Archive for the ‘alcololo’ Category

Cinquième-sixième-septième martini

octobre 13, 2010

En minijupe à bordures en dentelle blanche, je prends mon quatrième-cinquième-sixième verre de martini extra olives, avant d’aller dormir. Hier j’ai rêvé que deux mecs sonnaient à ma porte, pour m’aider à me réveiller. J’étais toute nue, échevelée, avec un bas de pyjama sous mon oreiller. Un mec tenait mes bras, pendant que je cherchais une veste chaude. L’autre était entre mes jambes, et il tentait de faire passer mes jambes dans un pantalon en latex. J’étais gênée parce que je savais que mes cheveux étaient un peu gras. Whatever. J’espère rêver que je me fais gang banger dans une grotte par des hommes de caverne poilus ce soir.

Bonne nuit y’all !

Intimidée par un strap-on et une beauté lubrifiée au vin

octobre 4, 2010

Stressée parce que je me suis trompée d’autobus, je n’ose même pas feuilleter le dernier Us Weekly. J’arrive en retard au restaurant. Je ne reconnais pas Laura quand je l’embrasse deux fois de loin, « J’ai le rhume pardon. ». Carl m’invite à me coller à lui, alors qu’il parle de son envie de se faire pénétrer par un Laura et un gros strap-on black. Je retire mon manteau en donnant des coups de coude à Carl et à mon mec : « J’ai un copain qui demande toujours à sa blonde de le baiser. Moi je ne serais pas capable, je suis pas faite pour donner des coups de bite à un mec. À une fille je peux rentrer n’importe quel jouet, et j’aime ça, ou ça m’amuse, je sais pas, je fais attention. Mais foutre du lubrifiant dans le cul de mon mec, no way, je suis prête à lécher, mais pas à le défoncer. »

Sosie de Vanessa Paradis en état d’ébriété

Je mange un peu de poulet thaï, puis nous nous levons pour nous rendre au Métropolis, pour le show de Gotan Project. Laura s’accroche à mon bras et à ma robe Athena de Marciano : « Tu es si jolie, j’ai l’air de rien à côté de toi, je n’ai pas eu le temps de me changer. Je porte que des jeans au travail et je me sens quand même tellement à part. Les filles portent juste des pantalons cargo et les mecs ont les oreilles percées, ils portent des gros anneaux en bois dans les oreilles, et j’ai hâte de me trouver un autre contrat, ailleurs, tu peux pas savoir. J’ai pas bu mon verre de vin au complet, je supporte pas l’alcool, j’ai honte, oublie tout ce que je vais faire ce soir, d’accord ? » Elle toujours très belle. » Elle est un peu maigre, mais c’est vraiment une très belle femme, une Vanessa-Paradis-en-tailleur-parlant-intelligemment-autant-de-gaz-shiste-que-de-yoga.

Un gardien de sécurité pro-cochonneries dans les toilettes

Je dis que j’ai besoin d’aller faire pipi dès que je termine un rhum et coca zéro. Laura et mon mec m’accompagnent. En passant devant un gardien de sécurité, mon mec fait semblant d’être super déçu, parce que nous ne pourrons pas le suivre dans les toilettes pour le sucer. Le gardien de sécurité dit qu’il n’est pas là pour ça : « Ça me dérange pas si vous faites vos cochonneries. » Je rigole, mais je pense tout de même que ce serait excitant de lécher la queue de mon mec avec Laura.

Devant le miroir des toilettes, Laura se regarde et cherche dans ses poches une bague qu’elle a retirée au restaurant. Elle panique un moment, puis la retrouve dans sa veste : « Je vais être terrible toute la soirée. Interdis-moi de boire une autre goutte d’alcool. » Quand Carl lui remet un verre de vodka-canneberge, je lui dis qu’il y a plus de jus que d’alcool. Laura avale tout de suite la moitié de son drink et se colle le cul contre la braguette de mon mec.

Lavement et chaleur entre les jambes

En commençant à danser et à donner des coups aux gens près de moi parce que ma sacoche dorée est énorme, je me plains à Carl que j’ai trop grossi ces temps-ci, comme si je me préparais à hiberner tout l’automne. Il me recommande différents lavements et il me donne crissement trop de détails sur le temps que ça lui prend pour chier après qu’il se soit insérer sa solution miracle dans l’anus.

