Je me rends pour la première fois dans le nouvel appartement de Marianne, une copine stripper qui ressemble un peu à Dakota Fanning si Dakota Fanning avait 25 ans et une dépendance aux bas arc-en-ciel. Nous allons manger des Cheetos en pyjamas et écouter une émission de True Blood ensemble et discuter de la grosseur de la queue de son dernier mec. Je trouve le tapis qui mène à son appartement juste trop parfait.
Archive for the ‘copines extras’ Category
Mon pyjama matche avec le tapis
août 26, 2010Branleur et tarte aux pacanes
juillet 27, 2010Je prends la chatte d’Amandine dans mes bras : « C’est le plus beau chat du monde. » Elle met au four des tapas : « Ma mère dit que c’est le plus laid. » Elle ajoute « The ugliest cat. », pour le mec de sa colocataire. Il ne parle pas encore un mot français, depuis son arrivée d’Australie il y a deux mois. Il sourit, goûte un tapas, puis il me demande si je sais ce que signifie un wanker. Je dis : « C’est un branleur. » Le mec fait semblant de se crosser, et nous passons à la salle à manger.
Mes frères arrivent l’un après l’autre. Ils sont tout contents de voir Aurore, leur ex professeure privée en mathématiques quand ils avaient genre treize ans. Ma copine me présente son mec : « C’est Julien. Quand il était infirmier, il s’est déjà trompé de trou pour un lavement. » Je pense que Julien est extraordinaire, dès qu’il vide un sac de Doritos à saveur de cheeseburgers dans un gros bol vert lime. Amandine est toute gênée : « Damien ne peut pas venir, il fait du bénévolat dans un centre pour vieux messieurs alcooliques ce soir. » Je suis déçue, mais j’en profite pour faire dévier la conversation sur moi : « Vous ne devinerez jamais qui veut faire un trip à trois avec moi! » Je baisse la voix, pour pas que mes frères m’entendent et je me confie à Aurore. Elle s’étouffe en buvant une gorgée de rosé: « Je ne comprends pas comment tout ça t’arrive à toi. » Je soupire : « Je suis tellement la fille la plus sage du monde en plus, c’est juste cette année que je suis devenue limite drama queen. »
Je constate que je n’ai pas de coupe de vin. Je me lève et je fouille dans les armoires d’Amandine, trouvant un verre jaune avec un bonhomme sourire dessiné dessus. Je demande à Marky Mark de remplir mon verre parce qu’aucune fille ne doit se servir du vin elle-même. Je ne respecte pas toutes les règles de savoir-vivre, mais celle-ci est une de mes préférées. Je commence à parler de bites de chevaux, et Julien me dit que Vice a déjà fait un reportage vidéo sur des mecs qui baisaient des ânes. Je répète « Oh my God » et j’accompagne Philippe sur le balcon. Mon petit frère se roule un joint, il le fume en regardant l’appartement juste en face de celui d’Amandine. Nous espérons que la chick qui y reste décide soudainement de faire le ménage toute nue.
À table, Amandine raconte qu’elle a rencontré des Mexicains forcés à l’exil, et Julien parle d’une madame super connue à Sherbrooke, surnommée Madame Bouh. Elle a l’habitude de surgir aux arrêts d’autobus et de crier « Bouh! » aux gens qui y attendent. Marky Mark me reverse un peu de vin. La chatte d’Amandine saute sur mes genoux et mordille mon collier à pendantifs. Je chuchote à Marky Mark : « Peux-tu glisser un ou deux morceaux de tarte aux pacanes dans ma sacoche, please? »
Détails sur le trip à trois : http://www.33mag.com/fr/magazine/melodie-nelson/je-suis-en-manque-de-conseils-pour-un-trip-a-trois-qui-ne-se-fera-pas
Amandine est amoureuse du Prince Charles et de son maître
juillet 20, 2010Amandine, en mini robe noire achetée à la Braderie de la Mode, se plaint de la peau toute irritée au-dessus de sa lèvre supérieure: « Je reviens de me faire épiler à la cire, d’habitude mon esthéticienne enlève mes poils avec du chocolat, c’est moins sensible, là j’ai super mal, je devais me faire épiler les jambes aussi mais je suis partie. » Je regarde ses jambes, je n’avais pas remarqué mais elle a longs poils noirs. Je lui dis que ça ne paraît pas du tout, et nous nous dirigeons vers le restaurant Aux Folies. Nous croisons un militant de Greenpeace, je le traite d’extrémiste parce que les seuls membres de Greenpeace que je connaisse sont une lesbienne qui m’a attaquée dans son lit après que j’aie répété une pièce de théâtre avec elle, et un fétichiste de machines à laver.
