Archive for the ‘copines extras’ Category

Juste pour le plaisir et some pasta

Mai 15, 2011

Après s’être entraînée au gym pendant deux heures, Betty arrive chez moi, les cheveux raidis et brillants, la bouche cramoisie et le cellulaire qui sonne dès que je l’embrasse. Elle répond et promet au mec qui l’appelle d’amener une bouteille de vin rouge plus tard ce soir. Elle lui dit: « I want you to play guitar tonight. I’ll sing with you before we fuck. Oh and you need to practice your Spanish with me.» Elle raccroche. Elle me dit qu’elle a trop faim pour ouvrir sa bouche pour quoi que ce soit d’autres que des fajitas au Café Lézard.

Au Café, je me commande un chocolat chaud avec de la crème fouettée. Je regarde sur le cellaire de Betty les photos de son voyage au Portugal. Je lui confie que j’ai zéro potin, sauf genre le nombre de kilos que j’ai pris depuis le début de ma grossesse. Elle termine ses fajitas, et avant de retrouver mon mec et sa belle-fille à la crèmerie pour un dessert, elle me dit qu’Emmanuel l’a téléphonée, il y a une semaine, tard dans la soirée.

Je fais des gros yeux de biche, je veux tout savoir sur son appel, mais en même temps je ne veux rien savoir du tout. Emmanuel est un ancien copain et tout ce que je sais de lui right now c’est qu’il a encore les cheveux frisés genre. Nous marchons sur Masson, je croise Patrick Brisebois, un auteur que j’aime trop, qui me montre les 5 bouteilles de vin qu’il a réussi à mettre dans son sac-à-dos. Betty et moi nous regardons un bébé berger allemand, puis je lui demande de me raconter l’appel. « We didn’t speak a lot. Devine quoi, il m’appelait juste pour un trip à trois. He was like, I’m with a girl and she wants to fuck with a girl, so can you arrive at my place in 30 minutes? How could he think I would want it? How could he think he could call me pour ça after like 3 months with no news? I don’t understand men. Why do they want me for that? Je me sens comme si j’étais juste ça, pour eux, juste là pour leur plaisir and to do some pasta, and after that, they forget about me. »

À la crèmerie, Betty retrouve son sourire, grâce à un pug qui fait un bruit de cochonnet dès qu’on le caresse. Alexandre Le Grand l’embrasse. Belle-Fille Princesse lui saute dans les bras, et lui montre fièrement sa robe sans tache de crème glacée au chocolat. Betty me prend la main et nous allons commander un délice aux fraises à partager.

Les films serbo-croates, ça ne s’écoute pas qu’en version originale

avril 12, 2011

Je me rends à la Brûlerie St-Denis, avec un parapluie qui ne protège pas du tout ma queue de pouliche et mon maquillage de la pluie. Je commande un latte, je sors le dernier de Christine Angot sur une table, j’ouvre mon agenda, je regarde à l’extérieur, je renverse un peu de latte, je me lève pour chercher une serviette, puis je vois Marion, avec ses grosses lunettes noires et son rouge à lèvres de star, devant moi, toute parfaite, en robe et talons hauts, un parapluie transparent too much fashion dans une main.

Elle commande un chai et vient me rejoindre. Marion, je ne la connais que depuis deux semaines, depuis que je l’ai rencontrée par hasard chez le fleuriste, tout près de chez moi, et tout près de chez sa maman. J’hésitais entre un tournesol et des marguerites. Elle, elle avait des tulipes jaunes dans les mains : « Je choisis mes fleurs en fonction de la couleur des murs de mon appartement. Et ils sont couleur avocats. »

Marion allonge ses jambes, sous la table, et me parle de son mec, qu’elle a réveillé ce matin, en sautant sur le lit, comme une gamine, après avoir mangé une barre de chocolat. Elle me décrit un jeu: « Je lui demande pourquoi il m’aime. Pas pour être fatigante et tout et tout. Non. Juste pour qu’il me réponde quelque chose d’original. Et tu sais ce qu’il m’a répondu ce matin? Il m’a dit qu’il m’aimait parce que je le laissais écouter des films en français. Son ex le trouvait ridicule de ne pas écouter des films serbo-croates en version originale. »

Trop mignon, non? Et vous, pourquoi aimez-vous votre amoureux ou votre amoureuse? Parce que vous trouvez son cul craquant dans ses jeans? Parce qu’elle joue aux échecs avec des personnes âgées une fois par mois? Parce qu’il ne vous gronde pas quand vous échappez des Captain Crunch dans les draps?