Sur la scène, une projection vidéo montre deux filles qui dansent sensuellement ensemble. Laura me prend par la taille et se colle contre moi. Je laisse tomber ma sacoche, à mes pieds, je la pousse contre un mur, près de nos deux mecs super souriants. Laura passe sa main dans mes cheveux. Je déteste quand on me touche la tête, j’ai l’impression que mes cheveux deviennent gras dès qu’ils sont frôlés, mais la main de Laura est agréable. Elle me chuchote des mots à l’oreille, en pouffant, je ne comprends pas ce qu’elle tente de me dire. Je pose ma tête contre sa nuque, je la sens se détendre, se relâcher contre moi, et je l’embrasse, rapidement, comme si c’était une erreur, mes lèvres imbibées de gloss et d’alcool contre sa peau. Je passe mes mains dans son dos, le tissu de sa blouse est léger, et une jambe entre ses jambes. Je me sens toute chaude, et je voudrais qu’elle me plaque contre un mur, devant quelques mecs, qui nous encercleraient, mais je sais qu’elle est trop douce, et moi soudainement timide, devant sa beauté trop gracieuse et saoule.

Aventures à L’Assomption Part Trois : Watatatow et la Vierge

septembre 20, 2010

Tous les anciens élèves sont invités à visiter les locaux ou ils ont laissé de la gomme sous les pupitres. Je marche avec des copines, trop saoule, rigolant pour rien et lisant La Huitième Gorgée, de Valérie Carreau, dès que je trouve ça plate, être debout à regarder des murs beiges.

(Il n’est pas nécessaire de boire pour apprécier La Huitième Gorgée. C’est touchant, ça fait parfois frissonner comme le bruit d’une craie sur un tableau, et c’est vrai que le style fait Raymond-Chandler-se-déguise-en-Martha-Stewart.)

En descendant dans la crypte, ou plein d’anciens prêtres sont enterrés, Magalie me raconte comment elle a rencontré son mec : « Je venais de déménager en Gaspésie. De la fenêtre de mon bureau, je voyais un gars de la construction qui avait une super belle paire de fesses. Un de ses amis nous a suggéré de luncher ensemble et depuis nous avons deux enfants. J’ai accouché il y a trois mois, c’est pour ça que je suis encore grosse. » Je lui dis qu’elle est toute rayonnante, et c’est vrai, elle a l’air vraiment heureuse et bien et ça me donne trop envie de donner des calins à tout le monde, de voir quelqu’un de sincèrement heureux et bien. Je m’approche d’une statue de la Vierge Marie, je dépose un verre de vin comme offrande à ses pieds, je l’entoure de mes bras, et fuck, je la fais basculer de son socle. J’ai peur intensément pendant trois secondes et une gentille copine m’aide à la soulever et à la replacer : « Mais euh tu as brisé son chapelet. »

De retour dans la salle ou nous avons mangé des pâtes noyées dans de la sauce fluo, une des organisatrices de la soirée, vêtue d’une jolie robe crème, annonce des concours : « Faut que vous chantiez la chanson de Watatatow! » et « Faut que vous me nommiez des poètes que nous avons étudié dans nos cours de français! » Elle ne me croit pas quand je dis que nous avons analysé Rimbaud. Trop saoule, je commence à frustrer et à faire le gros bébé : « Mais le professeur avait adoré mon analyse du poème Voyelles. Et nous parlions de Jean Leloup et de Nadine Bismuth ensemble.» De peur que je recommence à crier « Salope! » comme une heure plus tôt, elle accepte que je sois la surdouée des souvenirs de poètes étudiés.

Vanessa me propose d’appeler mon frère pour qu’il vienne nous chercher, parce qu’elle est en manque de Sudafed, et que moi j’ai l’air trop white trash. Nous sortons de la salle, ou une secrétaire nous attend, souhaitant que nous signions le livre d’or du Collège. Je fais pas trop attention, et je signe Mélodie Nelson, sur le tiers d’une page, avec un cœur sur le i. La madame commence à me disputer parce que j’ai écrit trop gros mon nom et je n’en reviens juste pas, de me faire critiquer sur ma signature, je lui réponds des conneries – oubliées depuis, thank God – . Vanessa me prend le bras, et m’entraîne à l’extérieur du Collège. Deux mecs me parlent de génie civil, de mon image sur Twitter et de feux d’artifices. Je me calme et je suis Vanessa, jusqu’à l’auto de mon frère, qui nous attend, à la sation-service.

