Posts Tagged ‘Katy Perry’

Une prochaine fois, le latex?

novembre 21, 2010

17 novembre 2010

Dès que j’entre au Salon, je passe à côté du stand de La Courte Échelle, Marie Hélène Poitras y fait jouer une chanson de Katy Perry. Je souris, je me retiens pour ne pas commencer à danser, et je me dis que tout est merveilleux. Je pense à ma maman, qui m’a demandé de lui envoyer une photo de la robe que je porte ce soir. Je pense à ma maman, qui m’a accompagnée au Salon du Livre, le weekend, de mes huit ans à mes quinze ans. La première fois, j’avais demandé à Gilles Tibo de signer une affiche et j’avais demandé à Henriette Major ce que je devais faire pour devenir auteure quand je serai plus grande.

(Elle ne m’avait pas dit de coucher avec plein de mecs, elle m’avait dit de tenir un journal intime, et d’y écrire, tous les jours. Mes deux premiers journaux intimes sont vraiment palpitants – histoires de chicanes avec des copines et de parties de cache-cache. Wouhou. Scandale.)

Je pense aussi à l’heure que j’avais passé à attendre que Marie Laberge me dédicace Quelques Adieux, quand j’avais seize ans (après avoir lu ce livre, je voulais déménager à Québec et baiser avec des professeurs). Et à l’an dernier, alors que je travaillais au stand de la Bibliothèque Nationale, dans une petite robe noire à boutons dorés, à me répéter que la prochaine fois que je me rendrais au Salon, ce serait habillée en latex, pour signer mes livres.

(Je ne me suis pas habillée en latex. Mea culpa.)

Une matinée dans une cuisine jaune bouton de marguerite

septembre 23, 2010

Marissa me prend dans ses bras dès que je rentre chez elle : « Ça sent le brûlé, mais j’ai rien brûlé du tout, ça doit être des miettes dans le grille-pain ou je sais pas. » Je l’embrasse et je crie : « Tu as trop de beaux bracelets ! Katy Perry en a des pareils ! » Marissa les regarde. Elle fait de la musique en entrechoquant ses bracelets à têtes de mort signés Alexander McQueen. Elle me dit qu’elle est tombée en amour avec en les voyant sur un site web.

Elle me prend la main et m’entraîne dans sa cuisine fraîchement peinturée en jaune bouton de marguerite. J’entends la musique à faible volume de Marina And The Diamonds. Je m’asseois à sa table. Nous placotons sur un cours qu’elle suit en étudiante libre, sur le cinéma japonais contemporain. Elle me dit qu’elle voudrait se faire un des mecs dans son cours: « Il est vraiment cute, il met des jeans qui montrent un peu ses caleçons, et il porte de caleçons roses, moi je craque pour les mecs qui portent des caleçons roses. Mais il est toujours assis à côté d’une fille que j’aime pas. Le connard. Je comprends pas les mecs qui se tiennent avec des filles qui portent des bas de pyjamas pour aller à l’école. »

Marissa me sert des œufs bénédictines avec des asperges croustillantes. Elle est toute fière : « C’est la première fois que j’en cuisine ! » J’adore trop, je pourrais en manger tous les jours. Elle nous prépare des mimosas, presque en dansant, elle a l’air toute légère, plus heureuse que les dernières fois ou je l’ai vue, à faire la moue dans des cabines d’essayage et à croire que la terre entière était contre elle parce que son horoscope était pas aussi bien que le mien. Je lui demande si ses voisins se promènent nus dans leur appartement ou si elle a trouvé la couleur de vernis parfaite pour ses ongles d’orteils ou si elle s’est crossée vingt fois avant que je n’arrive.

En avalant mon mimosa, elle pouffe de rire : « Oh non. J’ai juste tellement baisé hier. Et avec un seul mec. Il m’a prise pendant six heures. Il m’obligeait à jouir avant lui, et d’hab, c’est comme toi, ça m’énerve ce genre de trucs, mais là c’était bon, je me sentais comme une princesse. Mais j’ai vraiment mal aux jambes, d’avoir trop baisé, faudrait que je me couche sur le canapé. Tu permets ? Amène le bol de fruits, tu feras semblant d’être mon esclave et moi une méchante romaine perverse, et tu feras tomber dans ma bouche des fraises presque pourries. »