Posts Tagged ‘Trump’

Le racisme, le fascisme et le silence ne seront pas tolérés

août 15, 2017

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Hier j’ai participé à la manifestation en soutien à la ville de Charlottesville, le lieu d’un rassemblement des groupes d’extrême-droite, un rassemblement violent, ayant causé la mort d’une militante antiraciste, Heather Heyer.

J’ai écrit un texte sur la manifestation, qui visait à supporter la ville de Virginie et ses habitants, mais aussi à dénoncer le silence de tous face à des oppressions véritables. J’y parle de Jésus, mais pas d’un événement troublant qui s’y serait produit et que la police semble nier.

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Une camionnette aurait percuté un manifestant. Le conducteur aurait, semble-t-il, été incommodé et impatient de se rendre sur la Rive-Sud. 

Francis Dolan, un manifestant solidaire et témoin, m’a donné un compte-rendu de ce qu’il a vu, avec de nombreux détails. Voici le témoignage de Francis Dolan:

«C’est arrivé au coin Papineau/Ste-Catherine à 20h40.

Le pickup conduit par un homme et 2 femmes passagères montait Papineau. Il a tenté de traverser la manifestation, alors qu’il restait environ 200 manifestants.

Beaucoup essayait de le convaincre de s’arrêter, le temps que la manifestation passe.

Il avançait lentement mais en donnant des coups de gaz à plusieurs reprises, pour déplacer les gens. Un homme s’est placé devant le pickup pour le sommer de s’arrêter. Le pickup a continué d’avancer, a déstabilisé l’homme qui est tombé et a été frappé à la tête par le pickup.

Il l’a sommé une dernière fois de s’arrêter, puis s’est dirigé vers la porte du conducteur pour le faire sortir de son véhicule.

À ce moment le conducteur a accéléré très rapidement et a traîné l’homme sur plus de 15 mètres en direction nord.

Il a été légèrement blessé, mais n’a pas voulu aller à l’hôpital. Lui et le conducteur ont été arrêtés pour fins d’identification. Aucune charge pour les deux. Une enquête policière sera faite sur les événements, m’ont mentionnés les policiers qui ont procédés à l’identification)»

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Un texte percutant à lire sur ce qui s’est produit à Charlottesville et ce que ça représente:

My fellow white Americans

Extrait: «These are people who chanted “Jew will not replace us.”

These are people who yelled “The heat here is nothing compared to what you’re going to get in the ovens.”

These are people who didn’t even bother to wear hoods. 

What does it say that in 2017, I’m struck by the fact that the Ku Klux Klan members at least shielded their faces so that no one could identify them? That the same type of societal pressure apparently no longer exists today? That these people feel comfortable espousing the rhetoric of racist, genocidal maniacs in a public space that was widely photographed and broadcast?»

Golden shower et Peppa Pig

janvier 17, 2017

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Jeudi dernier j’étais au téléphone, les pieds sur mon bureau, à placoter golden shower avec le duo de Marceau le soir, quand ma fille est arrivée en pleurs parce que son émission était terminée. J’avais mis mes enfants devant une quantité sans fin de Peppa Pig, mais c’était terminé, elle pleurait, je ne pouvais rien faire sauf lui promettre mille trucs et la supplier de ne plus pleurer ou de pleurer très très loin de mon téléphone.

C’était live. J’étais gênée. L’équipe de Marceau le soir est plus chouette que chouette alors ils ont pris ça de façon super chill (merci!), mais pour me sentir moins honteuse je me suis versé du vin blanc dans une tasse vintage et j’ai écouté les premiers épisodes ever de la téléréalité des Real Housewives de New-York.

Écoutez-moi parler de pipi avec Marceau le soir et de poupée qui fait caca avec ma fille!

Et lisez ma chronique sur Trump et les pratiques qui ne devraient pas être honteuses au lit (mais achetez-vous un bon drap pour les jeux de golden shower et tout).

