Sans clique, mais dans un recueil

mai 21, 2015

Emcie et Mélodie Nelson

Le magnifique dos d'Anne Genest, une des auteures du recueil.

Le magnifique dos d’Anne Genest, une des auteures du recueil.

C’était hier, j’étais dans un taxi avec une amie, nous parlions de barbe-à-papa et de mon nez qui coule tout le temps, et je lui ai dis je ne sais pas si je connaitrai une autre personne que toi, ce soir.

C’était le lancement du recueil Douze histoires de plage et une noyade. J’y ai écrit une nouvelle, Après il n’y a plus rien, je l’ai écrit crevée, en retard, tous les jours en retard sur ce que je voulais écrire, je l’ai écrit triste, fâchée, je l’ai écrit avec le nom d’un personnage en tête, Tamara, et pourtant, pourtant, je n’écris jamais son nom dans la nouvelle, c’est moi la seule qui connaît Tamara.

Quand je suis arrivée, j’ai vu Michel Vézina, accueillant, à l’entrée du Lauréa, puis j’ai cherché Marie-Chantale Gariépy, je voulais voir sa tenue, je l’imaginais avec un large chapeau, je l’imaginais comme elle est photographiée sur ses photos Facebook, quand elle est de passage à Los Angeles, quand elle est photographiée, avec son sourire énigmatique et une robe d’allure vintage, à marcher, sur la promenade de Venice.

Je l’ai embrassée, j’ai commandé un gin tonic, j’ai tenté de rester debout, parce que je n’étais pas habillée pour être assise.

Quand nous étions toutes les deux coincées aux toilettes, à faire pipi l’une devant l’autre pendant dix minutes, Marie-Chantale m’a parlée de ses auteurs, de ceux qu’elle avait choisis, parce qu’elle, quand elle débutait, quand elle commençait à publier, elle n’était pas choisie, et elle voyait les autres collectifs d’auteurs, et elle n’y était pas, elle, qui publie depuis 1999, une auteure qui se tient comme une ballerine, avec classe, force, détermination, une auteure qui ne fait pas partie d’une clique.

Je n’ai jamais fait partie d’une clique non plus, et avoir mes enfants m’a encore plus éloignée de ceux qui écrivent, parce que je n’écris presque pas et je ne montre plus mes seins ni mes cent paires de souliers dans des lancements. Et puis, je parle mal de littérature, je ne parle jamais de littérature, ou presque, je lis, et j’aime, et j’espère que vous me lirez, encore une fois, s’il vous plaît.

Après il n'y a plus rien

Répression, lois et travail du sexe

mai 16, 2015

Cartes Stella

prostitution

En Chine, les travailleuses du sexe sont forcées à parader dans la honte, en public, une fois qu’elles sont arrêtées par les forces de l’ordre. Aux État-Unis, à New-York, 30% des travailleuses du sexe rapportent avoir été menacées par la police. En Inde, au Bengale-Occidentale, un groupe, Durbar Mahila Samanwaya Committee, semblable à un syndicat des professionnelles du sexe, révèle que sur 21 000 travailleuses du sexe, 48 000 rapports d’abus et de violence par la police ont été collectés, tandis que 4000 rapports portaient plutôt sur des actes de violence de la part des clients.

Les lois ne semblent pas là pour protéger la dignité et la sécurité des travailleuses du sexe, pas seulement en Chine ou en Inde, mais ici aussi. Des pseudo féministes se soulèvent contre le travail du sexe, parce qu’elles s’attardent au sexe, au désir, comme si c’était immoral, mais n’en font pas autant pour celles qui se tuent à faire des manicures et pédicures à 15 dollars.

Anyway.

