Posts Tagged ‘Mélodie Nelson’

Je ne sais pas quoi faire après

juillet 2, 2015

source polly from deviant art

Je ne peux pas dire quand est-ce que c’est devenu impossible de ne pas y penser.

J’ai eu besoin d’en parler, de répéter, à demi-mots, puis plus fort plus fort, ce qu’il m’avait fait.

C’était dur, à vivre, de vivre, puis c’était infernal, de savoir qu’il se proclamait solidaire à toutes celles qui dénonçaient enfin un agresseur, cet automne, l’automne des #agressionsnondénoncées. Une fausse compassion, créée comme un puzzle à assembler pour devenir le bon mec, pas celui qui force, pas celui qui écarte des jambes, des fesses, celui qui se fouette du consentement, parce qu’il est capable de bander et de jouir même quand la fille sous lui ne bouge plus.

J’ai écrit pour Je Suis Indestructible les raisons pour lesquelles même si je dénonce ce qui m’est arrivé, je ne poursuis pas mon agresseur.

Extrait :

« Le lendemain, j’espèrais qu’il s’excuse.

Il a plutôt dit que c’était la meilleure baise de sa vie.

Si je ne porte pas plainte, c’est que je ne veux pas avoir à expliquer les scènes en détail, je ne veux pas avoir à dire à des policiers ou à des avocats que je buvais la moitié d’une bouteille de vin par jour, si j’étais sage, et plusieurs shooters de Red Bull-Jägermeister, de vodka-Fresca et cinq-six gin tonic si je n’étais pas sage. Je ne veux pas avoir à expliquer que j’aime parler de mes seins, de mon sexe et de tout ce à quoi je pense quand je me touche avec un vibro, je ne veux pas avoir à expliquer que j’aime être soumise et insultée, parfois, sans être toutefois incapable de faire la différence entre un jeu et ce qui est innacceptable.»

C’était l’idée de Delphine Bergeron, d’écrire un témoignage pour Je Suis Indestructible. Elle, elle a écrit pourquoi elle avait réussi à poursuivre ses agresseurs en cour. J’ai toujours admiré Delphine, que je connais depuis quelques années. Son récit m’a montré à quel point elle était encore plus résiliente et admirable que je ne le pensais.

Extrait :

« Ce n’est pas lorsque mes agresseurs ont plaidés coupables que j’ai gagné. J’ai gagné la minute que j’ai commencé à parler. »

susan brison

Un autre article intéressant à lire est celui de Susan J. Brison, l’auteure d’Aftermath, qui racontait l’après-viol, l’après-attaque violente qu’elle avait subie en France. Ce qu’elle ne mentionnait pas dans ce livre, c’est qu’elle avait déjà été victime de viol avant. Elle tente d’éclaircir les raisons pour lesquelles les victimes d’agressions préfèrent parfois le silence aux démarches judiciaires.

Extrait:

« It’s time to stop asking rape survivors why they stayed silent and to start asking why some men rape and what we can do to stop enabling them. Only a small minority of men rape, but we need to acknowledge that this minority includes men we know and even revere. »

Cape Cod et les pénis touristiques

juin 29, 2015

Cape Cod

Deux amis partent en camping pour deux semaines et je stresse parce que je ne sais pas de quoi auront l’air mes journées sans parler de free range parenting, de joints, d’artistes qui exposent dans des galeries coop à St-Henri, de baise le soir vs baise le matin et de Nicole Richie avec eux.

Chez eux, lors d’un 5 à 10 avec végé pâté et gâteau breton, j’ai remarqué, au-dessus de leur étagère à dvd, une boite de bonbons salés from Cape Cod.

Ça m’a rappelé, avec un sourire, le recueil de nouvelles auquel j’ai participé. L’avez-vous lu ? Please, pretty please, lisez-le. J’allumerai un lampion (ma nouvelle activité favorite avec ma fille qui aime la Vierge Marie comme si c’était sa mamie) pour votre gentillesse.

J’ai écrit une chronique récemment sur des anecdotes que les auteurs de Douze histoires de plage et une noyade ont bien voulues partager avec moi. En voici un extrait, raconté par Geneviève Drolet, une auteure et artiste de cirque qui tricote des chandails incroyables (j’ai stalké sa page Facebook, je sais maintenant tout sur elle).

