans les ruelles, je cherchais un chat à caresser, et  je voulais m’acheter de la crème glacée aux pacanes, mais surtout je voulais bien croire que j’étais capable de danser, et j’ai repris ta main, j’étais contre toi, sur la pointe des pieds parce que je ne porte plus que rarement des souliers à talons hauts, et tu m’as embrassée, doucement, nos bouches à peine entrouvertes, et je sais que toi aussi, à ce moment-là, tu disais pareil comme moi, nous sommes chanceux d’avoir l’autre, et nous sommes allés trop loin pour nous perdre, je me le ferai tatouer, dans quelques mois.

Ballade avec palette

avril 30, 2011

Alexandre Le Grand et moi nous roulons vers Orange Julep, pour remettre à un de ses copains une palette en cuir. Il célèbre l’enterrement de vie de garçon de son meilleur ami et il voulait une palette pour inviter les passants sur la rue Sainte-Catherine à lui donner la fessée. J’adore aussi l’autre idée qu’il a eue : puisque son meilleur ami se marie avec une Suédoise, il a trouvé un costume en latex bleu et jaune, comme le drapeau suédois, et il va obliger son ami à l’enfiler puis à se promener dans un Ikéa comme ça.

Je rêve à des filles trop bleachées, à McDonald, et à repulper mes lèvres pour mieux sucer

mars 10, 2011

Je rêve que je participe à l’émission de téléréalité Loft Story, avec mes deux frères, et Alexandre Le Grand, et beaucoup de filles aux cheveux aussi bleachés que ceux de Kate Winslet sur le Vogue du mois d’avril. Philippe et Alexandre Le Grand sont les premiers candidats à se faire éliminer : Philippe parce qu’il a mal joué au soccer, et Alexandre Le Grand parce qu’il a fait semblant de se crosser devant une autre concurrente. Alexandre Le Grand me donne un gros Calinours jaune pour que je pense à lui tout le temps-tout le temps. Je m’ennuie trop de mon enfant, que mes parents babysittent, alors j’en parle aux filles bleachés et elles me trouvent trop chiante. Je deviens hystérique et je crie : « Vous ne pouvez pas comprendre, vous n’êtes pas maman. »

Quand je me réveille, je raconte à Alexandre Le Grand mon rêve, et j’ajoute que j’ai aussi rêvé que je mangeais au McDonald. Nous nous rendons avec Cécile, sa grande fille de quatorze ans, au McDonald, et ils me mettent au défi de manger un Double Big Mac. Je le mange en moins de quinze minutes, en me jurant d’avaler bientôt un smoothie poires-topinambours-pommes-framboises-légumes verts pour que Bébé Le Grand-Nelson devienne autant addict aux topinambours qu’aux frites.

Nous allons ensuite aux glissades sur tubes des Pays d’en Haut. Je frenche Alexandre Le Grand et je me réfugie dans la cafétéria parce que j’ai très peur de faire peur à Bébé Le Grand-Nelson en gueulant comme une folle dans les glissades sur tubes. Les enfants de cinq ans sont dix mille fois plus courageux que moi. Je ne sais pas comment j’ai fait à 15 ans pour embrasser ma passe de La Ronde et rester des heures dans des manèges comme le Monstre, l’Astronef – qui n’existe plus, bouhou – et l’Ovni – qui t’arrache carrément le cerveau pour le coller contre des murs de gommes ballounes.

À la cafétéria, entourée de mecs qui cachent leurs cheveux avec d’énormes tuques et qui sentent la cigarette, d’enfants qui courent et s’asseoit nu pieds sur les tables – WTF? – , je tente d’écrire, mais je préfère lire War Dances, de Sherman Alexie. Il raconte qu’il a un tué un black, entré par effraction chez lui, avec un bâton de baseball, acheté pour son fils de huit ans, un petit bâton de baseball, il ne pensait pas tuer, il ne voulait pas tuer, mais le black est mort, et Sherman Alexie se défend à la télé en disant « Je ne suis pas un autre mec blanc qui tue un black, je suis un Indien de la Tribu Spokane. » C’est triste, beau, parfois drôle, et fier, même quand l’auteur écrit sur une copine qui l’a laissé parce qu’il n’était pas un hibou, même quand il écrit sur son père qui boit trop de vodka et qui doit se faire amputer d’un pied.

