Lacan et maillot doré à la piscine

juillet 5, 2010

Casquette de trucker et Pina Colada

Mes gougounes Betsey Johnson claquent sur le sol de la terrasse de l’Hotel de la Montagne. Molly se retourne vers moi, elle relève sa casquette de trucker sur sa tête pour m’embrasser: « J’ai lu dans un magazine que ça redevenait tendance et j’aime ça avoir l’air un peu bad ass. » Je lui apprends que Misha va venir nous rejoindre plus tard, pour dix Pina Colada et deux-trois longueurs dans la piscine.

J’ajuste mon maillot de bain, pour ne pas exposer mes tétons tout de suite, et je m’applique de la crème solaire à l’odeur de noix de coco partout sur le corps. Je demande à Molly si j’ai de la crème sur le visage. Elle m’en étend un peu sur le front et le nez. J’ouvre la revue Philosophie, je l’ai piquée à Travis, quand je l’ai aidé à déménager la semaine dernière : « Je suis obsédée par Michel Onfray. Je trouve trop mignon ses cheveux un peu bouclés. Et j’adore la discussion qu’il a avec le mari de la fille de Lacan, un mec moins sexy mais qui dit des trucs intéressants, écoute, Avec sa formule « Il n’y a pas de rapport sexuel », Lacan ne veut pas dire, bien sûr, que les relations sexuelles n’arrivent jamais; mais le langage fait que chez l’être humain, à la différence des animaux, il n’existe pas d’appropriation nécessaire, de destination d’un sexe pour l’autre. Le garçon n’est pas voué à la fille. Chacun construit, choisit son mode de jouissance et son usage du sexe (solitaire, hétéro ou homosexuel). La morale lacanienne est une morale de l’invention de soi, de la singularité. Trouvez votre singularité, la voie de votre désir et assumez-en les conséquences. »

Mes frères sont plus populaires que moi

Molly me regarde : « Oh pardon, je t’écoutais pas, je regardais le mec là-bas, tu trouves pas qu’il ressemble un peu à ton frère Marky Mark? Je voudrais bien coucher avec un de tes frères. Ils sont en couple? » Je lui donne un coup avec la revue Philosophie. Une tache d’encre apparaît sur son bras. J’ai tellement chaud que je ne sais pas si c’est de la cyprine ou de la sueur, entre mes jambes. Je saute dans la piscine. Je mouille même mon visage, en me fouettant de mon mascara Lancôme pas waterproof. Je fais une longueur de crawl.

Deux filles trempent leurs pieds dans l’eau, je vois leurs bracelets en argent briller. J’aimerais qu’un mec saute dans l’eau, qu’il m’oblige à rester dans un coin de la piscine, les yeux rivés vers les autres filles, et qu’il tire sur les ficelles de mon maillot de bain, me chuchotant de me laisser faire. Je ne me tournerais même pas vers lui, je ferais un sourire à mes copines, je prendrais les doigts du mec dans ma bouche, en pensant à la paille que je passerai entre mes lèvres, plus tard, à saveur d’alcool sucré. Je me concentrerais sur le goût salé et chloré des doigts du mec, avant de sentir sa queue me pénétrer. Je nage jusqu’à Molly, en me branlant rapidement sous l’eau.

Petite chienne mouillée en attente de baisers

Je secoue accidentellement mes cheveux sur le corps de Molly, allongée sur une longue chaise blanche. En sacrant, elle me donne une mini fessée. Je m’assoie par-dessus elle, rigolant, et je fais la petite chienne mouillée, envoyant de l’eau partout. Molly me tire les cheveux. Elle m’attire vers elle, et me mord la lèvre inférieure. Je sors la langue. Elle me repousse : « J’ai trop chaud, allons jouer dans l’eau, genre à Marco Polo, je promets de te pincer le clito subtilement. » Je me dirige vers la piscine, et je plonge, les yeux bien ouverts. Mon clito me démange. J’ai hâte de sentir les doigts de Molly, et peut-être ceux de Misha, si elle arrive avant que je ne m’endorme intoxiquée au soleil, en faisant l’étoile dans l’eau.

