Mon lectorat cible n’est pas l’amie notaire de ma mère

février 23, 2009

 

J’adore ma maman, et si je peux lui trouver deux-trois défauts (elle ne m’a pas montré à cuisiner, elle m’a obligée à jouer dans une équipe de baseball, j’avais peur de la balle et j’avais un gant avec un Ninja Turtle dessus…), je peux aussi lui trouver dix mille qualités (elle n’utilise pas de Botox, elle avoue ne pas être capable de se coiffer, elle est tellement sportive et focusée qu’elle se prépare aisément pour un futur marathon, et surtout, elle est ouverte d’esprit).

 

La semaine dernière, j’ai soupé avec elle chez Juliette et Chocolat. Nous avons mangé comme des cochonnes en un peu plus de trente minutes, parce qu’après, nous allions à une formation « Comment raconter une histoire aux enfants » à la BAnQ. Après avoir parlé de mon grand-papa alzeihmer qui vit maintenant dans une résidence pleine de retraités qui croient encore être des ingénieurs, se proménant avec bloc-notes et calculatrice dans des corridors luxueux-tristounets, ma maman m’a dit qu’une de ses copines, traumatisée par un de ses enfants qui lui a fait connaître cette adresse internet, l’avait avertie que j’avais un blogue.  Ma maman le savait déjà, puisque je lui raconte presque tout sur moi. Elle a rigolé. Mais la copine s’inquiétait, comme si elle avait visionné un film porno avec moi à 14 ans dedans. Comme, genre, who care ? Et la copine de s’épouvanter : « As-tu lu ? Elle répond même aux commentaires des gens ! C’est porno ! », et tout et tout. Parler de mes jouissances c’est porno ? Nan, c’est ma réalité, et franchement, j’adore ma réalité, plus portée sur le cul que sur des testaments à faire signer.

 

(Ma maman n’est jamais allée sur ce blogue, mais elle sait sur quoi j’écris, et elle lit mes nouvelles, quand elles sont publiées dans des revues, même si je parle d’escortes blasées et de bestialité. Je voudrais comprendre comment une autre maman peut frôler l’évanouissement à la lecture de mes mots, alors qu’elle racontait fièrement à ma maman les ménages à trois de son fils ainé, alors qu’il avait genre 15 ans. C’est peut-être moi qui déforme tout. Je sais pas, je suis une fille gentille et je m’énerve rarement. Mais là, j’ai trouvé ça tellement faussé son cri d’alarme à ma maman, comme si j’étais encore mineure et à la veille de faire du pouce pour avoir vingt dollars en échange d’un blow-job ministériel. Whatever. Je demanderais au moins soixante dollars.)

Nous nous aimons pour vrai (et nous écoutons trop The Wire)

février 23, 2009

 

 

From : Melodie Nelson

To : Alexandre Le Grand

Subject : bonne fuckety fuck fuck shit journée

 

Je te souhaite une bonne journée amour. Je vais penser sagement à toi en faisant mon devoir.

 

From : Alexandre Le Grand

To : Melodie Nelson

Subject: j’ai hate d’écouter un autre episode The Wire avec toi

 

Nothin’ but tit’fuck’in at dee office, bab’.

Fuck y’all tits bitch!

Miss y’ass mofo!

 

From: Melodie Nelson

To: Alexandre Le Grand

Subject: collier de perles

 

I miss your dicky dicky!

 

You would like to have my ass for real tonite?

 

From: Alexandre Le Grand

To: Melodie Nelson

Subject: Re: collier de perles

 

Bang y’all future MILF!

I’ll fuck you white ass tonite! I’ll do it hard mofo, and don’ cockblock me bitch!!!

 

Chérie, c’est quoi le niveau de Mélanie pour icite? Secondaire 1, 2, ou 3 (c’est pour l’inscrire en ligne à un camp de jour) ?

 

From : Melodie Nelson

To : Alexandre Le Grand

Subject : Re: Re: collier de perles

 

I’m all shave.

 

Mélanie a douze ans, va avoir 13 ans cet été, alors, secondaire 1. Ça veut dire été de ses premières menstruations. Secondaire 2 c’est été de sa première teinture capillaire. Et secondaire 3, été de sa première pénétration vaginale.

 

From : Alexandre Le Grand

To : Melodie Nelson

Subject: Y’a babe shave it, I’ll shovel it

 

Donc secondaire 1? Remarque c’est sûr qu’elle va baiser à 13…comme papa!

 

From : Melodie Nelson

To : Alexandre Le Grand

Subject : je te préfère à 40

 

You’re my daddy ! You’re my daddy !

