Archive for the ‘Non classé’ Category

Fuck your sexist bullshit

mai 26, 2016

slut shaming

Près de chez moi, près d’un champ de pissenlits à souffler fort fort, il y a un chouette dessin, collé sur mur, un chouette dessin anti-shaming de salopes.

Tatsuki et ses muses

mai 17, 2016

T Okura

À presque 80 ans, Yoshihiro Tatsuki est un photographe que je viens de découvrir, même si ça fait depuis 1969 qu’il travaille en freelance. Sa famille avait un studio photo assez réputé et spécialisé en portraits. Tatsuki, lui, a transformé l’art des portraits de ses parents en photos explorant la candeur, les mondes nouveaux (My America, California I love you), les rapports possiblement pervers entre la nudité et la présence d’inconnus (des mains rattachées à un corps inconnu semblent toucher fébrilement les seins d’une jeune fille).

Tatsuki Eves

Tatsuki The Prussian Officer

Tatsuki

J’ai plus peur de m’ennuyer que d’être une salope

mai 14, 2016

les salopes ne s'ennuient pas

Les hommes me manquent.

Je ne m’imagine pas assise en cow-girl sur tous les mecs que je croise, mais ça me manque, de rire trop fort, de vouloir être celle qui est remarquée, d’être celle qui est la salope, parce que ce n’est pas un rôle qui me fait peur, j’ai beaucoup plus peur de m’ennuyer que d’être une salope.

Un ami a déjà cru que j’étais comme le personnage d’American Beauty, que j’étais vierge et que je parlais beaucoup de cul, parce que c’était comme ça, je venais de Repentigny, j’étais pâle, je portais beaucoup de noir mais très peu de culottes, je devais m’inventer. Mais je n’ai jamais été trop bonne pour inventer quoi que ce soit, ni pour être vierge.

Les hommes je les aime trop pour ne pas m’en approcher trop et je les aime de toutes les façons. Un ami m’a dit avoir aimé la lecture de ma plus récente chronique sur Canoë, parce qu’il ne savait pas que je pensais ou remarquais ces choses, que j’aimais les hommes pour des détails, pour une histoire de grand-mère institutrice ou des cuisses jamais caressées, offertes mais jamais caressées.

J’aime les hommes comme des pansements.

Envie de lire une autre de mes chroniques ? Sur les pénis qui ne lèvent pas ou les ruptures qui se concrétisent avec une dernière baise ?

Bonne lecture et bon weekend y’all !

Cadeaux de la porno

avril 27, 2016

Pornhub donne à ses abonnés qui utilisent leur téléphone pour envoyer de la porno à leurs amis, ou accidentellement à leur belle-mère, des émojis joyeusement subtiles.

pornhub emoji

Avertissement: pénis très visibles

avril 25, 2016

critique 2

Ma meilleure amie exilée aux États-Unis et bientôt en Suisse m’a fait connaitre l’émission Like-moi. J’étais trop addict à Netflix et à l’autobiographie The Glass Castle (une enfant de trois ans qui se brûle en se faisant un hot-dog ! un père brillant, qui tente des expériences dans le désert et vole les bandes dessinées de son fils pour les donner à des putes ! une mère qui habite dans la rue mais qui veut en cadeau un traitement à l’électrolyse !) pour découvrir quoi que ce soit d’autre.

like-moi! jeune femme en danger

Dans un épisode de Like-moi, il y a un chouette sketch sur la rencontre amoureuse, qui consisterait essentiellement qu’à l’envoi d’une photo de pénis. J’ai bien ri.

critique 3

La journée même où je visionnais cet épisode, ma chronique Canoë sur les photos de pénis, souvent non sollicitées, était mise en ligne.

Extrait : « Rappelez-vous ce conseil que Simone Fiasco donne aux femmes qui reçoivent des photos qui les troublent: «Un gars t’envoie une photo non sollicitée de son pénis… envoie-lui donc une photo d’un pénis que tu juges plus beau et plus photogénique.» »

Bonne lecture ! (Et have fun en regardant toutes les photos soumises à Madeleine Holden, la critique géniale de photos de pénis de Critique My Dick.)

critique 5

critique 4

 

 

Asa Akira est une amie dévouée

avril 13, 2016
Asa Akira: la meilleure amie des lapins et des actrices pornos.

