Dénoncer larmes, agressions et humiliations

février 5, 2016

valium

collage par Valium

Lundi, Tanya St-Jean, une des créatrices du site Je Suis Indestructible, est allée parler du mouvement #AgressionNonDénoncée, un mouvement déclenché suite aux révélations sur Jian Ghomeshi. La première journée du procès de Jian Ghomeshi aurait été un bon moment pour revenir sur les avancées du mouvement, sur ce que ça signifie, dénoncer ou ne pas dénoncer.

Son entrevue a été diffusée sur les ondes de RDI et Radio-Canada.

Elle tenait à parler de la difficulté à porter plainte. Elle tenait à parler de la culture du viol. Elle tenait à parler de la peur.

Elle a parlé de tout ça. Mais ses observations ont été coupées. RDI et Radio-Canada ont gardé ses larmes.

Les victimes, dans les médias de masse, ne seraient intéressantes que si elles pleurent, si elles relatent leurs agressions, leurs histoires d’horreur ? Leurs propos brillants, leur questionnement par rapport à ce qui est banalisé, oublié, caché, tchop tchop, coupés ?

Pas de sensibilisation si on réussit à trouver une tournure sensationnaliste à tout témoignage ?

Valium 3

collage par Valium

Suite à la diffusion de son entrevue, Tanya St-Jean a tenu à exprimer son malaise et sa colère face à ce que la télévision a projeté d’elle et de ses idées. Sur sa page Facebook personnelle, voici ce qu’elle a écrit :

« j’aimerais rectifier un point – qui vaut de l’or pour moi – quant au reportage diffusé hier soir sur les ondes de RDI et Radio-Canada. (car je suis un peu fâchée, oui.)

ceuzes qui me connaissent par coeur, savent que je ne parle JA-MAIS de mes agressions.

pourquoi ? car ce n’est pas de moi dont il est question, mais de nous tous, survivantEs de violence à caractère sexuel. et c’est tout simple à expliquer : quand on demande à des membres de l’équipe de Je suis Indestructible d’être en entrevue afin de discuter d’actualités reliées au sujet de l’agression sexuelle, l’essentiel c’est de parler de notre mission et de nos observations.

mais c’est avant tout de donner la parole aux autres, de créer un espace sécuritaire – oui, ceci sonne encore utopique – pour les survivantEs d’agression sexuelle.

l’entrevue d’hier me démontre sensible, brisée… on a prit mes larmes, on me les a volées pour faire couler du sensationnalisme spectacle à la télé nationale.

j’ai discuté avec la journaliste un bon 15 minutes avant d’en arriver à ses fameuses questions « Vous avez été agressé vous aussi ? Dénonceriez-vous vos agresseurEs? Vous aviez quel âge? »

menstruée, émotive et nerveuse, j’ai été pris de court.

mais pendant le 15 minutes de conversation qui précède, j’ai discuté énormément du manque de confiance envers le système judiciaire qui s’observe dans nos témoignages reçus depuis plus de deux ans. j’ai tenté de l’expliquer, en parlant de culture du viol qui se voit banalisée quotidiennement dans nos médias, dans notre environnement social, notre famille, nos amiEs, au travail, à l’école. j’ai parlé de ce maire resté en poste sur la Côte-Nord, de ce juge de la cour fédérale, de ce policier, des campus universitaires… j’ai parlé du doute, de la peur de ne pas être cruE et comprisE lorsqu’on dévoile son histoire d’agression.

j’ai aussi énoncé des statistiques, sur la mouvance des mots-clic ‪#‎BeenRapedNeverReported / ‪#‎AgressionNonDénoncée et l’impact que celle-ci a eu sur notre implication.