Tu devais être trop mignon, à 13 ans, tout maigrichon avec une grosse bite!

 

From : Alexandre Le Grand

To : Melodie Nelson

Subject: et di’ty Sanchez, tu as envie?

 

Better eat no spicy at lunch bitch caus’ big mambo snake come in tonite !

 

From: Melodie Nelson

To: Alexandre Le Grand

Subject: le petit écureuil est sur le balcon et il fit in my ass

 

J’ai mangé du pâté chinois. Et des légumes surgelés.

 

From : Alexandre Le Grand

To : Melodie Nelson

Subject: Re: le petit écureuil est sur le balcon et il fit in my ass

 

Still better wash you’ ass white bitch full o’corn !

La cape de Batman dans les palmes de bambous

février 23, 2009

 

breuvage: Guru light

lecture: John Leland, Why Kerouac Matters

 

 

 

J’ai une agente immobilière de 60 ans. Elle n’a jamais participé à Loft Story et elle ne vend pas des condos à Mont Tremblant. Mais elle a des histoires extras à raconter, des histoires de vols sur des avions Air Canada, des histoires de chorégraphies improvisées de nage synchronisée, toute nue, au Bahamas, des histoires sur sa fille qui n’a pas d’enfant, de son ex-mari qui donne des millions à sa deuxième ex-épouse, et des histoires kinky. C’est elle qui dit ça, le mot kinky. Nous visitions des logements avec elle.

 

(J’adore voir ce que les gens gardent, à la maison. Une fille vivait avec son frère, ils avaient ensemble genre quinze animaux à la maison, chat, iguane, rats, lézard, et des poissons dans l’aquarium sur le balcon, à l’extérieur. Il y avait une fille peroxidée, fin trentaine abîmée, à l’appartement plein de vêtements partout, à la chambre sombre et sans électricité, qui se mordait les lèvres au gloss pâle en regardant avec insistance Alexandre Le Grand. Et un boxer qui avait un chihuahua trop mignon, j’ai failli le piquer parce qu’il me léchait le visage sans haleine de merde.)

 

Et là mon agente immobilière, en regardant le ventilateur à palmes de bambous accrochés au plafond, elle a dit j’ai une histoire kinky à vous raconter, tantôt dans l’auto. Nous avons dit tout de suite à l’autre agent, bye bye, c’est superbe, mais c’est trop petit, nous voulons un million de chambres parce que nous voulons avoir un million de bébés. Savannah, assise avec sa sacoche à blings blings dans l’auto, a commencé à nous raconter qu’elle a un couple d’amis, qui, pour leur quarantième anniversaire de mariage, a décidé de virer pervers. Le mec a attaché son épouse avec de la corde, à la tête de lit. Elle était toute nue et frétillante devant son homme, déguisé pour l’occasion en Batman. Le mec s’est mis debout sur une chaise, avec l’intention de sauter et de faire un vol plané jusqu’à son épouse. Il la sauverait du méchant qui l’a attachée, la lécherait jusqu’à ce qu’elle gueule merci merci homme masqué. Mais, mais, la cape de Batman s’est prise dans le ventilateur, au moment du saut ultime. Et le mec est tombé, inconscient, sur le plancher de sa chambre. Son épouse capotait, elle a pissé sur le lit et a réussi à se détacher. Elle a appelé l’ambulance, a déshabillé son mari pour pas qu’il arrive à l’hopital déguisé en superhéros.

 

Nous n’avons pas trouvé la maison de nos rêves hier, mais se faire lécher par un chihuahua et l’histoire du vieux couple kinky m’empêche d’être totale déçue.

Ferme tes yeux et pense à ta mère

février 12, 2009

Dans un Cosmopolitain, encore une fois, je peux pas m’empêcher, c’est une très mauvaise dépendance que d’aimer lire une revue qui met des photos de gars à moitié tout nu pour illustrer un article sur his position while sleeping express love, depression or a repressed sensuality, j’ai trouvé des témoignages de filles totalement affolées par ce que leur mec leur a déjà dit au lit.

Situation : Fille baise avec Éjaculateur Précoce en tant de récession

« My ex-boyfriend was having trouble lasting in bed, and I guess he felt he had to defend himself because he said, ‘Normally, I would think about work, but I don’t have a job,’ Really not the time to bring that up. »

Aujourd’hui je sens pâtisserie Paris-Brest et rêves de condo montréalais

février 12, 2009

Fucke toi et amérindien lover

Je marche sans me perdre jusqu’à chez Molly, sans me tromper de sortie de station de métro, sans me tromper entre l’est et l’ouest et le nord et le sud, c’est un exploit presque jamais vécu pour moi. Je suis super heureuse, mais super en sueur, je me sens les aisselles trois fois avant de sonner. Elle vient m’ouvrir, je lui dis ne m’embrasse pas, je pue, je pue. Elle dit fucke toi, c’est pas vrai. Je lui dis qu’elle est trop jolie, elle dit qu’elle essaie de ramener la couette sur le côté tendance dans la Petite Italie. Elle dit que la couleur de mes cheveux, c’est parfait, je n’ai plus le droit de changer.