Nous allons reconduire Vanessa, puis je supplie Philippe de s’arrêter au McDonald. Nous nous rendons finalement au Tim Hortons. Je me sens tout à coup super bien, encore saoule, mais en sécurité, dans ma petite bulle à moi, à écouter mon frère parler de Jack Daniels et de la Russie, et j’oublie mon beigne extra costarde dans son automobile.

Fin des aventures à L’Assomption – De retour aux séances de masturbation demain.

Aventures à L’Assomption Part Deux : le cheerleading et des filles qui ont marié des mecs pas beaux mais capables de leur payer de grosses poussettes

septembre 20, 2010

Vanessa et moi nous nous trompons trente fois de portes, avant de pousser celle sous la devise magique et humble de mon ancien Collège privé, Parare Domino Plebem Perfectam. Une cinquantaine de nos camarades y sont en train de boire lentement du vin dans des verres en plastique transparent. Je salue extatique une copine devenue enseignante et j’embrasse un mec barbu aux jolis yeux – pas revu de la soirée, damn – . Je commence à me demander si je n’aurais pas dû rester chez moi à me crosser et à écouter Breaking Bad quand je vois une fille à la voix gravement chiante et aux fesses inexistantes. Revenir au Collège, dix ans après avoir passé tous mes cours, m’oblige quasi à redevenir une gamine-insécure-à-la-rage-dissimulée-dans-des-soquettes-blanches.

Dans les corridors, je vois des photos de l’équipe de cheerleading : « Wouah j’aurais trop aimé en faire partie! Ça n’existait pas à notre époque! » Une rouquine m’approuve. Je discute de bébés, de concours de beauté, de brûlures causée par des pogos, de putasserie et d’organismes sans but lucratif, tout en présentant mon Calinours porte-bonheur à une dizaine de personnes. Ça me dérange pas de me faire poser des questions sur mes ex clients, mais je tourne la tête, étourdie par un troisième verre de vin, ou la sensation d’être définitivement au mauvais endroit, quand un professeur me dit « Tu es notre Nelly Arcan à nous. »

Après un buffet tellement mauvais qui m’a donné juste envie de plus boire plutôt que de goûter à des pâtes noyées dans de la sauce fluo, je vais à la salle de bain. Six-sept-mille (elles sont toutes pareilles) filles bloquent l’entrée. Je dis un truc comme « Vous venez de vomir vos calories, vous pouvez aller parler de vos poussettes super cool ailleurs que dans les toilettes. » Six-sept-mille (elles sont toutes pareilles) filles se caressent les cheveux, de la main gauche, et font comme si je n’existais pas. Je commence à parler de tampons avec Vanessa. Magalie dit qu’elle est déçue parce que les grafitis qu’elle avait dessinés à treize ans n’existent plus et elle ajoute qu’elle n’accepte pas comme amies Facebook les six-sept-mille (elles sont toutes pareilles) filles qui lui ont déjà demandée si elle aimait son manteau d’hiver, à quoi elle avait répondu oui, et les pétasses avaient fait une face de dégoût total. Genre la face que je ferais si j’étais leur esthéticienne.

Comment ne pas être aussi belle qu’un mannequin Guess dans sa robe de High School Reunion

septembre 20, 2010

1.Boire plus de kir royal que de sucettes au lancement du livre Sous la toge 2 de Nathaly Dufour et se retrouver avec une envie démente de manger six pogos passé minuit, deux jours avant le pré-conventum.

2.Se brûler le bras en ouvrant le four pour en retirer les pogos.

3.Oublier dans quelle boite de déménagement mon fer plat est rangé.

4.Décider que de jouir cinq fois par jour c’est suffisant pour brûler les calories. (J’ai oublié anyway dans quelle boite de déménagement sont mes souliers de course.)

