Archive for the ‘Non classé’ Category

Succès musical et première baise

juin 4, 2015

musique

J’écoute les plus grands succès des années 90 (je passe des soirées excitantes, I know) et ça me rappelle que le premier gars qui m’a baisée aimait vraiment trop Truly Madly Deeply de Savage Garden.

Une pornstar ou une pomme bio?

Mai 29, 2015

Satomi Suzuki

À défaut de boire autre chose qu’une bouteille de rosé par soir et du foutre, je tente de manger mieux.

Je voulais vérifier la liste de David Suzuki, une liste qu’il publie chaque année, si je ne me trompe pas, une liste d’aliments à acheter bio absolument, sinon c’est la mort assurée ou, en tout cas, la pollution de son corps et je ne veux pas polluer mon corps, thank God pour les compliments que j’ai sur ma cage thoracique (really, hier soir) et mes jambes quand je porte des talons.

J’ai tapé Suzuki dans ma barre de recherches.

Et je suis plutôt tombée sur une vidéo porno. Une actrice se fait toucher dans un métro japonais.

Entre une petite culotte baissée de force et un avocat pas trop dangereux pour la pureté de mon corps, je ne sais pas quoi choisir.

bio 2

Polo Leflic et Mélodie Nelson

Mai 24, 2015

Quand j’ai écrit Ne pas se plaindre, j’ai reçu de nombreux témoignages d’amies et d’inconnues qui avaient été victimes d’une agression semblable, qui n’avaient rien dit, ou qui étaient allées jusqu’au tribunal, en parler répéter les dates les lieux leur âge leur lien de parenté ou d’autorité ou d’amitié se faire confronter par d’autres avocats répéter répéter pour ne plus se sentir folle honteuse coupable coupable, coupable de rien, sauf d’avoir un trou.

Puis, j’ai reçu un courriel, avec des fautes, un courriel de quelqu’un qui se prétend un ex flic.

J’ai répondu au courriel, sans comprendre vraiment les intentions de la personne qui me l’avait envoyé. Puis, un échange de courriels, plus articulés, plus détaillés, avec moins de fautes, un échange de courriels a eu lieu. Ce qui m’a laissée plus que songeuse, presque apeurée. Je ne sais pas qui m’envoit ce courriel, qui utilise le terme flic au lieu de policier, qui préférerait me voir plutôt que de me donner simplement son identité, vérifiable, qui préfère se cacher plutôt que de dire ce qui est vrai, je ne sais pas si c’est juste un creepy guy ou une creepy girl qui m’écrit, ou si c’est plus que ça, si c’est possiblement mon agresseur qui m’écrit et ça me fait chier de rester avec ça au travers de la gorge, de me demander ce que recherche la personne qui m’écrit, me troubler, en savoir plus me faire cracher stresser des cauchemars.

Je vous dévoile les courriels car la personne qui m’écrit dit connaître d’autres victimes. Je ne serais alors pas la seule personne avec qui il aurait communiqué. Si quelqu’un a déjà eu une correspondance avec ce Polo, je souhaiterais le savoir. Merci.

Date: Fri, 15 May 2015 14:46:36 -0700

Subject: Ne pas se plaindre

From: pololeflic@gmail.com

To: melodienelson@hotmail.com

j ai lu votre article et je suis troublé. J aimerais en discuter si vous en avez envie . Suis un ancien flic et victime. J aurais probablement des choses à partager. C est comme vous désirer.

Polo

Ma réponse :

Bonjour,

Je ne sais pas quoi vous dire. Je suis désolée de vous savoir victime. Si vous préférez, vous pouvez utiliser un autre terme, comme survivant, comme le font les personnes qui ont créé le site Je Suis Indestructible. Vous connaissez? Vous pouvez me confier ce que vous voulez, mais je n’ai pas de compétence reliée à ça (je ne suis pas thérapeute, je ne peux pas conseiller quoi que ce soit). Je partage mon vécu, c’est tout, ça peut aider mais aussi éveiller chez certaines personnes un rappel d’événements passés. Comme on m’a dit, suite à cet article, ce n’est pas dans l’oubli qu’on se construit. C’est à travers les souvenirs, et ce que nous en faisons, que nous réussissons à nous construire ou à nous reconstruire.