Stella, un organisme montréalais, défend les droits des travailleuses du sexe, qu’elles souhaitent sortir de l’industrie du sexe ou simplement avoir de meilleures conditions de travail. Stella a récemment créé des pamphlets pour que toute travailleuse du sexe sache à quoi s’en tenir, du côté des lois, de la répression, des contacts avec les policiers, de ce que signifie proxénétisme et prostitution pour l’entourage des prostituées.

prostitution 2

Je vous invite à obtenir ces pamphlets, si vous travaillez dans l’industrie du sexe. Être informé, c’est se protéger. Communiquez avec Stella. Ne craignez rien : c’est un organisme respectueux, qui ne nie pas la dignité, l’autonomie ou le libre-choix de toute travailleuse du sexe.

Leurs pamphlet d’informations :

  1. La loi, nos amies et nos familles
  2. Arrestation et détention
  3. La loi et les clients
  4. La loi et la communication
  5. La loi et la publicité
  6. La loi et les tierces personnes
  7. Pouvoirs policiers et travail à l’intérieur

Voici un extrait du pamphlet sur la loi et les clients:

« Les impacts

Lorsque les clients craignent la criminalisation, ils évitent les lieux de travail plus visibles, par peur d’être harcelés ou arrêtés par la police.

Pour cette raison, les travailleuses du sexe:

• doivent travailler dans des zones moins bien éclairées et

moins peuplées, ce qui rend les travailleuses du sexe ainsi

plus vulnérables à la violence;

• ne peuvent pas prendre le temps nécessaire à la sélection

de leurs clients avant d’embarquer avec eux;

• doivent travailler de plus longues heures et plus souvent

pour avoir un revenu équivalent et peuvent accepter

d’offrir des services qu’elles n’offriraient pas autrement.

Cela contribue à diminuer notre niveau de sécurité tout en augmentant le potentiel de tensions au sein des membres de la communauté. »

Croire

mai 16, 2015

Jésus 1

Jésus 2

Quand j’étais petite, mon père m’amenait parfois à la messe. J’aimais beaucoup regarder les autres, j’aimais beaucoup le silence des autres, et la voix du curé, et les mouvements, s’asseoir, se lever, se mettre à genoux, des mouvements simples, pour être comme les autres, pour communier comme eux, et penser comme eux, et croire comme eux.

Puis, j’ai continué à aimer les églises, mais sans y croire trop, j’aimais les églises, j’aimais y entrer à n’importe quel moment, avec ma cousine Cheryl, souvent, après une course à vélo, et nous assistions à des baptèmes d’enfants inconnus, aux prénoms massacrés par le curé, parfois.

J’ai arrêté de croire. Je ne sais pas trop pourquoi, à cause des prières dites tous les matins au camp Carowanis, à cause des nouvelles du téléjournal, des guerres, des discussions avec un évèque, sur les femmes, les enfants qu’elles se doivent de porter et tout.

Après plusieurs années, j’ai recommencé à prier, et pas seulement pour qu’une tempête de neige fasse rage le jour d’un examen de mathématiques. Je priais, et je remerciais Dieu, parce que j’avais un corps qui me permettait de marcher des heures, baiser des heures, faire des arabesques devant des films de Pixar. J’étais vivante, je me sentais vivante, je ne voulais plus poser un rasoir contre mes poignets.

J’ai commencé à croire à nouveau, juste parce que j’avais besoin de croire, j’avais besoin de me rattacher à quelque chose de plus important que moi, plus important que l’argent des hommes qui me baisaient, plus important que tous les soutifs Lejaby que je pouvais acheter, plus important que toutes les amies que je ne voyais plus, parce que je ne pouvais pas leur dire, je ne pouvais pas leur dire ce que je faisais, parce que je croyais que j’étais folle, d’aimer faire du 9 à 5 dans un lit.

Je ne crois plus que parce que j’ai besoin de croire.

Et j’aime bien quand des amis, fouillant dans une pile de livres sur le bord d’une rue, en trouve un sur Dieu et pense immédiatement à me le donner.

Une ex star de la téléréalité à Cape Cod

mai 11, 2015

Douze histoires

Je n’écris que le mardi, quand mes enfants sont à la garderie, ou alors, très tard le soir, avec l’énergie que me laissent rosé et Gatorade sucré. Je n’écris que lorsque mon horoscope me promet de la joie et un billet de loto gagnant. J’écris très peu, beaucoup beaucoup dans ma tête, mais très peu pour vrai.