Elle me verse un verre de chardonnay, je dis juste un peu, juste un peu, parce que je suis dans ma double vie de pseudo pas alcolo. Chloé me salue et va se changer de tenue, elle trouve que ses jeans violets sont trop grands pour elle. Elle revient avec un chandail jaune à l’effigie d’un amérindien. Molly fait wouah si Nora était là, elle te l’arracherait. Je demande pourquoi et Molly me dit que Nora mouille en pensant aux amérindiens, c’est un trip grano-écolo-anti-colonisateur. Molly m’annonce qu’elle a reçu une offre pour un poste de bibliothécaire sexy, je suis toute fière, je pense que j’en suis aussi contente qu’elle, parce que Molly même si on se frenche et qu’on s’est déjà léché et tout, c’est comme ma petite soeur.

Crosseur de pieds

Je lui demande si elle va aller au shower de Jane et elle dit oui, mais je sais pas encore si j’y vais avec mon nouveau mec, que tu vas voir bientôt bientôt! Je veux tout savoir sur son nouveau mec, je sais même pas comment et pourquoi et quand cela s’est tout terminé avec Jordan. Elle dit on s’est parlé trois heures au téléphone après s’être rencontré! Et c’était mon conseiller à la SAQ! Et il m’avait remis sa carte et il avait un sourire trop sweet! Il fume du pot! Et il aime quand je mets des talons hauts! Il les garde chez lui! Et l’autre fois je me suis réveillée et il se frottait contre un de mes pieds! Il était bandé dur dur! Je lui demande s’il porte ses talons hauts aussi, et elle hésite, pour finalement dire, mais non franchement. Est-ce qu’il se crosse dans tes souliers quand tu n’es pas là? Comme si c’était des petites culottes déjà portées, mais au lieu de sentir ta chatte ça sent tes pieds? Elle fait juste me regarder bizarrement et elle continue en disant et il est beau! Super beau! Même Marlon trouve ça!

Et Marlon arrive, il embrasse Chloé et Molly et il se présente. Je suis contente de rencontrer le Légendaire Marlon, le mec viril et fabulous de Chloé, le mec qu’elle a séquestré après une chicane, le mec qui la baise dix fois en une journée et avec qui elle fait des trips de cul à trois, quatre, douze personnes. Il me parle de son travail, il s’occupe de sites Internet à contenu pornographique, ça l’air super chou. Je lui donne l’adresse de MERB, un site-forum Internet pour des mecs qui tripent escortes-danseuses et qui notent les filles selon un système de points pour le corps, la tête et le service rendu. C’est Marissa qui m’a montré ça un jour parce qu’elle était toute excitée qu’un mec aie décrit leur rencontre de 150 dollars du début (french dans la porte d’entrée) à la fin (elle l’a aidé à nouer sa cravate). Avant d’être dans la porn, Marlon travaillait dans une maison d’édition québécoise et j’ai droit à plein de potins trop croustillants pour être révélés ici. À part un cunnilingus de trente minutes ou une robe sexy à mini prix, rien ne taquine mon clito plus que du potinage inattendu.

Le mec de Molly arrive, il nous offre du vin, je refuse en totale chiante future sainte des alcolos anonymus. C’est vrai qu’il est craquant, il ressemble à un surfeur californien. Mais bon, moi, pour qu’un mec me donne envie d’aller me doigter en cachette dans les toilettes, faut qu’il aie minimum trente-cinq ans. Léo part après un verre, il est tout sympa, il voulait juste souhaiter une bonne soirée à Molly et voir si j’étais baisable. Je dis à Molly que j’ai super faim, j’ai envie de manger une grosse assiette de pâtes. Elle dit après ma cigarette ok. Chloé et elle s’allument une clope. Marlon dit Molly m’a montré des photos d’elle qui suce son ex dès la première fois qu’on s’est vu. Molly se défend, mais là fallait que je t’entertaine, la pression et tout pour que tu aimes les colocs de Chloé genre!

