Archive for the ‘family power’ Category

Ma relation avec mon beau-frère

avril 12, 2015

mariel clayton fellation barbie

J’écoutais la soundtrack du soap opera musical Empire et j’ai eu envie de sucer mon mec. Il venait d’avaler trois martinis, j’étais certaine de les goûter dans son foutre, effet placebo ou non.

Il était au téléphone, à donner une recette de gravlax à son frère.

Je me suis mise à genoux, j’ai commencé à me blottir la tête contre sa queue, à l’embrasser à travers son jean, à espérer qu’il retirerait sa ceinture – je trouve ça sexy, retirer des vêtements, descendre une fermeture éclair, détacher des boutons, relever les fesses pour que ma culotte soit doucement enlevée – mais je n’aime pas m’acharner sur des ceintures.

Il a plutôt dit : « Pardon frérôt, Mélo veut me sucer. Tu veux répéter ce que tu disais ? Tasse-toi un peu par là, chérie. Du sel, du gros sel, il te faut du gros sel. Oui, elle veut me sucer, dès que je te parle, ça l’excite.»

Une grand-maman et du vin

janvier 18, 2015

Wine

Chez ma grand-maman, dans sa nouvelle maison, construite après le feu qui a détruit, l’an dernier, celle qu’elle avait longtemps partagée avec mon grand-papa, j’ai trouvé un rouge à lèvres.

Dans sa salle de bain, il y a une douche, un bain même si elle ne prend pas bain (“C’est pour ne pas diminuer la valeur de la maison, que j’ai fait construire un bain. C’est comme chez le voisin.”), une brosse à dents, quand avant il y en avait deux, il y avait deux brosses à dents, et un petit pot de crème et un rouge à lèvres.

Et le rouge à lèvres, je l’ai pris, pour regarder la teinte. Il s’appelle Wine with Everything.

Je l’aime ma grand-maman, même si elle insulte la secrétaire de son médecin (“Je suis sûre que tu es sa maîtresse, c’est ça, han, tu es sa maîtresse!”) et qu’elle n’a plus d’aimant en forme de cochon sur son réfrigérateur.

Il y aussi ça chez ma grand-maman.

Il y aussi ça chez ma grand-maman.

 

Je ne suis pas au Sri Lanka

février 28, 2014

photo de profil

J’espère que vous allez tous bien, que vous n’avez pas de vaginite ou de blue balls. Plusieurs d’entre vous m’ont écrit pour s’assurer que je ne vivais pas une dépression saisonnière ou que je n’étais pas déménagée au Sri Lanka. No worry, je vais bien, mais je ne suis pas une superwoman. Je passe mes journées avec ma Mini Fée et mon Mini Dragon, à peindre l’intérieur de nos nombrils, à passer la mope rapido sur du yogourt mixé à du jus de pommes bio, à chanter Stromae avec des peluches dans les mains et à crier que personne n’a le droit de manger mes chips au sel et au poivre en cachette.

Les siestes des enfants? J’en profite pour dormir, souvent avec Mini Dragon. Les nuits? J’écoute des séries télé en mangeant du chili végé, en répétant à Alexandre Le Grand les trucs cute que les enfants ont fait pendant la journée (“Mini Dragon n’a pas mordu Mini Fée.”) et en lui montrant mes fesses dès que je me lève pour aller manger des chips au sel et au poivre.

Vous me trouvez plate?

(Je suis un peu plate.)

Mais j’ai surtout décidé de ne pas tenter le jeu de la superwoman. Je voudrais plus écrire, je voudrais aller chez la coiffeuse, je voudrais époussetter les murs, je voudrais m’acheter plus souvent de la lingerie, je voudrais savoir quelle taille de soutif je devrais porter, je voudrais boire du gin Hendricks dans un bain moussant, je voudrais ne pas fantasmer sur le black de la série Luther, je voudrais faire du yoga avant de boire mon premier café, je voudrais ne plus boire trois cafés par jour, je voudrais porter plus souvent des souliers à talons, mais j’ai décidé de me laisser aller à être une fille un peu plate, qui trouve ça très excitant de manger des crottes de fromage organiques, qui trouve du temps pour allaiter sur demande et sucer sur envie. Genre, je veux dire, je sais ce qui est essentiel: les crottes de fromage, mes seins et la queue de mon mec.

Vous me manquez. Mais je vous trompe avec mon sommeil, Netflix, les cheveux de mes chéris.

La tristesse et compter jusqu’à dix

août 23, 2013

lit

Chère Mini Fée,

Je n’ose pas toujours nettoyer ton visage, ni tes pieds salis par le sable, je ne veux pas t’entendre protester, avant que tu ne t’endormes, je veux juste entendre ton rire et ton envie de faire des câlins à ton lapin en peluche. Depuis deux matins, ton lapin en peluche est taché par du jus de bleuets et de pommes grenades et tu ne le supportes pas. Tu m’aides à faire passer tes mains dans un pyjama, tu me parles des rideaux gris que mamie a posé, tu demandes mes seins et tu les prends, celui au lait au chocolat t’est réservé, tu laisses l’autre à ton petit frère.

