Archive for the ‘dent sucrée-cariée’ Category

Danser jusqu’au réveil de Mini Fée

février 29, 2012

Je mange des meringues en partageant un verre de cidre avec Amandine. Enfoncée dans un canapé, en skinny jeans, les orteils protégés du froid par une jetée en mohair, je confie à ma copine que parfois, je voudrais juste supplier Alexandre Le Grand de rester avec Mini Fée une heure, le temps d’aller danser un peu et d’avaler un drink virgin, même un lundi, quand les bars seraient quasi vides, je serais trop heureuse.

– Pourquoi tu ne le fais pas?

– Parce que je sais que je deviendrais hyper cliché, à la Up all Night, pas capable de danser sans penser à Mini Fée et à ses pleurs si elle n’a pas mes seins à moins d’un mètre d’elle. Et je voudrais aussi me louer une chambre d’hôtel, repousser la couverture par terre, sauter sur le lit, et qu’Alexandre Le Grand me défonce contre un mur, me rentre ses doigts dans la chatte en prenant un bain avec moi, et qu’on s’endort l’un contre l’autre, au lit. Je sais tellement pas quand nous pourrons enfin faire ça!

Amandine me demande si j’aime sa nouvelle coupe de cheveux.

– J’ai des biscuits sans gluten, tu en veux?

J’entends la porte d’entrée s’ouvrir doucement. Alexandre Le Grand, les joues rouges, les yeux brillants me questionne : « Est-ce que notre petit monstre dort? » Je hoche la tête. Il m’embrasse, dit à Amandine que ses cheveux sont extra et me raconte que son copain Nathan s’est battu.

– Il était avec un ami marocain, dans un bar sur Mont-Royal et il a commencé à insulter un gars tout freluquet, devant la blonde du gars. Nathan avait vraiment trop bu, et le gars a fini par dire qu’il les maudissait, les ostie de Français. Nathan lui a envoyé un coup de poing, mais son ami marocain était juste trop content de s’être fait interpellé comme Français, alors il a rien fait. Après ils sont arrivés au Philémon et ils ont parlé de David Lynch et d’astronomie pendant une heure, c’était chiant, je suis parti.

Alexandre Le Grand regarde les biscuits sans gluten que j’ai sortis pour Amandine : « Ça l’air vraiment dégueu. Je me commande une poutine. » Amandine me prend la main et elle annonce : « Nous, on va sortir une heure, tout près, tu appelles ta douce si votre princesse se réveille, d’accord? » Je la regarde, je proteste que je ne porte pas de robe et que j’ai une robe à la Zooey Deschanel que je veux trop mettre.

Amandine a besoin de baume à lèvres, je lui en tends à l’Orange Crush, et j’enfile mon manteau d’hiver, par-dessus mes skinny jeans et mes bottes aux lacets plein de calcium. Alexandre Le Grand me mord dans le cou : « Amusez-vous bien! J’ai hâte que tu reviennes pour te prendre, j’ai pensé à toi toute la journée. Tu es rasée? »

Gynéco et gâteaux

janvier 17, 2012

Il neige et ça me rappelle l’an dernier, quand j’avais revu Betty Boop après de longs mois, il neigeait et nous étions allées prendre un café, je venais d’apprendre que j’étais enceinte, et ça faisait de longs mois qu’elle sortait sans moi, et moi sans elle. Nous nous étions embrassé, je lui répétais qu’elle était la plus belle et elle disait « Non, c’est toi. » et je disais « Noooon, c’est toi. », un peu comme dans les vidéos Shit Girls Say.

Ça me rappelle l’an dernier parce qu’il neige autant que lorsqu’elle était apparue chez moi sans savoir si elle pourrait en repartir. Elle arrive finalement, en tailleur noir, genre deux heures plus tard qu’elle le croyait, parce qu’elle avait un rendez-vous chez le gynéco.

– Qui prend un rendez-vous chez le gynéco le jour de sa fête?

– I know! But he is sexy. Et il m’a chanté Happy Birthday! He even had a tartelette pour moi! With a pink candle on top of it! J’ai promis de l’inviter bientôt chez moi! Je vais tenter de ne pas coucher avec lui dès le premier thé à la menthe, parce que je crois qu’il est assez traditionnel.

Avant même de déballer un petit cadeau que je lui ai trouvé chez Ben et Tournesol, elle me remet un paquet. Je l’ouvre et il y a le plus beau sac à couches ever à l’intérieur, un sac à couches qui ne ressemble pas à un sac à couches tue-la-mode, un sac de la collection Petunia Pickle Bottom rempli de cakes pop.