à la question « Pourquoi peu de victimes dénoncent leur agresseurs?”, j’ai tenu à maintes reprises à souligner que c’est un processus qui peut s’avérer aussi violent que l’agression elle-même et qu’encore plusieurs lacunes existent quant à l’accompagnement des victimes dans ce cheminement.

j’ai parlé de ressac anti-féministe, de ces manifestions violentes qui s’acharnent à chaque prise de parole.

j’ai aussi expliqué la mission de Je Suis Indestructible et l’impact positif que ce projet a eu dans la vie de plusieurs personnes, de cette grande famille de gens qui ne se connaissent pas mais qui portent le même combat.

bref, j’ai fait beaucoup plus que verser quelques larmes égocentriques, coincée dans un coin par une journaliste.

une leçon qui m’apprend – encore – que trop souvent, les médias prennent bien ce qu’ils veulent dans une entrevue. et ce, même s’ils nous convoquent afin de parler de tout sauf ce qui transparaît à la tévé.

je tiens par exemple à vous dire MERCI. merci pour vos doux mots pis l’amour dans mon inbox depuis hier, toute la nuit, tout le matin. j’ai aussi parlé que JSI m’avait outillé à devenir cette jeune femme forte… et, c’est chacun de vous, ça.

des fois, comme lala, je trouve que « Ensemble, brisons les chaînes du silence! » prend tout son sens.

vous êtes magnifiques, et tout aussi inspirantEs et fortEs que moi, comme vous me le dites. ne l’oubliez jamais ok?

#‎lamadameestfachéecrissecul

‪#‎lamadamequivousaime »

résilience par valium

collage par Valium

Quelques jours après, Tanya St-Jean a remarqué que même les organismes contactés par les médias populaires ne recevaient que des questions sans relief, tel que avez-vous vu une augmentation de fréquentations de vos centres d’aide ?

L’important ce n’est pas l’augmentation. C’est froid, comme question, c’est un chiffre, un pourcentage, ça révèle ce que ça révèle, sans rien approfondir. Tanya St-Jean se demande pourquoi n’est-il pas possible de parler franchement de culture du viol, de prévention, de sensibilisation.

Roxanne Guérin, aussi une des instigatrices de Je Suis Indestructible, a réussi à en discuter avec l’équipe de Vice. Elle a également fait remarquer à quel point il peut être difficile pour les victimes d’agressions sexuelles d’obtenir justice.

Récemment, une amie, victime, tout comme quatre autres femmes, d’un homme les ayant agressées violemment, m’a confié son désarroi et sa colère devant la sentence que son agresseur avait finalement reçue. Ce dernier avait plaidé coupable et son avocat avait plaidé que le viol était dans les mœurs de son pays d’origine, le Congo. Une telle banalisation a surpris mon amie.

Elle s’est sentie d’autant plus impuissante quand elle a su qu’elle n’avait aucun rôle sauf celui de la victime. La Couronne ayant conclu une entente avec la défense, seul le chef d’agression sexuelle était conservé, puisque l’accusé avait accepté de plaider coupable. Laisser de côté les autres chefs, c’était plus que frustrant, c’était violent, pour mon amie. Pour elle, c’était comme si sa séquestration et les autres abus qu’elle avait vécus étaient à oublier, impossibles à croire, pas importants pour personne sauf pour elle.

Valium 2

collage par Valium

Rien n’est facile à oublier. Rien n’est simple dans une agression, ni dans ce qui en suit. Et si les médias n’en parlent pas, et si les victimes se sentent désoeuvrées, humiliées par un système qui se doit de les protéger, qu’est-ce qu’il faut en penser ? Comment réagir face à ceux qui ne croient pas les femmes qui osent dénoncer ? Comment réagir face à un agresseur reconnu qui garde sa position de maire ? Ce n’est pas des larmes qu’il faut montrer. Ce sont des mots qu’il faut entendre. Et répéter.

J’aime lire quand je suis déjà toute mouillée

février 5, 2016

travaux manuels 2

Dans mon bain, je lis tout, sauf les livres qu’on me prête parce que j’aurais trop peur de les échapper et de devoir repasser chaque page avant de les redonner.