Ce mois-ci paraîtra un recueil de nouvelles dans lequel j’ai écrit l’histoire d’une ex star de la téléréalité, devenue maman et perdue entre l’envie d’abandonner ses rêves de potager, la vaisselle sale et son enfant et son amoureux et l’envie d’attendre autre chose, n’importe quoi, qui lui permettrait d’être bien dans tout ça.

Je suis très très heureuse de l’opportunité que Marie-Chantale Gariépy et Michel Vézina m’ont donnée, en m’offrant de participer au livre Douze histoires de plage et une noyade.

Toutes les nouvelles se passent à Cape Cod, que j’ai mal écrit trente fois et que les correcteurs ont dû corriger trente fois. Quand j’ai terminé ma nouvelle, j’ai commandé des sushis Cape Cod, je me trouvais très cool de manger en pyj mes sushis, devant un épisode de Mad Men, dans mon appartement qui sentait way too much le café et la sueur.

Cape Code

Le lancement du recueil de nouvelles aura lieu le 19 mai, de 17h à 10h, au Petit Lauréa, 381 Laurier Ouest. Je n’y serai pas en latex, mais peut-être en maillot de bain.

Douze

Ne pas oublier l’agression, mais oublier la honte

mai 7, 2015

Emma Sulkowicz

Photo d’Emma Sulkowicz, qui, suite à un viol dans sa chambre de résidence, a décidé de se promener avec son matelas, tant que son agresseur resterait impuni, encore sur le même campus universitaire qu’elle.

Cette semaine je parle de Bleu Nuit dans ma chronique Canoë. De film de softporn quasi artsy et d’héroïnes prêtes à baiser George Clooney et à slapper Sandra Bullock.

Mais la semaine dernière, ma chronique portait sur une relations entre deux handicapés de l’amour. Moi et un ex. Moi et un ex-qui-m’a-aimée-mais-aussi-agressée.

C’était la première fois que j’étais aussi claire sur le sujet : j’ai déjà trompé Alexandre Le Grand et le mec avec lequel je l’ai trompé, well, il m’a baisée sans mon consentement. Deux fois. Deux fois sur je-ne-sais-pas-combien-de-fois, mais deux fois, quand même.

Je n’irai jamais voir des policiers pour leur donner les détails, je ne veux pas revivre ça, l’amour et la manipulation et sa queue dans mon cul sans que je ne le veuille, la face sur son plancher de bois verni ou mes bras qui ne luttent pas, qui ne font que s’appuyer contre un lit, puis contre une commode, blanche.

Je l’ai raconté, quand même, parce qu’il fallait que je le dise, parce que c’est un mini geste de rien, de le dire, mais c’est bon, pour moi, de le dire, et c’est bon, pour les autres, de savoir qu’elles ne sont pas seules, et de se questionner toujours, sur la notion de consentement, que ce soit dans une relation amoureuse, amicale ou une relation de one night après une partie de bowling.

Des articles intéressants à lire sur le sujet des agressions sexuelles

Sur Madonna qui n’a jamais porté plainte ou le regret de porter plainte: 

« But then the detective began asking me about my virginity, my clothing choice and how strongly I resisted. Next, he pushed me to engage in a “pretext phone call,” in which I was to call the perpetrator and tell him I was pregnant. I was shocked at the suggestion. Not only was the officer directing me to lie about a pregnancy, he was asking me to speak to a man I never wanted to have contact with again. I had blocked the rapist’s number from my cell phone and was attempting – with the help of my attorney – to get a restraining order against him. During subsequent telephone conversations with the detective, he suggested that I was perhaps mistaking rough sex for rape. »

Sur le consentement sexuel : Deux Canadiens sur trois ne savent pas ce que signifient réellement le consentement sexuel.