Juste une chose: vous mentionnez être un ancien flic. Je ne sais pas si ça a un lien avec ce que vous voulez me partager, mais je tiens à dire que je ne changerai pas d’idée concernant une plainte. Ne m’écrivez pas pour me convaincre du contraire. À chacun sa démarche. Moi, je n’ai pas choisi de faire de plainte. Je ne crois pas que ça m’aurait m’aidée. Je crois que pour de nombreux cas d’agressions sexuelles, beaucoup de survivants souhaitent un système de justice parrallèle, une prise de conscience, surtout.

Cordialement,

Mélodie Nelson

Date: Sun, 17 May 2015 21:46:57 -0400

Subject: Re: Ne pas se plaindre

From: pololeflic@gmail.com

To: melodienelson@hotmail.com

Bonsoir Mélodie , merci de me répondre, ne soyez pas désolé, je vais bien.

Je voulais juste reprendre des citations de votre texte.

«Tu es capable de parler de lui, mais moi, je ne veux plus entendre parler de lui.»

Plus les années vont passer, plus vous allez en entendre parler, plus ce sera pénible.

«Il m’a aussi baisée même si je lui ai dit que je ne voulais pas.»

Il reviendra vous êtes sa proie, tant que vous ne lui aurez pas fait face, il sera le prédateur.

Mon copain n’a pas compris pourquoi

« Mais ce n’est pas ça, ce n’est pas que j’accepte tout. C’est que je préfère oublier, parfois, et que lorsque je n’oublie pas, j’ai mal d’être ce que je suis, forte et faible et fière et souillée, une fille qui sait très bien qu’elle ne pourra jamais raconter ses jambes et ses fesses, écartées, les mains de l’autre, le sexe de l’autre, un autre que j’ai aimé, et qui m’a aimée, et c’est difficile de le connaître, de l’avoir connu doux et réconfortant et menteur et violeur. J’ai mal de savoir que je resterai toujours une fille, une ex escorte, une fille qui aime se faire traiter de salope, qui aime trop ça pour être crue, peut-être, lorsqu’elle parle d’agressions. »

Vous n’arrivez jamais à oublier, malgré thérapie, médicament, dépression, alcool, drogue. Cela fera partie de vous. À tous les fois qu’il sera à la tv, en promotion radio vous aurez des bouffés de douleurs.

Vous parlé de justice réparatrice, vous devez l’affronté, il doit payer au moins les frais que cela va vous occasionner et croyez-moi il y en aura.

En plus, pensez qu’il y a d’autres victimes ….. qu’un jour si un malheur arrivait à l’une d’elles vous seriez doublement dans la douleur.

C’est un long processus , croyez-moi.

Si vous voulez en discuter, je demeure disponible pour vous aider. Il n’y a pas juste la police dans la justice réparatrice 🙂

Avec respect, prenez le temps d’y réfléchir

@+

Polo Leflic.

Ma réponse :

Bonjour Polo,

Pourquoi mon texte vous a tant touché? Je sens une certaine empathie, mais je me demande pourquoi. Il y a beaucoup de filles qui vivent ce que j’ai vécu. Vous travailliez auprès des victimes d’agressions, quand vous étiez policier?

Sinon, pour vrai, je ne peux pas envisager mes réactions face à lui. Ce n’est pas une simple aggression; c’était dans le contexte d’une relation. Je ne le déteste pas. Je ne pense pas que ce sera plus pénible avec les années. Au contraire, j’ai écrit ce que j’avais à écrire, je me suis confié, pour moi, de l’avoir écrit, c’est suffisant pour me sentir mieux.