Coups de poing dans les couilles et spectacle de magie

février 22, 2011

Bonjour mes chouchous,

La semaine dernière, je ne vous ai pas écrit du tout. Mea Culpa. J’ai passé trop de temps à manger des cupcakes, à lire Indignation de Philip Roth, à tenter de cacher mes cernes, et à boire du thé glacé sans calorie.

Voici un mini récapitulatif de ce que je vous ai caché (et watch out plus tard dans la semaine, je vous révèle un secret plus big que mes boobs).

Ma Saint-Valentin : Ma maman a annulé le souper prévu, au M sur Masson, parce qu’elle était trop épuisée, ayant passé une journée à l’école avec deux élèves qui n’avait pas pris leur dose de Ritalin matinale. Je suis allée chez le traiteur, j’ai acheté un suprême de volaille, du riz et du saucisson, et j’ai passé la soirée collée contre Alexandre Le Grand, à m’émerveiller pour la cinquième-sixième-dixième fois devant Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain.

Ma face sur du papier glacé: Vous pouvez me voir dans les magazines Summum Girl et Clin d’oeil du mois de mars. Enjoy! (Et si quelqu’un connaît Léa Clermont-Dion, dites-lui que même si je la trouve incroyablement intelligente, elle n’est pas la seule à avoir lu Ariel Levy, et que c’est limite ridicule de vouloir la diversité corporelle mais de dire qu’il ne devrait plus avoir de filles avec de faux seins à la télévision. Anyway, comme mon mec dit, ça n’existe pas, des faux seins, sauf quand des gars se déguisent en poulette à l’Halloween. Je n’ai pas de faux seins : j’ai de vrais seins, avec des implants.)

Mini traumatisme: Ma copine Anita ne comprend pas les filles qui sont obsédées par les chevaux, et ne me laissera jamais acheter chez H&M un costume de ballerine avec un chaton imprimé dessus pour sa gamine.

Célébration: Mon grand-papa paternel a fêté ses 80 ans. Je suis allée le voir à sa résidence pour personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Je l’ai trouvé très beau, et touchant, quand il ne cherchait qu’à vider tous les gobelets de lait et de crème trouvés sur une table.

Spectacle : J’ai pleuré deux fois en écoutant Carole Bouquet lire Lettres à Génica, folies d’amour d’Antonin Artaud. Je ne sais pas pourquoi, ce n’est pas juste la folie, c’est les mots d’Artaud, quand il écrivait à son amoureuse, quand il lui disait qu’elle était plus douce que la vie, je trouvais ça beau, et j’espèrais être comme ça, pour Alexandre Le Grand.

Vidéo : Un des gentils collègues d’Alexandre Le Grand lui a envoyé une vidéo d’une Mistress japonaise donnant des gros coups de poing dans les couilles à un mec qui lui jouit dans la face.

Proposition : « Je me permets de t’écrire pour te proposer quelque chose. Je travaille pour une compagnie de présentation de produits érotiques à domicile.Nous sommes à la recherche d’une femme pour participer à un spectacle de magie à connotation sexuelle dans un bar. Cette femme devra présenter quelques uns de nos produits tout en interagissant avec le magicien devant un public de 25-30 personnes. Les spectacles auraient lieu tous les vendredis soirs pendant 1 ou 2 mois, selon l’intérêt de la clientèle. Ce serait d’une durée d’environ 1 heure par soir. Le salaire est à déterminer. J’ai pensé à toi car à la lecture de ton blog et de ton livre j’ai vu que tu étais bien à l’aise avec le sexe et les accessoires!! »

Des sacoches en poissons zébrés et des dessous à ficelles

janvier 23, 2011

Mariposa me fait sursauter, alors que je l’attendais, assise dans la station de métro Beaubien, à lire un livre de chick lit à la couverture jaune poussin. Nous voulions aller magasiner des dessous sexys et des sextoys – elle a oublié son vibro préféré au chalet de ses parents, damn – mais nous craquons devant une animalerie.