Je regarde parfois par la fenêtre, je ne parviens pas à voir ni Cécile, ni Alexandre Le Grand, mais je pense, toute joyeuse, au tube de gloss Shunga Plaisir Oral Divin que j’ai retrouvé sous mon oreiller, au chalet de mes parents. Je pensais l’avoir perdu. Après avoir sucé Alexandre Le Grand plus tard, ce soir, après les glissades et après avoir jouer au plombier parce que la plomberie chez mes parents menace genre d’exploser, je sais que je ne réverai pas encore une fois à Loft Story.

Ciel berlinois, fish&chips et infidélité

février 24, 2011

 

En frissonnant dans une robe fushia, je rejoins mon mec à l’hôtel Maritime. Au bar de l’hôtel, nous attendons l’arrivée de son frère toulousain, au Québec pendant quelques jours, pour affaires. Deux collègues de son frère nous rejoignent. Nous discutons de bars de danseuses, de la couleur du ciel berlinois, d’automobiles et de célébrités québécoises que mes parents croisent toujours en ski de fond.

Quand Marcel arrive, je l’embrasse et il me passe son cellulaire. Sa femme est à l’autre bout du fil, je ne comprends rien de ce qu’elle me raconte. Elle a l’air très nerveuse, alors je la rassure en lui disant que je vais rester toute la soirée avec les boys, même si je me sens fatiguée, et surveiller son mari pour qu’aucune cochonne d’Amérique ne s’assoie sur ses genoux en se pinçant les tétons.

Après un drink à l’hôtel, nous nous rendons au McKibbins. Je sirote un coca, en mangeant un fish&chips, trempant chacune de mes frites dans une mayonnaise extra grasse. Alexandre Le Grand caresse ma cuisse, sous la table, et je lui chuchote de bien profiter de sa soirée : « Je vais aller prendre un bain pendant une heure à l’appartement. Je trop crevée pour sortir avec vous. » Je salue tout le monde et je prends un taxi, toute heureuse à la pensée de me mettre un masque chauffant sur le visage, au lieu de sortir danser.

Mon mec m’écrit des courriels trop chous pendant la soirée, il m’écrit qu’il est bien avec moi, et qu’il me trouve plus jolie que toutes les filles qu’il regarde au Confessionnal, au W, et au Vauvert. Écoeuré de la faune chiante du Vauvert, il revient à deux heures du matin. Je suis au lit, le corps chaud, et doux grâce à de la crème au karité.

Je me lève et je lui fais un calin, alors qu’il a encore ses bottes à ses pieds, et son gros manteau d’hiver. Il pue le poulet frit. Il me raconte que Michael et Roy étaient au Vauvert et qu’ils lui ont présenté une chick qui voulait trop baiser avec lui : « Ils m’encourageaient à faire pareil comme eux, à me prendre une chambre au W, à baiser la fille, ou à baiser à trois une autre fille. » Je suis Alexandre Le Grand au salon. Il s’asseoit et je me couche sur le canapé, la tête sur ses cuisses. J’ai toujours eu confiance en lui : il sacre contre l’aspirateur et se moque de mon talent pour casser un verre chaque semaine, mais jamais il ne me tromperait, il me laisserait avant, c’est comme ça, il ne peut pas imaginer ce désir, ni l’accepter.