Pour le terme de proie, je crois pas. Pour moi, ce ne sera jamais tout blanc ni tout noir. Je ne l’ai pas connu que comme ça.

J’avais commencé à vous répondre avant de lire complètement votre courriel, une habitude, bonne ou mauvaise, et là, je l’ai lu au complet et je suis un peu distraite par ce que vous supposez. Que connaissez-vous de moi? Et de lui? Nous connaissons-nous, vous et moi? Merci de ne pas jouer, je n’aime pas trop les jeux, les complications et tout.

Mélodie

Date: Mon, 18 May 2015 08:40:59 -0400

Subject: Re: Ne pas se plaindre

From: pololeflic@gmail.com

To: melodienelson@hotmail.com

Votre texte me touche, parce que c’est un cri du cœur. Disons que j’ai de l’expérience en matière d’agression sexuelle et je suis effectivement empathique aux victimes et intransigeant face aux prédateurs, brave personne qui détruit femme et enfant sur leur passage.

Je ne joue pas de jeu, je n’aime pas ça moi non plus. Je ne vous connais pas, mais je suis sur la traque d’un cowboy français, brave personne, qui a fait d’autres victimes et qui ont tous peur de dénoncer pour toute sorte de bonnes ou mauvaises raisons. Je connais trop bien le phénomène.

Votre agresseur est menteur et violeur comme vous le dites. Il ne changera pas. Il manipule aisément. Tôt ou tard vous devrez l’affronter, c’est des agressions répétées même dans un contexte de relation. Écrire ou confier malheureusement ne sera pas suffisant. Je suis certain que vous pouvez me décrire avec exactitude, la température, l’endroit , la lumière, l’odeur bref tous vos sens ont incrusté chaque moment dans votre cerveau. Le fait de ne pas en vouloir à son agresseur est un signe. Le jour où vous lui en voudrez, ce sera le premier pas vers une guérison ou du moins vous vous pardonnerez d’avoir été victime.

Je ne veux surtout pas vous importuner, si vous avez besoin d’aide, écrivez moi.

Avec empathie

Polo

Ma réponse :

Bonsoir,   Je vais cesser toute correspondance avec vous, car même si naïvement ou non, je crois vraiment en votre empathie, trop de choses me tracassent dans vos écrits.

1. Je ne connais pas votre identité. Vous pourriez être une femme, mon voisin, etc.

2. Vous me parlez d’un « cowboy français ». Vous faites un rapprochement possible en lui et moi, sans m’expliquer comment ça se fait que vous nous liez ensemble.

3. Vous me dites avoir été une victime, mais une victime de quoi?

4. Vous me dites que je devrais me pardonner, mais jamais je n’ai parlé de pardon. Je n’ai jamais ressenti que je devais me pardonner quoi que ce soit. Je ne suis pas honteuse de ce qui m’est arrive, et je sais très bien, hors de tout doute, que je n’ai rien à me pardonner.

5. Je ne connais pas plus votre en expérience en agression sexuelle, ça me semble flou et confus, mais je vais vous apprendre quelque chose: ce ne sont pas toutes les victimes qui vivent leur agression de la même façon. C’est gentil d’avoir voulu m’aider, je crois en votre volonté de bonté, mais je n’ai pas besoin d’aller plus loin.

Cordialement,

Mélodie Nelson

Date: Mon, 18 May 2015 21:27:07 -0400

Subject: Re: Ne pas se plaindre

From: pololeflic@gmail.com

To: melodienelson@hotmail.com

C est comme vous voulez, si vous changer d avis je suis disponible pour vous rencontrer et vous verrez qui je suis . Bonne soirée et désolé si je vous ai importuné ou tracassé, ce n était pas le but …..