Je prie Dieu pour toujours avoir le même métabolisme hyper rapide

Je répète que j’ai super faim, et Molly et moi allons au Vinizza, nous simili-saouler au pinot grigio. Je mange cinquante tranches de pain trempées dans de l’huile vierge extra et du ravioli con funghi misti burro e salvia, pendant que Molly fait son régime de feuillage du jour et partage son calmar frit avec moi. Quand je vais être enceinte, c’est sûr, ce sera l’enfer, un mois et je n’aurai plus de cou, deux mois et je vais avoir le ventre de Milla Jovovich quand elle était à son neuvième mois, et trois mois l’épicerie va venir immigrer chez moi. Molly me dit qu’elle voudrait bien faire un échange de couples avec Marlon et Chloé, elle se verrait bien lécher Chloé, lui toucher les seins comme elle touchait les miens, et après baiser par une grosse queue de black pendant que Chloé se frotte les pieds contre la bite du surfeur expert en vins.

Elle chiale sur le service avant de payer, je pense qu’elle est au bord des larmes quand elle compare sa gentillesse à l’arrogance des serveurs et nous repartons chez elle, pour qu’elle puisse fumer dix mille autres clopes avec Chloé, et me présenter sa nouvelle coloc, Nora. Je sais pas ce que j’ai, mais je suis totale chiante ce soir-là, je demande l’heure aux cinq minutes, je veux pas retourner trop tard chez moi, je baille, je parle de bébé et de maisons à visiter, tandis que Nora parle de ses condylomes et de sa chlamydia.

Orgie au Cherry

Molly joue de la guitare en chantant, je sens qu’elle sera une excellente bibliothécaire cochonne, mais avec une envie non réalisée de star de la chanson française. Chloé me raconte une soirée passée au Cherry, ou au Rouge, elle a vu Marlon embrasser une pétasse, elle a embrassé un de ses bons amis, il a embrassé une autre fille, Chloé s’est mise à danser sur une table et à frencher une pétasse bourrée, elle a terminé la soirée super confortable, dans un immense lit, entre deux filles sympas. Un des amis à Marlon s’est déshabillé asap, il avait des boxers couleur lime attrayante et il a demandé aux filles s’il pouvait se joindre à elles.

Chloé et Marlon ont l’air super ouverts, et bien dans tous leurs trips, je veux dire c’est cool être open et baiser avec quatre filles et quatre gars en même temps (well, j’ai jamais fait, mais j’imagine), mais ça doit être difficile de trouver un amoureux qui veut vivre les mêmes expériences sexuelles que soit, sans jalousie, sans coups de pied subtils dans les couilles, sans changer le regard sur l’amoureux. Je veux dire, Chloé et Marlon ils s’adorent, ça paraît, et ils se respectent, Chloé voit pas Marlon comme un crosseur qui a envie toujours d’autres filles, et Marlon ne voit pas Chloé comme la totale pétasse du siècle parce qu’elle tripe d’avoir cinq queues l’une après l’autre dans sa chatte. Ils s’amusent, tant que ça leur plaira, et après, whatever, ils aviseront.

Avant que je parte en taxi, Chloé me montre les photos des filles qu’elle aime léchouiller et Molly appelle son surfeur pour qu’il rapplique et qu’il la baise avant minuit. Dans le taxi je me sens encore les aisselles, je pue pas la sueur, mais la cigarette, fuck, fuck, je prendrai une douche avant de sauter sur Alexandre Le Grand, pour pas qu’il me dise que je lui donne envie de vomir. Le parfum Jasmin et Cigarettes d’État Libre d’Orange mixée à sueurs de 9 à 5, c’est pas ce que je porte pour le séduire.

 

J’ai déjà surpris un de mes frères la main dans son pantalon pendant la diffusion d’un clip de Gery Halliwell

février 11, 2009

                        

Juste avant une série d’articles sur the sexiest skin on the planet et the sexiest summer hairstyles (je suis en retard de quelques numéros) et des idées pour comment organiser un fry party (tu achètes des frites et tu les manges en gang, bref), il y avait un article sur comment les filles se masturbent. Couchées sur le dos comme Molly ? Avec le jet de douche comme Jessica ? En regardant des photos de Misha Barton et de Paris Hilton comme Marissa ? Sous les couvertures, les yeux fermés comme moi ? C’était charmant comme tout, et excitant, genre vingt filles qui disent comment elles se font jouir et combien de temps l’orgasme dure et à quel point c’est même meilleur qu’un Skinny Vanilla Latte.

Il y avait aussi une série d’excuses brillantes, si jamais un coloc rentre sans cogner dans la chambre ou si maman pénètre dans la cuisine pendant que sa fille utilise un concombre d’une manière originale et avec condom.

