Archive for the ‘copines extras’ Category

Alcool, orgie et Anne-Marie Losique

novembre 15, 2008

Je suis pas alcolo, vraiment, je parle beaucoup d’alcool, mais c’est bon pour la santé, et j’en bois pas à en vomir (sauf au Nouvel An, j’ai déjà prévenu), ni à tous les jours, enfin faut parfois faire des cures (pour rester mince et en santé) et juste boire du thé et manger des sushis pendant une semaine et avaler du sperme (seize calories par portion et ça brûle le cholestérol). Mais alcool et sexe, ça va tellement bien ensemble, trop parfois, je sais pas, ça dépend si on a un copain ou une copine ou non, et si on est dans Loft Story ou Occupation Double.

 

Alcool et highschool glory

 

La première fois que j’ai bu, j’ai bu non stop huit bières, trop pour le corps de fille de quatorze ou quinze ans pré-pubère que j’avais. Je me suis retrouvée à marcher droit dehors, pour convaincre des nouveaux amis que j’étais totale sobre et immunisée contre l’alcool. À une heure du matin, j’étais malade dans un lavabo, j’avais embrassé le mauvais mec; et le beau-père très très très gentil de ma copine Misha m’amenait dans ses bras jusqu’à la maison de Misha, ou elle et sa mère m’ont déshabillée et couchée. Depuis je fais super attention, et je suis tellement désolée de pas avoir d’histoires de baise torride sous vodka-citron à seize ans, comme Lindsay Lohan ou les girls gone wild de Joe Francis. Man, même pendant une Saint-Jean-Baptiste super mouvementée en secondaire cinq (fugue de Misha, pleurs de Justine, bisous avec la langue à deux mecs trop habillés comme Une nuit au Roxbury, un dixième de joint avec des filles inconnues), je n’avais pas bu plus qu’une bière et demie et je cruisais tous les mecs, je voulais me retrouver avec une bite entre les jambes, j’étais mignonne, camisole plongeante sur des seins pointus, longs cheveux à la Nicole Kidman quand ils étaient auburn, mais revenue chez Justine, avec genre vingt personnes, tout le monde se baignait en soutif ou en caleçons, tout le monde était mouillé et les mamelons visibles sous du tissu transparent, mais tout le monde trop fini pour se préoccuper de ma chatte, c’était une de mes premières déceptions : pourquoi j’ai toujours envie, pourquoi il n’y a pas toujours quelqu’un pour s’occuper de mon trou, pourquoi on peut préférer genre jouer à des jeux vidéos et sauter d’un tremplin d’un mètre splish splash au lieu de me baiser?

 

J’aime lire les livres de collection It Girl, j’aurais rêvé avoir une adolescence de bitcheries, de jupes Roland Mouret, de rendez-vous dans les écuries, de baise avec le copain de ma meilleure amie et ma meilleure amie aussi, de potins à répandre devant un thé au Ritz, de jouer à la bouteille avec le livreur de pizza, de bain moussant avec mes copines, de verres de champagne partagés avec des designers transex. Quand elles boivent, les filles de It Girl sont trop top : elles dansent en déboutonnant leur chemiser Chanel, elles se déhanchent en caressant les seins nus d’une copine, elles tombent dans les bras d’un mec qui leur lèche l’oreille, elles rivalisent pour savoir qui va se faire le mec en premier, une met la main du gars contre sa taille, l’autre sur un sein, l’autre entre les jambes, l’autre dans la chatte, elles se collent, elles sentent le parfum du mec, elles le sentent durcir et elles en salivent, elles baisent en avalant les dernières gouttes d’un martini-lychee, avant le gatorade du lendemain, elles se font dévierger par un prof, elles se réveillent, vont en petites culottes à la fenêtre de l’hôtel de leur débauche et y devinent le doyen de leur pensionnat, en peignoir, qui se fait la femme du concierge. Brillant!

 

Alcool et jeunes pétasses en chaleur

 

Avant d’être avec Alexandre Le Grand, toutes mes envies étaient souvent réprimées (je veux dire, à part lui, aucun mec a accepté de me fouetter), mais avec l’alcool je pouvais tout dire (tu veux savoir quelle couleur est ma culotte?), tout faire (je peux voir à l’intérieur de ta culotte?) et tout oublier le lendemain (fuck, j’ai perdu ma carte de métro, mon rouge Lancôme, ma brosse du Dollorama). Ma boisson préférée était la Smirnoff Ice, que j’avalais trop rapidement, avant d’aller regarder mon visage pas encore trop bouffi dans le miroir d’une salle de bain crasseuse et de me demander si la copine avec qui je sortais accepterait de m’embrasser (j’ai une copine qui aimait autant les Smirnoff Ice que moi).