Cette semaine, mon compagnon de mal de tête (mes enfants imitent dix heures pas jour des lions qui se font dévorer par d’autres lions) et de mouille est Travaux manuels, un recueil de nouvelles érotiques dirigé par Stéphane Dompierre.

Des nouvelles qui se lisent pour le plaisir, pas juste pour se crosser, originales et touchantes parfois, really.

Sarah-Maude Beauchesne parle de belles filles dans un maillot de bain un peu trop serré qui squeeze la bédaine à cause des pintes de fin de semaine. Simon Boulerice, d’un déhanchement gentiment pornographique. Mathieu Handfield, d’un homme-lézard en train de sucer son propre pénis. Maxime-Olivier Moutier, d’une fille qui accepte de se faire tatouer le clitoris pour un mec sensible au fait que je parle beaucoup, que je ne boude pas et que je me fasse des chignons.

travaux manuels 1

Gosh, je ne me ferai jamais tatouer pour un mec, moi, sauf si c’est pour faire semblant d’être mariée. Je suis une cochonne avec des rêves très conformistes, même en pleine lecture de nouvelles érotiques.

Les fugueuses n’ont pas besoin de lois, mais d’amour

février 5, 2016

tristesse et prostitution 2

Au Québec, tout le monde s’alarme du sort de jeunes fugueuses qui se retrouvent dans des gangs de rue pour se prostituer.

C’est dramatique. Mais qu’est-ce qu’on leur propose, à ces jeunes fugueuses ? D’être enfermées chez leurs parents. D’écouter tout ce qui peut leur arriver de terrifiant dans l’industrie du sexe. De les gaver d’histoires d’horreur. Des nouvelles lois.

Ce ne sont pas des lois qui changeront ce que ces jeunes filles vivent. Elles veulent de l’amour (si ce n’est pas celui des parents, ce sera celui proposés par les clients), de l’attention (pas celle des médias).

Certains pensent que ces filles sont assoiffées par l’argent, par le bling bling, par des limousines et du champagne donne plus de bonheur que la barbe-à-papa qu’elles avalaient à dix ans.

L’une de ces fugueuses m’a plutôt confié que l’argent, elle s’en fouettait. Ce qu’elle voulait, c’était se sentir acceptée : « Érika explique que son transport et ses joints étaient fournis, de toute façon. Plus important encore pour elle, «la terre arrêtait de tourner quand un homme bandait pour moi, me disait que j’étais belle et fine.» »

Écoutons ces jeunes filles. Ne cédons pas à la panique, à l’envie de les cacher et de cracher sur leurs amis. Écoutons-les.

Aimons-les comme elles veulent être aimées : comme elles sont, avec leur détresse, leurs rêves, leurs questionnements, leur désir d’autonomie mais aussi leur désir d’être protégées. D’avoir quatorze ans. D’avoir quinze ans. D’avoir seize ans. Et d’être elles-mêmes, de se découvrir.

Les gangs de rue sont un repère pour elles, ce ne sont pas juste un danger, c’est un repère, quand elles se refusent à ce qu’elles connaissent déjà : la misère de n’être pas aimées pour ce qu’elles sont et peuvent apprendre à devenir.

Quatorze ans, ce n’est peut-être pas l’âge où on devrait goûter à l’amour en suçant. Et pourtant, qu’est-ce qu’elles peuvent souhaiter, si elles ne sentent qu’elles ne sont pas voulues ailleurs qu’à genoux devant un client ?

tristesse et prostitution

À lire, le témoignage sur Canoë d’Érika, qui s’est prostitué pendant trois ans pour un gang de rue: http://fr.canoe.ca/hommes/chroniques/melodienelson/archives/2016/02/20160204-150732.html

Une Wonder Woman végane rêve d’ouvrir sa propre pâtisserie

février 4, 2016

rose madeleine portrait

Si certains utilisent les campagnes d’autofinancement pour de l’alcool et des strip-teaseuses, je peux vous promettre que Rose Madeleine, elle, l’utilisera pour la meilleure boutique de pâtisseries véganes.

