Posts Tagged ‘prostitution’

Je n’ai pas de fuck-me boots en latex rouge

octobre 15, 2010

Quand j’étais escorte, je recevais environ une fois par mois un client du Texas, dans un appartement à Montréal. Il disait que de passer un weekend à Montréal, c’était la cure anticancer parfaite. Et son médecin était d’accord! J’en ai parlé avec Daphnée Tranchemontagne, ainsi que des différents types de prostitution à Montréal. Il n’y a pas que des filles fuck-me boots en latex rouge sur la rue Sainte-Catherine, guys.

À lire : http://www.faubourgvillemarie.ca/Actualites/Grands-dossiers/2010-10-14/article-1849047/Montreal%2C-metropole-du-sexe!/1

Photo par Joseph Jew Chouchou Elfassi

Jésus, bottines rouges et faux ongles

octobre 13, 2010

Je mets des jeans troués – la honte pour une entrevue, je préfère les robes, mais je n’avais plus rien de propre et pretty dans ma garde-robe – et je me dirige vers la Brûlerie sur Masson. La barista a des ongles superbes. Elle me file le numéro de téléphone de son salon de beauté préféré et je la remercie, m’imaginant déjà avec de faux ongles en gel sparkling doré.

Je rejoins Valérie Schmaltz, une journaliste aux Journaux Nord-Info/Voix-des-Mille-Îles et un caméraman au col de chemise d’un bleu éclatant. Je remarque que la journaliste porte des superbes bottes rouges, de la même couleur que celles que j’ai choisi de porter moi aussi. Nous placotons de féminisme abolitionniste et de libido, contentes de nous rencontrer pour un de ses dossiers sur la décriminalisation de la prostitution – elle rencontre des travailleurs de rue, des prostituées de tous les âges et des maires. Nous avions d’abord pensé parler dans un spa, puis dans un hôtel, mais finalement nous terminons notre café et marchons dans la rue, pour nous retrouver dans une église – c’est lors de mon expérience comme escorte que j’ai trouvé la Foi. Le prêtre, avec une baguette de la boulangerie Première Moisson sous le bras, accepte que je parle de mon expérience d’escorte dans son église.

Grâce au caméraman, j’apprends même comment allumer un lampion, ce que je n’avais jamais fait depuis ma visite à dix ans de l’Oratoire Saint-Joseph. Love Jésus, love les prêtres ouverts d’esprit, et love la possibilité de parler des besoins réels des travailleurs du sexe.

Espresso et lubrifiant

Mai 15, 2010

Je sèche pas mes cheveux et je rejoins Marissa au Café Méliès. Elle m’attend, à la terrasse, et dès qu’elle me voit, elle se lève et me dit : « Je dois aller aux toilettes, je pense que j’ai commencé à être menstruée, je veux pas tacher la chaise. »

Je prends un espresso, je regarde les passants, un mec avec des bottines à talons hauts passe devant moi, et Marissa revient, en tirant vers le bas sa mini robe noire. Elle m’embrasse, « Fausse alerte, c’était de la mouille qui me coulait sur les cuisses, pas du sang. », et elle demande à une serveuse deux plats d’œufs norvégiens. Elle dit : « Je suis allée en République Dominicaine avec un client, je t’avais pas dit, c’était à la dernière minute, c’est pour ça que je ne suis pas allée à ton lancement. Ça me fait quand même drôle de savoir que tu m’as appelée comme toi, quand tu faisais la pute. J’aurais bien voulu me taper des clients avec toi. »  Je caresse sa cuisse avec le talon de mon soulier : « Ouais et on aurait fait des concours de qui-a-le-plus-beau-clito-gagne-vingt-dollars-en-bonis. »

Nous regardons les couples dans la rue : « Arnaud a une nouvelle copine. Je le revoyais depuis qu’il avait rompu avec moi, je passais des weekends avec lui, il recommençait même à prendre ma main dans la rue, il me disait qu’il me pardonnait de lui avoir caché que j’étais pute pendant d’aussi longs mois, mais du jour au lendemain, il a bloqué mon numéro de téléphone, et je l’ai croisé, deux jours après mon retour de République Dominicaine, avec une fille à la teinture rousse crissement mal faite. J’ai pas pu m’empêcher d’aller les voir, et de prévenir la fille de jamais utiliser l’éponge dans la douche d’Arnaud, parce qu’il s’en sert juste pour son cul et ses pieds. »