5.S’en foutre de ne pas être aussi belle qu’un mannequin Guess parce que je suis jolie quand même et que je n’ai plus, comme à treinze ans, les cheveux crissement trop permanentés-des lunettes-un appareil orthodontique-et-les-ongles-rongés-vernis-en-dix-couleurs-différentes.

Un anniversaire célébré avec des friandises et des bières blondes

septembre 18, 2010

Pédicure et verre de rosé

Je croise le mec d’Anita sur la rue Mont-Royal, il me dit qu’il va acheter une pizza et des frites. Je retiens rien de ce qu’il dit et je vais acheter de la vodka à la SAQ et du jus d’orange dans un dépanneur tout proche. Des filles en jupes de collégiennes traversent la rue. Je caresse un chat gris et jaune, devant l’entrée de l’appartement d’Anita. Je sonne, je ramasse une contravention à payer, et je retire mes souliers dans l’escalier recouvert de tapis.

Anita me montre ses pieds : « Tu vas être fière de moi, je me suis faite une pédicure pendant la sieste de la petite. » Je lui souhaite un joyeux anniversaire, elle a vingt-et-un an aujourd’hui. Je suis super jalouse d’avoir une copine plus féline, plus fertile et plus jeune que moi. Elle s’asseoit dans son canapé et commence à se tirer du lait : « Je sais qu’ils sont beaux mes mamelons tout pâles. » Une copine d’Anita, de retour du Pérou, me tend un verre de rosé. Elle dit qu’elle aurait adoré adopter plein de Péruviens et s’acheter plus de bracelets en écorce d’arbres exotiques.

Bruits de vibros bizarres

Sophie, une barmaid enceinte, s’asseoit avec difficultés et trouve un vibro avec des perles, sous un coussin du canapé. Anita ne rougit même pas : « C’est le pire vibro ever. Si tu appuies sur ce bouton-là, tu peux même entendre des cris de femmes qui jouissent. Turn-off total. » Anita l’avait acheté lors d’une soirée de sextoys-et-huiles-à-massages-sensuelles-qui-puent-à-vendre chez elle. Elle avait reçu gratuitement un film porno avec des asiatiques et des grannies cochonnes. Moi j’avais essayé un costume cheap de dominatrice et je m’étais acheté le plus vibro framboise du monde entier.

Anita s’ouvre une bouteille de Breezer à l’ananas et nous dit de la suivre dehors. Nous nous rendons au bar Chez Baptiste, en buvant chacune des gorgées de son drink calorique. Anita me dit que ses deux amies ont déjà eu les cheveux complétement rasés, comme elle, et je fais les gros yeux, incapable de m’imaginer faire autre chose à mes cheveux que de les teindre, les lisser, leur foutre des rallonges capillaires et les attacher en gamine.

Schnolle ça veut dire couilles

Une autre copine d’Anita vient nous rejoindre, suivie par Léo, un mec que j’adore immédiatement parce qu’il répète le mot schnolle dix fois la minute. Nous buvons des bières blondes, et Sophie un truc pas bon sans alcool. Anita prend des photos de moi et de ma grosse langue et moi je lui pointe une bachelorette. Son t-shirt blanc American Apparel est recouvert de pastilles Lifesaver multicolores. Elle est accompagnée par deux brunettes. L’une d’elle fait un clin d’œil à Anita : « Tu veux croquer un bonbon? » Nous demandons combien ça coûte. Elle explique que ça dépend celui qu’on choisit, les pastilles collées direct sur les tétons de la bachelorette coûtent plus cher. Anita dit : « Combien? Combien? »

Mamelon au Lifesaver

Sophie donne dix dollars à la bachelorette pour qu’Anita lui suce un mamelon. Je suis toute excitée, j’applaudis. Les mecs près de nous, sur la terrasse du bar, regardent sans rien dire, bandés mais presque gênés. Je commande une autre bière blonde. Nous parlons de mecs qui prennent des queues dans le cul tout en étant hétéros et de mafiosos. À une heure du matin je commence à pleurnicher : « Je veux un chien. Je veux un chien. » Anita prend le verre d’eau de Joseph, qui est en train d’énumérer les raisons pour lesquelles il se retrouve dans un des personnages de branleur de Philip Roth. Anita m’embrasse : « Il est tard. Tu devrais prendre un taxi pour rentrer chez toi. Je te raconterai demain qui a frenché qui et qui a bitché qui. »

Juste parce que je bois du Gatorade après avoir bu une bouteille de vin blanc

septembre 14, 2010

NaglaaIsDead

Ahahah, tu es formidable. It takes a great woman to be drunk before 8.

