Pigalle comme muse

mars 22, 2012

Le papa de mon mec vivait à Pigalle. Il y était dentiste. Alexandre Le Grand a de bons souvenirs des prostituées qu’il rencontrait dans le cabinet de travail de son papa. Quand ce dernier était trop occupé pour s’occuper de son fils, Alexandre Le Grand en profitait pour se faire chouchouter sur les genoux des clientes trop contentes.

Quant au photographe Christer Strömholm, il habite Pigalle depuis 1959. Ses amitiés avec des travailleuses du sexe ont inspiré son œuvre. Coquettes, avec ou sans habits de drag queen, ses copines se retrouvent dans son livre Amies de Place Blanche.

Pour admirer: http://flavorwire.com/266101/pretty-subtle-photographs-of-1960s-parisian-prostitutes

Exercices au tapis et contre l’évier

mars 21, 2012

 

J’enfile une paire de leggings – de marque Magazine, really – que je n’ai pas porté depuis la dernière fois que j’ai fait du yoga avec Misha – ça remonte malheureusement à un siècle. Je garde le t-shirt que j’ai mis depuis mon réveil, un t-shirt gris avec une poche qui se découd peu à peu au niveau de la poitrine. Je cherche des bas qui s’arrêtent sous les genoux, pour me faire croire que je suis un fantasme qui sort de la tête du pervers moustachu qui a créé American Apparel et j’installe mon tapis de yoga à côté du tapis d’éveil de Mini Fée.

Je fais des exercices pendant presque trente minutes, puis je prends Mini Fée dans mes bras et je danse avec elle. Épuisée grâce à Rihanna, elle s’endort quasi contre mon épaule. Je la dépose sur mon lit. Je lui laisse mon t-shirt gris comme doudou. Je quitte ma chambre sur la pointe des pieds. Je me déshabille dans le corridor.

Dans la salle de bain, j’approche mon visage du miroir. J’épile mes sourcils, je regarde mes tétons et je me demande si je devrais les crémer après être passée sous la douche, et j’entends la porte d’entrée s’ouvrir. Je vais accueillir Alexandre Le Grand toute nue. Il laisse à côté de ses bottes une bouteille de pinot noir et m’embrasse. Il me fait remarquer une tache sur son pantalon : « C’est de la soupe tonkinoise. Aucune serveuse n’a accepté de s’asseoir sur ma queue. »

Je fais la moue : « Pauvre chou. » Il me dit que je suis si belle et qu’aucune serveuse dans le Quartier Chinois n’a d’aussi jolis seins que moi. Il me suit dans la cuisine. Je me verse un verre d’eau aux pamplemousses. Je lui propose une gorgée. Il m’enlace et je lui dis que je pue et que je dois aller sous la douche.

– Tu ne veux pas plutôt t’accoter ici, sur le comptoir, contre l’évier?

Je ne peux pas résister. Je passe ma main contre son pantalon Zara. Mon mec est tout dur et coincé dans son caleçon à imprimés de flibustier. Je me détourne, je place mes mains contre l’évier, je courbe le dos et je l’entends retirer son pantalon, puis cracher dans sa paume. Il me caresse le clito et m’ouvre les lèvres. Je le sens me pénétrer, rapidement, d’un coup, il est en moi, je commence à lui demander d’aller plus doucement, mais je choisis de me taire, je suis bien mouillée. Je ne pense plus à rien. Sans y penser, je bouge maladroitement, je fais tomber le saladier, je vois qu’il se fend, mais je m’en fouette, pour le moment, je veux juste sentir jouir mon mec en moi, et que sa main reste entre mes jambes, à chatouiller mon clito.

Une envie de flasher ses seins

mars 13, 2012

Je fête tous les ans mon augmentation mammaire. C’est à la Saint-Laurent, au mois d’août. Je n’ai pas encore assez perfectionné l’art des cupcakes pour m’en faire en forme de seins avec mamelon et tout, mais je n’oublie jamais les chandelles, et ma copine Misha me donne des jujubes à cette occasion too much spéciale.

