Archive for the ‘chercher la salope’ Category

Conversations de bateaux et foutre dans un mouchoir

Mai 24, 2016
baise un

Les deux kayacs étaient là. Mais je ne les ai pas pris en photo pendant que nous baisions parce que j’avais autre chose en tête que de les prendre en photo.

Sur le balcon, il a baissé ma petite culotte. Il a proposé que j’aie plus vers la gauche, proche du boisé et du vieux cabanon au toit de tôle, pour ne pas faire directement face aux deux kayacs en face de nous.

Les conversations des voisins ne m’empêchaient pas de mouiller depuis quinze minutes. Il n’a pas hésité à me pénétrer. C’était bon de l’avoir comme ça en moi, dehors, dans la nuit qui tombait lentement très lentement, avec des nuages roses entre les arbres.

Je me retournais parfois pour le regarder, excité et beau, à me baiser ailleurs que dans nos draps d’étreintes de froid. Il me regardait, puis ses yeux retombaient sur mes fesses.

Quand j’ai senti son foutre chaud me remplir, j’ai fermé les yeux et je me suis contrainte à ne pas crier, pour ne pas déranger les voisins et leurs conversations de bateaux et de branches à couper.

–           Nous ferons brûler des guimauves cet été?

Il est resté en moi, a approuvé, puis nous sommes rentrés, moi pour boire de l’eau citronnée, et lui, pour s’essuyer la queue dans un mouchoir.

baise deux

Des autos-tamponneuses en forme de vagins

Mai 17, 2016

sexy roller coaster bis.jpg

Quand j’avais quinze ans, mes parents avaient très peur de me laisser aller à la Ronde. Ils pensaient que je me ferais kidnapper entre Repentigny et Montréal et que je passerais mon temps avec des jeunes qui volent des cigarettes dans des dépanneurs. Je n’ai jamais fumé de ma vie et je ne suis pas très influençable, mais mes parents préféraient que je lise des Seventeen dans un maillot une pièce Nike, devant le garage de ma meilleure amie, qui, elle, fumait des clopes et entretenait une correspondance très chaude avec un coach de roller hockey de dix-huit ans.

J’allais tout de même parfois à la Ronde, avec des copines dont les parents promettaient de venir nous chercher avant qu’il ne fasse trop noir et avant que nous soyons malades d’avoir avaler trop de slush à la framboise bleue.

Maintenant je suis étourdie à rien, et je me sens vraiment juste à ma place dans les manèges pour touts-petits, style locomative qui avance plus lentement qu’un escargot.

Mais je serais prête à oublier mes peurs et à tout essayer dans un parc d’attractions pour adultes. Au Brésil, il y aura bientôt un genre de Disneyworld pour adultes: le Erotikaland. Ce ne sera pas possible de baiser dans une auto-tamponneuse, mais mouiller en écoutant un film dans un siège de cinéma 7D sera encouragé. Des breuvages aphrodisiaques seront servis dans un snack bar et les clients du parc d’attractions pourront comparer leurs marques de bronzage dans une piscine pour nudistes.

sexy roller coaster

J’ai plus peur de m’ennuyer que d’être une salope

Mai 14, 2016

les salopes ne s'ennuient pas

Les hommes me manquent.

Je ne m’imagine pas assise en cow-girl sur tous les mecs que je croise, mais ça me manque, de rire trop fort, de vouloir être celle qui est remarquée, d’être celle qui est la salope, parce que ce n’est pas un rôle qui me fait peur, j’ai beaucoup plus peur de m’ennuyer que d’être une salope.

Un ami a déjà cru que j’étais comme le personnage d’American Beauty, que j’étais vierge et que je parlais beaucoup de cul, parce que c’était comme ça, je venais de Repentigny, j’étais pâle, je portais beaucoup de noir mais très peu de culottes, je devais m’inventer. Mais je n’ai jamais été trop bonne pour inventer quoi que ce soit, ni pour être vierge.

Les hommes je les aime trop pour ne pas m’en approcher trop et je les aime de toutes les façons. Un ami m’a dit avoir aimé la lecture de ma plus récente chronique sur Canoë, parce qu’il ne savait pas que je pensais ou remarquais ces choses, que j’aimais les hommes pour des détails, pour une histoire de grand-mère institutrice ou des cuisses jamais caressées, offertes mais jamais caressées.

J’aime les hommes comme des pansements.

Envie de lire une autre de mes chroniques ? Sur les pénis qui ne lèvent pas ou les ruptures qui se concrétisent avec une dernière baise ?

