Posts Tagged ‘Philémon’

Lundi oui oui oui: homards et nuisettes

mai 28, 2012

J’ai le même vernis à ongles depuis plus d’une semaine, June de Chanel, et je bois trop de rosé dès que Mini Fée s’endort – elle dort maintenant dès 20h, avant elle se couchait à presque minuit et se réveillait toutes les deux heures pour me grimper dessus à la koala baby. So je me sens total trop indolente pour bien écrire, je pense que j’aurais envie de vous raconter ma vie encore et encore, couchée sur le dos, à regarder des étoiles collées sur les murs et qui glow in the dark. Ou pas vraiment vous raconter ma vie, parce que parfois quand je suis trop bien, ou même quand je suis pas trop bien, j’ai juste envie de rien dire, d’être au chaud, de faire tourner autour de mon cou mon nouveau collier Betsey Johnson, de m’appuyer contre tout le monde, de boire une gorgée de bière dans les verres de tout le monde à toutes les terrasses de Montréal, d’écouter Erykah Badu, de demander à mon chéri de me photographier quand je prends mes seins dans mes mains et que je le menace de l’arroser de lait, j’ai envie de terminer toutes mes soirées en trouvant une boite de biscuits aux pépites de chocolat que je croyais avoir terminée et jetée dans le bac à récupération.

Je pense que je vais aller essayer des bikinis dans ma chambre.

Mais avant je vous souhaite tout plein de lovely choses et voici ce que j’aime, moi :

Apprendre puis oublier comment bien ouvrir des homards. Vengeance de Philippe Djian. Voisine de cinq ans qui porte un maillot de bain avec l’inscription Interdit de me gronder. Portraits saisissants de personnes âgées qui refusent de n’être plus ce qu’elles étaient il y a quarante ans – ou plutôt qui sont encore comme il y a quarante ans, un peu, pour toujours. Conseils d’Ariane Gagnon niveau crème solaire à acheter pour ma peau de blanchette qui a peur des produits chimiques. Porter des nuisettes. Chicks en fatkini. Bague hippocampe. Lire Olivia à Mini Fée. Allaiter au soleil. Prétendre qu’un chat est un bébé lynx. Mettre des fleurs dans des glaçons. Foutre qui goûte le beurre de popcorn vendu en cinéma. Rire des beuveries d’Alexandre Le Grand – après être sorti au Philémon, il se fait cuir un œuf à trois heures du matin et il s’endort et je me réveille à cinq heures parce que je suis seule au lit et que ça sent l’œuf cramé et la casserole cramée en crisse. Salade avocat, crevettes et zeste de citron. Enthousiasme du libraire de Limasson pour des grenouilles naines africaines.

Bonne semaine y’all! Bisous soufflés!

Danser jusqu’au réveil de Mini Fée

février 29, 2012

Je mange des meringues en partageant un verre de cidre avec Amandine. Enfoncée dans un canapé, en skinny jeans, les orteils protégés du froid par une jetée en mohair, je confie à ma copine que parfois, je voudrais juste supplier Alexandre Le Grand de rester avec Mini Fée une heure, le temps d’aller danser un peu et d’avaler un drink virgin, même un lundi, quand les bars seraient quasi vides, je serais trop heureuse.

– Pourquoi tu ne le fais pas?

– Parce que je sais que je deviendrais hyper cliché, à la Up all Night, pas capable de danser sans penser à Mini Fée et à ses pleurs si elle n’a pas mes seins à moins d’un mètre d’elle. Et je voudrais aussi me louer une chambre d’hôtel, repousser la couverture par terre, sauter sur le lit, et qu’Alexandre Le Grand me défonce contre un mur, me rentre ses doigts dans la chatte en prenant un bain avec moi, et qu’on s’endort l’un contre l’autre, au lit. Je sais tellement pas quand nous pourrons enfin faire ça!

Amandine me demande si j’aime sa nouvelle coupe de cheveux.

– J’ai des biscuits sans gluten, tu en veux?

J’entends la porte d’entrée s’ouvrir doucement. Alexandre Le Grand, les joues rouges, les yeux brillants me questionne : « Est-ce que notre petit monstre dort? » Je hoche la tête. Il m’embrasse, dit à Amandine que ses cheveux sont extra et me raconte que son copain Nathan s’est battu.