Nous changeons trois fois de place au restaurant, nous retrouvant finalement au centre de la terrasse des Folies. Amandine me demande si l’écriture de mon prochain livre va bien, et si elle devrait offrir un massage ou un certificat cadeau chez Toys »R » Us à une copine qui accouche dans un mois. Je commande une omelette florentine, et Amandine demande à la serveuse s’il y a quoi ce soit dans le menu sans gluten. La serveuse lui dit que les assiettes de fruits sont sans gluten. Amandine se tourne vers moi et me dit que l’ananas est son fruit préféré parce qu’il brûle les mauvais gras. Elle commande anyway des œufs bénédictines au fromage suisse et asperges.
Amandine m’apprend qu’elle a rencontré le futur père de ses enfants, il y a deux jours à peine : « Je ne suis pas allée chez Oblic, par sa faute, si mes cheveux sont horribles, c’est à cause de lui. J’ai préféré prendre un café avec lui plutôt que de me rendre à mon rendez-vous chez le coiffeur. » Je mords dans un morceau d’orange, aspergeant la fille tatouée tout proche de zeste. Je m’excuse piteusement, je ne réussis jamais à bien manger des fruits juteux en public. Amandine continue : « J’étais sur la rue Saint-Laurent, et un mec m’arrête. Il me demande si j’ai du feu. Je lui réponds juste que je ne fume pas et il me dit que lui non plus, il ne fume pas, et il pointe derrière lui, il dit c’est pour lui que je demandais ça. Et je regarde et c’est son chien, et je trouve ça mignon, de prendre son chien comme excuse pour approcher quelqu’un. Il était super beau son chien, tout gris et digne, un Weimaraner, je crois, c’est un chien de chasse allemand ou en tout cas. »
Je pousse un cri : « J’adore les Weimaraner! » Amandine prend une bouchée de mon omelette florentine, elle avale, et elle me raconte que le mec l’a ensuite invitée à prendre un café chez Juliette et Chocolat. Ils sont restés ensemble trois heures, pendant que Prince Charles, le chien, buvait à même un verre d’eau. Je suis toute joyeuse pour Amandine, qui, après une aventure avec un menteur qui l’a trompée avec une fille qu’il disait être sa sœur, a de nouveau les yeux brillants et la volonté de faire du yoga cinq fois par semaine pour avoir le corps parfait pour n’importe quelle position sexuelle.
Amandine me rappelle toutefois, presque tristement, qu’elle s’en va bientôt à Monaco, jusqu’en janvier, afin de réaliser un stage en journalisme international : « Je me suis trouvée une chambre, dans une villa, à moins d’un kilomètre de la plage. La voyante que je consulte m’a dit que c’était la bonne décision, et je sais que je vais adorer, mais je trouve ça dommage, de rencontrer un mec vraiment trop sympa, et de devoir le quitter, comme ça, je connais même pas sa couleur préférée, ni genre s’il se commande du Amir quand il est trop saoul, je sais rien, sauf qu’il aime son chien, qu’il est allergique au beurre d’arachide, et qu’il aime le volleyball. »
Manucure, Paxil et strap-on
juillet 16, 2010Dans le métro, trois mecs parlent d’un de leurs amis, descendu une station plus tôt après leur avoir répété qu’ils ne servaient à rien du tout: « C’est à cause de sa mère qu’il est comme ça. Elle l’a rendu stérile. » Je cherche de la gomme à mâcher dans ma sacoche, j’ai oublié de me brosser les dents après avoir bu une tasse de café, j’ai honte.
Je m’en vais dans un centre commercial au centre-ville, rejoindre Betty. Elle a un rendez-vous dans un salon d’esthétique cheap, pour sa manucure hebdomadaire. Dès que nous nous voyons, nous nous embrassons et nous disons à l’autre qu’elle a la plus jolie robe du monde entier, le plus beau teint d’Italienne ever, les grains de beauté les mieux placés, les dents extra blanches, et les bras plus musclés que la semaine dernière.