          Asa Akira: la meilleure amie des lapins et des actrices pornos.

Meilleure campagne de financement ever.

Oublions les pamplemousses à vendre pour le bal des finissants. Pensons plutôt aux pamplemousses qu’une star du X veut se procurer.

Asa Akira, une de mes actrices préférées forever (Emma Watson ? Meryl Streep ? Who care? Je veux Asa Akira.) a eu la brillante idée d’organiser une campagne de financement pour son amie et fellow receiver of double dicks in her ass Dana Dearmond.

La campagne baptisée Project MILF serait juste vraiment vulgaire si Asia Akira n’y avait pas ajouté une dose bienvenue d’humour. Si Asa Akira a joué les infirmières sexy dans des films, elle n’est évidemment pas disposer à remplir sa copine de gel d’eau saline.

DANA MILF

Puisque Dana ne peut plus être dans la catégorie Teen, elle souhaite continuer à faire des films pornos et non à vendre des tisanes laxatives. La solution : devenir une MILF. Mais une MILF style porno, pas une MILF avec des enfants et un nombril sorti et des vergetures. Une MILF style porno n’a pas besoin d’avoir mal au cœur pendant quelques mois ; elle n’a besoin que de gros seins et d’avoir plus de vingt-cinq ans.

« In the real world, MILF is a term reserved for women who’ve contracted the worst STD possible – children. However, in the porn world, we use it far more respectably to define any woman above age 30 with big fake tits. So while we cannot reverse time and make Dana a « Teen » again, we can certainly slap some big fake tits on her and make her a MILF. »

DANA MILF un

Pour donner un second souffle à la carrière de Dana Dearmond : Project MILF.

Pleurer ou envoyer une photo de soi en bikini: rien de contradictoire après une agression sexuelle

mars 25, 2016
Est-ce que je suis une victim de viol parfait? Non. Parce que rien n'indique tout le mal que j'ai subi, sur cette photo. Ce n'est pas écrit sur mon front. Et je suis capable de sourire. C'est pas honteux.

Est-ce que je suis une victime de viol parfaite? Non. Parce que rien n’indique tout le mal que j’ai subi, sur cette photo. Ce n’est pas écrit sur mon front. Et je suis capable de sourire. C’est pas honteux, de pas rentrer dans le faux concept de la victime parfaite.

Grâce à des victimes contactées via le site Je Suis Indestructible, j’ai écrit une chronique pour Canoë sur la force des victimes d’agressions sexuelles. J’en avais assez de lire sur le talent des avocates de Ghomeshi, assez de lire sur une future carrière pour lui, sur les contradictions dans le discours des plaignantes.

Le parcours de victimes d’agressions sexuelles ne suit pas un modèle préétabli. Je voulais montrer ça, à travers les différents témoignages, je voulais montrer que certaines victimes se sauvent, pleurent, hurlent, et d’autres continuent à aimer l’agresseur et l’invite à leur anniversaire ou à un pique-nique.

Par contraintes d’espace, je n’ai pas pu réécrire tous les témoignages reçus dans ma chronique pour Canoë. Je reproduis ici les témoignages qui ne sont pas dans ma chronique.

Je suis très très touchée par la confiance de ces survivantes et survivants. Merci.

Coralie

Coralie n’a jamais dénoncé son agresseur. Elle le connait depuis longtemps. Elle croit que le mal qu’il lui a fait est moins pire que le mal imposé à sa femme et à ses enfants s’ils apprennaient ce que son agresseur lui a fait.

Elle s’en sort bien parfois, mais juge que d’autres fois, elle craque, ébranlée, se demandant si quelqu’un en qui elle avait confiance l’a violée, que pourraient lui faire des étrangers?

« Le plus dur, c’est la nuit. »

La nuit, Coralie perd le contrôle. Les images de l’agression se succèdent, comme des diaporamas en accéléré.

« Comme dans un film muet, ma bouche, mais aucun son n’en sort. Je voudrais crier, appeler à l’aide, mais je hurle juste du silence. Je suis immobilisée, mais pourtant je me bats, Dieu que je me bats. »

Quand elle se réveille véritablement, elle est en mode panique, les joues salées. Elle souhaite toujours qu’on lui dise que c’est juste un mauvais rêve.