Excuses brillantes

1. « Don’t mind me. I’m studying for my anatomy final. »

2. « Brrr, my hands were cold. »

3. « This new yoga move I learned is a total killer. »

4. « My waxer missed a spot. »

5. « Have you seen my car keys? I’ve been looking everywhere for them. »

On peut aussi utiliser l’excuse du psy qui recommande la masturbation pour diminuer la tension, ou la vision soudaine de Jude Law sur un site à potins, ou si on a un gros dildo, faire semblant que c’est un énorme rouge à lèvres (euh, umm, c’est ce qu’a dit Alexandre Le Grand à sa petite princesse quand, à deux ans, elle a regardé sous mon oreiller pour voir si j’y cachais tous mes bijoux, et qu’elle y a trouvé un mouchoir et un gros dildo rose).

Shopaholic + Dancing Queen = Jeudi dernier

février 10, 2009

                    

 

Lecture: Cormac McCarthy, Méridien de sang

Musique : Kanye West, American Boy

 

Skinny Latte et chips au bacon

 

Le midi, je vais au Cours Mont-Royal pour mon Venti Skinny Vanilla Latte, mais avant d’arriver au Starbucks, c’est les tentations, toutes les boutiques sont cuties : Lollipop, Olivia…Je suis entrée deux secondes chez Olivia, j’ai lu quelques pages de Chasing Harry Winston en attendant d’avoir une cabine d’essayage, et je suis sortie sept minutes plus tard, avec une robe trop trop mignonne, argentée style extra-terrestre classe.

 

Je suis rentrée chez moi un peu épuisée, la peau rougie par le putain de froid, et j’ai écouté les messages sur mon répondeur : un livre en retard à la bibliothèque et Betty qui proposait de venir me prendre chez moi vers dix-neuf heures. J’ai enfilé ma robe argent, j’ai dansé devant mon miroir pour voir si elle glissait sous mes seins. J’ai mis un soutif sans bretelles. La robe a glissé après trois mètres de marche dans le corridor de mon appart. J’ai fait oh fuck, elle est belle et tout le monde a déjà vu mes tétons anyway. Je me suis appliquée du vernis rose, qui sèche super rapidement, j’ai gossé sur Internet et j’ai mangé des chips au bacon en attendant Betty.

 

Dans son auto, une des premières choses qu’elle me dit, les larmes aux yeux, c’est que Chester est mort, la semaine dernière, des problèmes aux reins, son pauvre chat blanc, chez le vétérinaire, la prise de température, l’appel à Sadek, la petite patte rasée et les deux derniers vaccins. Depuis douze ans, il la suivait partout, l’attendait devant la porte, de Ottawa à Montréal, buvait uniquement l’eau des lavabos, il était son bébé poilu. Elle renifle, dit qu’elle a eu une semaine à chier. Elle envoie un texto au frère d’une de ses amies. Il viendrait nous rejoindre pour un drink après la fermeture de l’épicerie gourmet Fino.

 

Je suis une ogresse pas alcolo ce soir

 

Nous nous tenons la main pour pas glisser sur les trottoirs glacés, jusqu’au Pizzaiole du Vieux-Montréal. Je l’avertis que dès que j’enlève mon manteau, ma robe va tomber. Elle dit que ma robe est superbe, mais que je devrais retirer mon soutif. Je vais dans la salle de bains et je reviens et elle dit voilà, moi je mets jamais de soutif, c’est pas nécessaire beauté. Betty est trop sexy, dans un jumpsuit dessiné par Madonna pour H&M et des bottes noires scintillantes à talons très fins. Je commande une pizza Oceano et elle ne prend qu’un antipasto. Elle a mangé comme une cochonne sur l’heure du dîner, steaks et frites, avec des clients.

 

Je laisse Betty choisir du vin rouge et je bois seulement deux verres, et très lentement. Betty a une super bonne influence sur moi. Elle n’est addict qu’à deux choses : la danse et le sexe. Elle suce Sadek tous les soirs, même quand elle est grippée et qu’elle est cernée jusqu’au nombril. Je lui dis que hier, juste après qu’on se soit souhaité une bonne nuit, Alexandre Le Grand m’a demandé s’il avait le droit d’aller voir des escortes quand je serai enceinte. Je sais qu’il a peur que je sois comme ses deux autres femmes, à prétexter une grossesse pour plus avoir envie de rien, mais merde, j’avais pas l’intention de le rassurer après sa question, j’allais pas lui dire autre chose que non, pas d’escortes chéri, pardon d’être super chiante, bonne nuit, bonne nuit, bisous. Betty a compati, pourquoi les mecs sont comme ça et blablabla. Elle m’a dit qu’elle avait rencontré Sarah pour la première fois dimanche dernier, alors qu’elle avait les cheveux gras, la grippe, et un t-shirt super baggy sur le dos. Sarah, c’est l’ex-femme de Sadek. Betty l’a trouvée super magnifique et sympa et attentionnée. Tant mieux. Mais ouh la la Betty est la personne la plus gentille au monde pour dire ça de l’ex de son amour, non ?  Moi la première femme d’Alexandre Le Grand, je réussis juste à dire qu’elle est trop maigre, trop française, trop pincée, et je suis encore super offensée qu’elle n’ait pas accepté de me serrer la main, à notre seule rencontre. La deuxième femme? Jamais vue. Et c’est comme une chance.