 

Question : Qui ne m’embrasserait pas si je me mettais à quatre pattes sur une table?

Réponse : Je connais des mecs maladroitement chiants, mais ma copine Sandra, c’est le top, elle embrassait le barman pendant qu’il fumait une cigarette dehors et dès qu’elle revenait s’asseoir devant moi, elle sortait la langue et je la frenchais alors, à quatre pattes sur la petite table, en faisant éclater un verre de Smirnoff Ice.

 

Et je connais des mecs qui saoulaient des pétasses de quatorze ans et ces pétasses devenaient trop chattes, obligeant les mecs à se déshabiller comme dans une scène à la American Pie, à montrer leur bite une fois toute dure, et les filles embrassaient chacun des mecs, un à la fois, les yeux à demi fermés.

 

Mais j’exagère. J’ai jamais eu besoin d’alcool pour montrer la couleur de mes culottes dans un lieu public. Ou pour montrer que je n’en mettais pas (je faisais ça avant Britney! avant Paris! juré!)

 

Alcool et pauvres grandes filles blasées

 

Sous le stress, si je bois, je deviens plus qu’émotive. À la fin de mon putain de baccalauréat en études littéraires de merde, c’était l’enfer, Noël approchait, j’étais en retard sur dix mille devoirs et je travaillais temps plein  dans un magasin d’artisans québécois. Résultat? À tous les repas ou Alexandre Le Grand et moi étions conviés, je terminais la soirée le ventre rempli d’un verre de rouge de trop et en pleurs pour des raisons dramatiques comme :

 

1.      personne à la table ne connaissait Denis Vanier

2.      personne n’aimait mon imitation d’Anne-Marie Losique

3.      personne n’aimait Anne-Marie Losique

4.      je n’avais pas les lèvres gonflées d’Anne-Marie Losique

5.      j’avais juste envie de baiser mais Alexandre Le Grand ne voulait pas parce que j’avais pleuré à propos de Denis Vanier.

 

L’alcool, ça me faisait aussi quémander des fessées à tout le monde et danser collée-collée-évanouie contre ma Misha à moi, pendant que les mecs, au lieu de nous regarder et de chanter en même temps que nous tous les succès de Britney Spears, bandaient devant un film porno.

 

(En groupe. De la porno à écouter en groupe. Quand tu as dix-huit ans et plus et que tu sais que ça se terminera pas en orgie. Je sais pas, mais moi, même saoule, je trouve ça limite, je veux dire, tu bandes, tu mouilles, mais tu commenceras pas à te crosser devant tes amis. J’ai pas compris l’envie soudaine. Ou je suis une bitch totale fermée. Whatever. Après avoir dansé et écouté trois fois le cd de Britney Spears, Misha et moi nous avons comparé nos seins et j’ai pleuré en vomissant dans la cuvette des toilettes. C’est ça le problème quand je ne calcule pas le nombre de verres de champagne par minute.)

 

J’aime tout le monde, la vie est belle et tout, mais avec de l’alcool j’aime encore plus tout le monde et tout le monde m’aime et la vie sera belle pour toujours tant que j’ai un verre de chardonnay, et que je m’en fais pas trop si je dévoile tous mes secrets et mes vies d’avant et mon besoin de sodomie aux deux semaines à des chéris et à des salopes, compagnons d’un verre ou de quinze.

Du neuf à cinq en Agent Provocateur

novembre 13, 2008

Achat du jour : Beurre fondant au sucre à la crème

Émission : Prison Break 3

Quand Marissa travaille, elle ne pense pas à grand chose, qu’elle dit. Elle pense à être là, à arriver en avance, quinze minutes au moins pour se mettre du parfum, très léger sinon les clients lui demandent de prendre une douche (faut faire attention à l’odorat hypersensible de leur épouse), se maquiller, déjeûner un peu, la moitié d’un muffin au son, ou aux bleuets, souvent.

