Archive for the ‘reading is sexy’ Category

Moi en bitchette

Mai 7, 2012

Comme je vous l’avais annoncé plus tôt, j’ai maintenant une chronique sur le site de Canoe, dans la toute nouvelle section Hommes. Je me permets d’être plus bitchette qu’ici…allez me lire et dites-moi ce que vous pensez d’ Une poutine au poulet plutôt que l’infidélité!

En voici un extrait :

« Quand je travaillais dans l’industrie du sexe, je comprenais les hommes qui se plaignaient de leur femme. Ils avaient tous l’air de s’ennuyer et d’avoir une femme plus préoccupée par un nourrisson et une crème miraculeuse contre les varices que par les couilles de son mari. Je comprenais les mecs de vouloir oublier leur femme pendant un moment, avec moi ou devant le sourire craquant d’une barmaid qui abuse de gloss repulpant… »

Lisez aussi une suggestion de bande dessinée érotique!

P.S. Pour être plus gentille avec Alexandre Le Grand (qui n’oublie pas tous les jeudis mon prénom, thank God), je dois souligner la douceur de ses bisous matinaux, il est parti travailler aujourd’hui alors que j’étais encore endormie et je l’ai senti descendre les draps, pour embrasser mon dos. Sweet.

Ta grosse queue dans mes organes reproducteurs

Mai 1, 2012

Un de mes plaisirs quasi coupables est de lire des trashy novel (une recette parfaite de sexe, meurtres, gold diggers, célébrités, wife beaters et soleil made in USA).

Parfois les scènes de cul sont franchement excitantes. Mais disons que je décroche quand je lis reproductive organs au lieu de pussy ou cunt ou whatever.

« A bolt of electricity shot right across her reproductive organs. »

Ronni Cooper, Manhattan

Une lectrice m’a aussi indiqué que dans Dead Reckoning de Charlaine Harris, Sookie n’avait pas de vagina, mais un yahoo palace. Haha. Et elle s’y mettait un ice-pack après chacune de ses relations violemment passionnées avec son vampire préféré.

Baise, bang et le cul d’un âne

avril 12, 2012

Voici trois suggestions de lecture pour vous mes choupinettes et mes chéris. Et cheers, c’est jeudi, si vous n’êtes pas en train de bercer un bébé, sortez!

1. « On s’est aimé tellement fort que l’hôtel aurait presque du nous facturer les feuilles de gypse. »

Ma copine Mariposa vous raconte un moment extra chaud : http://www.infid-elle.com/2012/04/sodomie-vin-rouge-et-nuit-magique.html?zx=1bfe52d8d95e7817

2. « Je pourrais arriver et te séduire, te dire je t’aime en trois minutes les yeux dans les yeux, te fourrer, dire : on va se marier, et mettre mon gun dans ta gorge ; Ritz Carlton pourrait faire une crise en te rasant de trop proche, t’aimer un instant mais finalement trouver que c’est éphémère et BANG… et chanter devant ton bain de sang et même le lécher par terre ; Nicky aurait pu décider que ce jour-là, tu ne valais pas la peine de te retrouver devant lui, te sucer, te crosser, et te ranger dans sa collection de papillons aux ailes clouées ; et que dire de Minette… c’est la pire des cochonnes… tu verras.

Tout ça pour dire que si on se croise, tu vas passer un moment agréable. La baise sera mémorable. Même ta tombe s’en souviendra. »

SS Latrique a un nom incroyable et ses personnages aussi – comment ne pas craquer pour une Mimosa Woold ou une Minette Salinger ? – : http://terreurterreur.com/2012/04/12/queer-the-shitty-pilote-2/

3. « De toute façon elle décréta qu’il ne lui plaisait pas : il était trop grand et n’était pas assez vieil homme pour lui faire le moindre effet – sa grand-mère Rose Bustamente disait toujours qu’il fallait se choisir un homme beaucoup plus âgé que soi « parce qu’ils en ont fini avec leurs problèmes et peuvent ainsi s’occuper des tiens », elle ne disait jamais ce que les femmes de Vatapuna répétaient sans cesse, qu’elles attendaient d’un homme qu’il soit travailleur, qu’il les aime et les respecte, parce que, quand elle entendait ça, Rose Bustamente levait les yeux au ciel, haussait les épaules et s’exclamait, Autant espérer une pluie d’or du cul d’un âne. »

Véronique Ovaldé, Ce que je sais de Vera Candida

Sprinkle Sprinkle little star

mars 30, 2012

L’autre jour j’étais super heureuse parce que j’avais trouvé un site web qui attribuait des noms de licornes à everybody. J’étais très fière de mon nom de licorne, et des copines ont commencé à parler de noms de porn star. Vous connaissez la règle du nom de votre animal de compagnie additionné à la rue de la maison de votre enfance qui donnerait votre superbe identité de porn star? Évidemment, ça ne donne pas toujours des résultats excitants.