Je me retourne vers elle : « C’est ton anniversaire et tu penses à moi! Alexandre Le Grand a fait pareil il y a deux jours! Je suis toute gênée d’être gâtée comme ça. J’avais pensé lui préparer un magret de canard, mais finalement il m’a demandé d’aller chercher des calmars frits en take-out au resto Juste Nouilles. J’étais trop heureuse parce que ma maman ne m’avait pas rappelé pour m’expliquer comment faire un magret. Et avant de nous coucher, il m’a suppliée de me lécher. Il veut toujours me lécher ces jours-ci. Il s’en va travailler et il a de la mouille jusque sur ses boutons de manchette genre. »

Pendant que ma copine parle au téléphone avec des amis qu’elle doit rejoindre plus tard en soirée, je lui coupe un morceau de tarte pommes et bleuets. Je lui tends aussi du cidre rosé dans une coupe de champagne et nous trinquons à une nouvelle année plus paisible pour elle.

– I wish que tout sera plus calme. But you know what? L’ex de Sadek va déménager juste en face de chez moi. Je vais la voir quand je vais faire l’épicerie. And I bet she’ll stole my trainer. My legs are so perfect since I’ve got this trainer. Unfair.

C’est vrai qu’il est beau quand il mange une poutine à trois heures du matin

novembre 30, 2011

Les semaines passent vite, et je suis là, devant le clavier, dix-onze fois pendant la journée, à me répéter que je veux écrire, mais c’est difficile, avec une petite bouche collée à un téton, et finalement je n’écris pas et je lis des articles sur l’acteur porno James Deen. Man, il est cutie cet acteur. Total jewish boy craquant et coquinement pervers, qui s’amuse à prendre en photo l’anus des actrices qu’il baise, pour les mettre sur son blogue après.

Anyway, à part me la jouer groupie d’un acteur qui ne ressemble pas qu’à une bite, voici ce qui s’est passé dernièrement dans ma life (j’écoute trop de films doublés en frenchie de France, ça explique ma tendance encore plus terrible que d’habitude à utiliser des mots anglais anywhere).

1. Ça faisait six ans, le 23 novembre, que je me suis précipitée en taxi chez Alexandre Le Grand, avec des sacs à vidanges remplis de vêtements. Six ans qu’il me dit que je lui fais penser à la Lilian de Depeche Mode, six ans qu’il sait que je suis adorable mais aussi que each dress I own is a loaded gun. Six ans que je m’amuse à écouter ses blagues et ses ronflements – peu fréquents, really – et que je le trouve beau même quand il dévore une poutine au bacon à trois heures du matin.

Cette année, je me fais tatouer une phrase pour lui, que je cacherai dans le creux de mon bras.

2. J’ai acheté des cadeaux de Noël pour ma famille…mais aussi pour moi. Faut toujours se faire plaisir, non? Mon cadeau : une superbe Barbie aux cheveux noirs et aux lèvres rouges style démone qui mange des couilles et des tartines aux fraises.

3. J’ai lu un thriller terrifiant, Tokyo par Mo Hayder. Top angoissant, à m’obliger à dormir collée-collée contre ma chérie, et à lui dire je t’aime mille fois en tenant son petit poing.

4. Après avoir vu le film Bitch Slap, j’ai rêvé qu’une fille aux superbes abdos m’obligeait à me rentrer un pendentif en or, en forme de cœur, dans le cul.

5. J’ai pris un café avec deux copines, et l’une d’elle a commandé pour moi. Aurore est revenue avec mon Venti Skinny Vanilla Latte et dix sachets de Splenda. Elle m’a dit qu’elle s’en voulait de ne pas avoir demandé du sucre dans mon latte, se rappelant ma dépendance au sucre quand j’avais quinze ans. Une Mr Big tous les midis pendant cinq ans? Oh oui, mais plus maintenant.

Bisous y’all!

Soupe aux bananes et idéal féminin

octobre 25, 2011

Quand je prépare le souper, ça veut souvent dire que j’achète de la salade, des tomates, des concombres, puis une quiche lorraine à la boulangerie Les Co’pains D’abord. Je suis nulle, mon mec fait la cuisine depuis ses dix ans, et mon grand talent est de tout avaler anyway. Mais cette semaine, je ferai une recette extra rapide de Miss Violaine.

Man, sur son site, elle suggère de faire de la soupe aux bananes. Et dans une entrevue qu’elle donne à Urbania, elle dit que son idéal féminin est un mélange de Josée Blanchette, Mélodie Nelson, Laura Dern et Julia Child. Wouah. Elle dit aussi qu’elle se sent honteuse quand elle va chez la massothérapeute et qu’elle s’installe sur le ventre alors qu’il faut qu’elle se mette sur le dos. Vous craquez aussi? (Pas besoin d’être listé dans son idéal féminin pour craquer!)