Elle pense aussi à sourire, dès qu’elle entend la sonnerie, mais c’est facile pour elle. En attendant les clients, elle écoute la télé, des trucs de rénovation de maisons ou les films de Disney laissés là par sa boss. Ça fait trois fois en trois mois qu’elle écoute Nemo. Elle s’ennuie du temps ou une ancienne escorte, qui vient tout juste de trouver un travail dans son domaine d’études, la mode, achetait dix revues par semaine, les lisait en une journée et laissait le reste dans un des deux apparts utilisés, pour que toutes les filles se crossent en regardant le It bag du mois ou la dernière starlette, Paris, Mary-Kate, Ashley, Keira, Nicole, Eva, qui dit qu’elle ne mange que de la pizza, mais elle ne grossit pas, grâce à sa super génétique d’enfer, merci papa et maman.

Quand le premier arrive, s’il est cute, ce qui est le cas presque tout le temps qu’elle dit, elle a un aura de baiseuse chanceuse, ou c’est peut-être le cas pour toutes les putes, je sais pas, elle le frenche avant de lui demander de se laver les mains. Elle ne demande jamais à être payée, elle trouve ça gênant, et inutile, les mecs savent qu’ils sont ici pour payer. Elle les dirige vers la chambre, monte le volume de la télé, pour pas que les voisins l’entendent gueuler comme une hystérique.

Elle déteste le lit, il est à roulettes, il bouge tout le temps, et cogne dans le mur tout le temps, et elle déteste les draps aussi, elle les change presque jamais, juste s’il y a beaucoup de sperme ou de sueur ou de poils foncés. Les draps sont trop rarement lavés et ça la fait chier. Pour chaque client, elle a droit à cinquante pour cent de la somme qu’il lui donne pour la défoncer. Et elle doit payer trente dollars par semaine pour le lavage des draps, comme toutes les autres filles qui s’échangent les appartements chaque jour. Elle aime les mecs qui la baisent sur la commode. Ou contre un mur. Elle adore se faire écarter les jambes, se coller le côté du visage contre le mur et sentir une queue la pénétrer vite vite, comme ça, elle a un client qui la prend dans ses bras, qui la baise debout, qui la repousse  contre le lit, elle dépose ses mains contre le matelas et il la baise en lui demandant son cul parfois, il la lèche, il a un regard d’addict au sexe, un regard qu’elle adore, un regard qui revient chaque semaine, s’il pouvait il reviendrait plus qu’une fois par semaine, mais il doit voir d’autres filles aussi, même si c’est elle sa préférée, promis, c’est elle qui a l’air de le plus aimer ça.

Marissa sait que c’est pas toutes les filles qui aiment, elle sait que pour certaines c’est un moyen d’avoir assez de cash pour leur enfant et pour leur auto, et pour les joints, aussi. (La coke, c’est juste les danseuses qui en font, la plupart des escortes sont pratiquement cent pour cent clean.)Mais les filles avec qui elles travaillent sont parfaites, il y en a qu’une qui voit un psy et qui a l’air vraiment de détester tout et de virer lesbie bientôt tellement elle déteste les mecs. Elle s’appelle Gabrielle, son père était super riche avant, il était genre multimillionnaire, mais il presque tout perdu, sauf la maison, qu’il ne veut pas vendre, il la garde pour les apparences, pour s’assurer que les voisins croient encore qu’il est super riche et important. Gabrielle se maquille même pas pour baiser et elle le fait que pour continuer à dépenser autant qu’avant, quand son papa lui payait un cheval pour sa fête, un voyage par mois, et des toiles des artistes contemporains qu’elle préférait. Marissa dit que Gabrielle a l’air d’une petite fille laide, et les petites filles, ça trouvera tout le temps un client même si la petite fille est super boudeuse. Mais les autres filles, elles aiment toute ça, qu’ouvrir leurs jambes soit leur job. Elles se lèvent à l’heure qu’elles veulent et se payent des souliers Miss Sixty n’importe quand. C’est quand même cool.