Ma chronique:

« Mais ce n’est pas ça, ce n’est pas que j’accepte tout. C’est que je préfère oublier, parfois, et que lorsque je n’oublie pas, j’ai mal d’être ce que je suis, forte et faible et fière et souillée, une fille qui sait très bien qu’elle ne pourra jamais raconter ses jambes et ses fesses, écartées, les mains de l’autre, le sexe de l’autre, un autre que j’ai aimé, et qui m’a aimée, et c’est difficile de le connaître, de l’avoir connu doux et réconfortant et menteur et violeur. »

Choisir de parler de son viol pour briser la honte:

« What both these young women are doing, in very different ways, is insisting that sexual violence demands a response from wider communities. It is not something that victims should have to struggle with on their own, and it certainly isn’t something they should feel shame about. »

En attendant un latte en legging trop serré

avril 21, 2015

café

Quand je vais chercher mon latte chez Starbucks, j’aime bien feuilleter leur cahier de petits mots de clients, pendant que je remonte mon legging pour cacher ma petite culotte en dentelle orange fluo.

J’ai trouvé ça mignon, ce qu’un client avait écrit avant que je n’écrive au nom d’une copine que le café de Starbucks goûtait meilleur que son dentifrice aux fraises et le foutre de son chéri.

Des chats et de la porno (il ne manque que du popcorn au caramel)

avril 21, 2015

chat et porno 5

Mon tumblr préféré du moment : les chats indifférents dans des clips ou photos de porno amateur.

Avec en extra quelques animaux plus rares, comme un canard qui se promène gaiement dans un parc, près de deux amants qui ouvrent grand la bouche pas pour des bouchées de pain.

C’est surtout rigolo et sexy, mais parfois ça peut faire peur aussi. Vous êtes avertis, les choux (un clip de double fisting avec un chat qui fait un sprint sur un canapé, aussi épouvanté que moi à l’idée de me faire pénétrer les trous par deux poings ? han, han).

chat et porno 4

chat et porno 2

chat et porno

Une envie de blondeur

avril 16, 2015

cheveux

mélodie nelson nouvelle coupe de cheveux

Trois heures chez le coiffeur. J’ai les cheveux plus pâles, limite strawberry blonde et j’aime ça.

Il suffit de me trouver du vernis à ongles lilas, à ne porter que des robes et je ne me sentirai plus comme une oursonne chiante en hibernation.

Ma relation avec mon beau-frère

avril 12, 2015

mariel clayton fellation barbie

J’écoutais la soundtrack du soap opera musical Empire et j’ai eu envie de sucer mon mec. Il venait d’avaler trois martinis, j’étais certaine de les goûter dans son foutre, effet placebo ou non.

Il était au téléphone, à donner une recette de gravlax à son frère.

Je me suis mise à genoux, j’ai commencé à me blottir la tête contre sa queue, à l’embrasser à travers son jean, à espérer qu’il retirerait sa ceinture – je trouve ça sexy, retirer des vêtements, descendre une fermeture éclair, détacher des boutons, relever les fesses pour que ma culotte soit doucement enlevée – mais je n’aime pas m’acharner sur des ceintures.

Il a plutôt dit : « Pardon frérôt, Mélo veut me sucer. Tu veux répéter ce que tu disais ? Tasse-toi un peu par là, chérie. Du sel, du gros sel, il te faut du gros sel. Oui, elle veut me sucer, dès que je te parle, ça l’excite.»

Présence inexpliquée

avril 12, 2015

mélodie nelson toilettes

Deux ou trois fois par semaine, je vais manger des gâteaux à la betterave ou boire du vin pétillant chez une copine qui a des enfants du même âge que les miens.

La semaine dernière, avant que nous passions une heure à chanter Bob le bricoleur non stop en autobus, j’ai regardé la marque de son crayon pour les yeux. Dans sa salle de bains, j’ai pas juste remarqué la marque de son crayon (Kate Von D), mais aussi qu’elle avait une photo de moi sur sa toilette.

Je me suis sentie très spéciale.


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