Ma réponse :

Bonjour,

Je tiens à connaître votre identité. Je ne comprends pas en quoi une rencontre serait nécessaire juste pour que je sache qui vous êtes vraiment. Comment pourrais-je faire confiance aussi aveuglément à quelqu’un alors que nous connaissons tous des histoires de fausse identité sur le web (pensons au documentaire récent Profil Amina). Ça me tourmente en effet beaucoup, vos courriels, dont je ne saisis pas du tout encore les intentions.

Merci.

Sans clique, mais dans un recueil

Mai 21, 2015

Emcie et Mélodie Nelson

Le magnifique dos d'Anne Genest, une des auteures du recueil.

Le magnifique dos d’Anne Genest, une des auteures du recueil.

C’était hier, j’étais dans un taxi avec une amie, nous parlions de barbe-à-papa et de mon nez qui coule tout le temps, et je lui ai dis je ne sais pas si je connaitrai une autre personne que toi, ce soir.

C’était le lancement du recueil Douze histoires de plage et une noyade. J’y ai écrit une nouvelle, Après il n’y a plus rien, je l’ai écrit crevée, en retard, tous les jours en retard sur ce que je voulais écrire, je l’ai écrit triste, fâchée, je l’ai écrit avec le nom d’un personnage en tête, Tamara, et pourtant, pourtant, je n’écris jamais son nom dans la nouvelle, c’est moi la seule qui connaît Tamara.

Quand je suis arrivée, j’ai vu Michel Vézina, accueillant, à l’entrée du Lauréa, puis j’ai cherché Marie-Chantale Gariépy, je voulais voir sa tenue, je l’imaginais avec un large chapeau, je l’imaginais comme elle est photographiée sur ses photos Facebook, quand elle est de passage à Los Angeles, quand elle est photographiée, avec son sourire énigmatique et une robe d’allure vintage, à marcher, sur la promenade de Venice.

Je l’ai embrassée, j’ai commandé un gin tonic, j’ai tenté de rester debout, parce que je n’étais pas habillée pour être assise.

Quand nous étions toutes les deux coincées aux toilettes, à faire pipi l’une devant l’autre pendant dix minutes, Marie-Chantale m’a parlée de ses auteurs, de ceux qu’elle avait choisis, parce qu’elle, quand elle débutait, quand elle commençait à publier, elle n’était pas choisie, et elle voyait les autres collectifs d’auteurs, et elle n’y était pas, elle, qui publie depuis 1999, une auteure qui se tient comme une ballerine, avec classe, force, détermination, une auteure qui ne fait pas partie d’une clique.

Je n’ai jamais fait partie d’une clique non plus, et avoir mes enfants m’a encore plus éloignée de ceux qui écrivent, parce que je n’écris presque pas et je ne montre plus mes seins ni mes cent paires de souliers dans des lancements. Et puis, je parle mal de littérature, je ne parle jamais de littérature, ou presque, je lis, et j’aime, et j’espère que vous me lirez, encore une fois, s’il vous plaît.

Après il n'y a plus rien

Ne pas oublier l’agression, mais oublier la honte

Mai 7, 2015

Emma Sulkowicz

Photo d’Emma Sulkowicz, qui, suite à un viol dans sa chambre de résidence, a décidé de se promener avec son matelas, tant que son agresseur resterait impuni, encore sur le même campus universitaire qu’elle.

Cette semaine je parle de Bleu Nuit dans ma chronique Canoë. De film de softporn quasi artsy et d’héroïnes prêtes à baiser George Clooney et à slapper Sandra Bullock.

Mais la semaine dernière, ma chronique portait sur une relations entre deux handicapés de l’amour. Moi et un ex. Moi et un ex-qui-m’a-aimée-mais-aussi-agressée.

C’était la première fois que j’étais aussi claire sur le sujet : j’ai déjà trompé Alexandre Le Grand et le mec avec lequel je l’ai trompé, well, il m’a baisée sans mon consentement. Deux fois. Deux fois sur je-ne-sais-pas-combien-de-fois, mais deux fois, quand même.