 

Betty se shake le cul comme dans un vidéoclip hot hot

 

Nous sortons du Pizzaiole, marchons rapidement jusqu’à son auto parce qu’on se gèle les tétons et nous nous dirigeons vers le Business. La rue pour s’y rendre est fermée. Je propose d’aller au Confessionnal, mais Betty préfère pas, ce soir nos mecs y sont et elle veut pas les déranger dans leur soirée de cruise-beuverie. Elle est trop gentille, j’ai déjà dit. Mais pas moi. Si Alexandre Le Grand complimente une fille sur son ombre à paupières, je m’en fouette, mais rien m’empêche de marquer mon territoire en posant ma main sur sa bite, au comptoir, pendant qu’il boit sa Stella.

 

Je ne vois pas nos mecs, et je commande au barman deux vodka-canneberges. Il se présente, je m’appelle Benoît, et il m’oblige à écraser mes seins contre le comptoir, pour que mon visage soit assez avancé pour recevoir ses bisous sur les joues. Il est chou. Betty va voir le d.j. et lui fait des requests pour du Madonna et du Ne-Yo. Elle danse comme dans des vidéoclips, elle est superstar sur le plancher tout sale, un peu déserté du Confessionnal. Tous les mecs la regarde et je me sens moitié insécure moitié beauty confident, avec ma robe que je dois remonter à chaque fois que je bouge un bras trop rapidement. Je dis je savais pas que je danserais ce soir, vraiment, à un mec qui me prend en photo, en rigolant. Betty me colle pour être la seule à voir mes tétons et on nous demande si nous sommes lesbiennes au moins trois fois. J’avale les yeux fermés un Sicilian Kiss. Un mec me dit que j’ai des super belles épaules, il le répète à ses amis, il dit elle a de belles épaules han, tout en regardant clairement mes seins. Betty et moi nous souhaitons la bienvenue à un Belge qui vient tout juste d’arriver au Québec. Il est super extatique de voir que les Québécoises sont souriantes et sexys, comme ses nouveaux collègues de travail lui avaient dit. Je dis cool, cool, avec un super sourire accueillant et je retourne danser sans trop bouger les bras.

 

Le sperme goûte meilleur après ingestion de bœuf braisé

 

Sauf que j’ai pas l’habitude de danser jusqu’à trois heures du matin comme Betty et mes bottes me font mal aux pieds, et j’ai envie d’Alexandre Le Grand, et j’ai envie de bouffer encore des chips au bacon. Betty me ramène chez moi, nous nous promettons de faire ça tous les jeudi, pendant que nos mecs boivent quatre litres de bières blondes, nous irons potiner et danser super tard. Je l’embrasse et je lui dis que je l’adore. Elle dit qu’elle sera pas capable de dormir tout de suite, elle va continuer sa lecture de Shopaholic.

 

Je rentre chez moi, Alexandre est déjà couché et il me demande pourquoi j’ai pas amené Betty avec moi. Je ris, je dis tu voudrais pas, je serais trop heureuse et je m’occuperais que de ses seins pendant qu’elle me lécherait la fente. Il dit qu’il est crevé. Je le suce parce que si Betty est capable de sucer tous les soirs même fiévreuse et tout, moi aussi je peux, même avec l’énergie d’une seule vodka-canneberges dans le corps. Il jouit dans ma bouche, c’est très goûteux, euh différent, je lui demande ce qu’il a mangé, après avoir tout avalé. Il dit du bœuf braisé. À recommander.

FPF: fausse première fois

février 9, 2009

 

Musique : Vincent Delerm, Sous les avalanches

Breuvage : Baileys

 

Au complet ou pas au complet ? Est-ce que s’il me pénètre quand j’ai encore ma culotte, ça compte ? Est-ce que si j’arrête le mec quand la moitié de sa bite est dans mon cul, c’est de la sodomie quand même ou je suis encore vierge du cul?