Il ajoute qu’il a dit à Michael et Roy qu’il n’avait pas envie, qu’il avait une femme qu’il aime et qui l’attendait. Les mecs lui ont dit qu’ils s’en fouettaient, eux, qu’ils se considéraient heureux en mariage, mais que ça ne les empêchait pas d’aller voir ailleurs tous les jeudis ou presque. Alexandre Le Grand me demande si ça me dérange s’il écoute un peu la télévision, avant d’aller au lit : « Je ne les juge pas, mais c’est pas pour moi, faire ça. » Je ferme les yeux et je lui confie que je l’aime même s’il pue le poulet frit.

Coups de poing dans les couilles et spectacle de magie

février 22, 2011

Bonjour mes chouchous,

La semaine dernière, je ne vous ai pas écrit du tout. Mea Culpa. J’ai passé trop de temps à manger des cupcakes, à lire Indignation de Philip Roth, à tenter de cacher mes cernes, et à boire du thé glacé sans calorie.

Voici un mini récapitulatif de ce que je vous ai caché (et watch out plus tard dans la semaine, je vous révèle un secret plus big que mes boobs).

Ma Saint-Valentin : Ma maman a annulé le souper prévu, au M sur Masson, parce qu’elle était trop épuisée, ayant passé une journée à l’école avec deux élèves qui n’avait pas pris leur dose de Ritalin matinale. Je suis allée chez le traiteur, j’ai acheté un suprême de volaille, du riz et du saucisson, et j’ai passé la soirée collée contre Alexandre Le Grand, à m’émerveiller pour la cinquième-sixième-dixième fois devant Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain.

Ma face sur du papier glacé: Vous pouvez me voir dans les magazines Summum Girl et Clin d’oeil du mois de mars. Enjoy! (Et si quelqu’un connaît Léa Clermont-Dion, dites-lui que même si je la trouve incroyablement intelligente, elle n’est pas la seule à avoir lu Ariel Levy, et que c’est limite ridicule de vouloir la diversité corporelle mais de dire qu’il ne devrait plus avoir de filles avec de faux seins à la télévision. Anyway, comme mon mec dit, ça n’existe pas, des faux seins, sauf quand des gars se déguisent en poulette à l’Halloween. Je n’ai pas de faux seins : j’ai de vrais seins, avec des implants.)

Mini traumatisme: Ma copine Anita ne comprend pas les filles qui sont obsédées par les chevaux, et ne me laissera jamais acheter chez H&M un costume de ballerine avec un chaton imprimé dessus pour sa gamine.

Célébration: Mon grand-papa paternel a fêté ses 80 ans. Je suis allée le voir à sa résidence pour personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Je l’ai trouvé très beau, et touchant, quand il ne cherchait qu’à vider tous les gobelets de lait et de crème trouvés sur une table.

Spectacle : J’ai pleuré deux fois en écoutant Carole Bouquet lire Lettres à Génica, folies d’amour d’Antonin Artaud. Je ne sais pas pourquoi, ce n’est pas juste la folie, c’est les mots d’Artaud, quand il écrivait à son amoureuse, quand il lui disait qu’elle était plus douce que la vie, je trouvais ça beau, et j’espèrais être comme ça, pour Alexandre Le Grand.

Vidéo : Un des gentils collègues d’Alexandre Le Grand lui a envoyé une vidéo d’une Mistress japonaise donnant des gros coups de poing dans les couilles à un mec qui lui jouit dans la face.

Proposition : « Je me permets de t’écrire pour te proposer quelque chose. Je travaille pour une compagnie de présentation de produits érotiques à domicile.Nous sommes à la recherche d’une femme pour participer à un spectacle de magie à connotation sexuelle dans un bar. Cette femme devra présenter quelques uns de nos produits tout en interagissant avec le magicien devant un public de 25-30 personnes. Les spectacles auraient lieu tous les vendredis soirs pendant 1 ou 2 mois, selon l’intérêt de la clientèle. Ce serait d’une durée d’environ 1 heure par soir. Le salaire est à déterminer. J’ai pensé à toi car à la lecture de ton blog et de ton livre j’ai vu que tu étais bien à l’aise avec le sexe et les accessoires!! »