Déjà présente dans plusieurs magasins et cafés au Québec, Véronique St-Pierre de son vrai de vrai nom, souhaite ouvrir une boutique bientôt. Aidez-la à réaliser son rêve (et le mien, parce que j’aimerais bien qu’elle s’installe juste à côté de chez moi), please.

rose madeleine livre

Pour ceux qui n’ont pas encore joui en goûtant ses créations sucrées, je vous la présente en quelques questions saugrenues.

Quand tu cuisines tu t’habilles comment ?

Rose Madeleine : Je m’habille en mou avec un tablier, un foulard sur la tête et des Crocs.

Qu’est-ce qui a provoqué ton changement d’habitudes alimentaires ? À quel aliment a-t-il été le plus difficile de dire adieu ?

RM : Des rencontres inoubliables, des livres frappants et des blogues alléchants m’ont poussée à faire un virage 100% végane, tant dans mon travail que dans ma vie privée. Le plus difficile : dire adieu aux produits laitiers. Une vraie drogue ce fromage!

rose madeleine pancake

rose madeleine woopie pie

C’était quoi ta première création végane ? Ta préférée ? La préférée de ton amoureux ? De tes fistons ?

RM : Ma première création végane : le gâteau au chocolat, zucchinis et cerises! En janvier 2013, pas mal le premier de mes tests. Ma recette préférée? Le gâteau aux carottes et vromage à la crème (recette secrète!). Mon amoureux et mes garçons sont assez fan de tout ce que je fais.

Quand tu ne travailles pas tu fais quoi?

RM : Quand je ne travaille pas, je travaille encore! Soit de la recherche à la bibliothèque, sur les zinternets ou bien je fais de la comptabilité. Fun hein! C’est ca être passionnée j’imagine. Sans blague, j’aime me détendre en écoutant des séries télé en rafale. Ca me vide la tête.

wonder woman

wonder woman cooking

Si tu étais une héroïne de film, tu serais qui ? Pourquoi ?

RM : Clairement Wonder Woman. Parce qu’elle est chick, féministe, forte et intelligente. Et que dire de son lasso magique:p

C’est quoi la chanson que tu chantes le plus souvent sous la douche ?

RM:Je chante jamais sous la douche. Personne ne veut m’entendre chanter dans cette maison… Quand je les oblige à m’écouter, je chante des chansons de Noël.

Rose Madeleine, celle qui sauve tous les gâteaux d’anniversaire (des amis sont allés porter dans ma boite aux lettres son mélange à gâteaux Earl Grey et chocolat pour que mon mec ne soit pas triste le soir de sa fête), mérite un super local, un super four, un super tablier de Wonder Woman. Donnez-lui votre argent et votre gourmandise sera satisfaite à tout jamais ou genre presque.

Campagne de financement de Rose Madeleine: https://fr.ulule.com/rose-madeleine/

Des vagins tricotés

janvier 26, 2016

tumblr féministe

tumblr féministe 2

Je regardais les œuvres d’artistes féministes, comme Cheyenne Federiconi et Natalya Lobanova. Ces artistes ont d’abord sévi sur des tumblr avant de vendre all around the world leurs créations inspirantes.

tumblr féministe yrurai vagina purse

tumblr féministe 3 yrurari

C’est Yrurari qui m’a fait le plus réagir : je voudrais en crisse un boob sweater ou un sac vagin. Mais ce n’est pas juste le désir d’avoir un sac vagin qui me perturbait.

tumblr féministe 4 yrurari

Je reste fascinée par cette femme qui a appris à tricoter à huit ans et qui continue à se perfectionner pour façonner de ses mains un corps féminin coloré, poilu, un corps qu’elle explore dans ses possibles laideurs, ouvertures, trésors.

tumblr chandail dents

Une autre artiste, Amy Keefer, utilise le tissu pour se montrer parfois militante. Les résultats peuvent se montrer rigolos ou féroces, comme le chandail avec des dents, rappelant à quel point les filles se font dire de sourire toujours toujours.

