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Aventures à L’Assomption Part Trois : Watatatow et la Vierge

septembre 20, 2010

Tous les anciens élèves sont invités à visiter les locaux ou ils ont laissé de la gomme sous les pupitres. Je marche avec des copines, trop saoule, rigolant pour rien et lisant La Huitième Gorgée, de Valérie Carreau, dès que je trouve ça plate, être debout à regarder des murs beiges.

(Il n’est pas nécessaire de boire pour apprécier La Huitième Gorgée. C’est touchant, ça fait parfois frissonner comme le bruit d’une craie sur un tableau, et c’est vrai que le style fait Raymond-Chandler-se-déguise-en-Martha-Stewart.)

En descendant dans la crypte, ou plein d’anciens prêtres sont enterrés, Magalie me raconte comment elle a rencontré son mec : « Je venais de déménager en Gaspésie. De la fenêtre de mon bureau, je voyais un gars de la construction qui avait une super belle paire de fesses. Un de ses amis nous a suggéré de luncher ensemble et depuis nous avons deux enfants. J’ai accouché il y a trois mois, c’est pour ça que je suis encore grosse. » Je lui dis qu’elle est toute rayonnante, et c’est vrai, elle a l’air vraiment heureuse et bien et ça me donne trop envie de donner des calins à tout le monde, de voir quelqu’un de sincèrement heureux et bien. Je m’approche d’une statue de la Vierge Marie, je dépose un verre de vin comme offrande à ses pieds, je l’entoure de mes bras, et fuck, je la fais basculer de son socle. J’ai peur intensément pendant trois secondes et une gentille copine m’aide à la soulever et à la replacer : « Mais euh tu as brisé son chapelet. »

De retour dans la salle ou nous avons mangé des pâtes noyées dans de la sauce fluo, une des organisatrices de la soirée, vêtue d’une jolie robe crème, annonce des concours : « Faut que vous chantiez la chanson de Watatatow! » et « Faut que vous me nommiez des poètes que nous avons étudié dans nos cours de français! » Elle ne me croit pas quand je dis que nous avons analysé Rimbaud. Trop saoule, je commence à frustrer et à faire le gros bébé : « Mais le professeur avait adoré mon analyse du poème Voyelles. Et nous parlions de Jean Leloup et de Nadine Bismuth ensemble.» De peur que je recommence à crier « Salope! » comme une heure plus tôt, elle accepte que je sois la surdouée des souvenirs de poètes étudiés.

Vanessa me propose d’appeler mon frère pour qu’il vienne nous chercher, parce qu’elle est en manque de Sudafed, et que moi j’ai l’air trop white trash. Nous sortons de la salle, ou une secrétaire nous attend, souhaitant que nous signions le livre d’or du Collège. Je fais pas trop attention, et je signe Mélodie Nelson, sur le tiers d’une page, avec un cœur sur le i. La madame commence à me disputer parce que j’ai écrit trop gros mon nom et je n’en reviens juste pas, de me faire critiquer sur ma signature, je lui réponds des conneries – oubliées depuis, thank God – . Vanessa me prend le bras, et m’entraîne à l’extérieur du Collège. Deux mecs me parlent de génie civil, de mon image sur Twitter et de feux d’artifices. Je me calme et je suis Vanessa, jusqu’à l’auto de mon frère, qui nous attend, à la sation-service.

Nous allons reconduire Vanessa, puis je supplie Philippe de s’arrêter au McDonald. Nous nous rendons finalement au Tim Hortons. Je me sens tout à coup super bien, encore saoule, mais en sécurité, dans ma petite bulle à moi, à écouter mon frère parler de Jack Daniels et de la Russie, et j’oublie mon beigne extra costarde dans son automobile.

Fin des aventures à L’Assomption – De retour aux séances de masturbation demain.