Le bacon c’est meilleur que l’autobronzant

février 6, 2011

Je refuse rarement de baiser, sauf quand je suis trop fatiguée et que je m’endors tendrement contre Alexandre Le Grand, une main autour de sa queue, après un souper chez Tay Do et l’écoute de deux épisodes de Mad Men, comme hier soir. Et c’est pareil pour Alexandre Le Grand. Je lui dis que j’ai envie de lui, ou que ma chatte a besoin d’être remplie de foutre, et il devient tout dur et me prend contre le mur. Sauf qu’il y a deux jours, il a total refusé de me baiser, et ce n’est pas parce qu’il avait dormi que trois heures la veille, ou qu’il avait trop fêté au Vauvert avec son frère : c’est parce que je lui donnais mal au cœur.

La raison : je puais l’autobronzant.

J’ai essayé Lancôme, Nuxe, tout pue. Et je venais de me mettre de l’hydratant-quotidien-raffermissant-qui-crée-peu-à-peu-un-hâle-d’allure-naturelle Jergens, en me croisant les doigts. Erreur. Je me rapprochais de mon chéri, et il se cachait le nez sous les draps. Très très malheureux. Il aime que je sente le bacon de Canada Hot Dog, le beurre de karité et la mouille, mais pas l’autobronzant, never ever.

La meilleure fellation ever?

janvier 6, 2011

Nous terminons d’écouter Home Alone 2 avec la petite princesse de mon mec. Elle dit qu’elle préfère ce film-là au premier, parce qu’elle aime beaucoup les pigeons et qu’elle aimerait visiter New-York un jour pour voir encore plus de pigeons qu’à Montréal.

Elle va se coucher, et Alexandre Le Grand se sert un autre verre de vodka-Clamato, pendant que moi j’hésite entre manger un autre morceau de gâteau au chocolat, ou me limer les ongles. Je regarde Alexandre Le Grand boire, et je lui dis que j’ai envie de goûter son foutre.

Au lit, je me glisse sous les draps, en petite jupe de French Maid, et il vient me rejoindre, après s’être lavé les dents pendant dix minutes. Il soulève les draps, « Oh la cochonne. », tire sur le tissu satinée de ma jupe, et me caresse les fesses. Je me penche vers sa queue. Je la lèche, puis je la mets dans ma bouche. Je bouge mon poignet comme il aime, doucement, mais en tenant fermement sa queue.

Alexandre Le Grand met un deuxième oreiller sous sa tête. Il me regarde, la bouche entrouverte, et tire mes mamelons : « Ma grosse vache laitière. » Je m’arrête, prise d’un fou rire, c’est la première fois qu’il m’appelle comme ça et c’est juste too much : « Quoi? Ma grosse vache? » Je pince mes tétons et je les dirige vers son visage, comme si du lait allait en sortir. Il rigole lui aussi.

– Man appelle-moi plus jamais comme ça sinon je te tire le poil de cul en t’appelant mon petit lion.

Je ne fais pas que danser et boire: je lis aussi les enseignements de Jéhovah

septembre 13, 2010

Je caresse le cul des clients dans un bar

Je m’assois devant le miroir, les jambes croisées, puis décroisées, légèrement écartées. Je vérifie si ma robe est trop courte et nécessite une petite culotte. Je décide d’enfiler une petite culotte lilas à pois blancs. J’hydrate la peau de mes pieds avec un crème intensive ultra légère de Sally Hensen. Je masse mes pieds et je mets une paire de sandales fabuleuses, offertes par la belle-mère de ma copine Élise, qui croit encore que je ne suis pas une vraie femme puisque je n’ai pas de permis de conduire.