Je lui dis que j’ai déjà des ampoules aux pieds, ça craint pour l’été qui s’en vient, et je lui demande comment c’était, son voyage. Elle dit : « Je serais restée un mois de plus, c’était avec un client trop gentil, qui se crossait plus souvent qu’il ne me baisait. Et quand il se crossait, il utilisait toujours plein de lubrifiant, ou de la vaseline, mais une fois, il s’est trompé, et il a pris mon savon désinfectant antibactérien whatever pour les mains et sa bite a chauffé toute une journée, le pauvre. Je suis partie faire de la plongée sous-marine pendant qu’il pleurait dans la chambre. »

Je trempe un morceau de croissant dans la sauce hollandaise : « Tu es une peste Marissa. » Elle me donne un coup sous la table, je lui lance mon morceau de croissant, direct sur ses petits seins caché sous sa mini robe noire : « Tu sais que je voudrais faire maintenant? Aller dans un hotel tout près avec toi, piquer des sachets de thé à la réception et faire semblant qu’on est deux princesses enfermées dans un château. » Elle fouille dans sa sacoche : « J’ai le cash. Mais toi, tu es mieux d’avoir une chatte toute rasée. »

Jouer à l’héroïne dans un bordel

février 23, 2010

Autre raison pour rendre la prostitution légale à l’intérieur d’endroits bien définis : le taux de décès suite à une crise cardiaque provoquée par l’ouverture de deux jambes sublimement miellées à l’huile Prodigieuse Or de Nuxe.

En Suisse, dans les bordels de la ville de Lugano, des milliers de mecs mouraient à force de popper des petites pilules pour rester durs et bien profiter de leur heure de plaisirs payants. La solution des propriétaires de bordels : installer des défibrillateurs cardiaques dans les chambres occupées par les déesses du cul.

Les prostituées sont maintenant appelées à être des sauveteuses encore plus sexy que les lifeguards en maillot rouge serré sur le bord des piscines, l’été.

Source : http://www.thefrisky.com/post/246-swiss-prostitutes-can-save-your-life/

J’aime les putes, et pas juste parce qu’elles portent du latex fièrement

décembre 17, 2009

Qu’elles soient plus belles qu’Angelina Jolie ou moins belles que Rumer Willis, qu’elles se paient de la coke ou une nouvelle paire de souliers ou des études en microbiologie ou une poussette, qu’elles acceptent un client par jour ou quinze, j’admire les prostituées, et aujourd’hui, je m’en paierai peut-être pas une, mais si vous, vous le faites, massez-lui le dos après lui avoir joui sur la face, elle appréciera. Et lavez-vous toujours les mains avant de lui rentrer un doigt dans la chatte, petits cochons.

Depuis 2003, grâce à la Fabulous Annie Sprinkle, le 17 décembre est la journée internationale de dénonciation de la violence faite aux travailleuses et travailleurs du sexe. Parce que si c’est rare que nous entendons parler d’une caissière à l’épicerie qui s’est fait frapper par un client, c’est moins rare pour les putes, qui travaillent parfois dans la peur, et l’isolement. Je vous love girls, et je cite la Fabulous Annie Sprinkle, qui énumère les raisons pour lesquelles les hos sont ses héros :

« Whores have careers based on giving pleasure. Whores teach people how to be better lovers. Whores wear exciting clothes. Whores have patience and tolerance for people that other people could never manage to put up with. Whores make lonely people less lonely. Whores endure in the face of fierce prejudice. Whores get laid a lot. Whores are interesting people with lots of exciting love stories. Whores have the guts to wear very big wigs. »

(Hos, Hookers, Call Girls, and Rent Boys, sous la direction de David Henry Sterry et R.J Martin Jr.)

http://www.swopusa.org/dec17/

http://www.chezstella.org/

Marissa mange du popcorn presque toute nue

août 9, 2009

Marissa arrive à vingt-deux heures trente, en sonnant comme une malade parce qu’elle a oublié le code de la porte, à l’entrée. Elle dit pardon, je suis désolée, elle laisse tomber son sac de gym Lululemon rempli de condoms à la menthe, de condoms minis pour ses clients asiatiques, de condoms Mr Big pour ses clients français et blacks, de lubrifiants, de sa trousse de maquillage, de son fer plat, d’un spray à cheveux qu’elle met toujours sous le lit, pour brûler les yeux d’un client violent, c’est jamais arrivé, mais faut savoir se protéger, un peu, et dans son sac de gym il y a aussi une bouteille d’eau à saveur de raisins, ses souliers à talons hauts, sa petite culotte trempée, sa minijupe noire avec du sperme séché dessus, et sa camisole noire avec des paillettes, et un Summum avec Bianca Beauchamp sur le cover, et un In Style.