«- As-tu déjà couché avec un Noir?

– Non.

– Donc, tu n’as jamais vu de pénis de Noir?

– Non. (J’imaginais que c’était la même chose, juste d’une couleur différente.)

– Aimerais-tu que je te montre le mien, c’est un truc que tu dois voir, un genre d’attrait culturel. »

Voici d’autres médias qui recommandent le recueil Douze histoires de plage et une noyade.

Le Devoir

La Presse: « Anthropophagie, décapitation, hallucinations, paranoïa, sexe, l’ambiance est glauque, mais l’humour est souvent au rendez-vous. »

Journal de Montréal

Coup de cœur de Caroline Scott, poète et libraire chez Monet

Les Méconnus: « Lecture de plage, lecture d’été : Douze histoires de plage et une noyade amène la mer à ceux qui ne peuvent s’y rendre, et permet du même coup de découvrir ou de redécouvrir treize plumes à l’imagination fertile. Entre coups de soleils et coups de cœur, vous êtes assurés de passer un moment de lecture riche en mystères et en morts inopinées. »

L’Avantage

Mission Encre Noire de CHOQ

douze histoires de plage et une noyade

Légendes urbaines sexuelles, jouets et café

juin 12, 2015

sexy café

Je bois un skinny vanilla latte, dans un verre cartonné, sur lequel est inscrit Bonny. Je regarde mes ongles et je trouve ça vraiment déplorable de ma part de ne pas avoir une lime à ongles dans mon sac vingt quatre heures sur vingt quatre.

Voici quelques recommandations de lecture pour votre weekend, mes chéris :

Des voyants meilleurs pour l’amour que le speed dating

« Après plus d’un an de célibat, avec des amies qui annonçaient de nouvelles fiançailles tous les mois et une colocataire qui venait de tomber enceinte, ma copine a suivi les conseils de sa dermatologue, prenant rendez-vous avec un voyant du centre-ville de Montréal. »

Love the Bird 2

Love the Bird

Des jouets sexuels pour des besoins bien particuliers

« Love the bird est une lampe, cachant un vibrateur. C’est un objet très esthétique, créée par Marc Dibeh, un Libanais conscient que dans plusieurs pays, les jouets sexuels sont tabous et impossibles à trouver en magasin. Il a alors inventé un objet pouvant être vendu dans des boutiques d’accessoires pour la maison, souhaitant faciliter l’accès au plaisir sexuel. Pourquoi une lampe? Pour sa grosseur, et pour son utilité-même, placée près d’un lit, pour créer une ambiance lumineuse et sexy. »

Histoires de masturbation

«Je me frotte contre mon oreiller. Je ne jouis jamais quand je suis pénétrée. Il faut que je me frotte longtemps contre mon oreiller. J’ai essayé aussi avec un pommeau de douche. J’aime bien, mais j’ai peur de noyer mon vagin. C’est pas une blague.»

Légendes urbaines sexuelles

« C’est une histoire terrible: une adolescente, poignardée par son petit copain alors qu’elle suçait un autre homme, est tombée enceinte suite à des manœuvres médicales tentant de lui sauver la vie.

Les médecins ont conclu que le sperme s’échappant du ventre, via la blessure provoquée par l’arme blanche, s’est écoulé jusqu’à un des deux ovaires de la jeune femme. La salive, ayant un pH élevé, a permis au sperme de survivre et d’aider à la création d’un garçonnet de près de sept livres à la naissance. »

Polo Leflic et Mélodie Nelson

Mai 24, 2015

Quand j’ai écrit Ne pas se plaindre, j’ai reçu de nombreux témoignages d’amies et d’inconnues qui avaient été victimes d’une agression semblable, qui n’avaient rien dit, ou qui étaient allées jusqu’au tribunal, en parler répéter les dates les lieux leur âge leur lien de parenté ou d’autorité ou d’amitié se faire confronter par d’autres avocats répéter répéter pour ne plus se sentir folle honteuse coupable coupable, coupable de rien, sauf d’avoir un trou.

Puis, j’ai reçu un courriel, avec des fautes, un courriel de quelqu’un qui se prétend un ex flic.

