Posts Tagged ‘amour’

Je ne suis plus faite pour plaire

septembre 21, 2017

Mon lancement était lundi. J’en parlais hier soir avec un ami, juste avant de me coucher et de recevoir la queue de mon mec dans mon cul. Je suis contente. Même si finalement je n’ai pas dansé et qu’un barman aie dit à une amie qu’elle ne pouvait pas se promener nue pied. Nous aimons bien faire ce qu’on veut et se mettre nue pied, c’était probablement la chose la plus soft à laquelle elle pouvait penser.

Je n’ai pas prononcé de discours. J’avais un papier et je n’ai rien dit, parce que les gens allaient et venaient, je ne trouvais pas le moment pour dire merci et pour dire ce que j’avais écrit. Alors je vous dis tout ça à vous, ici.

MON DISCOURS ÉCRIT ALORS QUE J’AVAIS PAS DORMI DE LA NUIT PARCE QUE J’ÉTAIS TROP MENSTRUE

J’ai toujours écrit en utilisant des gros mots, en préférant mouille à cyprine, j’aime parler de Jésus et de grosseur de pénis dans le même souffle. Je montre mes seins parce que je les trouve magnifiques et bons, je n’ai pas besoin d’excuse ni de trop de champagne. Je les montre quand je veux, et si je croyais qu’avant, j’étais faite comme cela, que j’étais faite pour plaire, et n’y pouvait rien changer, avec mes seins et le grain de beauté sur ma chatte et mes jambes qui sont belles à regarder quand je fais une bataille d’oreillers, je sais que je ne suis pas faite pour cela, je ne suis pas faite pour être regardée, je suis faite pour montrer, ce que je veux, je montre ici une histoire d’amour, je n’aime pas tant les histoires d’amour, parfois je trouve ça difficile aimer, être aimée et ne pas qu’avoir à porter des souliers à talons hauts pour être acceptée.

Je montre et je force, à voir, et si j’ai ri, en écrivant Juicy, je sais que ce n’est pas toujours drôle, que ce n’est pas juste moi, qui trouve tout difficile, qui préfèrerait que la vie soit aussi légère que de la barbe-à-papa.

Je vous remercie d’être là, d’être venus sans savoir si j’allais être déguisée en princesse ou actrice porno, je vous remercie, tellement, et je remercie les Éditions de ta Mère, de m’avoir choisie et de m’avoir appris la différence entre appendicite et appendice, et je remercie quelqu’un qui m’aime malgré que je ne sois pas polie, que je fouille son nombril, que je parle de la notion de privilèges à tous ses copains et que je ne serai définitivement jamais capable de faire un lit sans grain de sable dedans ou miettes de croissants.

L’amour c’est peut-être moins important que d’avoir la capacité de se dessiner des yeux de chats au eyeliner, mais je reste naïve, et ce soir, comme d’autres soirs, je me sens juste chanceuse d’être capable d’y croire.

Juicy c’est une parodie de roman Harlequin, c’est de l’amour et des rêves à déconstruire, et j’espère de tout cœur que vous aimerez mon livre autant que j’aime lécher mes doigts quand je viens de manger des Cheetos.

Pourquoi vouloir jouir absolument?

février 28, 2014

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Je ne jouis pas chaque fois que mon mec entre deux doigts dans mon cul et sa queue dans ma chatte. Est-ce que ça me dérange? Non. Si je veux absolument jouir, je prends mon vibro fushia après avoir fait un mini pipi à la salle de bain.

Ce que j’aime, c’est de sentir zéro tension, c’est de me sentir aimée, c’est de savoir que je peux m’endormir sans avoir peur de quoi que ce soit, je suis bien, je me suis collée, j’ai écarté mes lèvres, j’ai mordu son épaule, j’ai mouillé, j’ai senti sa queue et entendu ses je t’aime, je ne veux pas plus.

Et pour vous, une expérience sexuelle réussie, c’est quoi? Je vous invite à lire ma dernière chronique à ce sujet et à vous confier ici.

Envie de lire d’autres chroniques? Je vous en propose quelques unes, mes choux.

La fidélité sur pause.