J’ai trouvé un article dans lequel certaines stars de la porno racontent comment elles ont choisi leur nom d’artiste. Très intéressant. Et même intello : un professeur de linguistique à l’Université de Stanford y expose ses théories. Wahou.

Un extrait: « Porn icon Annie Sprinkle remembers the process of shedding her old name for a new porn one and a new persona in 1973. “I didn’t want to use my real name, Ellen Steinberg. That was not sexy,” Sprinkle recalled. “I was lying in bed, I needed new name, and I heard a voice that said, ‘Sprinkle.’ I liked that word because I’ve always liked swimming and I fancied myself a mermaid,” Sprinkle remembers. The most practical reason for the porn name, however, is to keep family and friends unaware of the porn star’s new line of work, one that would be an unwelcome surprise to many family members.

People assumed that I was golden shower girl because I had a name like ‘Sprinkle.’ »

Pour en lire plus : http://www.salon.com/2012/02/28/the_porn_identity/singleton/

Photo:  Annie Sprinkle, Bosom Ballet, 1984-1991

Pénis et champignons

mars 8, 2012

 

Je connaissais déjà le livre pour enfants Noune (Misha m’a récemment montré avec joie un de ses collègues qui le lisait et je l’avais déjà classé dans les rayons de la bibliothèque où je travaillais). Mais jamais je n’aurais cru qu’un auteur aurait décrit pendant des centaines de pages l’importance des champignons dans l’art chrétien (The Mushroom in Christian Art) ou qu’un auteur se serait possiblement branlé en écrivant l’histoire terrifiante du pénis de Singapour (The Great Singapore Penis Panic : And the Future of American Mass Hysteria).

Pour d’autres livres indispensables : http://flavorwire.com/265540/shortlist-for-oddest-book-title-of-the-year-revealed

Du lubrifiant comme remerciements

février 28, 2012

Même si j’ai des problèmes avec la maison d’édition qui a publié mon livre Escorte, je suis toujours heureuse d’avoir des nouvelles de mes lecteurs. Je suis très touchée par la confiance de certaines filles qui me confient à leur tour leurs expériences dans l’industrie du sexe, ou leur envie d’essayer – je n’ose jamais dire à quelqu’un go for it, chaque expérience dans l’industrie est très personnelle, et ce serait illégal de promouvoir la prostitution anyway, mais je répète à tout le monde de s’informer beaucoup beaucoup beaucoup avant de travailler dans une agence d’escortes, un salon de massage ou whatever. Une fille m’a récemment écrit qu’un mec voulait qu’elle signe un contrat d’un an dans son agence. Ça ne se fait pas! Il faut se laisser le droit de quitter à tout moment une agence – ou un client – avec qui vous n’êtes pas à l’aise, les girls.

Et je souris aussi depuis quelques jours à la lecture de commentaires sur mon livre, en provenance du site MERB. Hey guys! Thanks a lot for your support! It’s fun to know that you’re interested to know more about your service providers!

Pour les filles qui veulent plus d’informations sur l’industrie du sexe et du soutien: http://chezstella.org/

Lubrifiant extraordinaire : http://thegloss.com/sex-and-dating/pick-of-the-week-lube-for-the-vagina-that-hates-everything-698/

Pour un forfait Mile-High Club-champagne-chocolat : http://www.nerve.com/news/love-sex/ohio-airline-allows-passengers-to-have-sex-during-flights

La confusion des désirs

février 23, 2012

 

Quand Mini Fée s’endort dans mes bras, je peux rien faire sauf me dire à quel point son nez est parfaitement retroussé, lire Charlotte before Christ d’Alexandre Soublière et chiller en regardant sur Internet des images de licornes ou d’artistes que je ne connais pas.

C’est comme ça que j’ai fait la découverte de Terry Rodgers, un artiste multidisciplinaire qui peint des femmes en robe de chambre, des enfants prêts à passer l’Halloween et des adultes qui donnent envie de se trouver un canapé too much dispendieux pour y boire de l’alcool too much dispendieux. Son travail tend à montrer la confusion et la tension qui se manifestent nécessairement dans une société de plaisirs, ou plutôt, dans une vision imaginaire et disproportionnée de ce que peut représenter une société de plaisirs, de fatigue planante et de vulnérabilité cachée dans de la soie.

1. The language of our eyes

2. Nocturnal Incandenscence

3. Reinventing Paradise

Source peintures: http://www.terryrodgers.com/

Dany Laferrière style

février 17, 2012

Dany Laferrière propose sa version du célèbre interrogatoire de révélateur des tempéraments imaginé par Proust et j’ai l’honneur d’y répondre cette semaine !

En voici un extrait :

Avez-vous de la réticence à jeter le moindre papier imprimé ou faites-vous le ménage constamment dans vos tiroirs? 