J’ai répondu au courriel, sans comprendre vraiment les intentions de la personne qui me l’avait envoyé. Puis, un échange de courriels, plus articulés, plus détaillés, avec moins de fautes, un échange de courriels a eu lieu. Ce qui m’a laissée plus que songeuse, presque apeurée. Je ne sais pas qui m’envoit ce courriel, qui utilise le terme flic au lieu de policier, qui préférerait me voir plutôt que de me donner simplement son identité, vérifiable, qui préfère se cacher plutôt que de dire ce qui est vrai, je ne sais pas si c’est juste un creepy guy ou une creepy girl qui m’écrit, ou si c’est plus que ça, si c’est possiblement mon agresseur qui m’écrit et ça me fait chier de rester avec ça au travers de la gorge, de me demander ce que recherche la personne qui m’écrit, me troubler, en savoir plus me faire cracher stresser des cauchemars.

Je vous dévoile les courriels car la personne qui m’écrit dit connaître d’autres victimes. Je ne serais alors pas la seule personne avec qui il aurait communiqué. Si quelqu’un a déjà eu une correspondance avec ce Polo, je souhaiterais le savoir. Merci.

Date: Fri, 15 May 2015 14:46:36 -0700

Subject: Ne pas se plaindre

From: pololeflic@gmail.com

To: melodienelson@hotmail.com

j ai lu votre article et je suis troublé. J aimerais en discuter si vous en avez envie . Suis un ancien flic et victime. J aurais probablement des choses à partager. C est comme vous désirer.

Polo

Ma réponse :

Bonjour,

Je ne sais pas quoi vous dire. Je suis désolée de vous savoir victime. Si vous préférez, vous pouvez utiliser un autre terme, comme survivant, comme le font les personnes qui ont créé le site Je Suis Indestructible. Vous connaissez? Vous pouvez me confier ce que vous voulez, mais je n’ai pas de compétence reliée à ça (je ne suis pas thérapeute, je ne peux pas conseiller quoi que ce soit). Je partage mon vécu, c’est tout, ça peut aider mais aussi éveiller chez certaines personnes un rappel d’événements passés. Comme on m’a dit, suite à cet article, ce n’est pas dans l’oubli qu’on se construit. C’est à travers les souvenirs, et ce que nous en faisons, que nous réussissons à nous construire ou à nous reconstruire.

Juste une chose: vous mentionnez être un ancien flic. Je ne sais pas si ça a un lien avec ce que vous voulez me partager, mais je tiens à dire que je ne changerai pas d’idée concernant une plainte. Ne m’écrivez pas pour me convaincre du contraire. À chacun sa démarche. Moi, je n’ai pas choisi de faire de plainte. Je ne crois pas que ça m’aurait m’aidée. Je crois que pour de nombreux cas d’agressions sexuelles, beaucoup de survivants souhaitent un système de justice parrallèle, une prise de conscience, surtout.

Cordialement,

Mélodie Nelson

Date: Sun, 17 May 2015 21:46:57 -0400

Subject: Re: Ne pas se plaindre

From: pololeflic@gmail.com

To: melodienelson@hotmail.com

Bonsoir Mélodie , merci de me répondre, ne soyez pas désolé, je vais bien.

Je voulais juste reprendre des citations de votre texte.

«Tu es capable de parler de lui, mais moi, je ne veux plus entendre parler de lui.»

Plus les années vont passer, plus vous allez en entendre parler, plus ce sera pénible.

«Il m’a aussi baisée même si je lui ai dit que je ne voulais pas.»

Il reviendra vous êtes sa proie, tant que vous ne lui aurez pas fait face, il sera le prédateur.

Mon copain n’a pas compris pourquoi

« Mais ce n’est pas ça, ce n’est pas que j’accepte tout. C’est que je préfère oublier, parfois, et que lorsque je n’oublie pas, j’ai mal d’être ce que je suis, forte et faible et fière et souillée, une fille qui sait très bien qu’elle ne pourra jamais raconter ses jambes et ses fesses, écartées, les mains de l’autre, le sexe de l’autre, un autre que j’ai aimé, et qui m’a aimée, et c’est difficile de le connaître, de l’avoir connu doux et réconfortant et menteur et violeur. J’ai mal de savoir que je resterai toujours une fille, une ex escorte, une fille qui aime se faire traiter de salope, qui aime trop ça pour être crue, peut-être, lorsqu’elle parle d’agressions. »

Vous n’arrivez jamais à oublier, malgré thérapie, médicament, dépression, alcool, drogue. Cela fera partie de vous. À tous les fois qu’il sera à la tv, en promotion radio vous aurez des bouffés de douleurs.