Aventures à L’Assomption Part Deux : le cheerleading et des filles qui ont marié des mecs pas beaux mais capables de leur payer de grosses poussettes

septembre 20, 2010

Vanessa et moi nous nous trompons trente fois de portes, avant de pousser celle sous la devise magique et humble de mon ancien Collège privé, Parare Domino Plebem Perfectam. Une cinquantaine de nos camarades y sont en train de boire lentement du vin dans des verres en plastique transparent. Je salue extatique une copine devenue enseignante et j’embrasse un mec barbu aux jolis yeux – pas revu de la soirée, damn – . Je commence à me demander si je n’aurais pas dû rester chez moi à me crosser et à écouter Breaking Bad quand je vois une fille à la voix gravement chiante et aux fesses inexistantes. Revenir au Collège, dix ans après avoir passé tous mes cours, m’oblige quasi à redevenir une gamine-insécure-à-la-rage-dissimulée-dans-des-soquettes-blanches.

Dans les corridors, je vois des photos de l’équipe de cheerleading : « Wouah j’aurais trop aimé en faire partie! Ça n’existait pas à notre époque! » Une rouquine m’approuve. Je discute de bébés, de concours de beauté, de brûlures causée par des pogos, de putasserie et d’organismes sans but lucratif, tout en présentant mon Calinours porte-bonheur à une dizaine de personnes. Ça me dérange pas de me faire poser des questions sur mes ex clients, mais je tourne la tête, étourdie par un troisième verre de vin, ou la sensation d’être définitivement au mauvais endroit, quand un professeur me dit « Tu es notre Nelly Arcan à nous. »

Après un buffet tellement mauvais qui m’a donné juste envie de plus boire plutôt que de goûter à des pâtes noyées dans de la sauce fluo, je vais à la salle de bain. Six-sept-mille (elles sont toutes pareilles) filles bloquent l’entrée. Je dis un truc comme « Vous venez de vomir vos calories, vous pouvez aller parler de vos poussettes super cool ailleurs que dans les toilettes. » Six-sept-mille (elles sont toutes pareilles) filles se caressent les cheveux, de la main gauche, et font comme si je n’existais pas. Je commence à parler de tampons avec Vanessa. Magalie dit qu’elle est déçue parce que les grafitis qu’elle avait dessinés à treize ans n’existent plus et elle ajoute qu’elle n’accepte pas comme amies Facebook les six-sept-mille (elles sont toutes pareilles) filles qui lui ont déjà demandée si elle aimait son manteau d’hiver, à quoi elle avait répondu oui, et les pétasses avaient fait une face de dégoût total. Genre la face que je ferais si j’étais leur esthéticienne.

Aventures à L’Assomption Part One : tracteurs et armes à feu

septembre 20, 2010

Mon frère Philippe vient me chercher dans le stationnement du centre commercial de Place Versailles. Je suis avec Vanessa, à parler de ma robe qui m’empêche de respirer sinon elle va se déboutonner all the way down jusqu’à ma petite culotte, et du rêve étrange que j’ai fait la veille.

(Dans mon rêve, j’étais chez mes parents et j’avais invité des copines de l’école secondaire à faire un débat « Pour ou contre les armes à feu? ». J’étais pour et je me moquais de celles qui étaient contre, même si leurs arguments étaient bons. Nous nous sommes toutes changées dans ma chambre. Rendues au pré-conventum dans des robes de mariées cheap, nous avons pique-niqué dans le stationnement et une fille tentait de nous convaincre qu’il fallait manger de la guimauve et du chocolat pour ne pas avoir mal à la tête le lendemain.)

En fouillant dans ma sacoche, à la recherche de sucettes, j’apprends à Philippe que Claire, son ex, a fait un gros accident d’auto lors d’un festival de country. Il me demande si elle est blessée, je hausse les épaules, et il me demande si mon Premier Mari va se rendre au pré-conventum du Collège de L’Assomption. Je réponds que je suis sûre que non. Vanessa avale un comprimé de Sudafed : « Est-ce que je vais pouvoir boire même si je prends des médicaments? » Je dis que j’ai même pas envie de boire, moi, et que j’ai hâte de voir si un de mes profs préférés a encore les cheveux frisés.

Sur la route, nous croisons un mec sur un tracteur, et des vaches. Je suis aux anges. Je me souviens des après-midis d’examens scolaires, en juin, ou je me rendais du Collège à chez moi en traversant des champs de maïs avec Amandine et Aurore. Nous nous arrêtons au dépanneur d’une station-service, le temps que je fantasme sur les Red Bull sugar free et que Vanessa s’achète des tampons.