Nous regardons un carlin-bichon frisé nous cruiser derrière les barreaux de sa cage, et des rats bleus à énormes couilles. Mariposa trouve superbe un poisson zébré, « Je veux une sacoche comme ça! », et moi je rigole devant un pacman qui a l’air d’un caca de chien.

Rendues à la boutique Sexe Cité, nous regardons les bas de nylon et les maillots-de-bain-à-ficelles-qui-te-rentrent-direct-dans-les-fesses, en parlant d’un ex amant de Mariposa, complètement narcissique dans ses désirs et ses exigeances toujours plus grandes.

Nous entendons un vendeur se faire critiquer par un client étrange : « Je suis gai mais je m’entends pas avec les petits jeunes comme toi. Nicole! Audrey! Je veux pas parler à ça! » Je m’approche du vendeur, il me dit qu’il ne prend pas les insultes du mec au sérieux, et moi je lui souris et je lui dis qu’il a de belles dents.

Pour lire ma choupinette cochonne : http://infid-elle.blogspot.com/

Thérapies express au Pina Colada

janvier 6, 2011

« When it comes down to it, I let them think what they want. If they care enough to bother with what I do, then I’m already better than them. » Marilyn Monroe

Cheers au Marilyn Merlot! À vous tous, mais particulièrement à mes copines qui ont été merveilleuses tout au long de l’année 2010, à me proposer des cours de yoga, du Pina Colada dans un thermos, des conversations devant des boites de mouchoirs et des muffins bio, des thérapies express devant une salade thai du Saint-Hubert ou un épisode de The Hills, à babysitter ma chatte Paprikalicious, à me supporter quand j’avais l’impression d’avoir soudainement trois personnalités et deux vies, à excuser mes absences, mes éclats de rires trop forts, mes obsession sur la taille de mes jeans et mon tour de poitrine.

Love y’all. Et je sais que 2011 sera une meilleure année, parce que je ne l’ai pas commencée en filant mes bas de nylon et en priant que je ne vomisse pas tous le champagne rosé que j’avais bu.

Once you go black

décembre 27, 2010

Au Café Cléopâtre, je bois une gorgée de bière blonde et je suce une sucette Laura Secord, en regardant, trop souriante, une copine qui présente son nouveau mec à une autre copine, mariée depuis presque deux ans à un sublime black. Cette dernière, les yeux plus brillants que la maison de Le Sapin a des Boules, peut pas s’empêcher de crier : « You’re with a black guy too? I love you so much better now. » Quelques secondes après, elle lui donne un coup de coude et elle ajoute : « So you like big cocks? »

Dentelles et attouchements

octobre 28, 2010

Vous êtes quelques lectrices qui auraient bien voulu avoir mes soutifs taille 32A. Mais je dois vous apprendre que ma copine Sarah Lee remplit trop bien mes soutifs. La seule question qu’elle m’a posée: « Est-ce que tu les portais quand tu étais escorte? » Je lui ai répondu que c’était rare que j’en portais quand je faisais la pute, parce que ça laissait des marques sur ma peau et que c’est pas sexy, les marques sur la peau, et que pour vrai de vrai, j’étais moins coquette que maintenant.

Ça aurait été étrange que ma copine porte un soutif que mille mecs ont touché, non?

Je suis obsédée par mon image de drunkwhorexic

octobre 25, 2010

À 2h00 du matin, quand Anita me quitte après avoir parlé de cupcakes au citron qui ne goûtent rien, de petites bites, de fidélité, de grosses bites, et de mecs qui ne veulent pas baiser les filles quand elles sont menstruées, je ressemble à ça, à m’amuser au lit à me prendre en photo, avec la peau pailletée grâce à l’Huile Prodigieuse Or de Nuxe. Et les dents rouges grâce au vin rouge.

Petite lapine bouffeuse de dizzy

octobre 11, 2010

Sarah Lee arrive au Byblos, et ça lui prend quelques instants avant de voir qu’une douzaine de ses amis y sont déjà, pour célébrer son anniversaire avec elle, quelques jours à l’avance. Elle se précipite sur moi et me touche les seins. Je ne pouvais pas l’embrasser sur les joues, je suis enrhumée, alors un câlin comme ça, avec ses doigts qui s’enfoncent dans ma veste grise Club Monaco, j’adore.