Des formules qui tuent toute excitation – mieux vaut en rire qu’en jouir, parfois.

Des clients à ne jamais criminaliser.

“Notre société est obsédée par le sexe, mais ce n’est pas une obsession malsaine. C’est une pulsion à apprivoiser, dans le respect. Les clients sont des hommes comme les autres: ils ne sont pas une race à part. Ils remercient la caissière à l’épicerie, échappent un juron quand leurs orteils heurtent un meuble, se lavent les cheveux les yeux fermés. Permettons aux clients de passer un bon moment, et aux travailleuses du sexe de gagner de l’argent, sans craindre des menottes achetées ailleurs que dans une boutique de jouets sexuels.”

Bonne lecture!

illustration: installation de Diego Beyro

L’amour aujourd’hui ou pour la vie

février 13, 2013

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Avant, quand il n’était pas sûr d’aimer toujours, il m’écrivait je t’aime aujourd’hui, et je mangeais des clémentines, le corps presque trop mince contre un calorifère, dans un condo sans meuble, dans un condo en attente de nous.

Quand il m’écrit je t’aime pour toute ma vie, maintenant, je sais que ce ne sont pas des mots que n’importe quel amoureux aurait pu m’écrire trop rapidement, je sais qu’il connait ces mots, qu’ils ont été durs pour lui, qu’ils sont peut-être parfois encore durs pour lui, quand je parle bêtement à sa fille de huit ans, ou quand il souhaite vivre ailleurs, deux fois par année, je ne sais pas pourquoi, ça lui arrive, de vouloir partir, avec ou sans moi, de tout recommencer, comme si c’était possible, de tout recommencer.

Je ne peux pas m’imaginer recommencer quoi que ce soit sans lui.

Lundi oui oui oui: poutine à Lyon et jouir aux danseuses

novembre 27, 2012

J’ai mangé très tôt, avec Mini Fée, j’ai mangé des morceaux d’avocats en utilisant mes mains, pas d’ustensiles. J’ai ensuite mangé des morceaux de fromage, des tartines aux cretons et bientôt je goûterai aux crevettes qu’Alexandre Le Grand prépare, affublé d’un tablier à motifs de coq. J’espère évidemment terminer ma soirée en avalant Alexandre Le Grand, quand il me rejoindra au lit et qu’il voudra bien de mes jambes toutes douces entremêlées aux siennes.

Ce que j’aime plus que manger dix repas par jour :

Après-midi à la bibliothèque – une fillette a fait toucher toute les marionnettes de l’étage des enfants à Mini Fée, totalement charmée par la fillette et la grosse marionnette chat. Emballer des cadeaux en buvant du lait au chocolat devant La Guerre des Tuques. Copine qui réalise son rêve de travailler uniquement à la création de sa collection de bijoux. Mini Fée, endormie contre ma maman, avec sa doudou panda contre son petit corps de rouquinette trop mignonne. Sucettes à la guimauve. En route vers le chalet, de la neige, et le lendemain matin, de la neige, qui ne fond pas, partout sur le terrain. Lunch avec une copine qui me raconte sa correspondance amoureuse et ses histoires de collègues blondes qui jouissent aux danseuses. Waiting for Birdy. Paysages irréels. Sept ans avec mon chéri – il a dû vouloir rompre plus de trois cent fois, et moi deux ou trois fois, heureusement que nous nous aimons follement. Resto de poutine près de Belle-Fille Parfaite, à Lyon, le même où elle a mangé sa dernière poutine de l’été, lors de son voyage au Québec. La chance que j’aie, aussi, d’avoir une copine sur qui je peux toujours compter, même quand j’annule un petit déjeuner pour mieux dormir. Film intéressant de Jean-Claude Lord – le réalisateur de La Grenouille et la Baleine – ,  Les Criminelles, à propos de l’hypocrisie de refuser que des personnes consentantes puissent avoir des relations sexuelles avec échange d’argent : «Pourquoi deux adultes consentants sont considérés comme des criminels quand ils ont une relation sexuelle en échange d’une somme d’argent, mais que c’est parfaitement légal lorsque la relation sexuelle se fait en échange de voyages, de repas au restaurant ou de divers cadeaux? Ces adultes ne méritent-ils pas le respect et d’avoir des droits comme tout le monde ? La criminalisation et la stigmatisation poussent les travailleuses du sexe au silence quand elles sont victimes de violence. Je souhaite que ce film puisse susciter des débats et que l’on chemine tous là-dedans»