Je suis vraiment fière de mes seins. Avant j’étais fière de leur symétrie – même mon chirurgien m’avait dit que c’était rare, des seins aussi symétriques que les miens. Mais fuck la symétrie, je voulais du gros, je voulais être comme j’étais dans ma tête : une bombe plutôt qu’une jolie fille avec des seins plus plats que ceux d’une adolescente de douze ans.

Je suis vraiment fière et je les montre souvent parce que je porte des robes qui tombent facilement et que j’allaite n’importe où. Mais je pense que je ne les ai jamais montrés aussi délibérément que les chicks dans la publicité du Dr Élise Bernier. Elles sont coquines, prêtes à montrer leurs superbes seins à la buanderie et à parasiter de manière total charmante une photo souvenir.

Dre Elise Bernier from Docteure Élise Dernier on Vimeo.

Ça donne envie. Et ça montre que les seins refaits, ce ne sont pas de faux seins, et ce ne sont pas des seins qui donnent automatiquement l’air d’une star de la porno californienne.

Si je vous montre cette vidéo, c’est parce que je la trouve très chouette et amusante, mais c’est dans le cadre d’une publicité. Je ne vous dis pas go go go sur la table d’opération. Et si vous décidez de passer sous le bistouri, informez-vous avant, beaucoup, sur les implants choisis, les risques, le temps de convalescence.

Site web du Dr Élise Bernier (qui a deux chiens et deux chats et qui aime les poires au vin rouge – yummy) : http://elisebernier.ca/

Pénis et champignons

mars 8, 2012

 

Je connaissais déjà le livre pour enfants Noune (Misha m’a récemment montré avec joie un de ses collègues qui le lisait et je l’avais déjà classé dans les rayons de la bibliothèque où je travaillais). Mais jamais je n’aurais cru qu’un auteur aurait décrit pendant des centaines de pages l’importance des champignons dans l’art chrétien (The Mushroom in Christian Art) ou qu’un auteur se serait possiblement branlé en écrivant l’histoire terrifiante du pénis de Singapour (The Great Singapore Penis Panic : And the Future of American Mass Hysteria).

Pour d’autres livres indispensables : http://flavorwire.com/265540/shortlist-for-oddest-book-title-of-the-year-revealed

Vierge à nouveau grâce à un Russe

mars 5, 2012

Quand Alexey termine sa deuxième pinte de bière Angus à la Succursale, il commence à imiter un de ses professeurs de l’Université de Montréal, et à nous raconter ses baises chez une professeure niçoise qui aimait parler des stratégies technologiques de compagnies rivales au lit.

Amandine avale un mojito et mange des biscottes qu’elle recouvre de fromage de chèvre : « Je ne comprends pas pourquoi je maigris autant. Je mange tout le temps. C’est pas la thyroïde, je ne me fais pas vomir après avoir sucé Alexey, je fais beaucoup moins de sport qu’en été… » Je lui dis que c’est peut-être qu’elle était très stressée, avant l’arrivée d’Alexey : « Tu l’as attendu tellement longtemps. Il a obtenu son visa d’étudiant après quoi, cinq mois? C’est long. Et nous n’avions même pas magasiné de vibro. »

Alexandre Le Grand invite Alexey à jouer une autre partie de babyfoot. Amandine me dit qu’Alexey a sans doute la plus grosse queue qu’elle n’a jamais vue, elle se sentait redevenue vierge quand il l’a pénétrée la journée de leurs retrouvailles. Je lui dis que je la comprends : « Moi si je ne baise pas pendant trois jour, je redeviens vierge automatiquement. »

Vers vingt-deux heures, je retourne à l’appartement avec Mini Fée, endormie dans son porte-bébé. Alexandre Le Grand me dit qu’ils viennent me rejoindre bientôt, avec de la poutine au poulet de chez Piri. Il demande aussi out of nowhere à Alexey s’il sait ce que veut dire le mot anus. Alexey ne le sait pas et j’embrasse Amandine en l’avertissant qu’Alexandre Le Grand va sans doute parler de sodomie pendant au moins trente minutes.