« Le temps arrange les choses. J’ai commencé à en parler à une amie de confiance. Elle a pleuré, j’ai pleuré. J’ai un ami qui vient me rejoindre la nuit quand la panique est trop forte. Il est rassurant. Ces deux personnes ont chassé le mot coupable de mon esprit. Victime est le bon mot. »

Coralie sait qu’elle ira bien, un jour.

Félicité

Après s’être faite violée, Félicité a nié ce qu’elle avait vécu. Elle ne voulait pas se concevoir comme une victime. Elle est colère, depuis, en colère contre elle, contre l’agresseur, contre la Terre entière.

Mélina

Mélina ne se souvient pas de l’heure de l’agression. Il était assez tard, ou très tôt. Le soleil commençait à se lever. Ce dont elle se souvient, c’est qu’elle est sortie d’un immeuble. Elle s’est assise dans les escaliers et elle a commencé à pleurer.

Elle attendait que son agresseur sorte. Elle croyait qu’ils pourraient discuter de ce qui venait de se produire. Elle attendait et il est arrivé et elle lui a demandé pourquoi et il n’a pas répondu et il ne s’est pas excusé. Il a tenté de la faire taire, ou de la consoler, en lui répétait de ne plus y penser, que ce n’était que pour le plaisir, que ça ne fonctionnerait jamais, eux, lui et elle, ensemble, hors du viol.

Mélina a marché jusqu’à chez son père. Elle s’est couchée toute habillée. Le lendemain elle s’est rendue au travail, le corps plein de bleus. Elle a appelé une amie et elle lui a dit qu’elle avait baisé avec son cousin.

Elle a honte. Mais elle ne devrait pas avoir honte.

Léonard

« Je sais ce qui m’est arrivé. J’ai un peu de difficulté à décrire mon but, quand j’en parle, mais je tends à souhaiter l’acceptation et le pardon. »

Léonard trouve difficile, d’avoir été victime d’une agression, et il trouve aussi difficile les réactions des gens, surtout des hommes, quand il parle de son agression.

Il a été violé par une femme : « La première réaction des hommes est presque toujours le rire et l’incapacité à comprendre que cela peut être réel, se faire agresser par une femme. »

Quoiqu’il tente pour se sortir du désarroi provoqué par son agression, il se rend compte que ce n’est peut-être jamais assez, il n’y aura peut-être jamais de fin à tout ça.

L’écoute est ce qui l’a plus aidé jusqu’à présent.

Isabelle

Isabelle a réussi à pardonner, et à s’éloigner d’un cercle vicieux, celui de se retrouver toujours auprès d’hommes qui ne la respectaient pas.

« Vivre après de la violence sexuelle ou toute autre sorte de violence, c’est vivre avec des profondes blessures. C’est parfois aussi avoir un complexe d’infériorité envers les hommes. J’ai fait des thérapies et de l’hypnose. Je peux dire que maintenant, à 33 ans, je vis mieux avec mon passé. Je lui pardonne ses comportements, mais jamais je ne pourrai accepter qu’il revienne dans ma vie. Je sais que je suis fragile quand il s’agit de violence sexuelle, cela restera toujours. Je ne peux pas changer mon passé, mais je peux mieux vivre avec. »

Olivia

Olivia n’a pas saisi, quand c’est arrivé. Pour elle, il n’y a pas eu d’après, avant d’être adolescente. Il y avait déjà le choc, la honte, le secret. Mais elle était jeune et elle a tenté d’oublier vite vite. Quand les souvenirs sont remontés, elle a souffert : « Je ne comprenais rien à mes agressions. Je ne savais pas comment en parler. Je n’arrivais pas à vivre. J’ai été à côté de mes pompes une bonne partie de ma vie. »

Elle a tenté de tout oublier. C’était pire, les souvenirs revenaient, la harcelaient. À vingt-et-un an, elle a accepté ses souvenirs. À vingt-six-ans, elle a voulu en savoir plus sur le stress post-traumatique.