Je découpe souvent des articles dans des magazines féminins américains, que je garde indéfiniment dans des classeurs. J’en ai un sur comment dire « blow job » en italien. 

Vous voyez-vous en chat ou en chien? 

En position du chien le plus souvent. Mais sinon, généralement, en chat. 

L’amour éteint-il la flamme créatrice chez vous ou l’allume-t-il? 

Ce qui m’aide surtout à créer, c’est que mon mec croit en moi et qu’il oblige tous ses amis à me lire. 

Pour en lire plus : http://zonedecriture.radio-canada.ca/2012/02/le-questionnaire-laferriere-melodie-nelson.html#.Tz00nYGMrZg

Source photo : Pascal Ratthé

Un féminisme qui déteste les femmes libres

février 2, 2012

Je l’ai répété souvent, on ne me croit pas toujours, mais je le répète encore : jamais je ne me suis sentie rabaissée par des clients, alors que j’étais escorte. Mais combien de fois me suis-je sentie rabaissée par des femmes, qui se disent féministes abolitionnistes? Un nombre incalculable de fois.

Pourquoi?

Parce qu’elles disent donner une voix aux travailleuses du sexe qui n’en ont pas, tout en refusant une voix à celles qui veulent dire autre chose que leur discours habituel (style « Je me drogue parce que je suis une prostituée. Je déteste les hommes. Blablabla. » – Cette voix existe bien, et c’est important de l’entendre et de l’écouter aussi, mais ce n’est pas le seul discours des prostituées.)

Parce que ces prétendues féministes me refusent un choix, me refusent d’être, me refusent un plaisir. J’ai souvent discuté de la question des abolitionnistes avec des copines ou d’autres travailleuses du sexe, me demandant qui elles étaient vraiment, ce qu’elles avaient vécu par le passé qui les motivaient à dénigrer certaines travailleuses du sexe et les hommes qui fréquentent les travailleuses du sexe.

Jamais je n’avais pensé faire un rapprochement entre leur impérialisme à la je-vais-vous-sauver-même-si-vous-ne-savez-pas-que-vous-devez-être-sauvées et les théories de Freud. J’ai trouvé un article qui vulgarise le tout, et je trouve cela génial. Je vous invite à en lire un extrait, puis à le consulter si la chose vous intéresse autant que moi.

« On voit que là où la morale victorienne opposait la femme respectable (bourgeoise) à la femme socialement inférieure (la putain), à une période où le capitalisme était en plein essor, l’abolitionnisme se veut sans opposition de classes, ce qui le conduit non pas à vouloir cantonner la prostitution (celle-ci était très active sous l’ère victorienne, dans les bas-fonds de Londres par exemple), mais à vouloir sa disparition. C’est ainsi que s’est ajouté au clivage entre la madone et la putain, un clivage entre les hommes et les femmes.

Ce double clivage procède à l’étouffement d’une question qui concerne les femmes en général : celle de leurs pulsions sexuelles. Si la prostituée doit être victimisée, c’est parce qu’elle doit être niée comme femme possible, en étant érigée en victime de la sexualité des hommes. Il s’agit là de préserver l’image de la femme respectable, qui ne peut pas l’être si elle a elle-même des pulsions sexuelles aussi dérangeantes que celles des hommes.

La prostituée victimisée par le discours abolitionniste, sans lui demander son avis sur la question, est donc plutôt haïe que défendue par les féministes abolitionnistes. Cela explique que ces dernières ne tiennent aucun compte des conséquences sociales de la pénalisation des clients pour les personnes se prostituant. Dans la mesure où les pulsions sexuelles sont décrétées relever du seul sexe masculin, et que celles-ci représentent le mal absolu, la prostituée respectable n’est pas concevable, et elle porte atteinte à l’image de la femme en général. »

Source : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/227746-les-prostituees-victimes-des-hommes-ou-des-abolitionnistes.html

Survivre les jambes ouvertes

janvier 11, 2012

Je lis en allaitant, toujours, un Vanity Fair, un roman policier zulu, du Jackie Collins bien sentimentalement trashy, la biographie de Helen Curley Brown, ou le magnifique recueil de nouvelles de Claudia Larochelle.

« Des nuits durant, j’ai laissé des hommes voir mon corps. Comme une armée de pilleurs, ils ont avancé sur mes seins, mes fesses, mes hanches, mes yeux fermés. J’ai ravalé souvent mes larmes. Tellement d’autres liquides aussi. Le goût du sel est entré en moi au même rythme que leur sève. Ils n’ont même pas su mon prénom, ils ne connaissent pas mon signe astrologique, ne sauront jamais que je survis, que je faisais l’amour pour reprendre mon souffle. » (Claudia Larochelle, Les bonnes filles plantes des fleurs au printemps, p.89)