Archive for the ‘Non classé’ Category

Merci Mini Fée

septembre 20, 2012

Il y a un mois, pendant une sieste de Mini Fée, je regardais les milliers de photos que j’ai prises d’elle, pour en décorer le chalet, à son anniversaire. Des photos d’elle couchée sur un de mes foulards marins, des photos d’elle qui pose dans le lave-vaisselle – c’est son endroit de prédilection -, des photos d’elle déguisée en petite fraise, des photos d’elle qui rigole avec une peluche éléphant dans les bras ou du papier de toilette déroulé sur le plancher.

Je sais que je ne suis pas la seule maman qui regarde des photos de son enfant quand il dort.

J’en ai choisies une trentaine, que j’ai installées sur une corde à fanions jaunes et roses, après avoir gonflé des ballons, cuisiné des cupcakes avec des paillettes de chocolat, et m’être promenée partout au chalet avec une tasse de café tiède dans les mains, attendant le retour du marché de mon chéri et de Mini Fée et l’arrivée des quelques invités. J’ai enfilé une robe de la même couleur que les Skittles que j’avais versés dans des bols à banana split.

Quand j’ai pris ma petite fille dans mes bras, elle avait la tête qui dodelinait, mollement, contre mon épaule. Elle n’était pas tout à fait réveillée. J’ai laissé Alexandre Le Grand ranger les tomates, les croustilles au sel de mer, le café filtre, le rosé et les litres d’eau. J’ai regretté de ne pas avoir fait la sieste avec elle. Je savais que mes parents observeraient mes cernes. J’avais oublié mon cache-cernes préféré à l’appartement. Ils verraient aussi que ma robe est plus serrée qu’au mois de juillet quand je l’avais mise pour sortir avec Alexandre Le Grand et qu’ils gardaient Mini Fée, ils s’inquiéteraient, même s’ils savent que Mini Fée est adorable et que je suis heureuse malgré toutes mes tenues tachées de morceaux d’avocats.

Mini Fée portait une jolie robe en denim, mais après avoir mangé un cupcake pour la première fois, j’ai dû la changer. Je n’ai pas touché au glaçage au chocolat qui imprégnait ses sourcils de rouquine.

Je ne m’attendais pas à avoir une fille. Je m’étais persuadée que j’avais un garçon, dans mon ventre, j’espérais peut-être que ce serait plus facile, comme ça, avec mes belles-filles, qu’elles ne seraient pas jalouse d’un petit prince, mais qu’elles le seraient sans doute d’une princesse. J’étais sous le choc, quand une infirmière m’a dit que j’avais une fille en moi. Je ne voulais pas pleurer, je n’étais pas triste et je ne voulais pas avoir l’air triste, mais je retenais mes larmes, je serrais fort la main d’Alexandre Le Grand, puis je ne la serrais plus, j’étais toute seule avec toi, dans ce moment-là, ce moment où je ne savais pas quoi penser.

J’avais peur de ne pas être une bonne maman parce que je ne saurais pas comment être un modèle pour toi. Avec un garçon, j’aurais su me rouler dans le sable, jouer au chevalier et au super-héros, me battre avec des oreillers ou des branches d’arbres, me fâcher, rigoler, avoir les cheveux sales et manger des jujubes en forme de serpents venimeux au goûter. Je savais que je pouvais faire tout ça avec toi, aussi, mais en plus de faire tout ça, de manger des jujubes et de collectionner les branches d’arbres pour jouer, je me devais d’accepter d’être un modèle de fille pour ma fille. Même si parfois, je trouve ça dur et injuste, être une fille.

Je t’aime. Ton premier anniversaire s’est déroulé comme dans un conte, avec une heure de dodo très avancée, des spaghettis dans tous les recoins du chalet, une poupée à bercer, une pouliche à monter, des câlins, et je n’ai même pas pleuré, il me semble.

Ce n’est pas moi qui te montre tout ce qui est possible d’être, d’exaucer et de faire, quand on naît fille, c’est toi, qui me le montre, tous les jours, dès que tu me demandes auprès de toi, et que nous passons les premières minutes de chaque journée collée-collée, dans mes draps, ma main sur ton ventre tout chaud, ta main à toi qui cherche soit mon nez, soit la montre de ton papa.