Je n’irai jamais voir des policiers pour leur donner les détails, je ne veux pas revivre ça, l’amour et la manipulation et sa queue dans mon cul sans que je ne le veuille, la face sur son plancher de bois verni ou mes bras qui ne luttent pas, qui ne font que s’appuyer contre un lit, puis contre une commode, blanche.

Je l’ai raconté, quand même, parce qu’il fallait que je le dise, parce que c’est un mini geste de rien, de le dire, mais c’est bon, pour moi, de le dire, et c’est bon, pour les autres, de savoir qu’elles ne sont pas seules, et de se questionner toujours, sur la notion de consentement, que ce soit dans une relation amoureuse, amicale ou une relation de one night après une partie de bowling.

Des articles intéressants à lire sur le sujet des agressions sexuelles

Sur Madonna qui n’a jamais porté plainte ou le regret de porter plainte: 

« But then the detective began asking me about my virginity, my clothing choice and how strongly I resisted. Next, he pushed me to engage in a “pretext phone call,” in which I was to call the perpetrator and tell him I was pregnant. I was shocked at the suggestion. Not only was the officer directing me to lie about a pregnancy, he was asking me to speak to a man I never wanted to have contact with again. I had blocked the rapist’s number from my cell phone and was attempting – with the help of my attorney – to get a restraining order against him. During subsequent telephone conversations with the detective, he suggested that I was perhaps mistaking rough sex for rape. »

Sur le consentement sexuel : Deux Canadiens sur trois ne savent pas ce que signifient réellement le consentement sexuel.

Ma chronique:

« Mais ce n’est pas ça, ce n’est pas que j’accepte tout. C’est que je préfère oublier, parfois, et que lorsque je n’oublie pas, j’ai mal d’être ce que je suis, forte et faible et fière et souillée, une fille qui sait très bien qu’elle ne pourra jamais raconter ses jambes et ses fesses, écartées, les mains de l’autre, le sexe de l’autre, un autre que j’ai aimé, et qui m’a aimée, et c’est difficile de le connaître, de l’avoir connu doux et réconfortant et menteur et violeur. »

Choisir de parler de son viol pour briser la honte:

« What both these young women are doing, in very different ways, is insisting that sexual violence demands a response from wider communities. It is not something that victims should have to struggle with on their own, and it certainly isn’t something they should feel shame about. »

Pas de Botox en cadeau

mars 31, 2015

 cheveux Mélodie Nelson 2

Ça fait dix ans que je me promets du Botox pour mes trente ans. Et même si c’est pas incompatible avec l’allaitement (je pense), j’ai décidé d’attendre cinq ans ou de juste préférer porter des méga grosses lunettes soleil au lieu de stresser sur les lignes autour de mes yeux.

Je me suis fait couper les cheveux à la place. Mon mec trouve que je fais garçonne. Ma fille ne comprend pas pourquoi je ne veux pas des cheveux de princesses (c’est-à-dire les plus longs cheveux du monde).

Moi je suis contente.

Et j’ai promis à mon mec que je ne ferais pas trop garçon manqué une fois que j’aurai enfilé mon costume d’infirmière.

Misogynie 2.0: harcèlement et violence en ligne

mars 6, 2015

Catherine Lefrançois

crédit illustration: Catherine Lefrançois

« Suivant la logique de la misogynie en ligne, le droit d’une femme à la liberté d’expression est beaucoup moins important que le privilège que s’accorde un homme de la punir pour s’être exprimée librement. » Laurie Penny, Cybersexism

Nous sommes féministes. Nous partageons nos idées sur le web. Et nous sommes unies par l’expérience de la misogynie latente qui ronge Internet, les médias sociaux, notre vie publique, notre vie privée.