Entrevue Urbania : http://www.urbania.ca/canaux/conversations/2531/un-souper-a-la-fois

Blogue de Miss Violaine : http://fulgurobouffe.wordpress.com/

Et merci à Alexandra Ventura-Giroux d’avoir pensé à moi pour son top 10 des personnalités québécoises les plus pop du web : http://techno.ca.msn.com/photos/personnalit%C3%A9s-internet-populaires-au-qu%C3%A9bec?cp-documentid=30871219&page=9

(Mais une erreur s’est glissé dans l’article : Mon livre Escorte ne contient aucun billet de blogue. C’est un témoignage que je n’avais jamais publié avant. Grosse aventure que la publication de ce livre…mais impossible de regretter quoi que ce soit, puisque je reçois encore des mots touchants de lecteurs.)

Mon t-shirt fushia sur le plancher

octobre 24, 2011

 

Quand nous sommes arrivés au chalet, en fin d’après-midi, il pleuvait un peu. J’ai descendu lentement les marches menant au chalet, dans des bottes à talons légèrement trop hauts pour ramasser des feuilles au râteau. J’ai terminé la bande dessinée trop chouette Valentin, que j’avais commencé la veille en mangeant des nouilles et du tofu au cari. J’ai répété trois fois à Alexandre Le Grand que j’allais faire des abdos en écoutant de la musique, mais j’ai plutôt caressé les cheveux de notre petite pendant trente minutes, avec Feist qui jouait dans le salon.

Alexandre Le Grand a sacré contre l’odeur de brûlé, j’avais oublié des biscuits dans le four. Nous nous sommes embrassés devant un arc-en-ciel et il m’a dit qu’il avait envie de me lécher, que je sois rasée ou non, il s’en fouettait ce jour-là. Je lui ai demandé s’il aimait le trait noir au-dessus de mes yeux. Il m’a serrée dans ses bras, et je l’ai assuré que notre petite bête sauvage ne nous en voudrait pas si nous allions au lit tout de suite. Il a plutôt proposé de rester au salon, à regarder dehors, l’arc-en-ciel disparaissait peu à peu, et mon t-shirt fushia était sur le plancher.

Le lendemain, un couple d’amis est venu. Archibald m’a offert un superbe bouquet de fleurs. Pendant qu’Alexandre Le Grand nous préparait un excellent brunch – j’avais piqué une danoise au chocolat avant l’arrivée des amis, pour ne pas en manger trois devant eux, pas question d’avoir l’air trop égoïste dans ma cochonceté -, Archibald m’a avoué qu’il était surpris, et heureux, de nous voir, Alexandre Le Grand et moi, avec notre fée : « Il y a un an et demi, c’est ça, un an, un an et demi, j’avais passé tout un après-midi à consoler Alexandre parce que ça n’allait pas bien entre vous. Je ne l’avais jamais vu comme ça. »

Je hoche la tête, je me souviens de ça, du il y a un an et demi, du il-y-a-un-an-et-demi-qui-n’arrivera-jamais-plus, mais je ne veux pas en parler avec Archibald, je ne veux pas y penser. Archibald ne devine pas mon malaise : « Et maintenant vous êtes beaux, c’est l’automne, au chaud, vous avez une belle fille, vous êtes beaux, et moi, moi je pense que je ne serai jamais bien nulle part. »

Petits coeurs et collier de perles

septembre 15, 2011

Liste des choses à faire aujourd’hui

1. Laver le sperme séché dans mon cou et sur mes seins, avant que Bébé Fée ne se réveille et ne veuille se gaver de mon lait.

2. Manger des petits cœurs sucrés et boostés aux antioxydants, cadeau made in USA de ma copine extra Sarah Lee, devant le dernier épisode de Weeds.

3. Lire le magazine Vanity Fair en allaitant.

4. (Ne pas oublier d’abord de me foutre toute nue devant Alexandre Le Grand et de lui demander de me téter un peu avant que j’allaite Bébé Fée, afin que mes tétons soient gros et tentants et déjà perlés de lait.)

5. Regarder mes ongles et être très joyeuse d’avoir eu le temps de me les vernir. Et avoir peur de devoir couper les griffes de Bébé Fée, dans quelques minutes. Prier pour ne pas lui faire mal.