Une sex symbol à lunettes + un vietnamien bouddhiste = des cris toute la nuit

août 10, 2009

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Les asiatiques à diamants aux oreilles sont attirants

Je suce mon mec encore couché au lit, ça fait deux jours qu’il se plaint d’avoir mal au dos, juste pour pas avoir à me lécher pendant trente minutes, ou juste pour profiter de Marissa et moi déguisées en infirmière pour lui. Je pars juste après avoir trouvé mes petits souliers de Cendrillon-meets-Marilyn-Monroe-at-a-roller-derby-game et je rejoins Molly à la station Sherbrooke.

Nous traversons le Square St-Louis, des anglos aux cheveux gras nous lancent des baby can I follow you, et Molly dit je mangeais là tous les midis, pendant mon stage à l’ITHQ, à la fontaine, avec un livre ou mon journal intime, et c’est là que Ai Quoc me voyait à tous les jours, et moi je le voyais pas, j’étais tellement écoeurée des mecs, et jamais j’aurais pensé attirer un asian guy avec des diamants aux oreilles, tellement pas mon genre.

En voyant des gens sexys manger à la Cafeteria, nous décidons d’y entrer, une serveuse super pouliche nous donne les menus, elle a des seins plus gros que ceux de Pamela Anderson, et des cheveux bruns passés au fer plat très chaud, et des petites dents qui s’emboitent l’une sur l’autre. Moi je la trouve belle, dès qu’une fille est mince et qu’elle a de gros seins et qu’elle me sourit, je me change en lecteur de Playboy et mon clito sort de son capuchon, mais Molly dit qu’elle a l’air d’un petit chien perdu.

Les pompiers qui jouent au hockey se retrouvent seuls à se branler dans un club de Laval

Nous oublions de consulter le menu, Molly a trop de choses à me raconter, sa nouvelle auto, sa rupture avec Jonathan, qui, une fois devenu pompier, l’a impressionnée mais total déprimée parce que ses seuls désirs étaient de s’enduire d’huile pour bronzer et de jouer à des jeux vidéos en ligne, ses projets de condo à Anjou, sa putain d’histoire avec un Écossais à la queue grosse comme une cannette de coca zéro, elle l’adorait, il lui disait qu’il ne voulait pas de blonde, et puis, sept mois plus tard, elle rencontre Ai Cuoc, et l’Écossais la rappelle, et il lui dit je t’aime, je veux te présenter ma famille, et elle lui dit je suis offensée que tu aies attendu autant de temps, je suis avec quelqu’un, et il y a aussi Karel, un mec super maigre qui joue au poète-peintre-sculpteur tourmenté mais qui ne connait même pas Denis Vanier, il est revenu de Paris, il a cessé de fréquenter une vieille, et il veut la revoir, je lui dis no way, il est nul ce mec, et je suis sûre qu’il n’est pas capable de bander, quand je travaillais avec lui, il a toujours refusé de me baiser, mais elle lui a quand même refilé son nouveau numéro de téléphone.

Un serveur vient nous voir, il nous parle en anglais, puis en français, il est charmant comme tout, et Molly se mord les lèvres en lui demandant c’est quoi du thon ahi et est-ce que tu es Italien ? Elle commande une salade niçoise, et moi une omelette florentine, avec un verre de martini melon splash. Molly dit est-ce que tu trouves que j’ai grossi, j’ai recommencé à manger depuis que je suis avec Ai Cuoc. Je dis je te trouve toute petite, et elle me montre une photo d’elle à la plage, elle dit regarde j’ai des bourrelets en bikini, et je dis tout le monde a des bourrelets assis dans le sable. Elle dit ouais, c’est vrai, Ai Cuoc est trop merveilleux, il m’encourage a arrêté de fumer, à être vraiment heureuse, il est bouddhiste, et musclé et il veut plein de bébés, et nous allons nous marier sous un saule pleureur, dans un an.