Quand Marissa travaille, elle cache son argent dans le bottin téléphonique, au-dessus du réfrigérateur. Et elle porte toujours une bague porte-bonheur, elle joue avec sa bague, la tourne entre ses doigts dès qu’un mec reste trop longtemps dans sa chatte, dès qu’elle compte les secondes, dès qu’elle a mal, dès qu’elle devine une vaginite dans deux jours. Elle garde toujours les yeux ouverts. Elle aime voir les mecs qui jouissent. Elle aime voir les mecs oublier leur travail, oublier leur dernière plaidoirie pourrie, oublier leur blonde rushante, leur dîner d’affaires trop long. Elle se dit qu’elle, quand elle aura un mec, elle sera super gentille, elle prendra des cours de cuisine, elle portera de la nouvelle lingerie à chaque semaine, elle coupera jamais ses cheveux,  elle chantera en lavant la vaisselle, et jamais elle se plaindra, jamais elle le prendra dans ses bras en lui disant tu es à moi, parce qu’elle, elle sait bien qu’elle n’est à personne.

 

Diminuer ses dépenses pendant la récession : fini les rasoirs

novembre 9, 2008

 

Musique : Katy Perry, Ur so gay

Lecture: Romain Gary, Les cerfs-volants

Film : Enchanted (la princesse d’Alexandre Le Grand est ici pour le weekend)

 

Conseil de la semaine de Grande Sœur Jenna : Pour ne pas avoir de petits boutons rouges, qui apparaissent si on se rase la chatte autant qu’une danseuse nue, Jenna Jameson affirme que l’utilisation de Neosporin, au lieu de la crème à rasée habituelle, est bénéfique.

 

Marissa, qui se rase deux fois par jour quand elle reçoit des clients, dit que ça fonctionne super bien, comme de la magie, et ses clients sont toujours heureux de l’avoir douce et imberbe jusque dans la raie du cul. Et pour continuer le pseudo débat de toute rasée, rasée avec motte à-la-Ginette ou toute poilue-party-amazonien, Marissa dit qu’une des deux fois ou un client l’a refusée, c’était parce qu’elle se rasait. Son client était super fétichiste du poil et il lui a demandé, après l’avoir reluquée de la tête aux pieds, si elle était au naturel ou non, Marissa n’a pas trop compris, elle pensait qu’il parlait de ses seins, et of course qu’elle est au naturel, avec ses 32A, mais il lui a expliqué, est-ce que tu as des poils sur ton sexe et elle a dit oh non, en rigolant, comme si c’était presque le crime du siècle d’en avoir ou digne d’un roman de science-fiction. Il lui a dit tant pis et il est parti.

 

(L’autre fois ou elle a eu un refus, elle était super fière de me la raconter, c’était un mec qui l’avait trouvée trop mince. Elle s’était senti très Olsen twin et Nicole Richie et elle avait appelé trois copines escortes pour se vanter. Je dis pas que Marissa est saine mais elle est quand même extra, et avec dix kilos de plus ou de moins, who care, elle se pèse jamais et elle découpe toujours l’étiquette avec la taille de ses pantalons imprimée dessus, et elle mange une patisserie par semaine, souvent avec moi, pendant que nous nous échangeons nos revues à potins différentes.)

 

Pas boulimiques, juste cochonnes

novembre 6, 2008

De : Misha

Envoyé : 5 novembre 2008 15:29
À : Mélodie
Objet : Elle m’a montré une photo de son clito

 

Pffff… et je mangerais des chips aux oignons ciboulette ranch, quelque chose dans le genre, miam miam.

 

De: Mélodie

Para: Misha
Enviado: miércoles, 5 de noviembre, 2008 15:34:44
Asunto: En couleur?

 

Non crème glacée. Pas chips. Je pense que je vais aller me chercher de la crème glacée après avoir vu la face de Pauline dehors.

 

De: Misha

Date: mer. 2008-11-05 15:42
À: Mélodie
Objet : Elle m’a montré une photo de son chum qui faisait une overdose

 

Les chips, c’est chaud, croquant et gras, miaaaaaaaaaaaammmmmmmm.

 

De: Mélodie
Para: Misha
Enviado: miércoles, 5 de noviembre, 2008 17:32:39
Asunto: Est-ce qu’il avait l’air mort? Est-ce qu’il avait les mêmes yeux que le weirdo au secondaire qui riait de mon vernis à ongles?

 

Moi aussi je veux des chips maintenant! Vive le croquant!!!

 

Aie as-tu déjà mordu le menton d’un gars?


De: Misha
Para: Mélodie
Enviado: miércoles, 5 de noviembre, 2008 17:37:42

Asunto: J’ai toussoté et j’ai pas regardé la photo

 

Oh ouais, han, c’est épouvantable, je sais même pas comment j’ai pu me retenir en passant devant les tablettes de chips tout à l’heure à la pharmacie. Bon dieu, je sens que je vais manger un ostie de gros panier de nachos sous peu.