Future adoption: un huard ou un joueur de soccer

juillet 5, 2010

En bateau avec mon papa, je commence à gueuler comme une malade en voyant, entre les deux huards du lac, un bébé huard. Mon papa pense qu’un enfant est en train de se noyer ou whatever. Il comprend après trente secondes que je parle d’un oiseau. Il m’en veut pendant trente secondes. Il me demande de me calmer, parce que je continue de gueuler en pointant le lac: « Il y a un bébé! Il y a un bébé! ». Mais après on regarde les huards et le bébé huard longtemps-longtemps et on tente d’imiter leurs cris.

(Photo prise quand les huards s’en vont et que je suis total trop navrée de leur départ pour prendre une photo plus jolie. On voit le bateau de mes voisins, beaucoup d’arbres, et deux taches noires sur le lac. Les deux taches noires sont maman huard et papa huard.)

À porter topless ou avec un chemisier trop serré

juillet 5, 2010

Trouvaille de la journée : des shorts Guess avec des petites fleurs rouges sanguines. Je m’imagine total à quatre pattes, la couture des shorts bien enfoncée dans ma fente, mouillant comme une salope en manque, attendant d’avoir les shorts aux genoux, baissés par mon mec pressé de me remplir.

Grosseur cantaloups

juillet 5, 2010

Mon petit frère Philippe a refusé de me photographier à l’épicerie, avec des cantaloups sur mes seins. Un monsieur moustachu avait l’air presque intéressé, mais je ne lui ai pas demandé: il avait du coke même pas diète dans son panier. Eeeeeew.

Tendances design de poils pubiens

juillet 2, 2010

 

Dans un Multimag, je regarde les calendriers de Betty Boop, je pense à ma copine extra Betty, je ne l’ai pas vue depuis son voyage en Italie, je m’ennuie de quand nous dansions jusqu’à trois heures du matin ensemble, à crier comme des petites-filles-hyperactives-addict-aux-miroirs-des-toilettes-de-bars les paroles des chansons de Madonna et de Lady Gaga.

Je m’achète une barre de choco à la menthe, et Hip Snips, un livre sur les tendances design de poils pubiens. J’appelle Betty, pour lui suggérer de partager un smoothie fraises-bananes avec moi, bientôt comme dans maintenant, et elle accepte : « Faut que je te parle du mec qui m’a obligée à le sucer après qu’il soit venu dans mon cul. »

Chaussettes et échardes dans le cul

juillet 2, 2010

En tentant de trouver une boutique qui vend des chaussettes Trumpettes, sur la rue Sherbrooke Ouest, je croise un mec pas rasé. Il me demande l’heure, puis il me dit qu’il vient tout juste de se réveiller : « J’ai trop bu hier. Tu veux aller prendre un verre avec moi? Tu habites près d’ici? » Il me serre la main, j’ai envie de lui dire que je ne parle ni français, ni anglais, mais il me fait penser à tous les mecs que je rencontrais, quand j’étais adolescente, wannabe gothique, et super naïve.

Trop gentille, à seize ans, les seins encore aussi petits que des piqûres de moustiques, je donnais le numéro de téléphone de mes parents à n’importe quel mec qui me disait que j’étais belle. Je me retrouvais ensuite en train de baiser dans une chambre, dans Montréal-Nord, pendant que dix amis de mon nouvel amant écoutaient un film porno dans la pièce à côté, ou je me retrouvais sur une table à pique-nique, des échardes plein le cul, derrière le centre commercial Place Versailles.

Je placote un peu avec le mec hangover, il me parle de sa maman et du montant de son loyer, puis je m’invente un faux nom, et un faux prétexte pour rentrer dans une boutique de savons bio. Après dix minutes à discuter avec une vendeuse des effets bénéfiques de la lavande et de la coriandre, je sors. Je me retrouve toute seule, sur le trottoir, et je n’ai plus envie de trouver des chaussettes Trumpettes, je n’ai plus envie de me comparer à celle que j’étais à seize ans. Je veux un skinny vanilla latte, me faire dire par mon papa et ma copine Pamela que mes robes sont trop courtes, et avaler un rhum et coca zéro, sans prier pour que la fin du monde soit rapide, sans savoir si demain j’aurai envie de me peser ou d’essayer une nouvelle teinte d’ombre à paupières ou de m’acheter des pasties en plumes de paon ou de m’inscrire pour faire du bénévolat à la SPCA.