Vous parlé de justice réparatrice, vous devez l’affronté, il doit payer au moins les frais que cela va vous occasionner et croyez-moi il y en aura.

En plus, pensez qu’il y a d’autres victimes ….. qu’un jour si un malheur arrivait à l’une d’elles vous seriez doublement dans la douleur.

C’est un long processus , croyez-moi.

Si vous voulez en discuter, je demeure disponible pour vous aider. Il n’y a pas juste la police dans la justice réparatrice 🙂

Avec respect, prenez le temps d’y réfléchir

@+

Polo Leflic.

Ma réponse :

Bonjour Polo,

Pourquoi mon texte vous a tant touché? Je sens une certaine empathie, mais je me demande pourquoi. Il y a beaucoup de filles qui vivent ce que j’ai vécu. Vous travailliez auprès des victimes d’agressions, quand vous étiez policier?

Sinon, pour vrai, je ne peux pas envisager mes réactions face à lui. Ce n’est pas une simple aggression; c’était dans le contexte d’une relation. Je ne le déteste pas. Je ne pense pas que ce sera plus pénible avec les années. Au contraire, j’ai écrit ce que j’avais à écrire, je me suis confié, pour moi, de l’avoir écrit, c’est suffisant pour me sentir mieux.

Pour le terme de proie, je crois pas. Pour moi, ce ne sera jamais tout blanc ni tout noir. Je ne l’ai pas connu que comme ça.

J’avais commencé à vous répondre avant de lire complètement votre courriel, une habitude, bonne ou mauvaise, et là, je l’ai lu au complet et je suis un peu distraite par ce que vous supposez. Que connaissez-vous de moi? Et de lui? Nous connaissons-nous, vous et moi? Merci de ne pas jouer, je n’aime pas trop les jeux, les complications et tout.

Mélodie

Date: Mon, 18 May 2015 08:40:59 -0400

Subject: Re: Ne pas se plaindre

From: pololeflic@gmail.com

To: melodienelson@hotmail.com

Votre texte me touche, parce que c’est un cri du cœur. Disons que j’ai de l’expérience en matière d’agression sexuelle et je suis effectivement empathique aux victimes et intransigeant face aux prédateurs, brave personne qui détruit femme et enfant sur leur passage.

Je ne joue pas de jeu, je n’aime pas ça moi non plus. Je ne vous connais pas, mais je suis sur la traque d’un cowboy français, brave personne, qui a fait d’autres victimes et qui ont tous peur de dénoncer pour toute sorte de bonnes ou mauvaises raisons. Je connais trop bien le phénomène.

Votre agresseur est menteur et violeur comme vous le dites. Il ne changera pas. Il manipule aisément. Tôt ou tard vous devrez l’affronter, c’est des agressions répétées même dans un contexte de relation. Écrire ou confier malheureusement ne sera pas suffisant. Je suis certain que vous pouvez me décrire avec exactitude, la température, l’endroit , la lumière, l’odeur bref tous vos sens ont incrusté chaque moment dans votre cerveau. Le fait de ne pas en vouloir à son agresseur est un signe. Le jour où vous lui en voudrez, ce sera le premier pas vers une guérison ou du moins vous vous pardonnerez d’avoir été victime.

Je ne veux surtout pas vous importuner, si vous avez besoin d’aide, écrivez moi.

Avec empathie

Polo

Ma réponse :

Bonsoir,   Je vais cesser toute correspondance avec vous, car même si naïvement ou non, je crois vraiment en votre empathie, trop de choses me tracassent dans vos écrits.

1. Je ne connais pas votre identité. Vous pourriez être une femme, mon voisin, etc.

2. Vous me parlez d’un « cowboy français ». Vous faites un rapprochement possible en lui et moi, sans m’expliquer comment ça se fait que vous nous liez ensemble.