Tarte au citron et à la meringue tous les jours

septembre 13, 2011

Mes petits choux, mes chouettes,

Je ne suis pas constante, ici, je vous ai délaissés, fatiguée, m’étalant de la crème partout sur le corps au lieu d’écrire. Je tente de deviner si Bébé Fée me ressemblera un peu, un jour, à part pour ses petites oreilles, parce que présentement elle a tout d’Alexandre Le Grand. Elle est superbe, les cils tout pâles, le menton allemand, et les moues qu’elle fait sont identiques à celles que mon mec fait, lorsqu’il s’étire, au réveil, avec une chanson de Feist sur son iPhone. Je la regarde, je la berce, je la surnomme ma petite bête sauvage, je la pose devant l’éléphant en peluche que mon papa lui a offert, je la supplie parfois de dormir, de me donner le temps de la comprendre. Je m’extasie tous les jours du pouvoir des caches-cernes. Et je mange de la tarte au citron et à la meringue, pendant qu’Alexandre Le Grand regarde Bébé Fée, la berce, lui dit qu’il sera toujours là pour elle.

Je sais que certains d’entres vous s’ennuient de ne plus lire d’aventures masturbatoires ou de léchouilles entre copines. Je n’ai jamais choisi le terme de blogue érotique, pour moi, ce blogue, il parle de ce qui m’importe. Le cul, Philip Roth, le vernis à ongles, les sucettes. Et maintenant, ma petite bête sauvage. Je continuerai à tout mêler, à écrire sur ma main qui se glisse dans les caleçons de mon mec, à écrire sur les chats errants de mon quartier, à écrire sur la hauteur de mes talons, et sur ma famille, qui s’est agrandie, le deux septembre dernier. J’espère que vous aimerez, encore.

Bisous,

Mélodie-qui-n’a-pas-de-soutif-d’allaitement-assez-grand-pour-ses-seins-qui-ont triplé-de-volume

Circoncision et macarons

août 25, 2011

Lecture : Ake Edwardson, Ce Doux Pays, et un article sur un mec analphabète qui s’est fait amputer le pénis

Déception : Oubli répété de fêter l’anniversaire de mes implants mammaires

Dans le nouvel appartement de Colin et Laura, j’admire les grands murs blancs, la décoration zen, la peinture sur toile qu’ils ont achetée suite à l’ascension du Kilimandjaro. Je pointe deux tirelires. Laura m’explique que le porcelet gris est à elle : « Colin doit y mettre un dollar quand il pète. » Elle secoue la tirelire : « Et ça arrive souvent. »

Nous nous installons sur le tapis du salon. Laura me prépare un breuvage à base de jus d’agrumes, et elle tend à Alexandre Le Grand et à Colin des verres de rosé : « J’y ai ajouté du sirop de pamplemousses. Je reviens d’un voyage en France et tout le monde buvait ça. » Je regarde jalousement Alexandre Le Grand et je trinque avec les autres.

Après un verre, Laura, toute mince, est déjà pompette et nous dit qu’elle n’aime pas les queues non circoncises. Elle dit que ça pue. Elle se retourne vers moi : « Tu ne trouves pas? » Moi j’ai zéro opinion sur le sujet, je trouve juste très belle la queue non circoncise d’Alexandre Le Grand, et je ne trouve pas qu’elle pue non plus, sauf si nous avons baisé trois fois de suite et qu’il me la fout pleine de ma mouille dans ma face. Colin se lève et revient avec une bouteille de Vagisil : « Voilà ce qu’elle m’oblige à mettre sur ma quéquette avant de me sucer! »

Nous passons à table. Laura parle du mot carotte en dialecte occitan, et de l’expression va traire les vaches en roumain. Nous mangeons une salade niçoise succulente, et de la bavette qu’Alexandre Le Grand et Colin ont admiré pendant plusieurs minutes sur le BBQ. Je prends une gorgée de vin rouge. Je regarde la pluie qui tombe, j’ai envie d’aller sur la terrasse, avec Laura et son t-shirt blanc, et de regarder la ville, au dixième étage de leur immeuble, et de respirer, de tout sentir, et de me trouver chanceuse d’être là, avec des copains qui me font trop rigoler, un amoureux qui me dit que tout va bien puisque nous sommes ensemble, et des macarons aux bleuets qui attendent sur le comptoir.

Limonades, vibrateurs et zéro bingo

août 7, 2011

Il me reste moins d’un mois avant de tenir dans mes bras ma petite fée. J’ai reçu récemment mes copines, ma maman, ma marraine et ma grand-maman chez moi, lors d’un shower où j’ai été too much gâtée (ma fille va sentir la lavande pendant trois ans, être plus coquette que moi et ne pas vouloir jouer avec mes souliers parce que les siens sont bien plus merveilleux, argentés et à motifs de singe, de baleine et de taches de léopard).