Elle a aujourd’hui trente-cinq ans et elle affirme qu’elle a appris qu’un tel événement finit toujours par nous pourrir la vie, tant qu’on n’y réfléchit pas, tant qu’on ne lutte pas pour notre propre survie.

Ludivine

Ludivine met des mots sur tout, quand elle explique ce qu’elle vit, quand elle utilise les mots réels, j’ai l’impression qu’elle extériorise sa détresse, son passé, qu’elle retrouve les larmes qu’elle a déjà laissées couler, lors de toutes ces agressions. C’est une femme d’une résilience que j’admire, une résilience d’arbre immense et fort, qui perd ses feuilles pour en faire des fleurs, plus tard.

“La première fois, j’avais huit ans. C’était dans le grenier d’un camarade d’école, nos parents étaient amis et se fréquentaient, sa sœur était ma meilleure amie. Nous étions enfermés dans le noir, il avait avec lui sa petite épée lumineuse et colorée et m’a montré son sexe, en échange de quoi je devais lui montrer le mien sous peine qu’il ne le dénonce mon acte à ma mère… quelle ironie. Ce que j’ai fait après… j’ai pleuré, j’ai piétiné un oreiller. J’ai pleuré beaucoup, seule, jusqu’à ce que quelques semaines plus tard, en revenant d’une fête d’enfant avec ma mère, alors que j’arborais un beau maquillage de clown, les larmes se sont mises à couler et j’ai tout raconté. Ma mère m’a dit que c’était normal que ça me fasse du mal parce que je n’avais pas été d’accord. Elle a ensuite parlé à la mère du garçon. Il s’est fait engueuler. Ce qui ne l’a pas empêché, à plusieurs occasions et ce jusqu’à l’adolescence, de faire des tentatives d’attouchement, dont ma mère m’a protégée et défendue jusqu’à ce que je sois capable de dire non et d’être entendue.

La deuxième fois, j’avais onze ans, j’avais déjà des seins et des hanches. Je marchais dans la rue. Je venais de dire « non » à un ami qui m’avait demandé « si je voulais sortir avec lui ». Il n’a pas mal pris ma réponse mais ne m’a pas raccompagnée chez moi, et si je lui avais dit oui, 100 mètres plus loin je n’aurais sans doute pas vécu cette agression. Cinq ou six garçons, entre 12 et 15 ans, débouchent d’une rue, m’insultent, me sifflent et se rapprochent pour finalement me suivre jusqu’à chez moi et me toucher fesses et vulve à travers mon pantalon. Pendant 5 bonnes minutes. Je pleure, je dis stop, tout ça en marchant. Ils continuent. Ils rient fort. Je suis rendue chez moi, je me retourne, je hurle que je suis arrivée chez moi. Ils s’installent juste en face à l’arrêt d’autobus. Je rentre chez moi, mes parents sont là, je m’effondre en larmes en racontant ce qui vient de m’arriver, quand ma mère comprend qu’ils sont encore en face de la maison, elle sort en trombe et de dedans je l’entends leur hurler que c’est intolérable, qu’ils sont dégueulasses, que c’est interdit, que je pourrais être leur sœur. Maman, encore. Pour moi justice était un peu faite, mais plus jamais je ne suis rentrée chez moi avec la même insouciance.

La troisième fois, j’avais douze ans, ça s’est passé à la piscine. Des garçons sont arrivés sous l’eau pour me « doigter » comme on disait. J’ai hurlé, pleuré et je suis sortie de l’eau et rentrée chez moi. Ma mère était très peinée de ne pas pouvoir aller les engueuler cette fois-ci. C’était trop tard.

La sixième fois, j’avais dix-sept ans, ça s’est passé chez une copine. Deux gars paquetés, supposés être des amis, se sont mis à me poursuivre dans l’appartement pour me toucher en riant, en chantant et en me disant de me laisser faire. Jusque là je ne faisais que dire non (ce qui aurait dû suffire). Lorsque j’ai pleuré et crié que je ne trouvais pas ça drôle, ils ont arrêté. Après ça j’ai dormi, d’un seul œil. Quelques années plus tard, j’ai croisé l’un des deux gars lors d’une soirée, il a profité de cette occasion pour s’excuser. Il s’en souvenait. J’ai été touchée qu’il me dise qu’il était jeune et con et qu’à l’époque il ne réalisait pas la portée de son geste.”