Parfum Let Them Eat Cake et Sissi l’Impératrice

septembre 11, 2012

J’ai récemment répondu aux questions d’Audrée, la chouette demoiselle qui passe probablement cinquante heures par semaine à écrire sur différentes plateformes web (je ne sais pas comment elle fait, ni comment elle trouve le temps de se vernir les ongles et de me faire saliver en publiant des photos de plats végés sur son Facebook – anyway, je suis jalouse et je veux connaître sa formule magique pour réussir tout ça).

Allez lire sur mes coups de cœur beauté et mon amour pour les nobles qui empoisonnent leurs proches.

(La photo date de l’époque où je consommais des gin tonic et que j’en renversais sur mes robes en soie de la boutique Marciano.)

Lundi oui oui oui: licornes et eau de noix de coco

septembre 11, 2012

 

Je viens de prendre un bain chaud – avec des canards, des bouteilles de shampoings qui flottent, des noix pralinées et des canneberges séchées – , ça m’endort, un peu, mais ça me donne envie aussi de me coller, habillée juste de mes leggings noirs. Faut que je montre mes fesses et que je me fasse réchauffer, encore, vite vite.

Voici ce que j’aime plus encore que de retrouver ma nuisette Betsey Johnson dans le petit poing fermé de Mini Fée, qui me l’a dérobée pour mieux dormir :

Boire un latte à la vanille pendant que Mini Fée pointe des pigeons au parc. Biscuits avec des jujubes dedans. Ma girl next door préférée, Holly Madison, engrossée. Vente aux Coureurs de Jupons. Cure style ne pas se regarder dans le miroir pendant une semaine. Cheveux rasés de mon mec. Envie de bottes et de cols roulés. Des licornes pour manger un maïs extra beurre. Des scènes de cul réalistes et malaisantes au cinoche. Lire les poèmes de Pascale Bérubé sur Facebook. Avoir envie d’écrire des poèmes grâce à Pascale Bérubé, à la musique pop américaine et à mon haut taux d’hormones. Comptines et café à la Culotte à l’Envers. Écouter des émissions de cuisine qui donnent envie à mon mec de cuisiner des trucs exotiques. Réveils de Mini Fée la nuit – nous nous blottissons l’une contre l’autre sur le canapé, je l’allaite, elle garde les yeux fermés, et je la recouche quand elle se détourne de moi. Tom Wolfe sort enfin un nouveau livre, le 23 octobre prochain. Manger des raisins verts et des fraises et des frites chez ma voisine de ruelle ballerine.

Bonne semaine y’all! Bisous soufflés à l’eau de noix de coco!

Jeudi envies: Win Wenders et la mode

août 16, 2012

Grâce à Livefastmag (faut absolument que vous reluquiez les photos de la dernière collection de lingerie de marque Bordelle, publiées dans ce magazine too much classy-trashy-smart), j’ai découvert le photographe de mode new-yorkais Tommy Agriodimas.

Une de ses séries de photos, Heartland Heartbreak, m’a subjuguée. Inspiré par le film Paris, Texas de Win Wenders, Agriodimas a capturé des scènes intuitivement séduisantes et parfois inquiétantes. Admirez.

Une autre série à découvrir : Eye Spy. Je love prendre mon café en lingerie moi aussi. Mais je n’ai pas de gants en dentelle. I wish.

 

Je reste là, ses doigts pinçant ma peau

août 1, 2012

La semaine dernière j’ai écrit à ma boss pour l’informer que je ne reviendrais pas travailler fin août, début septembre. Je le savais depuis deux semaines, un mois, peut-être même depuis que Mini Fée est née, depuis qu’elle ne lâche pas mes tétons pour un biberon, depuis qu’elle adore aller au parc, embrasser d’autres enfants, rigoler avec eux, m’oublier un moment, mais pas longtemps, je la veux avec moi, je me veux avec elle, encore un an.

Je ne sais pas si c’est plus pour elle ou pour moi. Je ne sais pas si c’est pour m’épargner de trouver une garderie et m’épargner ses pleurs les matinées où je l’embrasserais avant de m’en aller à quelques kilomètres de ses rires. Je ne sais pas si c’est pour continuer à la regarder avec plaisir enfoncer ses doigts dans sa bouche, enfoncer des morceaux de framboises, la regarder tacher ses t-shirts avec sa salive, des biscuits vanillés et des fleurs écrasées. Je ne sais pas si c’est pour elle, pour qu’elle ait encore ma chaleur, mon parfum, mes cheveux à tirer, mes seins à vider quand elle le veut, nos matinées à sourire à tous le commerçants de la rue Masson, nos après-midis au parc ou à la bibliothèque et au bain, notre routine à nous, notre tisane à la menthe poivrée et notre Baby Einstein à nous quand ça ne va pas.