Dehors, je n’ai pas froid, avec une veste en laine grise Guess par-dessus ma robe fushia, et je ne me retourne pas pour voir quel mec m’a sifflée, alors que je marchais près de la station de métro Square Victoria. Je rentre au bar Le Confessionnal, je caresse le cul d’un mec sans faire exprès, je marche en bousculant les gens, sans le vouloir. Ma sacoche dorée est trop remplie, j’y ai mis ma trousse de maquillage, le dernier Vanity Fair, un petit cahier noir, l’appareil-photo de mon frère Marky Mark, mon porte-monnaie à motifs de Bambis, une lime à ongles Revlon, un mini parapluie, et un guide pour adolescents conçus par les Témoins de Jéhovah, que j’ai retrouvé par hasard la veille.

J’aime le gloss et je me moque légèrement des enseignements des Témoins de Jéhovah

Quand j’avais quinze ou seize ans, j’avais fait un exposé sur les Témoins de Jéhovah, à l’école, et je m’étais rendue à une journée porte-ouverte, en longue jupe fleurie. J’y avais ramené ce guide bleuté, couvrant plein de questions essentielles comme Mes vêtements révèlent-ils ma véritable personnalité?, Comment savoir si c’est vraiment de l’amour?, Pourquoi refuser la drogue? et Comment rester maître de la télévision?

Alexandre Le Grand me retrouve au bar. Il commande une Hoegaarden et me dit que Gaspard devrait nous rejoindre bientôt : « Il est au bar du Marriot. Il parle de son chien à trois pattes avec la barmaid. » Je me remets du gloss Girl’s Delight de M.A.C., lentement, et je fais la moue devant le miroir du bar. Mes lèvres goûtent le caramel. J’adore.

Je prends le guide des Témoins de Jéhovah et je décide d’en lire un passage à voix haute : « La masturbation – Est-elle vraiment grave? La masturbation n’est pas mentionnée une seule fois dans la Bible. Dans les temps bibliques, cette pratique était courante dans les pays de langue grecque, et il existait plusieurs termes pour la désigner. Mais aucun d’eux n’apparaît dans la Bible. Puisque la Bible ne condamne pas explicitement la masturbation, faut-il penser qu’elle est inoffensive? Absolument pas! Bien qu’elle ne soit pas citée parmi les péchés graves comme la fornication, la masturbation est bel et bien une pratique impure (Ephésiens 4 :19). Les principes de la Parole de Dieu enseignent qu’on tire profit à résister résolument à cette habitude impire. – Esaïe 48 :17. »

Alexandre Le Grand retire sa chemise de ses pantalons. Je continue ma lecture parce que ça m’excite grave les trucs religieux : « Il n’est pas rare qu’on cherche à intensifier le plaisir sexuel par le moyen de fantasmes immoraux (Matthieu 5 :27, 28). En conséquence, si l’occasion se présente, on  peut facilement tomber dans l’immoralité. Tel fut le cas pour un jeune qui a reconnu : « Je croyais que la masturbation était un moyen de calmer mon insatisfaction, sans avoir à toucher une fille. Pourtant, le désir de le faire est devenu irrésistible. » Il a commis la fornication. Rien d’étonnant que la majorité des adolescents qui se masturbent se livrent aussi à la fornicaion, selon une enquête menée aux Etats-Unis. »

Je me masturbe sans croire que c’est une souillure – je suis un être spirituellement très avancé

Je prends des gorgées de mon gin tonic, en observant la nouvelle barmaid, une brunette habillée en noir, avec une chaine toute déliquate, en argent, autour du cou. Elle questionne une cliente à lunettes larges de hipster, et la cliente ne lui répond pas, montrant son nouveau IPhone à une copine. Je fredonne la chanson Girl, You’ll Be A Woman Soon, et je regarde les bouteilles derrière le bar. Un mec m’offre un shooter de téquila, « La vie est belle. Et ta robe te fait vraiment bien. » Je lui souris. Je sais que mes yeux sont tristes. Je ne peux pas m’empêcher d’avoir des yeux tristes, même quand je m’amuse, même quand j’oublie le nombre de calories dans un martini aux pommes vertes, même, je crois, quand je me plaque un vibrateur sur le jelly bean.