Ton papa s’est endormi un moment à côté de moi, après avoir regardé un film sur la guerre en Algérie, il me dit maintenant de t’écrire qu’il est amoureux de toi.

Quand tu prends mes seins, tu veux parfois que je te caresse le dos, et d’autres fois, tu retires mes mains, tu m’obliges à me détendre et c’est toi, c’est toi qui caresse mes poignets. Tu me parles, entre deux tétées, tu comptes, tu es fière de savoir compter, un peu, deux-quatre-six-sept, le chiffre deux est ton chiffre préféré, tu veux deux sucettes au citron, deux autos, deux crayons feutre.

L’autre soir, je ne me souviens plus à quelle heure, je t’ai donné mes seins, j’ai chanté une chanson, puis je t’ai couchée dans ton lit. Tu ne voulais pas, tu m’as demandé d’une petite voix à boire encore, et je t’ai donné mes seins, encore, mais j’étais fatiguée et je t’ai dit que c’était la dernière fois, qu’après tu devrais dormir. Tu répétais dodo. Je suis sortie de la chambre, en te disant je t’aime. Tu répétais je t’aime. Je répétais je t’aime, jusqu’à ce que je sente un sanglot retenu dans un de tes je t’aime. Je me suis arrêtée, j’ai écouté, ta petite voix, du chagrin étouffé. Je suis entrée dans ta chambre, tu répétais je t’aime, encore avec un sanglot presque caché, comme une demande que tu n’osais plus faire, et je m’en suis voulue. Tu restais couchée, triste, et tu l’as dit, tu as dit triste, et ma chérie, tu n’as pas deux ans, tu n’as pas deux ans, et j’aurais tellement voulu te préserver de la tristesse, pas des écorchures, pas des chutes sur le trottoir ou au parc, juste de la tristesse, et je n’ai pas réussi. Tu étais triste, comme le poisson gris, dans un de tes livres préférés.

Aujourd’hui je t’ai obligée à enfiler des chaussettes avant de mettre tes bottes de pluie et nous avons sauté gaiement dans les flaques d’eau, comme si c’était la première fois pour moi, et c’était la première fois, en quelque sorte, parce que c’était la première fois avec toi, avec ton rire, avec tes mains qui voulaient se pencher et ramasser les cailloux dans l’eau sale devant le buffet Casa Corfu. J’ai acheté des sushis et nous les avons mangés et je t’ai laissée prendre autant de sauce soya que tu le voulais et après nous sommes allés tous les trois, ton petit frère, toi, et moi, sur le lit, dans mon lit, et nous avons réduit en miettes des dizaines de mouchoirs, c’était la tempête, dans mon lit, sur notre île, et tu n’étais pas triste.

Je t’aime. Je m’en veux parfois de te montrer une maman qui n’est pas la maman que je souhaiterais être pour toi.

Mini Dragon et fleurs en carton

mai 16, 2013

fleurs fête des mamans

Samedi dernier, après avoir acheté du saumon fumé avec l’intention de manger deux bagels comme lunch, j’ai ressenti des contractions et j’ai prié pour que Mini Fée accepte de ne pas s’arrêter à toutes les boutiques de la rue Masson. Pas d’animalerie en cette matinée, ni de longue conversation avec un vieux monsieur Breton très sympathique, amoureux des cheveux roux de ma fillette.

À l’appartement, mon mec n’a pas pris mes contractions au sérieux, car je ne cessais de répéter je veux avoir le temps de me laver les cheveux avant de partir à l’hôpital. Finalement, j’ai eu le temps de me laver les cheveux, de recevoir des caresses et des bisous de la part de Mini Fée, pas du tout effrayée par mes cris et mes pseudo chants d’accouchement, d’appeler mes parents trois fois et de prendre un bain en mangeant un Mister Freeze mauve.

À peine passé minuit, j’avais un garçonnet sous les yeux, un garçonnet avec des cheveux bruns et des yeux très foncés, un garçonnet qui me ressemble, qui s’oppose déjà à son papa et à ses gênes pourtant si forts de Franco-Allemand.

Vous devinez que je n’ai pas beaucoup de temps pour me vernir les ongles ou pour écrire. Je voulais simplement vous annoncer l’arrivée de mon Mini Dragon (après avoir écouté deux saisons de Game of Thrones en une semaine, je suis addict aux dragons et j’ai laissé tomber le surnom de Mini Pirate).

Vous pouvez lire sur Canoë ma chronique sur l’importance de manger de la pizza sur une nappe du Dollorama.

(Sur la photo, il y a le plus joli bouquet de fleurs : celui de ma Mini Fée, qu’elle a peint à la garderie, pour la fête des mamans.)