Je veux bien croire que c’est pour nous deux, que ce n’est pas juste pour moi que c’est important, cette année additionnelle, que ça lui plaira, qu’elle se fera des amis même à rester dans son porte-bébé encore quelques temps, collée contre moi, un petit chapeau turquoise ou rose sur la tête, tournée vers les autres, un bras tendu vers un passant, mais l’autre autour de moi, ses doigts pinçant ma peau, pour se prouver que je suis bien là, que je reste là, que je suis à elle, pour toujours.

Les Y et les plaies de capital humain

avril 23, 2012

Aujourd’hui c’est la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur. Je vous suggère de vous rendre à la Librairie Raffin, sur la rue St-Hubert, à Montréal. Steph Rivard a eu l’idée d’y organiser la soirée cocktails-lectures-table ronde Quand les Y se livrent, conjointement avec ma maison d’édition québécoise préférée, Marchand de Feuilles.

Dès 17h, des auteurs – Geneviève Jannelle, Maxime-Olivier Moutier, Alexandre Soublière entre autres – y seront. Et ce qui me chagrine le plus de manquer – sorry, je n’y serai pas, parce que je me ferai alors des tresses dans les cheveux en regardant Mini Fée dormir- , ce n’est pas la Pabst Blue Ribbon, c’est la lecture du poème Speak rich en tabarnaque de Marie-Christine Lemieux-Couture.

Voici un extrait de ce poème percutant :

« Speak rich en tabarnaque
Give us an American dream
Pour épancher nos plaies de capital humain
Bâillonnez nos révoltes de votre poivre démocratique
Supprimez notre honte sous la matraque des libertés individuelles
Étouffez-nous de vos droits lacrymogènes
Déformez notre cohésion sociale
Sous l’objectif propagandiste de vos mass médias
Nous parlons peu
Mais nous n’oublions pas »

Pour lire la suite : http://terreurterreur.com/2012/03/27/speak-rich-en-tabarnaque/

Le cul bien moulé, mais la chatte rasée

mars 30, 2012

Je boycotte pas American Apparel parce que c’est possiblement un pervers qui dirige ces boutiques. Nope, je rêve d’avoir toujours le cul bien moulé dans du coton, mais la dernière fois que je suis entrée dans un American Apparel, au Cours Mont-Royal, Mini Fée n’a pas aimé la musique, elle a pleuré, elle ne voulait pas cesser de pleurer, et je suis allée m’acheter un collier chez Olivia plutôt qu’une jupe qui cache tout juste ma chatte  quand je me mets sur la pointe des pieds pour ramasser mon courrier.

Pour avoir du plaisir devant de la pub et des poils pubiens : http://fashionista.com/2011/01/american-apparels-most-provocative-ads-from-1995-to-the-present-an-evolution/

Une victoire partielle qui permet d’espérer plus

mars 27, 2012

Ce matin, juste avant midi, le jugement du procès Canada VS Bedford a été annoncé. Les maisons closes, ainsi que la possibilité de vivre de la prostitution, sont maintenant légales en Ontario, grâce à la persévérance et au courage de Madame Bedford. J’ai célébré en buvant un verre de champagne en compagnie de ma copine May, qui avait des ongles superbes, zébrés, comme un des jouets préférés de Mini Fée.

Voici le communiqué de presse de Stella, un organisme qui soutient les droits des travailleuses du sexe:                                                                                         

Jugement de la cour d’appel de l’Ontario :

Victoire partielle : le jugement laisse tomber les travailleuses et travailleurs du sexe de la rue

C’est avec un mélange de  joie et de déception que nous recevons la décision émise par les 5 juges de la cour d’appel de l’Ontario qui reconnait l’inconstitutionnalité de l’article sur les maisons de débauche, ainsi que celui sur le proxénétisme, sauf dans les cas d’exploitation. C’est une victoire en soi que de pouvoir travailler légalement de l’intérieur, seule ou en groupe et de pouvoir s’entourer de personnes qui augmentent notre sécurité; réceptionniste, chauffeur, gérant/gérante, patron/patronne, etc.