Je reprends ma lecture, en soulevant bien mon petit livre bleu pour que les autres clients le voient : « La masturbation est une souillure sur les plans mental et affectif. Celui ou celle qui se masturbe complètement dans son plaisir sexuel, montrant un total égocentrisme. Le sexe devient alors étranger à toute notion d’amour; il n’est plus qu’un réflexe utile à la détente. Or, Dieu a prévu que les désirs sexuels soient satisfaits par les relations intimes, lesquelles sont une expression d’amour entre un mari et sa femme. – Proverbes 5 :15-19 »

Après je dis que j’ai très envie de manger une grosse assiette de macaroni et que je n’oublierai pas de me rendre à l’église ce dimanche. Alexandre Le Grand conclue que Gaspard ne viendra sans doute pas nous rejoindre, à cette heure, il a dû se prendre une chambre au Marriot, pour faire des trucs sadomasochistes avec sa barmaid préférée.

Première fois ever que je m’excite pour des automobiles (c’est la faute à la Red Bull sugarfree)

juin 14, 2010

Samedi, Alexandre Le Grand invite une serveuse-barmaid du bistro Vallier aux qualifications du Grand Prix, et dimanche, il m’y invite. Je ne lui demande pas comment l’autre fille était habillée, ni si elle est plus grosse que moi, je la connais un peu, elle et sa baby face et son rire aussi facile que le mien.

Un de ses collègues de travail se présente, après m’avoir fait la bise : « Moi c’est Pierre, mais tu peux m’appeler Simba. Je suis sortie la semaine dernière dans un bar à Laval et quand je me suis présenté à une fille, elle m’a pas cru, peut-être parce que je suis black, en tout cas, j’ai dit que je m’appelais Simba, et elle a eu l’air super soulagée. » Je rigole. J’avale trois Red Bull sugarfree pendant la course, je photographie tous les messieurs qui fument des gros cigares, je regarde les sacoches Chanel des filles et je passe mes ongles sur la graine d’Alexandre Le Grand pour le faire bander dans son bermuda.

(Et je me mets de la crème solaire très souvent. C’est excitant sur mes seins, non?)

Après la course, nous retrouvons le boss d’Alexandre Le Grand au Pino, un restaurant de la rue Crescent. La femme du boss est super sympa, et jolie dans son t-shirt blanc Bebe. Nous parlons de Lady Gaga et des mecs qui sont torses nus. Une femme sur le balcon, dans le restaurant en face du nôtre, le Newtown, se shake la cellulite et soulève son chandail pour nous montrer son gros soutif rose. Des mecs accompagnées de déesses blacks sortent leur appareil-photo pour la photographier. Elle prend une serviette blanche et la secoue comme si c’était sa petite culotte, elle la lance dans la foule dans la rue.

La fille juste derrière moi se met debout sur sa chaise en plastique et commence à danser aussi, un serveur lui demande d’arrêter, c’est dangereux qu’elle tombe. Elle refuse de cesser : « Regardez-moi, c’est gratuit. » Elle touche l’épaule d’Alexandre Le Grand : « Tu devrais te placer en face de moi, tu profiterais du spectacle, je suis gratuite moi et j’ai pas de faux seins. » Je soupire, les filles qui trashent les autres filles, j’en ai marre. Son boss se couvre les yeux avec ses lunettes blanches à la Darth Vader. Alexandre Le Grand indique qu’il préfère rester assis à sa place et il ajoute que la merde, c’est gratuit aussi, mais qu’il n’en veut pas.

Alexandre Le Grand commence à me toucher les seins, et à verser un peu de bière dessus, pour la laper. Je lui demande de pas verser de bière sur ma robe Guess, je ne veux pas l’amener encore une fois chez le nettoyeur. Je regarde le décolleté des filles dans la rue, en le laissant déboutonner ma robe, lentement, jusqu’au nombril. Je me sens mouiller en crisse, et je ne porte pas de petites culottes, tant pis pour les chaises en plastique de Pino.