Lundi oui oui oui: célébrités imitées et sucettes

janvier 26, 2016

*COMPOSITE*

J’ai lu le Le Grand Antonio et un livre sur les pompiers à mes enfants (mon fils est un wannabe pyromane-pompier-strip-teaser-reine de beauté-Bob le bricoleur). Je suis prête à googler calendrier de pompiers maintenant.

Ce que j’aime plus que d’entendre mon voisin jouer de la flûte :

Guru. RedBull aux fruits tropicaux. Copine qui se colle une moustache sous le nez. Hypnose. Sucettes véganes. Célébrités imitées sur Instagram. Soleil lors d’une promenade à 15h30. Histoire d’un Syrien qui ne comprend pas l’absence de tapis chez sa logeuse. Bande dessinée pour comprendre à quel point les travailleuses du sexe sont ignorées lorsqu’il est question de lois sur le travail du sexe.

Celeste Barber

Extrait de La Pile, une nouvelle d’Anne Archet :

« Elle est assise à califourchon sur un inconnu, tatoué jusqu’à la racine des cheveux, dont la bite est enfoncée jusqu’aux couilles dans sa chatte. Un autre inconnu au visage émacié, posté derrière elle, la sodomise précautionneusement, avec une délicatesse maniérée. En les voyant besogner joyeusement, je me surprends à fredonner mentalement Valderi Valdera – il y a fort à parier qu’ils se sentent comme de joyeux promeneurs du dimanche tant les sentiers qu’ils empruntent ont été, avant leur passage, longuement balisés et parcourus de long en large. Le plancher de béton poussiéreux est jonché de vêtement divers sur lesquels sont assis quelques individus, hommes et femmes, qui reprennent leur souffle avec, je le devine, le sentiment du devoir accompli. Debout près de la porte, il y en a une qui a refusé au dernier moment de se désaper et qui filme la scène avec son téléphone, une main fourrée entre ses cuisses. »

Bonne semaine y’all! Cheers!

Court métrage de Gérard Reyes: danse contemporaine et travail du sexe

janvier 26, 2016

Gerard Reyes

Voici une annonce de Gérard Reyes, un chorégraphe, interprète et professeur de danse (il donne un cours de voguing à Montréal ce weekend!!!):

« TRAVAILLEUSES ET TRAVAILLEURS DU SEXE À MONTRÉAL !!!

Je suis à la recherche des travailleuses et travailleurs du sexe de tout âge, sexe et race pour passer des interviews pour mon documentaire (il y a une honoraire pour votre participation).

Je suis un artiste qui travaille entre Montréal et Berlin. Actuellement, je travaille sur un court métrage qui sera, en partie, une fusion du documentaire et de la danse sur l’écran. Je suis partisan des travailleuses/travailleurs du sexe et je crois que les médias ont un pouvoir significatif pour changer les perspectives sur le travail sexuel et de briser l’isolement de ce type de travailleur. Une façon de lutter contre la stigmatisation du travail sexuel et d’augmenter le nombre d’espaces publics sûrs pour les travailleuses/travailleurs, est d’offrir de portraits honnêtes de ces gens. Cette idée sera à la base du documentaire que je voudrais produire.