Lorsque nous prenons la parole sur le web, surtout pour dénoncer la violence sous toutes ses formes que subissent les femmes, le retour de bâton s’associe à une pluie d’insultes et de menaces : « Conne », « J’vais te venir dessus », « Féminazie », « Ostie, j’te fourrerais avec ta p’tite jupe», « Sale chienne », « Grosse truie », « Je te cockslaperais jusqu’à ce que tu fermes ta yeule », « Tu mérites de te faire gang raper », « Tu ne devrais pas avoir le droit de te reproduire », « Impossible qu’elle se fasse pénétrer par un homme sans qu’elle crie au viol », « Fermez don’ vos gueules… pendant qu’elles ferment encore! » Ceci n’est qu’un échantillon du refrain entonné ad nauseam par les graphomanes misogynes qui sévissent sur la Toile. Ces mots témoignent d’un sexisme, d’un antiféminisme, voire d’une haine des femmes si répandue qu’ils frôlent désormais la banalité.

Le cybersexisme est omniprésent dans les conversations en ligne. Il imprègne les fils de commentaires sur les réseaux sociaux et sur les blogues, partout où les femmes prennent la parole dans l’espace public virtuel. Il prend diverses formes : paternalisme, infantilisation, « mansplaining », surveillance, attaques personnelles, « slut-shaming », « fat-shaming », diffusion publique de données personnelles, attaque à l’intégrité physique, menace de viol et de mort, etc. Cette violence misogyne prend une consonance particulière quand elle s’exerce avec des accents racistes, islamophobes, xénophobes, transphobes ou lesbophobes.

De telles attaques cherchent intentionnellement à humilier et à effrayer les femmes pour les exclure du débat public, les museler ou les réduire à la plus simple expression du préjugé culturel et des stéréotypes de genre auxquels on les associe.

Certes, cela n’a rien de nouveau : le sexisme précède l’écran. L’écran offre toutefois des possibilités de techniques nouvelles à l’expression de la haine envers les femmes. Les canaux sont multiples : mots-clics, sites web, tribunes médiatiques, pages Facebook, événements… Souvent, l’anonymat permet à la misogynie de se répandre en toute impunité.

Les recours sont restreints. Répondre aux commentaires sexistes demande beaucoup d’énergie. L’antiféministe de fond moyen considère toute réaction sur le web à ses propos comme l’acte d’une hystérique. Retirer leurs commentaires ? Il s’en trouvera pour parler de censure : comme si la liberté d’expression incluait l’injure et les discours haineux. Porter plainte ? Quoiqu’une menace soit toujours virtuelle, une menace issue du web sera traitée avec peu de sérieux. Tout se passe comme si le cybersexisme était socialement acceptable, normal, et qu’y réagir était la pire des choses à faire : « ignore-les », « t’as pas la couenne bien dure », «t’as pas le sens de l’humour», «parlez-en en mal, parlez-en en bien, mais parlez-en ». La violence bien réelle que subissent les femmes dans l’espace virtuel est banalisée, et les auteurs de cette violence disculpés.

Nous déplorons cette situation et demandons à ce que la prise de parole des femmes de tout horizon soit respectée. Le web et les réseaux sociaux sont des lieux hostiles aux femmes, surtout lorsqu’il s’agit d’exprimer des idées féministes. Pourtant, ces lieux d’expression sont de plus en plus déterminants : nous en éloigner est brimant et limitatif. Nous souhaitons qu’une discussion collective s’engage afin de faire du web un lieu respectueux pour chacune.

Aussi, il nous appert que les comités éditoriaux des médias sur les plateformes numériques jouent un rôle crucial dans la lutte contre le cybersexisme. Nous les interpellons aujourd’hui en soulignant leur responsabilité sociale dans la création d’un environnement sain pour le débat. Nous suggérons l’adoption de politiques concernant les contenus publiés et une pratique adéquate de la modération favorisant le dialogue entre collaboratrice et lectorat. La cyberviolence est un phénomène grave, qui, combiné au sexisme, nuit à la diversité éditoriale.