Bonne lecture et bon weekend y’all !

Weekend de sweater girl et bas collants

avril 4, 2016

sweater 4

Après avoir passé la semaine à ne pas savoir quoi faire sauf souhaiter dormir en cuillère avec du givre pour être insensible à tout drama, j’ai passé un weekend sans pleurer sans téléphoner à ma maman sans m’acheter des bottes à trois cent dollars sur un site chinois.

J’ai rêvé qu’une fille voulait me lécher mais je commençais à être menstruée alors j’étais tellement frustrée contre la vie que je me suis étampée la vulve contre le mur de la salle de bain. Puis, j’ai rêvé que j’allais me faire masser et j’en profitais pour voler plein de flacons de crème.

J’ai hâte de dormir ce soir pour voir avec qui je ferai une bataille d’oreillers.

Pour l’instant, je lis l’histoire d’un mec qui a laissé sa maman contrôler son profil Tinder.

sweater

sweater 2

Mes cocos

mars 28, 2016

décolleté de Pâques

Mon mec a demandé à un de ses amis s’il voulait voir mes cocos.

Notre fille de quatre ans nous a surpris en disant que mes cocos, c’était des seins. Oups.

Je ne sais plus si nous continuerons à faire des blagues plates sur mon anatomie devant elle.

Joyeuses Pâques y’all !

La nudité soumise à rien d’autre qu’à son envie d’être nue

mars 19, 2016

selfie hiii

Ma chronique Canoë est sur la tendance à juger les femmes qui offrent leur nudité pour rien, parce qu’elles le veulent, sans qu’une agence publicitaire ou un producteur de porno leur demande.

Extrait de Nudité Menaçante : « Le corps des femmes, lorsqu’il est consommé dans la pornographie ou la publicité, est accepté. Montrer son corps, toutefois, peu importe la raison, que ce soit vraiment parce que Kim Kardashian n’avait rien à se mettre ou parce qu’il est plaisant de voir ma frange de Bettie Page imprimée sur des pages lustrées, est inacceptable et dangereux pour la jeunesse d’aujourd’hui et pour l’avenir de la planète et du Manoir Coors Light. »

Bonne lecture et bon weekend y’all !

Les salopes et leur double vie

janvier 15, 2016

Je fais une mini apparition à l’émission Banc Public, sur le sujet de la double vie.

Moi, ma double vie, c’était quand j’étais escorte, et que je devais mentir non par honte, mais par besoin de me protéger. J’en venais à me détester, à mentir, sur ce que je faisais, sur où je devais me rendre, après une Smirnoff Ice avec des copains. J’en avais mal au ventre, de revenir chez moi et de me retrouver devant rien, juste de l’argent à dépenser, le soleil pour m’aveugler pendant que je lisais trois revues à potins, pour me rapprocher de Jennifer Aniston parce que je n’osais pas me rapprocher de ma meilleure amie, je n’osais rien raconter, ni le plaisir, ni les peurs, parfois, ni la musique préférée d’un client, ni le massage avec une balle de tennis qu’un autre m’avait fait, je ne pouvais pas dire que les cheveux, après avoir été lavés cinq fois, ont l’air trop raplapla pour trouver ça glam, attendre et jouir en changeant mon prénom avec une autre personne qui change aussi son prénom.

Je mentais parce que les salopes, elles ne sont pas crues, elles ne sont pas aimées, elles sont questionnées, sans relâche, sur pourquoi elles sont des salopes.

Je suis encore une salope, mais je sais que je peux être crue, maintenant, un peu plus crue, quand je dis que je ne suis pas juste ça, payée ou pas, je ne suis pas juste ça.

Un autre texte vraiment intéressant sur les mensonges à répéter et la stigmatisation des travailleuses du sexe, Escorte : la vie dans le placard. Un témoignage sensible, fort, poignant.

Extrait : En fait, c’est ça qui a failli me faire craquer, me faire tout arrêter : l’obligation de mentir à tout le monde. Parce que j’ai peur de devenir « la pute », cette fille, là-bas, que sisi, je te jure, elle baise avec des mecs pour de l’argent. Que pfoua, c’est trop dégueu. Que c’est qu’une connasse vénale, ou une pauvre fille perdue, d’ailleurs, avec tout ce qu’elle a vécu, pas étonnant qu’elle soit tordue. Personne pourrait être amiE avec une fille pareille, encore moins partager son intimité. Baiser avec une pute, c’est la honte, et en tomber amoureuxSE, encore plus.