 

Moi une des première fois que j’ai baisé, j’étais sur un lit superposé, je baisais avec un jumeau qui décorait sa chambre avec des photos arrachées de revues pour adultes, et qui écoutait juste du punk pas bon, ça m’a fait tellement mal que je pensais que le mec s’était trompé de trou, genre au lieu de ma chatte, il creusait mes fesses. J’ai rien dit, j’ai attendu, je pense que je me suis demandé si j’allais le raconter à Misha après (elle sortait avec le meilleur ami de mon mec) et si je prenais l’autobus pour revenir chez moi ou si je suppliais le père de mon petit copain pour un lift.

 

Whatever. Ce mec-là devait juste mal me pénétrer la chatte (et∕ou j’étais crissement pas assez mouillée parce que le punk, ça m’a jamais vraiment branchée). La première fois que je l’ai eu dans le cul, au complet, six pouces dans un condom lubrifié, j’ai crié pour vrai et je pensais pas à le raconter à Misha après, je pensais juste à me concentrer sur les bruits du film porno qui jouait à la télé.

 

J’ai trouvé un témoignage rigolo d’une FPF dans le Cosmo du mois de mars :

 

« An ex-boyfriend, who was a virgin at the time, and I were about to do the deed. Since I was more experienced, I figured that I should be on top. Before starting, I wanted to give him a reassuring kiss to let him know the sex was going to be as great for me as it would be for him. But as I leaned down to lay one on him, the gum I was chewing fell into his eye! I tried to grab it, but I only squashed it further. He started screaming and threw me off him and went straight to the bathroom. I put on my clothes and went home, and to this day, he remains a virgin. »

 

Douloureux. Mais vraiment, faut jamais mixer gomme balloune et sexe. C’est pas sexy de ruminer comme une vache les jambes ouvertes, et aussi, il me semble que c’est dangereux de perdre sa gomme dans du poil pubien.

Un cadavre au vanilla latte, rue Sherbrooke Ouest

février 4, 2009

lecture: Melina Gerosa Bellows, Wish

musique: Café Goya, Shanti Chillout

breuvage: Brio Chinotto

Je bois au compte-gouttes un Venti Skinny Vanilla Latte au Starbucks rue Sherbrooke Ouest-Claremont avec Lilianne, après m’être procuré un miroir de table blanc vieilli chez Zone (il est au fond de ma garde-robe right now, j’attends l’appartement idéal), et après avoir aidé Lilianne à choisir deux paires de souliers chez Scarpa, et un foulard à franges trop chou à motifs de petits cœurs rouges chez Ben et Tournesol.

Nous ne discutons pas vraiment, elle lit le nouveau Nightlife, et geignait en se demandant pourquoi il n’y a jamais de photographes quand elle sort dans les bars des dernières pages du magazine. Moi je lis une analyse de l’œuvre de Philip Roth en trouvant formidable qu’il puisse écrire autant sur la masturbation et sur des trucs scatos, sans jamais tomber dans la pornographie. J’aime Philip Roth parce qu’il est juif. J’ai vraiment un truc pour les juifs. Je sais, j’écrivais il y a quelques mois que je n’avais pas de type mais la vérité c’est si le mec est juif et qu’il porte des jeans plus larges que les miens, je l’adore en deux secondes et demi.

J’écoute aussi les étudiants de Concordia tout près de nous, il y a un mec insupportable qui s’exclame « Story of my life! » à la fin de toutes ses phrases. Une fille habillée en American Apparel une size trop serrée qui dit qu’elle a eu 80% pour son dernier devoir et qui répond après trois sonneries de son cellulaire, seulement pour marmonner « No gym tonight, too tired, bye. » Lilianne dit qu’elle pense peut-être reprendre avec Léopold parce qu’il joue au soccer, parle de son neveu de trois ans avec du bling-bling dans les yeux et habite dans un énorme rez-de-chaussée rénové sur le Plateau. Elle dit aussi qu’elle aime l’hiver parce qu’elle sue moins en baisant.

« What do you do on Valentine’s day? », la miss American Apparel demande. Un étudiant dit « Nothing. ». La fille propose une fondue orgiaque au choco chez elle. Lilianne dit qu’elle s’est acheté des cœurs en confettis pour le bain, elle resterait jusqu’au 15 février midi à se plisser la peau dans un bain trop chaud, parce que la Saint-Valentin, elle n’a jamais fêté ça et que ça la déprime grave de voir la moitié des filles habillées en rouge. Le rouge, elle dit, ça craint quand c’est porté en uniforme par des matantes et des filles de Laval et des filles un peu trop portées sur la Haagen-Dazs. Et ses clients seront pas sur l’ordi à chatter cette journée-là, mais avec leur femme-petite copine-blind date au resto. 