Elle court aux toilettes, elle laisse la porte ouverte, et elle crie, mon dernier client m’a comme enfoncé mon tampon jusque dans les seins, je suis sûre, j’ai commencé à être menstrue et j’avais pas d’éponge et je voulais pas aller voir Amber, l’autre fille qui travaillait avec moi, dans un appart au-dessus du mien, elle est chiante et elle fait de l’acné, je pouvais pas continuer de travailler comme ça jusqu’à minuit, à juste proposer des pipes.

Je sers une bière à Alexandre Le Grand, avec vraiment trop de mousse, et je lui dis tu veux continuer à écouter The Wrestler? Marissa arrive avec son lapin brun en peluche, au moment ou Alexandre Le Grand soulève ma jupe pour regarder mon cul et me donner une mini fessée. Elle dit oh popcorn et vin rosé, est-ce qu’on peut recommencer le film au tout début, vous êtes merveilleux, je vous aime, demain matin je vous prépare le petit-déjeûner. Elle m’accompagne à la cuisine en laissant sa peluche sur les genoux de mon mec, et nous ouvrons une bouteille de rosé, elle me sert dans ses bras, et elle me dit tu sens le cul, tu t’es rentrée des doigts? Je lui dis ta gueule pétasse, et elle trempe sa langue dans son verre de rosé, avant de me la passer doucement sur les lèvres.

Sur le sofa, presque trop petit pour trois, je m’installe entre elle et Alexandre Le Grand, mes cuisses touchants les leurs. Alexandre Le Grand est total fasciné par le film, c’est la deuxième fois qu’il le voit, et il n’arrête pas de plaindre Mickey Rourke et son visage, il dit dans Barfly, il était beau. Marissa dit j’ai juste baisé avec des gros mecs aujourd’hui, ils avaient tous des visages de poupons de quarante ans, je les trouve trop craquants. Marissa est assise, ses jambes sous elle, ses genoux vers moi, et elle laisse traîner une main sur ma jupe Tristan America.

Je sais que mon mec remarque la main de Marissa, il n’est pas super content qu’elle soit avec nous, mais il accepte qu’elle s’installe, avec ses vêtements dans notre garde-robe et ses tisanes diurétiques, à la reine-des-prés et au fucus, sur le comptoir de la cuisine. Je me penche pour prendre mon verre de rosé, Marissa glisse sa main dans mon dos et tire sur ma culotte tanga. Je me retourne vers elle, et elle sourit, en roulant ses longs cheveux noirs autour de ses doigts, pour se faire un chignon. Elle plaque son lapin en peluche entre ses jambes et elle me demande quand tu étais petite, tu te frottais aussi contre tes toutous ? Et je dis juste avec mon basset, il avait le nez usé, mais je me sentais coupable, il puait trop la chatte et je pouvais pas demander à ma maman de le laver.

Alexandre Le Grand dit et vous vous touchiez entre copines, à l’âge de dix ans ? Et Marissa dit jamais, j’ai même pas joué au docteur avec mes cousins, mais si ça vous dérange pas, les amours, vous êtes merveilleux, pouvez-vous faire une pause, j’ai pas joui de la journée et j’ai trop besoin de me branler, je peux aller dans votre lit, ça fait trop bizarre d’utiliser un vibrateur dans une chambre pour enfants.

Je m’imagine pas avec une coloc qui se brosse les dents pendant que je me rase la chatte

août 7, 2009

En buvant un coca zéro, je me change, je laisse une pile débile de robes sur ma commode antique. Je demande à Alexandre Le Grand si ma robe Guess noire est trop serrée, il dit non, tu peux déboutonner un peu, voilà, tu aurais de bons pourboires si tu travaillais au Quartier. Je lui montre mon cul, il dit qu’il a envie de me fourrer le t-shirt que j’ai porté pendant la journée dans la bouche et de m’enculer rapidement avant d’aller chez Élise et Jean-Pascal, mais je dis nan, je suis sale, tu en aurais pour quinze minutes à te laver la queue après de toute ma merde.