J’ai eu peur, et j’ai toujours peur, de me taper cette étiquette. D’être marquée au fer rouge. De ne plus jamais pouvoir revenir en arrière, d’être obligée de me confronter aux genTEs qui, en permanence, s’imagineront ma sexualité avec une curiosité avide et dégoûtée. Qui me réduiront à cette seule partie de moi : Decade, la pute.

J’ai pas envie d’avoir à me justifier. « Pourquoi tu fais ça alors que t’en as pas besoin financièrement ? Alors que tu pourrais faire autre chose ? Pourquoi t’infliges à ton entourage d’être pote avec une pute, ou amoureuxSE d’une pute ? Pourquoi t’arrêterais pas, ça serait tellement plus simple pour tout le monde, si t’arrêtais. Pourquoi c’est si important pour toi de coucher avec plein de genTEs ? T’es une salope égoïste ou quoi ? Ou alors c’est pour l’argent ? Mais du coup, t’es une connasse de matérialiste ou quoi ? Est-ce que c’est à cause de ton passé ? Est-ce que c’est parce que t’es traumatisée ? Tu donnes un pourcentage de ce que tu gagnes à quelqu’unE d’autre, mais c’est pas immoral ça ? C’est pas anti-féministe ? C’est pas contraire à tes principes ? Comment tu justifies ça ? Vas-y, on sort les pop-corns et on te regarde te débattre dans la boue face à nous »

Et moi, moi je suis marquée au fer rouge, comme elle dit, l’auteure du billet que je cite. Parce que lorsque j’apparais quelque part, c’est ex-escorte qu’on écrit pour parler de moi. Et ça ne me choque plus. Ça me surprend, toutefois, c’est bête, mais ça me surprend.

Confier au Show Tard ce que je rêvais de faire à huit ans

décembre 19, 2015

telephone

J’étais habillée en Mère-Noël dans la salle des jeux des enfants et je tentais de répondre aux questions vraiment le fun de Véronique Racine et de Yannick Marceau du Show Tard. J’ai cherché mes mots et utilisé des expressions que genre mon père utilise (« coup de dés »), mais j’ai quand même réussi à parler de mes seins spectaculaires.

La conversation radiophonique avait comme prétexte ma dernière chronique sur Canoë, sur la confiance, que je ne veux pas perdre, et sur la méfiance que d’autres se doivent de porter en guise de seconde peau, pour se protéger. Ça aide, ça protège, mais je tente de préférer les risques et la liberté, plutôt que les suspicions et les occasions râtées de partager des Rice Krispies aux guimauves roses avec une voisine.

Enjoyez ma voix enrhumée et enthousiaste !

Le meilleur message reçu par erreur ever

décembre 16, 2015

hopital livre

« Ma chum il faut je te conte ça tu vas capoter…!!!mon sexy docteur que je te parlais hier…il m’a examiné dans son bureau et ouf sa fini assez cochon merci haha as-tu 5 minute?? je te ca en détail si tu veux. »

J’ai reçu ce message après avoir accepté comme amie Facebook une brunette plantureuse, hotesse lors de différents événements sportifs, si j’en crois ses photos Facebook de décolletés au Centre Bell/de décolletés sur St-Laurent lors de la F1.

C’est le meilleur message que j’ai reçu par erreur, et je m’en suis un peu voulue de lui avoir répondu, en lui mentionnant sa méprise. Elle était honteuse et m’a écrit: « J’allais toute te décrire en plus. »

Ne pas être seule

décembre 16, 2015

mascaraC’est presque vrai. Pour être certaine de ne pas avoir l’air d’une zombie, j’ai juste besoin de ça, du mascara et une dose de caféine.

Mais j’ai aussi besoin de piles pour mon vibro, de beurre pour tous les biscuits que je ne brûle plus, de mes enfants de leurs petites mains dans mes cheveux même quand leurs petites mains sont collantes, de séries télé à écouter pendant que je fais semblant de faire des redressements assis, d’amis qui acceptent que je ne sois pas toujours un Câlinours, de gouttes d’huile essentielle à la rose dans mon bain, de rire en voyant mon fils porter un chapeau de pompier et des talons hauts en plastique, j’ai besoin de bras, des doigts de mon mec qui cherchent mon plaisir mais aussi parfois juste que je me sente bien pas seule, j’ai besoin de pas être seule et d’avoir du mascara et de la caféine. Et de la soupe miso comme petit déjeuner, parce que ça guérit de tout.