Rappelons également que le Code criminel canadien contient des dispositions relatives aux discours haineux reposant sur des motifs liés à la race, l’origine ethnique, l’orientation sexuelle, l’appartenance religieuse, mais aucune sur la discrimination sur le genre. Il n’y a pas d’outil pour contrer la propagande haineuse à caractère sexiste, notamment sur Internet. Il est temps que les femmes disposent d’outils légaux pour se défendre et que des modifications soient apportées à la Loi.

La violence misogyne, l’intimidation et le sexisme en ligne doivent être traités avec le même sérieux que n’importe quelle autre forme de discours haineux. Ce n’est présentement pas le cas. Donnons-nous les outils pour dénoncer cette tendance. Ensemble, nous pouvons faire en sorte que la violence sexiste 2.0 soit renversée au Québec.

Signataires :

Ericka Alneus

Dalila Awada

Isabelle Baez

Magenta Baribeau

Marie-Andrée Bergeron

Mélissa Blais

Marie-Anne Casselot

Léa Clermont-Dion

Alexa Conradi

Marielle Couture

Sissi de la Côte

Martine Delvaux

Elise Desaulniers

Toula Drimonis

Emilie E. Joly

Catherine Gendreau

Véronique Grenier

Roxanne Guérin

Marilyse Hamelin

Johanne Heppell

Marie-Christine Lemieux-Couture

Sarah Labarre

Sophie Labelle

Aurélie Lanctôt

Widia Larivière

Valérie Lefebvre-Faucher

Judith Lussier

Ikram Mecheri

Rim Mohsen

Isabelle N. Miron

Mélodie Nelson

Emilie Nicolas

Françoise Pelletier

Geneviève Pettersen

Elizabeth Plank

Marianne Prairie

Sandrine Ricci

Caroline Roy Blais

Annelyne Roussel

Tanya St-Jean

Carolane Stratis

Josiane Stratis

Kharoll-Ann Souffrant

Emmanuelle Walter

Cathy Wong

Lora Zepam

Blogues/Organisations

Assignée garçon

Feminada

Françoise Stéréo

Je suis féministe

Je suis indestructible

La semaine rose

Mauvaise Herbe

Mots dits (Journal Mobiles)

 

Poupée gonflable à réparer

février 4, 2015

poupée gonflable

Retrouvé par mes enfants, je-ne-sais-pas-où: un kit rigolo de réparation de poupée gonflable. Oups.

Quand je parle d’érotisme ailleurs que dans mon salon

octobre 30, 2014

rature et lit 2 mélodie nelson

rature et lit mélodie nelson

Hier j’ai participé à la web émision Rature et Lit, animée par Elsa Pépin.C’était sur l’érotisme en littérature. Ce sera diffusé le 26 novembre, je vous le répéterai for sure, même si je n’ai rien dit de marquant, je pensais trop à mes enfants qui se faisaient garder sans savoir s’ils allaient survivre trois heures sans moi.

(Ils ont survécu.) (C’est sûr que c’est grâce à ma bague porte-bonheur.)

(Et même si je n’ai rien dit de marquant, c’était une très chouette rencontre. Caroline Allard était présente, toujours époustouflante par sa vivacité, son intelligence et ses tenues so chic et cute. Stéphane Dompierre était aussi super intéressant, même s’il n’a pas l’air de triper films pornos autant que moi.)

Et je voulais porter un costume de matelot vintage, mais le col était taché par du café. Umph.

Un gros bâton sans intérêt

septembre 24, 2014

golf-etiquette-2013-calendar

L’autre nuit, j’ai rêvé que j’apprenais à bien tenir un bâton de golf. C’était un rêve super détaillé, avec des zoom sur mes mains et des doigts qui se repositionnent au ralenti.

C’est vraiment nul, rêver à des trucs comme ça, quand je ne dors que cinq heures pas nuit et que finalement, le bâton de golf n’avait rien de phallique.