Je prends six minutes de bronzage dans une cabine debout, même si Betty me rappelle que c’est moi qui parle de cancer-de pénétration de vitamine D sur le gazon près du Musée d’Art Contemporain-de la peau de Lindsay Lohan qui vieillit prématurément à cause de sa tanning addiction. J’interromps Betty : « C’est l’alcool et les implants dans ses joues qui donnent à Lindsay Lohan l’air d’avoir trente-quatre ans. Et je bois un peu moins, moi, je mets pas de vodka dans mes bouteilles d’eau Perrier. »
Je m’applique de la crème rapidement, et je rentre dans la cabine. Je ferme les yeux. Je me touche un peu, juste pour agacer mes tétons, et mon clito. Je me sens total détendue, quand je ressors, ensuite, et je m’assois à côté de Betty. Je regarde ses ongles, j’adore la couleur, un rose glacé. La manicuriste se tourne vers moi : « Le vernis s’appele Juarez. »
Betty continue sa conversation avec la manicuriste, devenue sa meilleure amie en moins de dix minutes. Cette dernière explique qu’elle fréquente un mec adorable, ils baisent vraiment super souvent depuis qu’elle n’est plus chiante : « Je prends des antidépresseurs, des Paxil, ça a changé ma vie, je pense juste à me taper mon mec trois fois par heure maintenant. Le seul problème avec lui c’est qu’il écoute trop de films de transgenre, je sais pas s’il va me demander de porter un strap-on un jour. Je me vois pas trop faire ça. » Betty l’assure que ça peut être super agréable : « I love to be soumise, mais mon ex, Sadek, m’a déjà offert a strap-on and I used it one time avec lui, c’était vraiment spécial to know and feel that I had power over him. After he came, he still asked for spaghetti et je suis redevenue sa petite pétasse. »
Elle soupire, me regarde en battant des cils, et je me demande si elle va toujours garder cette envie, de retourner vite-vite chez Sadek, pour lui faire ses repas, son repassage et des fellations dans la baignoire.
Mariage de Nico Archambault et tampons
juillet 10, 2010À : Amandine
De : Mélodie
Sujet : J’ai l’air d’un gros bonbon rose qui s’est fait chier dessus
C’était trop cool de te voir la semaine dernière bella, au lancement de la revue Urbania au Palais des Congrès. Je peux pas croire que ça faisait deux mois que nous nous étions vues, genre quand j’étais restée quarante-cinq minutes dans les toilettes avec Manuel Bucci.
Tchecke la photo de nous deux transformées en petites vieilles, avec une menthe rose comme j’en suçais pour me porter chance avant un test de mathématiques, à l’école secondaire, j’en mangeais presque autant que les puddings au choco de la cafétéria : http://urbania.ca/canaux/photoreportages/1349/back-to-the-future#/4c34bd74e8954
Je pense que j’ai vraiment déjà mangé quatre puddings au choco dans la même journée. Aie et j’ai vu ton article dans le journal aujourd’hui. First page! Tu es trop hot, bella.
Bisous à la Hype Enlite!
À : Mélodie
De : Amandine
Sujet : Re : J’ai l’air d’un gros bonbon rose qui s’est fait chier dessus
Je me demandais si Manuel Bucci te faisait dix bébé un après l’autre ou s’il était en train de te découper en morceaux. Tu m’as jamais raconté! Faut qu’on se voit ce weekend! Tu fais quoi?
As-tu parlé à ta grand-mère depuis que ta cousine Cheryl t’a dit qu’elle lisait ton livre?
À : Amandine
De : Mélodie
Sujet : Wedding Crasher et menstruations
Je te dois un martini avec citron et sans glace meilleur que celui que tu m’as payé for sure! N’importe quand! Mais pas aujourd’hui : je m’en vais crasher le mariage de Nico Archambault dans une grosse maison à Baie d’Urfé.
J’ai pas parlé à ma grand-mère, mais mes parents ont très hâte aux prochaines fêtes en famille haha.
Et rappelle-moi que la prochaine fois que nous buvons ensemble, j’ai pas le droit de parler de menstruations et de confier à tout le monde que je me touche en pensant aux robes en latex de Katy Perry.