Elle s’assoit à côté de son mec, qui lui offre des tournesols et des caramels. Elle demande s’il y a un menu végétarien, nous remercie dix fois d’être tous là, et se demande si Tabitha va arriver plus tard. Dolly nous montre sa sacoche : « C’est camel. La couleur de la saison. » Sarah Lee dit : « Je suis contente que ce ne soit plus mauve. Faut prendre un break de mauve. »

Avant que nos plats de dizzy ou de riz au bœuf arrivent, « Je veux bouffer du zizi. », Sarah Lee me dessine sa robe de demoiselle d’honneur sur un napperon en papier. Dolly dit : « C’est comme si tu avais un gros beigne autour du cou. » Sarah Lee précise : « Ou une minerve. Et c’est ma belle-sœur qui l’a cousue, et je crois qu’elle pense que je pèse deux cent livres et non cent livres. Je vais tout faire pour qu’un bébé me vomisse dessus pour que je puisse mettre une autre robe, j’en ai vu une dorée, toute jolie, chez H&M. »

Le serveur verse du vin rouge dans nos verres. Mon mec constate qu’il y a un insecte dans le sien. Nous mangeons en parlant de nos positions sexuelles préférées, « J’aime ça en petit lapin. Je commence mes journées comme ça, sur le bord du lit, mon petit cul dans les airs, et après je lèche la queue de mon mec, sans faire la grimace en goûtant ma mouille. », et de Sarah Lee qui souhaite avoir les mêmes cheveux que Sookie dans True Blood.

Je prends un autre verre de vin rouge, en regardant les autres tester différentes glaces aux concombres, aux amandes et aux cerises. Dolly me fait rigoler, quand, après avoir glissé une petite cuillère entre ses lèvres, elle dit, sans réfléchir : « C’est bon, c’est mou. »

Une matinée dans une cuisine jaune bouton de marguerite

septembre 23, 2010

Marissa me prend dans ses bras dès que je rentre chez elle : « Ça sent le brûlé, mais j’ai rien brûlé du tout, ça doit être des miettes dans le grille-pain ou je sais pas. » Je l’embrasse et je crie : « Tu as trop de beaux bracelets ! Katy Perry en a des pareils ! » Marissa les regarde. Elle fait de la musique en entrechoquant ses bracelets à têtes de mort signés Alexander McQueen. Elle me dit qu’elle est tombée en amour avec en les voyant sur un site web.

Elle me prend la main et m’entraîne dans sa cuisine fraîchement peinturée en jaune bouton de marguerite. J’entends la musique à faible volume de Marina And The Diamonds. Je m’asseois à sa table. Nous placotons sur un cours qu’elle suit en étudiante libre, sur le cinéma japonais contemporain. Elle me dit qu’elle voudrait se faire un des mecs dans son cours: « Il est vraiment cute, il met des jeans qui montrent un peu ses caleçons, et il porte de caleçons roses, moi je craque pour les mecs qui portent des caleçons roses. Mais il est toujours assis à côté d’une fille que j’aime pas. Le connard. Je comprends pas les mecs qui se tiennent avec des filles qui portent des bas de pyjamas pour aller à l’école. »

Marissa me sert des œufs bénédictines avec des asperges croustillantes. Elle est toute fière : « C’est la première fois que j’en cuisine ! » J’adore trop, je pourrais en manger tous les jours. Elle nous prépare des mimosas, presque en dansant, elle a l’air toute légère, plus heureuse que les dernières fois ou je l’ai vue, à faire la moue dans des cabines d’essayage et à croire que la terre entière était contre elle parce que son horoscope était pas aussi bien que le mien. Je lui demande si ses voisins se promènent nus dans leur appartement ou si elle a trouvé la couleur de vernis parfaite pour ses ongles d’orteils ou si elle s’est crossée vingt fois avant que je n’arrive.

En avalant mon mimosa, elle pouffe de rire : « Oh non. J’ai juste tellement baisé hier. Et avec un seul mec. Il m’a prise pendant six heures. Il m’obligeait à jouir avant lui, et d’hab, c’est comme toi, ça m’énerve ce genre de trucs, mais là c’était bon, je me sentais comme une princesse. Mais j’ai vraiment mal aux jambes, d’avoir trop baisé, faudrait que je me couche sur le canapé. Tu permets ? Amène le bol de fruits, tu feras semblant d’être mon esclave et moi une méchante romaine perverse, et tu feras tomber dans ma bouche des fraises presque pourries. »