Là où le bât blesse; 3 juges sur 5 s’entendent pour maintenir au Code criminel l’interdiction de communiquer en public dans le but de se livrer à la prostitution, ce qui ne fait pas de sens pour nous, puisque les personnes qui travaillent sur la rue sont justement celles qui subissent le plus la répression et les abus de leurs droits humains qui en découlent. À cet effet, dans leur opinion dissidente, 2 juges reconnaissent l’inconstitutionnalité de cet article stipulant que ce n’est pas le fait de travailler sur la rue qui est dangereux, mais bien l’article sur la communication qui engendre et contribue à exposer les travailleuses et travailleurs du sexe à des actes de violence. D’ailleurs,  2 rapports commandés par le Département de Justice (1989, 1994) pour évaluer l’impact de l’article sur la communication ont conclu que la criminalisation des travailleuses et travailleurs du sexe de la rue et de leurs clients contribue à la violence contre les travailleuses et travailleurs du sexe.

Mr. Harper maintient le fait que les lois canadiennes ne sont pas responsables de la violence faite aux travailleuses et travailleurs du sexe et qu’il n’a pas la responsabilité de protéger ces personnes. Il ne nous considère donc point comme des citoyens et citoyennes à part entière.

D’après Émilie Laliberté, directrice de Stella : « Nous croyons qu’il est gravement temps que toutes les lois sur le travail du sexe, tant à l’intérieur que sur la rue, soient invalidées en Cour Suprême. Celles-ci briment nos droits fondamentaux : le droit à la vie, la sécurité et la liberté. La décriminalisation du travail du sexe sauve des vies. »

Nous,  les travailleuses et travailleurs du sexe québécois, nous rallions aux travailleuses et travailleurs du sexe du reste du Canada en espérant que le Canada décriminalise le travail du sexe, nous permettant de travailler en santé, en sécurité et avec dignité.

Stella honore et remercie les trois travailleuses du sexe de Toronto pour leur courage et leur détermination dans la défense des droits des travailleuses et travailleurs du sexe.

Pour plus d’informations sur pourquoi le travail du sexe doit être décriminalisé au Canada, lire le rapport :  « Out of the Shadows »: http://www.firstadvocates.org/out-shadows-why-canada-must-decriminalize-adult-consensual-sex-work

Pigalle comme muse

mars 22, 2012

Le papa de mon mec vivait à Pigalle. Il y était dentiste. Alexandre Le Grand a de bons souvenirs des prostituées qu’il rencontrait dans le cabinet de travail de son papa. Quand ce dernier était trop occupé pour s’occuper de son fils, Alexandre Le Grand en profitait pour se faire chouchouter sur les genoux des clientes trop contentes.

Quant au photographe Christer Strömholm, il habite Pigalle depuis 1959. Ses amitiés avec des travailleuses du sexe ont inspiré son œuvre. Coquettes, avec ou sans habits de drag queen, ses copines se retrouvent dans son livre Amies de Place Blanche.

Pour admirer: http://flavorwire.com/266101/pretty-subtle-photographs-of-1960s-parisian-prostitutes

Champagne et rupture sur Twitter

février 14, 2012

J’ai célébré la Saint-Valentin ce weekend au chalet, en brunchant avec un couple d’amis. Lena Roxanne avait amené une bouteille de champagne rosé. J’ai pu en boire un verre avec joie, puis un deuxième avec zéro culpabilité quand Mini Fée s’est endormie. Nous avons mangé une tarte total trop sucrée – je voulais faire des petits gâteaux au chocolat bio, mais j’avais oublié d’amener des moules – saupoudrée de petits cœurs rouges et roses.

Aujourd’hui, je vais écrire mille fois à Alexandre Le Grand que je l’aime, comme tous les jours anyway, je vais aussi me raser la chatte et lui envoyer une photo comme preuve, s’il promet de pas la montrer à ses copains qui ont déjà tous vu mes seins.

Et aussi, je vais juger un concours organisé par la Zone d’écriture de Radio-Canada. Le concours : rompre en 140 caractères sur Twitter. Vous avez jusqu’à 22h pour participer et pour avoir la chance de gagner un iPad 2. J’ai hâte de vous lire!

Pour plus de détails : http://zonedecriture.radio-canada.ca/2012/02/ne-me-twitte-pas-defi-eclair-le-14-fevrier.html#.Tzk7c4GMrZg