À l’appartement, Mini Fée se réveille, me fait des grands yeux de Bambi et pousse un cri de corneille. Je texte mon mec pour lui dire que notre fille est une party girl et je commence à danser avec elle dans le salon. Il revient avec les amis plus tard, et de la poutine de Masson Hot-Dog, parce que Piri était fermé : « J’ai un hamburger all-dressed pour toi en extra, beauté. On a parlé un peu avec le serveur, un berbère au nom biblique, il est vraiment sympa. Et Alexey aussi est vraiment sympa. Je pense qu’on va adopter un petit Russe comme lui. »

Des Californiennes s’amusent en pyjama

mars 5, 2012

 

Une pyjamade et 300 Californiennes…j’aurais cru que ce serait plus sexy. Mais j’adore ce site web qui présente des photos rétros, telles que les publicités contenues dans les premiers numéros de Playboy et des auditions de chats noirs.

Source photos : http://www.retronaut.co/2011/12/slumber-party-for-300-girls-california-1944/

Des baises quasi cauchemardesques

février 29, 2012

Sur Google, quand tu tapes baiser comme une bête, tu as plein de témoignages de mecs qui disent souhaiter que leur compagne leur disent ça quand ils rentrent du boulot. Mais il n’y a pas de descriptions de vraies bêtes qui baisent pour vrai. J’ai découvert sur le site thefrisky.com des descriptions à faire peur ou à faire sourire : les serpents font des gang bang à genre cinq cent contre une femelle et les girafes se sentent le pipi.

Le pire? Les puces de lit ne cherchent pas l’orifice de la femelle : ils creusent un trou dans l’abdomen et y poussent ensuite leur queue. EURKE.

Source de ce savoir incroyable: http://www.thefrisky.com/photos/10-strange-mating-rituals-from-the-animal-kingdom/

Danser jusqu’au réveil de Mini Fée

février 29, 2012

Je mange des meringues en partageant un verre de cidre avec Amandine. Enfoncée dans un canapé, en skinny jeans, les orteils protégés du froid par une jetée en mohair, je confie à ma copine que parfois, je voudrais juste supplier Alexandre Le Grand de rester avec Mini Fée une heure, le temps d’aller danser un peu et d’avaler un drink virgin, même un lundi, quand les bars seraient quasi vides, je serais trop heureuse.

– Pourquoi tu ne le fais pas?

– Parce que je sais que je deviendrais hyper cliché, à la Up all Night, pas capable de danser sans penser à Mini Fée et à ses pleurs si elle n’a pas mes seins à moins d’un mètre d’elle. Et je voudrais aussi me louer une chambre d’hôtel, repousser la couverture par terre, sauter sur le lit, et qu’Alexandre Le Grand me défonce contre un mur, me rentre ses doigts dans la chatte en prenant un bain avec moi, et qu’on s’endort l’un contre l’autre, au lit. Je sais tellement pas quand nous pourrons enfin faire ça!

Amandine me demande si j’aime sa nouvelle coupe de cheveux.

– J’ai des biscuits sans gluten, tu en veux?

J’entends la porte d’entrée s’ouvrir doucement. Alexandre Le Grand, les joues rouges, les yeux brillants me questionne : « Est-ce que notre petit monstre dort? » Je hoche la tête. Il m’embrasse, dit à Amandine que ses cheveux sont extra et me raconte que son copain Nathan s’est battu.