Trois « Story of my life! » et « I did not insult her » après, je ferme mon Philip Roth et je demande à Lilianne si elle sait combien de calories il y a dans un Venti Skinny Vanilla Latte. Elle dit 160 calories si c’est avec du lait non-fat. Je dis ouah c’est le top pour les régimes, je pourrais en prendre trois par jours et me sentir pleine et avoir ma ration de produits laitiers et de caféine et euh, c’est tout, faut vraiment que j’arrête de prendre du poids, j’ai presque l’air de faire une grossesse nerveuse avec mes cinq livres en trop. Lilianne me dit de la fermer et elle me rappelle que je voulais m’acheter des suppléments d’acide folique et du Frangelico avant de repartir chez moi. Je dis je peux pas me faire carter là là parce que ma carte d’assurance-maladie et ma carte étudiante périmée sont dans la poche d’une autre sacoche.

Je finis mon café goûteux de fille en wannabe régime et nous marchons jusqu’à la banque pour que Lilianne encaisse son chèque pour services rendus à webcam city. Elle dit je suis trop contente, j’ai genre fait une heure et demi avec le même mec, l’autre semaine, je suis trop plein de cash, je vais travailler juste trois jours la semaine prochaine je pense. Et en plus le mec qui l’a gardé en privé pendant un heure, c’était un cadeau d’une autre webcam girl. Myriam ne se sentait pas super bien cette journée-là et elle avait refilé le client à Lilianne, promettant au mec que Lilianne était discrète, sexy et soumise. Myriam avait expliqué à Lilianne les goûts de monsieur et Lilianne était allée se maquiller en cadavre. Ouais, le mec, il tripait chambre froide, teint bleu-blanc-gris et petit carton attaché par un fil au gros orteil. Sur le petit carton? Les circonstances du décès. Myriam avait dit à Lilianne que le mec aimait les événements violents, les meurtres crapuleux, pas les accidentés de la route ou les suicidées. Lilianne avait choisi d’être Madeleine Lorca, 18 ans, tuée à coups de couteaux par des filles jalouses de son titre de Reine du Bal de finissants.

« Et tu faisais rien, tu restais comme ça, et lui il se crossait? »

Lilianne me raconte que non, elle était un cadavre qui parlait. Elle ne bougeait pas. Elle restait étendue, un œil sur l’écran, pour voir si le mec lui écrivait une demande spéciale. Il voulait qu’elle lui donne tous les détails de sa mort, avec une voix de robot affectée, il s’énervait quand elle n’était pas assez convaincante, lui répétait que Myriam excellait en morte, se désolait que Myriam n’était pas là pour le rendre hard as a coffin. Lilianne n’avait pas le droit de rire, de sourire, ça embarrassait trop le client, il se sentait super coupable de son fantasme. Il lui a demandé une fois de changer son petit carton, de se choisir un autre décès. Lilianne a dit que son nom était Madeleine Verruckt, elle avait trente ans, et elle était morte après que son quatrième mari l’aie découvert en train de se rentrer un furet dans la chatte. Le client lui a demandé de changer encore. Lilianne a dit je m’appelle Lilianne, j’ai 22 ans, et je suis morte parce qu’un chauffeur de taxi voulait me baiser et j’ai dit non et il est allé dans une rue pas très passante, il est venu me rejoindre sur le siège arrière, a enfoncé sa langue dans mon nombril, et après un couteau suisse et il m’a baisée comme ça, ensanglantée. Le client a adoré, il lui a dit de fermer les yeux et d’essayer de ne plus respirer.

http://delfberg.blogspot.com/

février 3, 2009

Delphine m’a dessinée ! En couleurs ! Le premier février! C’est extra, surtout qu’elle m’a dessinée avec des seins plus gros qu’en réalité ! Allez voir, sur son blogue, tous ses dessins et ses petites histoires drôles même quand c’est des insides que je comprends qu’après les explications de Sarah Lee…

(Elle et Delphine sont des super copines, depuis super longtemps et Sarah Lee a déjà fugué et immigré dans la famille de Delphine et Delphine est tellement gentille qu’elle organise des téléthons pour sauver l’animal de compagnie de Sarah Lee et Sarah Lee se déguise en cow-girl avec elle, mais Delphine reste plotte à roumain, et Sarah Lee, plotte à jeunes psychologues-rockers-cuisiniers-Peter Pan, pas de lesbiennes gone wild ici.)

Je les adore!