À : Mélodie
De : Amandine
Sujet : Mes positions préférées au yoga
C’est vrai que tu parlais un peu trop fort de ta difficulté à mettre tes tampons. Mais moi je pense que j’ai traumatisé Bertrand en lui parlant de yoga et de mon manque de flexibilité et de mon premier rendez-vous avec Blaise. J’ai hâte de revoir Blaise aux retrouvailles de l’école secondaire au mois de septembre. J’espère que ses doigts ont grandi. C’est vraiment le mec aux plus petits doigts ever.
À : Amandine
De : Mélodie
Sujet : Retrouvailles de l’école secondaire
Man, moi c’est mon premier mari que j’ai hâte de revoir aux retrouvailles. J’ai rêvé l’autre fois qu’il foutait le feu à mon appartement et que je réussissais à me sauver et à aller me baigner dans la mer avec toi et d’autres compagnes de classe. Je pense que je vais m’acheter un bikini Roberto Cavalli pour les retrouvailles. Et me faire gonfler les lèvres?
Blogue de la fée Nancy B-P, croisée au lancement Urbania : http://nancybpilon.com/divers/du-web-a-la-realite/
Blogue du too much hot Youssef Shouffan, croisé avec sa chevelure too much hot au lancement Urbania : http://journal.mysteryoussef.com/
Lacan et maillot doré à la piscine
juillet 5, 2010Casquette de trucker et Pina Colada
Mes gougounes Betsey Johnson claquent sur le sol de la terrasse de l’Hotel de la Montagne. Molly se retourne vers moi, elle relève sa casquette de trucker sur sa tête pour m’embrasser: « J’ai lu dans un magazine que ça redevenait tendance et j’aime ça avoir l’air un peu bad ass. » Je lui apprends que Misha va venir nous rejoindre plus tard, pour dix Pina Colada et deux-trois longueurs dans la piscine.
J’ajuste mon maillot de bain, pour ne pas exposer mes tétons tout de suite, et je m’applique de la crème solaire à l’odeur de noix de coco partout sur le corps. Je demande à Molly si j’ai de la crème sur le visage. Elle m’en étend un peu sur le front et le nez. J’ouvre la revue Philosophie, je l’ai piquée à Travis, quand je l’ai aidé à déménager la semaine dernière : « Je suis obsédée par Michel Onfray. Je trouve trop mignon ses cheveux un peu bouclés. Et j’adore la discussion qu’il a avec le mari de la fille de Lacan, un mec moins sexy mais qui dit des trucs intéressants, écoute, Avec sa formule « Il n’y a pas de rapport sexuel », Lacan ne veut pas dire, bien sûr, que les relations sexuelles n’arrivent jamais; mais le langage fait que chez l’être humain, à la différence des animaux, il n’existe pas d’appropriation nécessaire, de destination d’un sexe pour l’autre. Le garçon n’est pas voué à la fille. Chacun construit, choisit son mode de jouissance et son usage du sexe (solitaire, hétéro ou homosexuel). La morale lacanienne est une morale de l’invention de soi, de la singularité. Trouvez votre singularité, la voie de votre désir et assumez-en les conséquences. »
Mes frères sont plus populaires que moi
Molly me regarde : « Oh pardon, je t’écoutais pas, je regardais le mec là-bas, tu trouves pas qu’il ressemble un peu à ton frère Marky Mark? Je voudrais bien coucher avec un de tes frères. Ils sont en couple? » Je lui donne un coup avec la revue Philosophie. Une tache d’encre apparaît sur son bras. J’ai tellement chaud que je ne sais pas si c’est de la cyprine ou de la sueur, entre mes jambes. Je saute dans la piscine. Je mouille même mon visage, en me fouettant de mon mascara Lancôme pas waterproof. Je fais une longueur de crawl.
Deux filles trempent leurs pieds dans l’eau, je vois leurs bracelets en argent briller. J’aimerais qu’un mec saute dans l’eau, qu’il m’oblige à rester dans un coin de la piscine, les yeux rivés vers les autres filles, et qu’il tire sur les ficelles de mon maillot de bain, me chuchotant de me laisser faire. Je ne me tournerais même pas vers lui, je ferais un sourire à mes copines, je prendrais les doigts du mec dans ma bouche, en pensant à la paille que je passerai entre mes lèvres, plus tard, à saveur d’alcool sucré. Je me concentrerais sur le goût salé et chloré des doigts du mec, avant de sentir sa queue me pénétrer. Je nage jusqu’à Molly, en me branlant rapidement sous l’eau.