Son RIP blogue: http://lafindelagenerationrose.blogspot.com/

Je ne fais pas que danser et boire: je lis aussi les enseignements de Jéhovah

septembre 13, 2010

Je caresse le cul des clients dans un bar

Je m’assois devant le miroir, les jambes croisées, puis décroisées, légèrement écartées. Je vérifie si ma robe est trop courte et nécessite une petite culotte. Je décide d’enfiler une petite culotte lilas à pois blancs. J’hydrate la peau de mes pieds avec un crème intensive ultra légère de Sally Hensen. Je masse mes pieds et je mets une paire de sandales fabuleuses, offertes par la belle-mère de ma copine Élise, qui croit encore que je ne suis pas une vraie femme puisque je n’ai pas de permis de conduire.

Dehors, je n’ai pas froid, avec une veste en laine grise Guess par-dessus ma robe fushia, et je ne me retourne pas pour voir quel mec m’a sifflée, alors que je marchais près de la station de métro Square Victoria. Je rentre au bar Le Confessionnal, je caresse le cul d’un mec sans faire exprès, je marche en bousculant les gens, sans le vouloir. Ma sacoche dorée est trop remplie, j’y ai mis ma trousse de maquillage, le dernier Vanity Fair, un petit cahier noir, l’appareil-photo de mon frère Marky Mark, mon porte-monnaie à motifs de Bambis, une lime à ongles Revlon, un mini parapluie, et un guide pour adolescents conçus par les Témoins de Jéhovah, que j’ai retrouvé par hasard la veille.

J’aime le gloss et je me moque légèrement des enseignements des Témoins de Jéhovah

Quand j’avais quinze ou seize ans, j’avais fait un exposé sur les Témoins de Jéhovah, à l’école, et je m’étais rendue à une journée porte-ouverte, en longue jupe fleurie. J’y avais ramené ce guide bleuté, couvrant plein de questions essentielles comme Mes vêtements révèlent-ils ma véritable personnalité?, Comment savoir si c’est vraiment de l’amour?, Pourquoi refuser la drogue? et Comment rester maître de la télévision?

Alexandre Le Grand me retrouve au bar. Il commande une Hoegaarden et me dit que Gaspard devrait nous rejoindre bientôt : « Il est au bar du Marriot. Il parle de son chien à trois pattes avec la barmaid. » Je me remets du gloss Girl’s Delight de M.A.C., lentement, et je fais la moue devant le miroir du bar. Mes lèvres goûtent le caramel. J’adore.

Je prends le guide des Témoins de Jéhovah et je décide d’en lire un passage à voix haute : « La masturbation – Est-elle vraiment grave? La masturbation n’est pas mentionnée une seule fois dans la Bible. Dans les temps bibliques, cette pratique était courante dans les pays de langue grecque, et il existait plusieurs termes pour la désigner. Mais aucun d’eux n’apparaît dans la Bible. Puisque la Bible ne condamne pas explicitement la masturbation, faut-il penser qu’elle est inoffensive? Absolument pas! Bien qu’elle ne soit pas citée parmi les péchés graves comme la fornication, la masturbation est bel et bien une pratique impure (Ephésiens 4 :19). Les principes de la Parole de Dieu enseignent qu’on tire profit à résister résolument à cette habitude impire. – Esaïe 48 :17. »

Alexandre Le Grand retire sa chemise de ses pantalons. Je continue ma lecture parce que ça m’excite grave les trucs religieux : « Il n’est pas rare qu’on cherche à intensifier le plaisir sexuel par le moyen de fantasmes immoraux (Matthieu 5 :27, 28). En conséquence, si l’occasion se présente, on  peut facilement tomber dans l’immoralité. Tel fut le cas pour un jeune qui a reconnu : « Je croyais que la masturbation était un moyen de calmer mon insatisfaction, sans avoir à toucher une fille. Pourtant, le désir de le faire est devenu irrésistible. » Il a commis la fornication. Rien d’étonnant que la majorité des adolescents qui se masturbent se livrent aussi à la fornicaion, selon une enquête menée aux Etats-Unis. »