Rien ne se résout mais tout se célèbre avec les Armoires Normandes

septembre 22, 2016

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Quand je vais au théâtre, j’ai toujours peur d’avoir envie de pipi pendant la pièce. J’avançais vers l’Usine C, et je pensais à ça, à mon envie de pipi et à un selfie à prendre avec mon amie Laura et à une photo de mes souliers à prendre une fois que je serais assise au théâtre et à mon rouge à lèvres corail que je n’avais pas eu le temps d’appliquer sur mes lèvres avant de prendre l’autobus.

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Puis j’ai tout oublié, quand un Jésus au sang semblable à de la sauce à poutine, selon lui, a commencé à saluer les spectateurs et je placotais, je pensais que Jésus était un apéro aux Armoires Normandes, mais ce n’était pas un apéro, c’était la pièce, comme m’a chuchoté une spectatrice devant moi. Honteuse, je suis restée silencieuse, avant de rire et de souffler des OMG pendant toute la pièce, au titre rappelant le cadeau offet aux jeunes mariés en France, des armoires normandes.

Mon beau-frère et ma belle-soeur en ont reçu comme cadeau de noces il y a vingt ans; c’est pour ça que je sais ça, fièrement.

Parfois je pense que rien ne me choque et parfois je me trouve choquée par tout. Quand un comédien a mimé faire caca sur une toilette, j’étais choquée, mais j’avais hâte de voir s’il allait bien s’essuyer. Et il s’est bien essuyé, avant d’embrasser une créature trouvée dans sa cuvette. J’étais choquée, mais c’est vraiment chouette être choquée. C’est comme se donner la permission de porter du rouge et du rose et une perruque en même temps. C’est choquant, mais ça délivre de tout, je me sentais opprimée par fuck all à ce moment-là, quand le mec a fait caca, je me sentais pas opprimée ou inquiétée par quoi que ce soit, même si je portais un corset trop serré.

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photo par Philippe Lebruman

Quand le comédien a tenté de rentrer ses couilles dans son anus, j’étais impressionnée et contente que ce ne soit pas une activité quotidienne de mon mec. Puis, le comédien s’est tué, en énumérant plein de raisons, Trump et le Québec libre et l’espionnage à la CAQ, et je me suis sentie super mal quand il a dû répéter son suicide à de nombreuses reprises, pour finalement faire semblant de viser des spectateurs.

Les Chiens de Navarre, avec cette pièce divisée en saynettes, créent le malaise autant que les réjouissances et les souvenirs communs.

Les Armoires Normandes nous confrontent au sexe et à l’amour, à ce qui est cru et presque tendre, et à ce qui peut être beau le temps d’un couplet, puis affreux, quand les voix faussent et se faussent. C’est quoi l’amour et le désir et pourquoi nous nous aimons ou pourquoi nous voulons que se faire avaler des papiers de divorce comme Brad et Angelina, c’est général, mais c’est pas général avec les Chiens de Navarre. Ça devient du spectaculaire, avec des confettis, des lumières de stroboscopes, des amoureux qui montent sur des spectateurs pour se retrouver. Ça devient moqueur, touchant, ridiculisé et pourtant tout simple, quand un comédien dit qu’un couple, c’est “un plus un” et voilà, et surévalué quand une comédienne impose à son partenaire qu’aimer, c’est un acte de rebelle, qu’elle compare à reprendre le cabinet de dentiste de son père, un expert en molaires, c’est risqué, l’amour, quand ça reste dans le traditionnel avec un masque sur le reste.

Entre les invités à un mariage qui discutent du prix d’un billet d’avion (“800 francs et un seul sandwich!”) et un couple qui se défait, parce que l’amour, ça ne rend pas meilleur, l’amour ça ne réussit pas à se divertir de soi-même, à s’éloigner de la médiocrité et des discours de meubles à déplacer, l’amour c’est aimer, et aimer, c’est quoi, c’est pas résolu comme question, entre les invités et le couple qui se déteste et une chanson de William Sheller, rien ne se résout. Mais tout est à célébrer. Le grotesque de la pièce, qui en jette niveau liberté et plaisir, et l’amour, peu importe si ça rend heureux ou obscène.

Les Armoires Normandes, des Chiens de Navarre, à l’Usine C jusqu’au 23 septembre.