– Il était avec un ami marocain, dans un bar sur Mont-Royal et il a commencé à insulter un gars tout freluquet, devant la blonde du gars. Nathan avait vraiment trop bu, et le gars a fini par dire qu’il les maudissait, les ostie de Français. Nathan lui a envoyé un coup de poing, mais son ami marocain était juste trop content de s’être fait interpellé comme Français, alors il a rien fait. Après ils sont arrivés au Philémon et ils ont parlé de David Lynch et d’astronomie pendant une heure, c’était chiant, je suis parti.

Alexandre Le Grand regarde les biscuits sans gluten que j’ai sortis pour Amandine : « Ça l’air vraiment dégueu. Je me commande une poutine. » Amandine me prend la main et elle annonce : « Nous, on va sortir une heure, tout près, tu appelles ta douce si votre princesse se réveille, d’accord? » Je la regarde, je proteste que je ne porte pas de robe et que j’ai une robe à la Zooey Deschanel que je veux trop mettre.

Amandine a besoin de baume à lèvres, je lui en tends à l’Orange Crush, et j’enfile mon manteau d’hiver, par-dessus mes skinny jeans et mes bottes aux lacets plein de calcium. Alexandre Le Grand me mord dans le cou : « Amusez-vous bien! J’ai hâte que tu reviennes pour te prendre, j’ai pensé à toi toute la journée. Tu es rasée? »

En amour avec un orignal et des gommes Bazooka

juin 14, 2011

Je prends un café avec mon mec, après son travail. Il reçoit un appel de son copain Sadek. Il me demande si je veux souper avec Sadek, et je dis « Oui, mais je dois aller me changer, je suis gelée et tu auras le temps de me prendre contre le comptoir de la cuisine si nous partons maintenant. »

Nous rejoignons Sadek au Philémon. Je porte une culotte pour pas que le foutre d’Alexandre Le Grand coule sur mes cuisses. Nous buvons rapidement un drink. Sadek dit qu’il a trop faim. Je me remets du rouge sur les lèvres et nous marchons sur la rue Saint-Paul, en regardant les menus des restaurants. Nous entrons dans un restaurant français, mon mec bouffe une olive avant de déclarer que le menu est trop pourri. Sadek se met quasi à genoux pour implorer Dieu qu’il reste de la place chez Holder. Il cruise deux filles qui viennent tout juste d’obtenir une table, elles nous invitent à nous asseoir avec elles. Je mange du ravioli au homard et nous partageons des desserts. Nous parlons des romans de Caryl Ferey, de l’Afrique et du Grand Prix. Sadek nous confie que présentement il a plus de plaisir avec sa main gauche qu’avec sa copine.

Nous sortons. Alexandre Le Grand me pince les seins en espérant que du colostrum tache ma robe American Apparel. En taxi, nous nous rendons à l’Espace Griffintown, pour un party Puma. Mon frère Philippe nous y accueille, avec des filles enjouées et en mini mini short. Alexandre Le Grand et Sadek s’enfilent des shooters aux fruits et à la tequila. Je bois de l’eau vitaminée, et je me fais une réserve de gommes Bazooka au bar à bonbons. Nous regardons les filles trop belles, les mecs à grosses lunettes noires et à t-shirt Free Ass, en jouant des parties de babyfoot et de hockey sur table. Je gagne une partie de hockey sur table, parce qu’Alexandre Le Grand compte trois fois dans son propre filet.

Sur le dancefloor, a écouter We Are Wolves, Sadek se sent comme lorsqu’il était étudiant a l’Université Laval, a faire la fête entoure de petits culs à croquer. Mon frère Gabriel arrive avec trois copains, déjà sérieusement saouls. Ils me touchent le ventre sans oser me toucher les boules, merci guys. Alexandre Le Grand tente de piquer une tuque Puma, mais Philippe la lui retire. Alexandre Le Grand caresse mes cuisses et m’invite à le suivre à l’appartement : « J’ai faim. Je veux une poutine au bacon et écouter des émissions connes à Canal Vie. »

Saké, Thaïlande et robes de bal

mai 16, 2011

Pas de petite culotte sous ma robe à licou

Des filles parlent des boutons qu’elles ont sous les seins à cause de la chaleur. Des touristes se demandent s’ils ont envie de manger belge ou asiatique. Une fille dit qu’elle veut boire jusqu’à oublier sa bouche charcutée par un chirurgien. Je relève un peu ma robe à licou, découvrant mes ballerines beiges, et j’entre au Philémon, en pensant que je me bourrerais bien de sushis et de saké, moi.