Le documentaire éclairera les liens entre les travailleuses/travailleurs du sexe et les danseurs contemporains. Le but de ce film sera de faire honneur à toutes/tous celles/ceux qui gagnent leur vie avec leur corps. Je suis particulièrement intéressé par le rôle que la nudité, la sexualité et l’intimité joue dans le travail sexuel et dans la danse contemporaine. Contrairement aux représentations des travailleuses du sexe dans les documentaires conventionnels qui présentent une vision étriquée de prostituées exploitées, JE VOUDRAIS INCLURE LES AVIS DES HOMMES, DES FEMMES ET DES PERSONNES TRANS DE TOUT ÂGE ET RACE DANS CE DOCUMENTAIRE. JE VOUDRAIS REPRÉSENTER LA GAMME COMPLÈTE DES PROFESSIONS LIÉES AU SEXE, TELLES QUE LES ESCORTES, STRIP-TEASEURS/-EUSES, ACTRICES/-EURS DU FILM X, MASSEUSES/-EURS ÉROTIQUES, MODÈLES DE WEBCAM, ET TRAVAILLEUSES/-EURS DE LA RUE, ENTRE AUTRES. Le documentaire vise à déstigmatiser l’utilisation du corps peu importe le travail et de démontrer la diversité d’expériences de gens qui font le travail du sexe et de la danse contemporaine, et parfois comment ces rôles se chevauchent.

Ceci n’est pas un documentaire à sensation. Je veux travailler avec vous pour vous permettre de présenter votre récit dans votre voix et dans la façon dont vous vous sentez confortable. En conséquence, je veux travailler avec vous à votre niveau souhaité de divulgation (c.-à-d. prénom, voix réelle, apparition) et de développer de moyens créatifs pour assurer l’anonymat si vous le voulez).

À ce stade, je mène d’interviews préliminaires en français ou anglais pour m’aider dans ma recherche sur la communauté de travailleurs du sexe montréalais. Votre participation à une interview préliminaire ne vous oblige pas à prendre part à ce film, toutefois je souhaite que vous y vouliez. JE CHERCHE À MENER CES INTERVIEWS À MONTRÉAL ENTRE LE 26 JANVIER ET LE 5 FÉVRIER 2016. J’espère filmer le documentaire final au cours de 2 jours au début de l’été 2016 au Café Cléopâtre à Montréal.

Rémunération: Des honoraires de 50$ seront offerts à ceux/celles qui participent à ce documentaire à but non lucratif.

SI VOUS ÊTES INTÉRESSÉ/E, VEUILLEZ ME CONTACTER PAR COURRIEL (garatekid@gmail.com), OU PAR TÉLÉPHONE (438) 807-3652 (entre 9h et 15h HNE). Je suis ouvert à tout type de conversation au sujet de ce projet. Ou bien si vous avez de questions ou de soucis à ce stade, n’hésitez pas.

Si vous souhaitez une référence pour moi, veuillez communiquer avec Jenn Clamen. Jenn a été impliquée dans l’organisation des travailleurs du sexe depuis 2002. Elle travaille actuellement pour Stella et a accepté de m’aider à trouver des travailleurs du sexe pour ce projet. Voici son adresse courriel: vivelestds@yahoo.com.

Ceci est un appel public. S’il vous plaît le transmettre à celles/ceux qui pourraient s’y intéresser.

Je vous remercie chaleureusement,

Gérard Reyes

Biographie:

Gérard Reyes est un chorégraphe, interprète et professeur de danse qui évolue entre Montréal et Berlin. Il a travaillé pour des chorégraphes de renom tels que Benoît Lachambre, Marie Chouinard, Noémie Lafrance et Bill T. Jones. Gérard gagne un prix Gemini pour sa performance dans le film de Marie Chouinard, Body Remix: les variations Goldberg. Depuis le début de sa carrière chorégraphique en 2011, Gérard crée plus de vingt pièces qui ont été présentées en Amérique du Nord et en Europe dans des théâtres, galeries d’art, bars, clubs, ainsi que des vidéos diffusées sur Internet. En 2013, il reçoit une subvention conjointe du Conseil des arts et des lettres du Québec et du New York State Council on the Arts pour participer à une résidence chorégraphique à New York où il étudie le voguing et crée les prémices de son premier solo, The Principle of Pleasure. Une version courte de ce solo a été présentée au Rhubarb Festival de Toronto en février 2014, ainsi qu’à New York et à Porto la même année. Actuellement, Gérard étudie la pole dance afin de se préparer pour ses rôles comme strip-teaseuse intervieweur dans le court métrage, Cléopâtre. Il y jouera les rôles d’interprète et réalisateur, aux côtés du coréalisateur et vidéaste montréalais Philip Fortin.