Elvis Experience: le spectacle m’a fait penser à Justin Trudeau

mars 21, 2016

elvis trois

J’ai rejoint mon frère dans une robe que j’aurais dû repasser avant de l’enfiler pendant que mes enfants dévoraient des croquettes de faux poulet.

Nous avons bu du champagne, trop rapidement, et j’avais l’impression que c’était un sacrilège.

Quand le spectacle Elvis Experience a commencé, mon frère a texté un ami qui était à Las Vegas, il lui a dit que lui aussi, il y était. Et c’était tout comme. Martin Fontaine, qui incarne Elvis lors du spectacle, est impressionnant, et tous les musiciens et choristes derrière lui aussi. Je me suis demandé s’il couchait avec ses groupies.

-Ça sent comme dans l’entrée de la section des parfums au La Baie.

-Je pourrai confirmer à ta blonde que tu étais vraiment avec moi, pas avec cinq madames.

Selfie pour montrer que mon frère et moi avons passé la soirée ensemble.

Selfie pour montrer que mon frère et moi avons passé la soirée ensemble.

Pendant l’entracte, j’ai annoncé à tout le monde qui faisait la file pour les toilettes que je voulais trouver un costume bleu pastel d’Elvis pour mon fils. Un homme est allé rejoindre une femme qui venait de complimenter ma robe pas bien repassée. Il lui a montré le foulard du King. Une autre femme a raconté qu’assis près d’elle dans le théâtre, il y avait deux femmes qui avaient déjà assisté au spectacle d’Elvis, à Cleveland et Las Vegas. Elles étaient prêtes à être hyper critiques, mais elles adoraient Martin Fontaine.

Pendant le spectacle, sur les écrans vidéo, je regardais le vrai Elvis et j’ai confié à mon frère qu’Elvis, c’était un mixte entre lui, mon petit frère tout propret, et Justin Trudeau.

Justin Elvis

Elvin Justin

-Avoue, il a vraiment de quoi de Justin Trudeau ! C’est sûr que je ne suis pas la seule à trouver ça.

Nous avons dansé un peu et j’étais vraiment heureuse, parce que je ne m’imaginais pas rester assise tout le temps.

Après le spectacle, mon frère s’est fait filmer et il a avoué à la caméra qu’il ne connaissait pas Elvis, mais qu’il avait écouté des chansons sur Spotify juste avant de venir au théâtre St-Denis. C’était parfaitement déplacé. Il a tout de même reconnu que Martin Fontaine était génial, et je suis d’accord même s’il ressemble moins à Justin Trudeau que le vrai Elvis Presley.

 

Occupy le 8 mars

mars 9, 2016

stunning 8 mars

Le 8 mars, journée internationale des droits de la femme et des débats insupportables sur le véritable nom de cette journée, le 8 mars et les luttes, le 8 mars et « la solidarité et la compassion comme approches radicales », tel que proposé par Anick Desrosiers, le 8 mars et toutes les femmes.

J’aurais aimé vous parler de plus de femmes, de Daniella et ses jupes, de Geneviève qui n’a pas pu être psychologue, de Josée Yvon, de Marie et son besoin de silence et d’un langage nouveau, de Christiane et d’une chasse aux trésors, d’Émilie et de sa cachette sur un terrain de golf, de Dominique et de ses muffins au chia et des photos oubliés chez son ex, d’Aimée et de ses mouvements envoûtants de danse, de Josée et des numéros de téléphone sous une semelle de souliers, de Tracy Quan, de Vania et ses plaisirs, de la dame à l’arrêt d’autobus, rouge au lèvres, qui me parle de son futur petit-fils, de France, ma marraine, et de notre correspondance interrompue, de Sandrine et ses chansons, d’Evelyne et des objets à époussetter, de Sandrine et ses compromise et ses souvenirs de plage, d’Alice Munro, de Gwen et les questions à sa fille, de Chelsea Handler, d’Élisabeth Badinter, d’Amélie et de ses accouchements, de Joanna Angel, de Marie-Hélène et sa confiance et ses mots, de Karine et des robes qu’elle fait selon les dessins de ses élèves, d’une autre Karine et de sa maison comme une chambre à soi,de Stéphanie St-Amant, d’Anne-Marie et de son visage sculpté dans la résilience, de Magalie et de sa fête au Lo Dico, de Marcelle et des leçons de piano qu’elle me donnait.