Je me masturbe sans croire que c’est une souillure – je suis un être spirituellement très avancé

Je prends des gorgées de mon gin tonic, en observant la nouvelle barmaid, une brunette habillée en noir, avec une chaine toute déliquate, en argent, autour du cou. Elle questionne une cliente à lunettes larges de hipster, et la cliente ne lui répond pas, montrant son nouveau IPhone à une copine. Je fredonne la chanson Girl, You’ll Be A Woman Soon, et je regarde les bouteilles derrière le bar. Un mec m’offre un shooter de téquila, « La vie est belle. Et ta robe te fait vraiment bien. » Je lui souris. Je sais que mes yeux sont tristes. Je ne peux pas m’empêcher d’avoir des yeux tristes, même quand je m’amuse, même quand j’oublie le nombre de calories dans un martini aux pommes vertes, même, je crois, quand je me plaque un vibrateur sur le jelly bean.

Je reprends ma lecture, en soulevant bien mon petit livre bleu pour que les autres clients le voient : « La masturbation est une souillure sur les plans mental et affectif. Celui ou celle qui se masturbe complètement dans son plaisir sexuel, montrant un total égocentrisme. Le sexe devient alors étranger à toute notion d’amour; il n’est plus qu’un réflexe utile à la détente. Or, Dieu a prévu que les désirs sexuels soient satisfaits par les relations intimes, lesquelles sont une expression d’amour entre un mari et sa femme. – Proverbes 5 :15-19 »

Après je dis que j’ai très envie de manger une grosse assiette de macaroni et que je n’oublierai pas de me rendre à l’église ce dimanche. Alexandre Le Grand conclue que Gaspard ne viendra sans doute pas nous rejoindre, à cette heure, il a dû se prendre une chambre au Marriot, pour faire des trucs sadomasochistes avec sa barmaid préférée.

À la recherche d’une gentille baby-sitter qui ne sent pas le pot

août 30, 2010

Devant un vieil épisode de The Hills, sa petite fille endormie contre un de ses seins, Anita me confie qu’elle est super fatiguée ces temps-ci et qu’elle avale moin souvent le foutre de Neil. Distraite, je lui dis que je fais boire à mon mec des tisanes MCOT à la rose, à la lavande et au jasmin et que ça n’a jamais été aussi jouissif de le sucer maintenant que son sperme garde un petit goût de tisane apaisante.

Elle prend une gorgée de mon verre de jus d’orange et vodka : « J’ai vraiment hâte qu’il me rentre sa grosse queue titanesque dans le cul. » J’arrête de regarder Heidi Montag-quand-elle-avait-pas-eu-ses-douze-chirurgies. Elle continue : « L’autre fois j’étais un peu saoule et il a essayé de me pénétrer le cul, mais le lubrifiant était dans une de nos boites de déménagement alors j’ai réussi à gueuler comme une folle que je voulais pas qu’il me baise mais que je pouvais lui faire goûter mon lait maternel. »

Je lui reprends mon verre de jus d’orange et vodka : « Ça doit être trop difficile de se faire sodomiser quand ta petite fille est dans l’autre pièce. J’aurais peur de la réveiller en criant. » Anita dit : « Je vais bientôt lui trouver une bonne baby-sitter pour laisser Neil m’ouvrir le cul toute une soirée. Mais ce sera pas la fille de dix-sept ans qui habite à l’autre étage. Ses amis ont tous les cheveux longs et ils sentent le pot et l’autre jour je les ai entendus se demander ce que ça signifiait, la polygamie. »

La bière ça ne brûle pas

août 18, 2010

Ma copine Misha m’a prêté un livre d’Amin Maalouf, et à l’intérieur du livre, j’y ai trouvé cette carte. Le message à l’intérieur: « Cargoes may get damages; ships may get stuck, cranes may get broken, Stevedores may go on stroke, all things may go wrong, but as long as there is spirit, there will always be spirit of celebration. Thanks for the drinks guys. »