3. Vous me dites avoir été une victime, mais une victime de quoi?

4. Vous me dites que je devrais me pardonner, mais jamais je n’ai parlé de pardon. Je n’ai jamais ressenti que je devais me pardonner quoi que ce soit. Je ne suis pas honteuse de ce qui m’est arrive, et je sais très bien, hors de tout doute, que je n’ai rien à me pardonner.

5. Je ne connais pas plus votre en expérience en agression sexuelle, ça me semble flou et confus, mais je vais vous apprendre quelque chose: ce ne sont pas toutes les victimes qui vivent leur agression de la même façon. C’est gentil d’avoir voulu m’aider, je crois en votre volonté de bonté, mais je n’ai pas besoin d’aller plus loin.

Cordialement,

Mélodie Nelson

Date: Mon, 18 May 2015 21:27:07 -0400

Subject: Re: Ne pas se plaindre

From: pololeflic@gmail.com

To: melodienelson@hotmail.com

C est comme vous voulez, si vous changer d avis je suis disponible pour vous rencontrer et vous verrez qui je suis . Bonne soirée et désolé si je vous ai importuné ou tracassé, ce n était pas le but …..

Ma réponse :

Bonjour,

Je tiens à connaître votre identité. Je ne comprends pas en quoi une rencontre serait nécessaire juste pour que je sache qui vous êtes vraiment. Comment pourrais-je faire confiance aussi aveuglément à quelqu’un alors que nous connaissons tous des histoires de fausse identité sur le web (pensons au documentaire récent Profil Amina). Ça me tourmente en effet beaucoup, vos courriels, dont je ne saisis pas du tout encore les intentions.

Merci.

Sans clique, mais dans un recueil

Mai 21, 2015

Emcie et Mélodie Nelson

Le magnifique dos d'Anne Genest, une des auteures du recueil.

Le magnifique dos d’Anne Genest, une des auteures du recueil.

C’était hier, j’étais dans un taxi avec une amie, nous parlions de barbe-à-papa et de mon nez qui coule tout le temps, et je lui ai dis je ne sais pas si je connaitrai une autre personne que toi, ce soir.

C’était le lancement du recueil Douze histoires de plage et une noyade. J’y ai écrit une nouvelle, Après il n’y a plus rien, je l’ai écrit crevée, en retard, tous les jours en retard sur ce que je voulais écrire, je l’ai écrit triste, fâchée, je l’ai écrit avec le nom d’un personnage en tête, Tamara, et pourtant, pourtant, je n’écris jamais son nom dans la nouvelle, c’est moi la seule qui connaît Tamara.

Quand je suis arrivée, j’ai vu Michel Vézina, accueillant, à l’entrée du Lauréa, puis j’ai cherché Marie-Chantale Gariépy, je voulais voir sa tenue, je l’imaginais avec un large chapeau, je l’imaginais comme elle est photographiée sur ses photos Facebook, quand elle est de passage à Los Angeles, quand elle est photographiée, avec son sourire énigmatique et une robe d’allure vintage, à marcher, sur la promenade de Venice.

Je l’ai embrassée, j’ai commandé un gin tonic, j’ai tenté de rester debout, parce que je n’étais pas habillée pour être assise.

Quand nous étions toutes les deux coincées aux toilettes, à faire pipi l’une devant l’autre pendant dix minutes, Marie-Chantale m’a parlée de ses auteurs, de ceux qu’elle avait choisis, parce qu’elle, quand elle débutait, quand elle commençait à publier, elle n’était pas choisie, et elle voyait les autres collectifs d’auteurs, et elle n’y était pas, elle, qui publie depuis 1999, une auteure qui se tient comme une ballerine, avec classe, force, détermination, une auteure qui ne fait pas partie d’une clique.

Je n’ai jamais fait partie d’une clique non plus, et avoir mes enfants m’a encore plus éloignée de ceux qui écrivent, parce que je n’écris presque pas et je ne montre plus mes seins ni mes cent paires de souliers dans des lancements. Et puis, je parle mal de littérature, je ne parle jamais de littérature, ou presque, je lis, et j’aime, et j’espère que vous me lirez, encore une fois, s’il vous plaît.