Attendre une semaine avant de baiser se révèle parfois pas trop traumatisant

Je prends une gorgée de martini, pendant que le serveur portugais-pas-italien propose de la sangria à Molly, elle dit Ai Cuoc est parfait, il a attendu une semaine avant de me baiser, c’est sweet han mais j’avais super peur que ce soit parce que genre il était difforme. Elle ajoute mais j’aime toutes les queues, je lui ai dit, et il sait tellement bien me toucher, j’ai jamais joui autant, son coloc l’a foutu dehors parce qu’il m’entendait trop souvent crier.

Nous piquons les banquettes d’un couple, après avoir avalé des shotters surettes, et Molly demande une suggestion de vin au serveur, en précisant qu’elle ne supporte pas le Pinot Grigio dans des verres comme ça, le serveur lui recommande un chardonnay fruité, et Molly sourit, I’ll drink it all if you say it’s good for me. Je prends un martini-vodka Grey Goose, j’en renverse sur mon menton et Molly fait ouh la la je pensais que j’étais sexy quand j’échappais des gouttes de mon drink sur moi, mais c’est vraiment pas joli, fais attention Mélodie, c’était mieux quand tu brisais des verres d’eau, à quatre pattes sur une table à l’Après-Cours, quand le décor avait été refait pour genre ressembler à un décor de Watatatow, et que je m’étais brûlé les sourcils, à tenter d’allumer une clope, sous la table, je sais pas si je te l’avais dit, mais dans les toilettes, une fille t’avait insultée, elle avait dit que tu étais une vraie salope parce que tu me frenchais, et moi j’avais dit mais on s’aime, et la fille avait fait oh pardon, vous êtes cutes alors.

Une cochonne est une fille qui mange la moitié de deux desserts en léchant bien sa petite cuillière

Molly commande deux desserts, une crème brûlée citronnée et une mousse au chocolat. Elle regarde l’heure, elle dit j’ai promis à Ai Cuoc que je boirais qu’un verre et que je ne rentrerais pas trop tard, et que je porterais plus jamais de souliers de baskets, si lui ne portait plus de souliers blancs. Le serveur me donne une cuillère, pour partager les desserts de Molly, je dis non merci, je n’ai vraiment plus faim, et je prends un autre martini-vodka Grey Goose. Elle suit des yeux le serveur, qui parle avec un mec aux cheveux de Jon Bon Jovi et une fille extra maigre avec un manteau en cuir couleur icepresso. Elle lui sourit, il passe tout droit devant nous, et caresse le dos de la pouliche qui nous avait accueillies plus tôt à la Cafeteria.

Je laisse les noyaux des olives de mon martini sur la table. Molly fait un petit signe de la main au serveur, style Miss Canada dans un défilé. Il s’approche de nous et elle lui dit tu me trouves trop cochonne avec mes desserts, et il dit, avec son accent craquant, je devine que tu es cochonne, pas juste pour la mousse au chocolat et la crème brûlée, et il se détourne, et Molly ferme son cellulaire, et elle se lève, et je la vois entraîner le serveur dans le corridor qui mène aux toilettes.

Je regarde mes souliers pendant cinq minutes, je les trouve trop princesse, avec les petits cœurs creusés, sur le côté, et je regarde aussi un beau mec qui court vers sa voiture, juste devant le resto, pour éviter une contravention. Molly revient, je lui dis tu t’es appliquée du gloss ou tu t’es faite baisée par le serveur ? Elle s’assoit à côté de moi, elle me rentre sa langue dans la bouche et elle dit tu goûtes son sperme, tu goûtes son sperme, il m’a poussée à me mettre à genoux, à bouffer ses couilles, tu peux regarder si j’ai pas des poils entre les dents, et après je l’ai sucé, et il m’a demandé mon nom juste après que j’aie tout avalé, faut que je commande un autre verre de chardonnay pour cacher l’odeur d’eau de javel, avant de rejoindre Ai Cuoc.