Une chatte poilue pour célébrer, y’all?

avril 17, 2013

 

Je passe quelques jours chez mes parents, trop de poussières et de bruits chez moi, des rénovations qui se termineront dans un an. Mini Fée s’ennuie des chiens croisés aux deux mètres sur Masson, et des chats qui font dodo dans les fenêtres des appartements voisins au nôtre. Elle voit des camions, des rues propres sans trottoir et des cosméticiennes gentilles qui murmurent, à la pharmacie, quand elles ne sont pas sûres si ma chérie sommeille ou fait semblant d’avoir pris trop de sirop à la Lil Wayne.

Mini Fée aura bientôt son petit frère, mais pas question de partager avec elle un gâteau de chatte poilue pour célébrer l’arrivée prochaine de Mini Pirate. De toute façon, elle préfère prendre des biscuits de thé et quémander des Ritz au beurre d’arachides à mon frère Philippe plutôt que de manger du gâteau avec moi.

Source photo freakante: http://www.buzzfeed.com/peggy/baby-shower-cakes-made-of-nightmares

Petit poussin

mars 18, 2013

DSCN4965

La seule décoration de Pâques chez moi, exposée fièrement: un poussinet peinturé gaiement par Mini Fée. Peinturer à l’intérieur des lignes, c’est overrated, elle sait déjà ça.

Amputation et poils de torse

février 22, 2013

souliers panda

Mini Fée ne dit pas beaucoup de mots, mais elle est super expressive et peut avoir mille émotions à la seconde. C’est mon petit clown, ma princesse brute, ma pouliche qui fait wouaf wouaf dès qu’elle voit un chien et qui fait la moue, tristounette, quand les passants ne lui retournent pas ses sourires.

Ce que Mini Fée aime cette semaine:

1. Faire semblant d’être amputée. Elle cache une main dans n’importe quoi – petit pot en plastique de couleur, manche de pyjama, whatev, et elle se promène avec la bouche en oh, tant que je ne panique pas de la voir avec une seule main.

2. Fouiller dans ma garde-robe, faire tomber mes ceintures et me donner les souliers qu’elle veut que je porte. Si je ne les enfile pas tout de suite, elle frustre, ma petite styliste perso.

3. Boire du smoothie aux bananes-ananas-noix de coco dans un verre de shooter.

4. Foutre toutes mes bouteilles de vernis à ongles dans le bain, puis quémander que je les ramasse. Elle les aligne une à côté de l’autre ensuite. C’est une Vierge ascendant Vierge et je crois qu’elle sera une freak du ménage.

5. Caresser les poils de torse de son papa et lui piquer sa montre.

Champagne et zéro biscuit Ritz tonight!

décembre 31, 2012

 

DSCN3762

Je célèbrerai ce soir Noël parce que ma Mini Fée a contaminé et mis knock-out toute ma famille la journée du réveillon. C’était tristounet, j’ai pris des photos de mes parents qui mangeaient des biscuits Ritz, j’ai regardé Mini Fée regarder les décorations dans l’arbre de Noël avec un regard avide, mais toute sage, elle n’a rien brisé, j’ai bu de l’eau et pas de champagne, bref, ce soir, ce sera plus plaisant. J’ai hâte de voir mes petits frères, de porter ma robe Isabel Marant et de trinquer à 2103, vivement cette année qui sera bonne et pétillante comme du champagne rosé pour vous tous!

Bisous au miel aux fleurs sauvages!

Chocolatine et bulles

août 9, 2012

Chaque été, nous célébrons l’anniversaire de Belle-Fille Princesse avec une pinata remplie de bonbons, à attaquer sans frapper de gamins. Cette année, il y avait près cinquante personnes au chalet, toutes affamées et assoiffées après être restées un minimum de deux-trois heures dans le trafic. Colin avait amené des croissants aux amandes avec lui, certain d’arriver au petit déj, mais il est finalement arrivé alors que l’après-midi était déjà bien entamé.

J’ai passé l’après-midi à reluquer des verres de vodka-Red Bull sugarfree, à faire des bulles de savon à vaisselle, à trouver tout le monde très chou en maillot de bain, à être tellement tellement heureuse que Mini Dée aie un crush sur le gros toutou bouvier bernois de ma copine Isadora et à remercier mes petits frères d’amener tous les enfants en bateau pour faire du wakeboard. Le chéri de Sarah Lee en a fait, malgré sa peur de l’eau, et il a ainsi découvert son inner surfer.

Quand Mini Fée s’est couché, j’ai obligé Richard à ouvrir des bouteilles de mousseux et je me suis assise avec Alexandre Le Grand, sous un parasol, avec de la citronnelle sur notre peau, nous avons parlé de littérature érotique, de Kofi Annan et du voyage à Paris de Charlène. Colin, triste qu’une copine dessinatrice soit partie, a demandé aux neuf-dix personnes qui restaient si quelqu’un avec du pot. Personne n’en avait, alors il s’est versé un verre de pinot noir, et je lui ai demandé s’il voulait partager une chocolatine avec moi.

Photo: Vera Rivken