S’il vous plaît consulter ma page vimeo.com/gerardxreyes pour voir des vidéos de mon travail ainsi que le trailer pour ce documentaire intitulé « Cléopâtre ».  »

gerard reyes 2

Lundi oui oui oui: caramel salé et livreur d’UPS

janvier 19, 2016

paris hilton sage

Hier je suis allée manger des galettes des rois aux pistaches et au choco-poires. C’était dix jours après la fête des Rois, mais des galettes, j’en mangerais plus souvent qu’une fois par année anyway si je savais en cuisiner. Je n’ai pas pris de champagne parce que j’ai décidé de ne pas boire jusqu’à mon anniversaire (vous pouvez m’offrir des bouteilles devant lesquelles je ferai du yoga ou des incantations magiques) et je n’ai pas montré ma petite culotte parce qu’il y avait trop d’enfants chez mon copain Colin.

masque peeling

Photo classy sur ma page Facebook

Ce que j’aime plus que garder la couleur de mes petites culottes que pour moi :

Masque peeling qui me donne la sensation d’avoir du foutre sur le visage. Masturbation dans une cabine téléphonique new-yorkaise. Chandail tout doux I’d rather be sleeping. Facteur. Livreur d’UPS. Pompiers. Paris Hilton en femme d’affaires bien avisée. Conférences organisées par l’Association végétarienne de Montréal. Fiston qui se réveille en chantant la chanson Élisa de Gainsbourg. Fantasmer sur les mecs plus vieux que moi au Starbucks, même s’ils parlent de trucs blah comme les assurances contre les vols. Sexy Tragic Muse. Frère qui s’en va dans l’armée. Romans policiers prêtées par une superwoman. Défi zéro déchet. Glisser. Caramel salé. Bien utiliser le web pour sa sécurité comme travailleuse du sexe. Photos ahurissantes/déprimantes de gens qui sortent d’un magasin chic.

dougie wallace

dougie wallace 2

Bonne semaine y’all ! Bisous à l’eau pétillante !

Une pitbull kidnappée à retrouver

janvier 15, 2016

Stella

Ma chronique la plus récente à Canoë est triste parce qu’elle parle d’une amie très précieuse.

Cette amie-là, elle a adopté un chien, le plus beau pitbull du monde. Quand son mec l’a battue, la pitbull était là, désemparée, pleurant avec mon amie, devant un homme menaçant qu’elle avait appris à aimer. Quand mon amie s’est séparé de ce mec, elle ne voulait pas être toute seule, elle ne voulait pas se sentir seule et passer ses journées au lit. Elle se levait pour sa chienne. Elle préparait des repas pour elle et sa Stella. Des poitrines de poulet, à manger en tête à tête.

La violence a continué, malgré la séparation. Son ex lui a volé son chien.

Je vous invite à lire ma chronique, Kidnapper un chien comme on enterre un coeur. Et à la partager. Je ne donnerai pas le nom de son mec, de ce mec qui lui a pris sa Stella, son étoile, son enfant poilu. Peut-être qu’un proche de ce mec le convaincra de redonner le chien, de ne pas lui faire de mal.

Pour garder son emprise sur ma copine maintenant avec un homme aimant, il peut tout faire, même brutaliser ou faire euthanésier un chien qu’il semblait aimer aussi.

Quand on aime mal, on n’apprend pas à aimer en kidnappant un chien.

Les salopes et leur double vie

janvier 15, 2016

Je fais une mini apparition à l’émission Banc Public, sur le sujet de la double vie.