Nous nous sommes amusées à parler de vibrateurs et d’ex trop folles et méchantes devant mes petits frères, nous avons bu de la limonade artisanale et mangé des cupcakes au glaçage trop fondant. J’ai eu le temps de crever accidentellement plein de ballons gonflés par Misha et de trouver une photo où Aurore faisait semblant d’uriner dans un abreuvoir, dans un parc, près de notre école secondaire. Mais pas le temps de jouer au bingo.

La journée s’est terminé à la Succursale, Marion a bu du cidre rosé pour me faire plaisir, Colin a parlé d’un mec qui encule un cochon dans un film datant de 1972, mon frère Gabriel a parlé des seins de toutes mes copines et j’ai rêvé à un croque végé de Frites Alors.

Source photos : les deux dernières ont été prises par ma copine photographe Vanialicious, qui aime bien l’expression « Être belle peut être une qualité…le savoir est un défaut. »

Pouvoir et virilité alcoolisés

juillet 25, 2011

Chaque année, depuis trois ans, mes frères, Alexandre Le Grand et moi organisons un méga party au chalet.  Mon mec et sa fille aînée cuisinent pendant toute une journée quelques plats : ceviche aux pétoncles, crevettes marinées, terrine de porc, et grosses saucisses à pénétrer du pain baguette. Je regarde les plats, et je regarde les caisses de bières qui s’accumulent, et je me demande si je vais faire une crise en étant obliger de me contenter de thé glacé sans sucre et d’eau Perrier.

Quarante personnes fêtent sur la terrasse, dansent sur le quai, fument des joints sur le balcon et laissent tomber leurs cigarettes dans les arbustes. J’entends un mec parler d’un nouveau collègue, avec qui il lunche tous les midis: « Et là il me dit d’arrêter de lui parler des cyclistes du Tour de France, parce qu’il sait tout sur eux et que si je me risque à le défier avec une question, il me vient dans le visage. Là je lui dis qu’il ne doit plus jamais utiliser le mot venir, sperme, et mon visage, dans la même phrase. Il me demande pourquoi. Je lui dis que ça fait trop gai. Et il m’annonce qu’il est gai. »

Trois mecs parlent à une blondinette, vêtue d’une robe légèrement défraîchie Joshua Perets. D’autres installent déjà leurs tentes, pour y dormir plus tard. Ma copine Betty sirote un verre de rosé pendant une heure, me racontant ses aventures avec une femme qui fait d’excellentes tartes à la rhubarbe et des too much bons cunnilingus. Vers vingt-deux heures, ma copine m’embrasse, me disant qu’elle doit retourner chez elle, car elle doit se lever tôt pour un shooting photos le lendemain. J’en profite pour aller m’étendre un peu au lit, souhaitant me reposer, me limer les ongles, et me caresser le ventre.

Dix minutes plus tard, mon cellulaire sonne. Betty est paniquée : « Je suis dans un fossé. Je me suis trompée de chemin et en voulant reculer, je suis tombée. J’ai réussi à sortir de mon auto, mais elle est très instable. » Je vais chercher Alexandre Le Grand et nous allons rejoindre Betty. Elle est dans un chemin privé, presque direct dans la forêt, en mini short blanc. Je la prends dans mes bras : « As-tu entendu? J’ai l’impression qu’un loup ou un chasseur fou pourrait arriver d’un moment à l’autre. Nous sommes dans un film d’horreur. » Alexandre Le Grand ne peut rien faire, sauf nous assurer qu’il n’y pas de chasseur fou ici. Nous appelons une dépanneuse, puis Betty nous raccompagne au chalet, pour boire une tisane calmante à la camomille, écouter un épisode de Modern Family, et dormir dans le lit d’un de mes frères.

À une heure du matin, je me glisse sur le balcon. Alexandre Le Grand m’accueille en ouvrant ses bras. Il a les yeux tout rouges et il me montre fièrement une sucette à la tequila qu’il veut sucer : « Tu vois, il y a un gusano emprisonné dedans. Ce ver-là donne pouvoir et virilité. » Il répète très fort : « Pouvoir et virilité! » Trois-quatre-cinq autres fêtards l’imitent. Je glousse comme une poulette, et je danse avec Alexandre Le Grand, avant de lui dire que je trouve que la musique est nulle : « Tu veux pas aller faire un tour de pédalo avec moi? On pourrait s’arrêter sur l’île, imiter le cri des huards, baiser dans les hautes herbes? » Il fait juste me regarder avec ses yeux tout rouges : « Pouvoir et virilité! » Je l’embrasse : « Bonne nuit chéri. »