Je cherche Alexandre Le Grand. Je me faufile entre des robes sombres et des escarpins et des verres tenus par des doigts bagués de turquoise. J’entends Alexandre Le Grand qui m’appelle. Je lève la tête, je lui souris, et près de lui, à son oreille, je murmure que je ne porte pas de petite culotte sous ma robe. Il en profite pour répéter à voix haute mes propos. Je rougis, et je me présente à un de ses collègues, Mikolaj, récemment arrivé au Québec. J’embrasse aussi Sadek, et je lui souhaite un joyeux anniversaire d’avance. Il me dit que ses filles lui ont promis de faire le souper le lendemain et que même s’il les trouve gentilles, il craint de devoir commander de la pizza après. Je rigole et je lui dis que j’ai déjà raté un souper d’anniversaire parce que je n’avais pas vérifié si j’avais tous les plats et ingrédients nécessaires, et que finalement j’avais demandé piteusement à Alexandre Le Grand de commander de la pizza aussi.

La beauté des filles qui peuvent se permettre des souliers à talons hauts

Je m’asseois sur un canapé en cuir foncé. Alexandre Le Grand m’offre un Virgin Bloody Ceasar. Je regarde les cinq-six filles près de nous, elles sont jolies. Alexandre Le Grand suit mon regard, il me dit que c’est moi la plus belle, et je hausse les épaules. Des plumes oranges aux oreilles, ma longue robe satinée, mes tétons durs, et ma peau légèrement doré, je me trouve belle aussi, mais ce n’est pas pareil, je ne pourrai pas passer l’été en short, à montrer fièrement mon petit cul, parce que je n’aurai pas un petit cul cet été, et pas de sandales à talons de quatre pouces pour arquer mes jambes de nymphette. J’embrasse Alexandre Le Grand : « Si je pars avant toi ce soir, tu peux cruiser comme tu veux, et regarder comme tu veux aussi, tant que tu me répète que c’est vraiment moi, quand tu reviendras à l’appartement, c’est vraiment moi la plus belle. »

Sadek s’assoit à mes côtés. Il touche mon bras, passe la main sur ma joue : « C’est toi la plus belle. Qu’est-ce que tu fais avec mon meilleur ami ? » Je le pousse en rigolant, et Alexandre Le Grand vient s’asseoir entre nous. Il termine sa bière, et quand il se relève, pour parler à un autre copain, Mikolaj prend sa place. Il me parle de sa femme qu’il voit peu, car elle travaille de nuit, de sa cousine qui habite en Thaïlande, de son envie d’avoir un enfant mais de sa crainte de ne plus avoir la liberté de partir en weekend à Boston sur un coup de tête. Nous parlons de nos films préférés et je lui demande s’il a vu un film trop dramatiquement drôle, Killer Condom. Il secoue la tête, me dit qu’il tentera de le trouver à la Boîte Noire.

Bière sans alcool et fellation

Je commande une bière sans alcool, et je vérifie deux-trois fois si elle est vraiment sans alcool, parce qu’à chaque fois que j’en bois, j’ai l’impression que je me saoule anyway. Alexandre Le Grand revient avec une fille aux joues roses à son bras, vêtue d’une robe de Valérie Duhaime qui lui va too much bien. Elle joue avec un bracelet en argent en nous parlant, puis en voulant s’asseoir, elle tombe sur les genoux de Sadek. Elle se retourne vers lui, il tend les bras, la prend contre lui, refuse qu’elle s’asseoit différemment. Elle dit : « Je pensais que tu étais gai. »

Enfoncée dans le canapé, je continue à regarder autour de moi, ça serait mentir que de dire que je n’ai plus envie de sushis ou de saké, mais je me sens bien, tout le monde est beau, le serveur est craquant, et je suis près de gens que je peux écouter ou non, et à qui je peux dire que je vais gravement sucer mon mec plus tard, ou que je ne comprends pas pourquoi ce n’est pas une activité parfaitement respectable que d’essayer des robes de bal sur la rue St-Hubert, à vingt-six ans, pendant toute une journée.