Boites de dildos à déménager

juillet 2, 2010

Je prends le métro en jeans déchirés et en running shoes, je me sens pas moi-même, sans ma démarche de pétasse en talons hauts. Misha et Travis sont surpris de me voir comme ça, ils avaient parié qu’ils entendraient le bruit de mes talons de quatre pouces sur le trottoir. Je leur tire la langue : « Je vais pas vous aider à sortir vos boites de livres et de dildos habillée en pute. Je me suis même pas lavée les cheveux ce matin. » Misha remarque que je porte un soutif jaune fluo. Nous attendons trente minutes le camion de déménagement, et la maman, le beau-papa et les huit frères et sœurs de Misha.

Dans le camion, en sueur, après avoir collé vingt mille boites contre mes seins, je prends le walkie-talkie du beau-papa, et je tente de parler à Misha, dans l’auto de sa maman, à quelques mètres de nous : « Hello? Hello? Es-tu autant mouillée que moi chérie? » Pas de réponse. Puis un crachottement : « Tu n’es pas sur la bonne fréquence. Je suis un chauffeur de taxi, moi. » Je ferme le walkie-talkie, après avoir répété pardon, pardon, et je demande au beau-papa de Misha s’il se rappelle sur quelle rue nous devons nous rendre.

Près du Cinéma Beaubien, nous nous stationnons dans une ruelle. Pascal, un ami de Travis, de retour des plages nudistes de Vancouver, I speak English well now, aide à soulever les meubles que j’évite, me cachant dans la cuisine pour manger un sandwich au thon préparé par la maman de Misha. Je feuillette une revue trouvée dans le bac de récupération des voisins : « Man, Misha, tu savais ça, toi, que si ton gâteau colle au couteau quand tu le coupe, il faut que tu utilises un morceau de fil dentaire et que tu tranches le gâteau en déplaçant légèrement le fil de droite à gauche? »

Campagnes pro-abstinence vintage

juillet 1, 2010

Gosh ce genre de campagnes ne m’auraient jamais convaincue (faut vraiment voir celle avec deux personnes très très laides qui font de la randonnée en forêt pour contrôler leurs pulsions sexuelles dangereuses), mais ça me donne très envie d’avoir une arme à feu rose incrustée de pierres précieuses.  

source photo: http://www.huffingtonpost.com/2010/06/29/sex-education-posters_n_629130.html

Mais je dis pas que les queues c’est overrated

juin 29, 2010

Pas besoin d’avoir pénétré un de mes trous pour savoir que je jouis pas toujours, et que je m’en moque, tant que j’ai le clito en érection et que je hurle, les seins collés contre un cadre de porte, ou la tête enfoncée dans un oreiller. Si les quelques mecs qui me sont passés dessus avaient toujours insisté pour que j’orgasme grâce à leur queue, c’est total évident que j’aurais moins aimé baiser. J’aime mieux penser aux couilles qui cognent contre mon cul qu’à un truc qui peut anyway attendre plus tard, quand je m’assoirai toute mouillée sur la face de mon mec.

source photo: http://www.postsecret.com/

Help Wanted-Male

juin 28, 2010

J’ai pas mille choses importantes à faire, mais genre il faudrait que je me rase les jambes, que je trouve le moyen d’avoir les cheveux autrement que trop sauvagement coiffés, que je m’applique de la crème sur mes pieds que je torture avec des souliers trop serrés – mais si mignons, mes pieds pardonnent tout – , que j’écrive un autre chapitre à un livre que vous adorerez lire one day et que j’aille porter mon curriculum vitae dans des salons de bronzage. Mais who care? Je choisis de passer mon temps à écrire des cartes postales coquines à des copines extras, au soleil.