Dans l’auto, je me remaquille et je me joue dans les cheveux en me regardant dans le miroir, j’adore faire semblant d’être aussi sexy que Dita Von Teese. Nous arrivons à Habitat 67 et mon mec me dit que nous allons dans le bloc sous celui d’Élise et Jean-Pascal, parce que le leur est utilisé pour un tournage de film, Funkytown, avec Patrick Huard.

Élise vient vers nous, elle m’embrasse et me dit que je suis toute belle, et si Élise dit que je suis belle, c’est comme le compliment ultime, c’est ma copine extra la plus classe, celle à qui je voudrais le plus ressembler si j’étais pas plus racaille blanche que noblesse, elle est toujours plus que jolie, avec son sourire, ses ceintures qui prouvent sa fashion attitude et sa taille de guêpe à l’épreuve de toute grossesse, ses trouvailles chez Winners, même si elle dort que cinq heures, avant de donner du lait à son Calvin chéri, même si elle danse sept heures par jour le Hokey Pokey, avec son Calvin chéri, il a un an et demi et il est trop charmant, mais épuisant.

J’embrasse aussi Rita, la mère de Jean-Pascal, nous sommes dans son cube, avec trois chats trop poilus et en attente de caresses, et je regarde le contenu de sa bibliothèque, c’est une bibliothécaire à la retraite, et elle a putain trop de livres sur le viol, rangés entre genre L’Odissée, et des romans de Denise Bombardier. Rita nous montre des photos de Jean-Pascal à quatre ans, avec des lunettes grosses comme un béluga et des photos de Bertrand Gervais, un ami de Jean-Pascal quand il avait une barbe, et mon ancien prof de littérature américaine contemporaine. Pour prouver que je suis une fille avec une morale vraiment inébranlable, je dis au moins dix étudiantes par cour voulaient le baiser, c’était nul, je baiserais jamais un prof qui se sait trop désiré, et il est sorti avec la mère de Misha, alors ewww, je peux pas me comparer à la mère de Misha, les jambes écartées.

Élise me dit pardon mille fois avant de programmer un épisode de Baby TV sur sa télévision, je rigole, mais fuck, je la trouve trop bonne, d’être sous aucune médication, et d’écouter les putains de marionnettes chantonner et tout. Rita change de poste et elle tombe sur une émission honorant la Reine Élizabeth. Elle dit ses chapeaux, ses chapeaux, et moi je la coupe et je dis j’aime trop Lady Diana, grâce à elle je pourrais me dévouer à vie pour genre les sidéens ou le Prince Harry.

Je bois du rosé jusqu’à dire que je veux me marier avec Élise, et devenir musulmane, pour avoir plein de femmes genre, et toujours avoir du poulet shish taouk sur la table, avec du riz mixé à du ketchup et du tabasco. Je promets à Élise d’être fidèle, de pas lécher aucune autre chatte que la sienne, et de magasiner tous le lundis avec elle, et de pas regarder trop intensément ses seins quand elle allaite Calvin.

Mon cellulaire sonne quand je lui dis que je peux essayer de donner du lait à Calvin moi aussi. C’est Marissa, elle est toute affolée, je reconnais même pas sa voix, et je suis trop alcolo pour bien lire l’heure, mais il est tard, et elle me dit un client m’a suivie, chez moi, il faut que je partes, je peux plus donner de la sauce à spaghetti à mes voisins, je peux plus rester là, sans store, à splasher de la peinture sur le plancher et à rester toute nue toute la journée, je sais pas quoi faire, je te jure, je l’ai reconnu, c’est celui qui n’a pas été capable de me baiser, il avait juste du pré-cum, il était pas capable d’être assez dur pour que je lui enfile un condom avec ma bouche, il y a une semaine, il a préféré me parler de décalage horaire, j’ai sa carte, il m’a donné sa carte, je sais pas quoi faire, il a pas sonné chez moi, mais je l’ai vu, il a acheté un sandwich au Couche-Tard, juste à côté, et il a bouffé son sandwich devant chez moi, direct devant chez moi, je pouvais même pas me faire bronzer en buvant de l’eau aux raisins, je peux dormir chez toi, quelques jours, s’il te plaît ?