Après il n'y a plus rien

Une ex star de la téléréalité à Cape Cod

Mai 11, 2015

Douze histoires

Je n’écris que le mardi, quand mes enfants sont à la garderie, ou alors, très tard le soir, avec l’énergie que me laissent rosé et Gatorade sucré. Je n’écris que lorsque mon horoscope me promet de la joie et un billet de loto gagnant. J’écris très peu, beaucoup beaucoup dans ma tête, mais très peu pour vrai.

Ce mois-ci paraîtra un recueil de nouvelles dans lequel j’ai écrit l’histoire d’une ex star de la téléréalité, devenue maman et perdue entre l’envie d’abandonner ses rêves de potager, la vaisselle sale et son enfant et son amoureux et l’envie d’attendre autre chose, n’importe quoi, qui lui permettrait d’être bien dans tout ça.

Je suis très très heureuse de l’opportunité que Marie-Chantale Gariépy et Michel Vézina m’ont donnée, en m’offrant de participer au livre Douze histoires de plage et une noyade.

Toutes les nouvelles se passent à Cape Cod, que j’ai mal écrit trente fois et que les correcteurs ont dû corriger trente fois. Quand j’ai terminé ma nouvelle, j’ai commandé des sushis Cape Cod, je me trouvais très cool de manger en pyj mes sushis, devant un épisode de Mad Men, dans mon appartement qui sentait way too much le café et la sueur.

Cape Code

Le lancement du recueil de nouvelles aura lieu le 19 mai, de 17h à 10h, au Petit Lauréa, 381 Laurier Ouest. Je n’y serai pas en latex, mais peut-être en maillot de bain.

Douze

Lire ou se trouver une queue de lapin bien touffue

avril 2, 2015

sasha mizaree

Le congé de Pâques, je le passerai à boire du rosé, avaler des suppléments de canneberges et du foutre, cacher des œufs, faire des concours de vols planés avec des avions en papier et applaudir avec enthousiasme tous les gribouillages que mes enfants feront sur des fenêtres.

Je vous souhaite de vous amuser, de vous reposer, de vous prélasser dans de la fondue au chocolat et de trouver une petite queue de lapin à vous rentrer dans l’anus.

Si vous préférez me lire plutôt que de vous enfouir du poil synthétique entre les fesses, voici mes derniers articles publiés.

Ma chronique sur Alissa Afonina, victime d’un terrible accident qui l’a amenée à se découvrir un côté plus kinky. Elle est devenue dominatrice et elle parle au nom de tous les travailleurs du sexe avec fougue et justesse.

Ma critique du livre Quand j’avais cinq ans je l’ai tué ! de Laurent Chabin, une histoire dont le personnage principal est une salope sans remords.

Bonne lecture ! Bisous !

Une passion pour les tissus mouillés

mars 26, 2015

culotte

Ma chronique la plus récente sur Canoë : j’y révèle que j’ai déjà vendu des petites culottes sales et je parle de Vends ta Culotte, un site frenchy dont l’activité principale est la vente de dessous usagés, mais qui propose aussi d’autres trucs cool, comme des photos vraiment spicy et des hommes qui cherchent des femmes à soumettre ou à dominer.

 

Je parle aussi de ma chatte rasée et d’affiches de fille toute nue dans un garage

février 21, 2015

fantasmes

Je devais juste commenter sur Twitter les échanges sur les fantasmes et le film 50 Shades of Grey. Oh well, une sexologue n’a pas pu se déplacer pour l’émission Open Télé, alors je l’ai remplacée, arrivant à TVA dans une robe way too décolletée, sans savoir que mes seins seraient à la télé, pensant que je serais juste derrière mon ordi pendant le tournage.

Écoutez l’émission pour savoir si mes tétons finissent par faire une apparition surprise.

Fantasmes: les réaliser ou non?

février 19, 2015

Mélodie Nelson

Demain jeudi le 19 février, à Open Télé, je suis invitée comme blogueuse pour animer un débat sur les médias sociaux, en même temps que se déroule une discussion live, sur le plateau de Sophie Durocher, au sujet des fantasmes.

“Faut-il réaliser tous ses fantasmes?” L’animatrice Sophie Durocher en discutera entre autres avec Anne-Marie Losique et Me Anne-France Goldwater. Écoutez l’émission et participez-y en placotant avec moi sur le sujet. Yeah!