– Il était avec un ami marocain, dans un bar sur Mont-Royal et il a commencé à insulter un gars tout freluquet, devant la blonde du gars. Nathan avait vraiment trop bu, et le gars a fini par dire qu’il les maudissait, les ostie de Français. Nathan lui a envoyé un coup de poing, mais son ami marocain était juste trop content de s’être fait interpellé comme Français, alors il a rien fait. Après ils sont arrivés au Philémon et ils ont parlé de David Lynch et d’astronomie pendant une heure, c’était chiant, je suis parti.

Alexandre Le Grand regarde les biscuits sans gluten que j’ai sortis pour Amandine : « Ça l’air vraiment dégueu. Je me commande une poutine. » Amandine me prend la main et elle annonce : « Nous, on va sortir une heure, tout près, tu appelles ta douce si votre princesse se réveille, d’accord? » Je la regarde, je proteste que je ne porte pas de robe et que j’ai une robe à la Zooey Deschanel que je veux trop mettre.

Amandine a besoin de baume à lèvres, je lui en tends à l’Orange Crush, et j’enfile mon manteau d’hiver, par-dessus mes skinny jeans et mes bottes aux lacets plein de calcium. Alexandre Le Grand me mord dans le cou : « Amusez-vous bien! J’ai hâte que tu reviennes pour te prendre, j’ai pensé à toi toute la journée. Tu es rasée? »

Du lubrifiant comme remerciements

février 28, 2012

Même si j’ai des problèmes avec la maison d’édition qui a publié mon livre Escorte, je suis toujours heureuse d’avoir des nouvelles de mes lecteurs. Je suis très touchée par la confiance de certaines filles qui me confient à leur tour leurs expériences dans l’industrie du sexe, ou leur envie d’essayer – je n’ose jamais dire à quelqu’un go for it, chaque expérience dans l’industrie est très personnelle, et ce serait illégal de promouvoir la prostitution anyway, mais je répète à tout le monde de s’informer beaucoup beaucoup beaucoup avant de travailler dans une agence d’escortes, un salon de massage ou whatever. Une fille m’a récemment écrit qu’un mec voulait qu’elle signe un contrat d’un an dans son agence. Ça ne se fait pas! Il faut se laisser le droit de quitter à tout moment une agence – ou un client – avec qui vous n’êtes pas à l’aise, les girls.

Et je souris aussi depuis quelques jours à la lecture de commentaires sur mon livre, en provenance du site MERB. Hey guys! Thanks a lot for your support! It’s fun to know that you’re interested to know more about your service providers!

Pour les filles qui veulent plus d’informations sur l’industrie du sexe et du soutien: http://chezstella.org/

Lubrifiant extraordinaire : http://thegloss.com/sex-and-dating/pick-of-the-week-lube-for-the-vagina-that-hates-everything-698/

Pour un forfait Mile-High Club-champagne-chocolat : http://www.nerve.com/news/love-sex/ohio-airline-allows-passengers-to-have-sex-during-flights

La confusion des désirs

février 23, 2012

 

Quand Mini Fée s’endort dans mes bras, je peux rien faire sauf me dire à quel point son nez est parfaitement retroussé, lire Charlotte before Christ d’Alexandre Soublière et chiller en regardant sur Internet des images de licornes ou d’artistes que je ne connais pas.

C’est comme ça que j’ai fait la découverte de Terry Rodgers, un artiste multidisciplinaire qui peint des femmes en robe de chambre, des enfants prêts à passer l’Halloween et des adultes qui donnent envie de se trouver un canapé too much dispendieux pour y boire de l’alcool too much dispendieux. Son travail tend à montrer la confusion et la tension qui se manifestent nécessairement dans une société de plaisirs, ou plutôt, dans une vision imaginaire et disproportionnée de ce que peut représenter une société de plaisirs, de fatigue planante et de vulnérabilité cachée dans de la soie.

1. The language of our eyes

2. Nocturnal Incandenscence

3. Reinventing Paradise

Source peintures: http://www.terryrodgers.com/