Merci d’avoir lu ma série de portraits.

Je vous propose d’autres lectures, dans un ordre hasardeux, d’autres lectures sur les femmes et leurs droits et leurs luttes et leur corps, leur corps qui leur appartient toujours, qu’elles choisissent de vendre une heure d’affection, d’accoucher à la maison ou à l’hopital, de manger leur petit déj toute nue, leur corps, toujours, devant un miroir, ou jamais devant le miroir, le corps que nous habitons et qui nous est nié, nous ne sommes pas qu’un corps, mais nous nous retirons trop souvent hors de lui, nous ne sommes pas que des seins, un sexe, des jambes, des cheveux, je ne suis pas qu’une jument sauvage, mais par souçi d’être totalement qui je suis, je veux et j’occupe mon corps, consciemment, et le proclame, le 8 mars.

1.Je suis pizza, par Corine Lespérance.

2.Women in the porn industry need rights and proper pay, not token gestures, par Zahra Stardust.

3.On a listé les pires initiatives pour la journée internationale des droits des femmes, par Carole Boinet.

4. International Women’s Day, par Ann Montgomery.

5.10 female revolutionaries that you probably didn’t learn about in history class, par Kathleen Harris.

6.60 stunning photos of women protesting around the world, par Emma Gray et Damon Dahlen.

7. Why we smile at men who sexually harass us, par Hanna Brooks Olsen.

Marion ne doute presque pas

mars 8, 2016

Du 8 février au 8 mars, j’ai envie de vous présenter des femmes que j’aime. Chaque jour, pendant un mois, une femme. Un mois en attente de la Journée internationale de la femme, que cette journée signifie quelque chose pour vous ou non. Ces femmes, je les aime. Elles sont importantes parce qu’elles ont un prix Nobel ou parce qu’elles sont les premières avec qui j’ai joué à Alerte à Malibu dans ma piscine.

Marion

Dans un recoin de mon appartement, avec nos premiers enfants qui tentent leurs premiers pas, Marion me raconte qu’elle allait à l’église le dimanche toute seule, jeune adolescente en autobus, de chez sa mère à l’église, celle que lui avait fait découvrir son père, celle de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.

Assise, le dos contre un mur, elle se rappelle qu’elle avait refusé d’aller voir American Pie avec ses copains du lycée.

Elle affirme sa foi et sa bonté tout naturellement, dans sa compassion pour les autres, ses appels à l’aide, son ouverture, nous parlons de tout, ensemble, même si elle ne peut pas écouter The Wolf of Wall Street parce qu’il y a trop de corps surexposés et de blasphèmes et même si moi, de mon côté, je crois fermement à Jésus et au pouvoir du grain de beauté sur mon sexe. Nous ne blâmons pas l’autre pour ce que l’autre n’est pas.

Si elle aime sans douter, elle doute encore trop souvent d’elle, ses yeux fatigués, ses yeux distraits, ses yeux admirant ses fils, ses fils à bicyclette, avec des chandails de super-héros, ses fils, l’un contre elle, tout contre elle, son fils koala, et l’autre qui se sauve des baisers, ses yeux sont doux pour le monde entier, mais durs lorsqu’ils s’abaissent sur elle.

Marion aurait besoin de dormir quatre-vingt heures, d’être bordée dans une couette chaude, qui sent les marguerites et les croissants et le chocolat chaud, mais elles n’existent pas encore, les siestes de quatre-vingts heures, alors Marion s’accroche et se répète que tout ira bien.

Tout ira bien, elle le prie et je le prie, tout ira bien car tout doit aller forcément bien, après le mal de se lever et de réconforter ses petits, après il y a des gâteaux et des pinatas à réaliser, des chants, la télévision en background, des décorations en carton en background, des concombres et des tomates sur le balcon, tout ira bien.