Petite chienne mouillée en attente de baisers
Je secoue accidentellement mes cheveux sur le corps de Molly, allongée sur une longue chaise blanche. En sacrant, elle me donne une mini fessée. Je m’assoie par-dessus elle, rigolant, et je fais la petite chienne mouillée, envoyant de l’eau partout. Molly me tire les cheveux. Elle m’attire vers elle, et me mord la lèvre inférieure. Je sors la langue. Elle me repousse : « J’ai trop chaud, allons jouer dans l’eau, genre à Marco Polo, je promets de te pincer le clito subtilement. » Je me dirige vers la piscine, et je plonge, les yeux bien ouverts. Mon clito me démange. J’ai hâte de sentir les doigts de Molly, et peut-être ceux de Misha, si elle arrive avant que je ne m’endorme intoxiquée au soleil, en faisant l’étoile dans l’eau.
Boites de dildos à déménager
juillet 2, 2010Je prends le métro en jeans déchirés et en running shoes, je me sens pas moi-même, sans ma démarche de pétasse en talons hauts. Misha et Travis sont surpris de me voir comme ça, ils avaient parié qu’ils entendraient le bruit de mes talons de quatre pouces sur le trottoir. Je leur tire la langue : « Je vais pas vous aider à sortir vos boites de livres et de dildos habillée en pute. Je me suis même pas lavée les cheveux ce matin. » Misha remarque que je porte un soutif jaune fluo. Nous attendons trente minutes le camion de déménagement, et la maman, le beau-papa et les huit frères et sœurs de Misha.
Dans le camion, en sueur, après avoir collé vingt mille boites contre mes seins, je prends le walkie-talkie du beau-papa, et je tente de parler à Misha, dans l’auto de sa maman, à quelques mètres de nous : « Hello? Hello? Es-tu autant mouillée que moi chérie? » Pas de réponse. Puis un crachottement : « Tu n’es pas sur la bonne fréquence. Je suis un chauffeur de taxi, moi. » Je ferme le walkie-talkie, après avoir répété pardon, pardon, et je demande au beau-papa de Misha s’il se rappelle sur quelle rue nous devons nous rendre.
Près du Cinéma Beaubien, nous nous stationnons dans une ruelle. Pascal, un ami de Travis, de retour des plages nudistes de Vancouver, I speak English well now, aide à soulever les meubles que j’évite, me cachant dans la cuisine pour manger un sandwich au thon préparé par la maman de Misha. Je feuillette une revue trouvée dans le bac de récupération des voisins : « Man, Misha, tu savais ça, toi, que si ton gâteau colle au couteau quand tu le coupe, il faut que tu utilises un morceau de fil dentaire et que tu tranches le gâteau en déplaçant légèrement le fil de droite à gauche? »
Le golf rentabilise l’industrie du mariage
juin 24, 2010Nous marchons dans la rue, fermée à la circulation automobile, avec nos iced skinny vanilla latte. Marissa me tient la main. Elle dit que les gens nous regardent, mais je sais bien que les gens la regardent, elle, plus que moi, je suis en jeans et t-shirt vert pâle de Strawberry Shortcake, et elle s’est habillée trop mignonne, en jupe taille haute noire, avec un chemisier blanc à motifs de cœurs rouges.
Assise sur des marches encore un peu mouillées par la pluie, Marissa me demande si je me souviens de la St-Jean de l’an dernier : « J’étais allée chez toi et tout l’après-midi, nous avions bu de la sangria et Alexandre Le Grand était super jaloux parce que je t’avais embrassée devant lui. » Je salive : « Nous avions rajouté des petits fruits dedans? Ma maman ajoute toujours des morceaux d’orange et de melon d’eau. Oh de la sangria, pendant tout l’été, je me suis saoulée à ça et aux mojitos et à la vodka aromatisée. Quand est-ce que nous nous saoulons toutes les deux, encore? »
Marissa me rappelle que ce soir, elle passe la nuit avec un client, qui se marie dans un mois : « C’est son troisième mariage. Il est resté marié dix ans à sa première femme, il lui a fait deux enfants, un gars et une fille, puis son frère lui a offert un abonnement à un club de golf et il a rencontré une fille là-bas. Il a laissé sa femme et il a épousé l’autre, je ne me souviens plus combien de temps après, puis il a baisé une barmaid du Cavalli, il a déconné avec elle, il m’a dit que je lui ressemblais un peu, et il a rencontré une autre fille en jouant au golf. Si j’étais sa future épouse, je le laisserais plus jouer au golf tout seul. Il lèche super bien en tout cas. »
Je lui propose un soir, la semaine prochaine, et elle approuve : « On boira et on lira nos horoscopes dans tous les magazines du mois de juillet que tu as, chérie. » Nous nous quittons, et je m’achète de la crème solaire pour bronzer plus rapidement, de la crème qui sent la noix de coco, à appliquer partout sur mon corps, quand il fera plus chaud.