Moi, ma double vie, c’était quand j’étais escorte, et que je devais mentir non par honte, mais par besoin de me protéger. J’en venais à me détester, à mentir, sur ce que je faisais, sur où je devais me rendre, après une Smirnoff Ice avec des copains. J’en avais mal au ventre, de revenir chez moi et de me retrouver devant rien, juste de l’argent à dépenser, le soleil pour m’aveugler pendant que je lisais trois revues à potins, pour me rapprocher de Jennifer Aniston parce que je n’osais pas me rapprocher de ma meilleure amie, je n’osais rien raconter, ni le plaisir, ni les peurs, parfois, ni la musique préférée d’un client, ni le massage avec une balle de tennis qu’un autre m’avait fait, je ne pouvais pas dire que les cheveux, après avoir été lavés cinq fois, ont l’air trop raplapla pour trouver ça glam, attendre et jouir en changeant mon prénom avec une autre personne qui change aussi son prénom.

Je mentais parce que les salopes, elles ne sont pas crues, elles ne sont pas aimées, elles sont questionnées, sans relâche, sur pourquoi elles sont des salopes.

Je suis encore une salope, mais je sais que je peux être crue, maintenant, un peu plus crue, quand je dis que je ne suis pas juste ça, payée ou pas, je ne suis pas juste ça.

Un autre texte vraiment intéressant sur les mensonges à répéter et la stigmatisation des travailleuses du sexe, Escorte : la vie dans le placard. Un témoignage sensible, fort, poignant.

Extrait : En fait, c’est ça qui a failli me faire craquer, me faire tout arrêter : l’obligation de mentir à tout le monde. Parce que j’ai peur de devenir « la pute », cette fille, là-bas, que sisi, je te jure, elle baise avec des mecs pour de l’argent. Que pfoua, c’est trop dégueu. Que c’est qu’une connasse vénale, ou une pauvre fille perdue, d’ailleurs, avec tout ce qu’elle a vécu, pas étonnant qu’elle soit tordue. Personne pourrait être amiE avec une fille pareille, encore moins partager son intimité. Baiser avec une pute, c’est la honte, et en tomber amoureuxSE, encore plus.

J’ai eu peur, et j’ai toujours peur, de me taper cette étiquette. D’être marquée au fer rouge. De ne plus jamais pouvoir revenir en arrière, d’être obligée de me confronter aux genTEs qui, en permanence, s’imagineront ma sexualité avec une curiosité avide et dégoûtée. Qui me réduiront à cette seule partie de moi : Decade, la pute.

J’ai pas envie d’avoir à me justifier. « Pourquoi tu fais ça alors que t’en as pas besoin financièrement ? Alors que tu pourrais faire autre chose ? Pourquoi t’infliges à ton entourage d’être pote avec une pute, ou amoureuxSE d’une pute ? Pourquoi t’arrêterais pas, ça serait tellement plus simple pour tout le monde, si t’arrêtais. Pourquoi c’est si important pour toi de coucher avec plein de genTEs ? T’es une salope égoïste ou quoi ? Ou alors c’est pour l’argent ? Mais du coup, t’es une connasse de matérialiste ou quoi ? Est-ce que c’est à cause de ton passé ? Est-ce que c’est parce que t’es traumatisée ? Tu donnes un pourcentage de ce que tu gagnes à quelqu’unE d’autre, mais c’est pas immoral ça ? C’est pas anti-féministe ? C’est pas contraire à tes principes ? Comment tu justifies ça ? Vas-y, on sort les pop-corns et on te regarde te débattre dans la boue face à nous »

Et moi, moi je suis marquée au fer rouge, comme elle dit, l’auteure du billet que je cite. Parce que lorsque j’apparais quelque part, c’est ex-escorte qu’on écrit pour parler de moi. Et ça ne me choque plus. Ça me surprend, toutefois, c’est bête, mais ça me surprend.


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