Pour des idées de déguisements spécial St-Jean presque fashion : http://www.feelingnouveau.com/2010/06/ton-look-pour-la-st-jean-batisse.html
Soleil chaud et parfum aux sécrétions félines
juin 22, 2010Je matche mes petites culottes à mes souliers rouges, et je bois deux cafés pour être aussi exaltée et top shape que Mariposalicious. Je me regarde dans la fenêtre du métro, je passe ma brosse Ariel-la-petite-sirène-bling-bling dans mes cheveux, et je sens un peu le foutre de mon mec couler contre mes cuisses que je tiens serrées.
Mariposa m’attend déjà, elle me hèle et je saute dans son automobile. Nous nous embrassons, j’étampe mon nez juif dans ses belles lunettes, et nous commençons à placoter souliers et vibrateurs. Elle me confie qu’elle voulait se mettre en robe, comme moi, mais que Tristan l’a avertie qu’elle devait s’habiller sagement, sinon il ne pourrait pas contenir ses érections. Son téléphone sonne, elle me demande de fouiller dans sa sacoche, et j’ai envie de répondre : « Assistante personnelle et petite pute de Mariposa, bonjour. », mais je n’en fais rien, je lui tends tout simplement son cellulaire mauve perlé.
Sa voix devient toute excitée, « Tristan, je ne me souviens plus comment me rendre à ton travail. », elle tourne dans une mauvaise direction, sur une route à sens unique, « Tristan, je vais tuer Mélodie Nelson, je ne veux pas me retrouver dans le Journal de Montréal pour une raison comme ça! ».
Tristan nous accueille dans le lobby. Il demande à Mariposa si elle aime sa nouvelle chemise, et elle le complimente. Elle me murmure ensuite : « Il sent aussi divinement bon. Sens son parfum, de Versace, je crois. » Nous croisons plein de beaux mecs en complet, et je demande à Tristan si un de ces mecs a besoin d’une gentille secrétaire. Mariposa intervient en disant que c’est Tristan qui a le plus beau petit cul, caché dans ses pantalons.
Sur la terrasse extérieure, Mariposa boit de la Vitamin Water pendant que moi je bois de la Red Bull Sugarfree, et que Tristan s’amuse à caresser nos jambes, pour juger de leur douceur. Nous parlons des invitations cocasses et des photos sexys que reçoit Tristan, il se sent tout gêné d’avoir reçu l’offre de dévierger une jeune vierge. Moi je dis que parfois des lecteurs me demandent si je connais un bon chirurgien pour faire allonger leur bite. Je fouille dans ma sacoche Guess, tout en parlant, et j’en sors une sucette au citron. Mariposa se moque : « Je ne comprends pas pourquoi il n’y a pas de bonbons en vente à la cafétéria de ton travail, Tristan. »
Nous marchons, et je vois un boisé, près du stationnement des employés. Tristan m’apprend qu’il appartient à la compagnie, et qu’il n’y a pas de caméra à cet endroit-là. Je regarde Tristan, puis Mariposa, avec un petit sourire que mes copines de l’école secondaire qualifiaient d’indescriptiblement coquin (je vous jure, j’ai relu récemment, nostalgique, mon album de finissante du Collège de L’Assomption). Je leur demande si Mariposa s’est déjà faite défoncer contre un arbre, elle hausse les épaules, et je les invite à se rendre au boisé, je les attendrai, en terminant ma sucette, et en espérant que Tristan sente encore plus fort la mouille de Mariposa que le parfum Versace.
Blogue de Mariposalicious : http://infid-elle.blogspot.com/
Blogue de Tristan (j’adore quand il dit que je suis une fille assez bien pour être présentée à ses parents) : http://tristanheureux.blogspot.com/2010/06/de-la-belle-visite.html