 

Le menton? Peut-être en blague, mais rien de marquant. Tu m’intrigues, pourquuuuuuuuuoiiiiiiiiiiiiiiiiii???????????

 

De: Mélodie
Para: Misha
Enviado: miércoles, 5 de noviembre, 2008 19:27:22

Asunto: Alexandre Le Grand m’a acheté de la crème glacée aux biscuits Oréo
 
Un mec au travail avait un chaton qui lui mordillait le menton et il trippait. Quand le chaton est devenu chat, il le faisait saigner en le mordillant, alors il l’a obligé à cesser ça. Il aimerait que sa blonde lui mordille le menton aussi. Je voulais mordiller le menton d’Alexandre Le Grand pour voir comment il réagirait mais j’ai un fou rire rien qu’à y penser alors je laisse faire.


De: Misha
Para: Mélodie
Enviado: miércoles, 5 de noviembre, 2008 20:11:47

Asunto: Combien de fois en une semaine Obama baise avec Michelle?

 

AHAHAHAHAH!!!!! J’imagine! Moi aussi, vouloir essayer de mordre le menton de Ceasar  en voulant être sérieuse, je pense pas que je pourrais, surtout maintenant que tu m’as dit ça! Ahahahah!

 

Et elle ne le dit pas, mais je sais qu’elle se touche en s’imaginant avec un Jamie Oliver végé

octobre 26, 2008

Sarah Lee, c’est ma copine qui se rapproche plus de la position de future maître du monde, elle fait tout bien, elle fait tout point, bientôt une maîtrise, encore au travail avec double tâche de psychologue-intervieweuse auprès des collègues qu’elle aime bien, cuisinière attitrée, collectionneuse de livres d’enfants à donner aux rejetons de ses copines, voyageuse et artiste fuckée multi-disciples. Elle m’a écrit sa première fois, à partager avec vous, les chéris, soyez reconnaissants, elle est trop divertissante. Craquez comme moi.

 

« C’est le principe du prototype. 

Quand j’ai cousu la poupée rock star, j’avais pas beaucoup du tissus qui allait servir à fabriquer les baskets, alors j’ai fait des prototypes dans du tissus laid. 

Une espèce d’obsession de faire de provisions, de garder le meilleur pour la fin, de  ne pas dilapider. 

Alors, ma première fois, c’était un prototype. Je voulais que ça soit fait avec des vieilles guenilles. 

Au cas où ça serait tragique, sanglant, ou humiliant ou whatever, comme tu dirais. 

Je voulais pas être humiliée/en sang devant quelqu’un de vrai, de la vraie étoffe. 

– C’était une erreur, je pense. Tu vois, Xavier a saigné une grande flaque dans mon lit, et il ne s’en est jamais ressenti: il trouve ça drôle, il n’a pas été humilié, je l’aimais quand même. – 

Alors donc, un prototype. Rencontré un soir de février au Second Cup rue Saint-Denis, connu déjà de réputation. 

Un type de la faction gothique, un peu paumé, et qui couchait avec toutes les hippies du Plateau. Il avait toujours sur lui un calepin noir avec juste des numéros de filles, dedans.

Je m’étais dit, dans la logique, du prototype, que si c’était raté raté raté, de toute façon il en baisait tellement qu’il s’en rappellerait pas. 

Toujours dans la logique du prototype, j’avais décidé de ne pas perdre du vrai temps (en italiques, si j’en avais sur mon clavier) à perdre ma virginité avec un vieux matou de ruelle, j’avais décidé de sécher l’activité neige et de faire ça, donc, un mercredi matin. 

Je suis donc arrivé, un mercredi matin de février, à 10h dans un 1 et demi miteux du Centre-Sud  (c’est fou: je ne me rappelle pas de la rue…) et m’attendait là le vieux bum dans une robe de chambre sale, entrouverte, et une haleine du matin dégueulasse, aussi. 

Il avait compris le concept du prototype, c’était parfaitement sans ambiguïté.

Il n’y a pas eu de sang. Pas du mien, en tous cas. Il y avait sur les draps (sales et élimés) une vieille tache, de vieux sang menstruel d’une hippie du Plateau, probablement. 

Quand je suis rentrée, ça je te l’ai déjà raconté, il y avait une panne dans le métro, quelqu’un qui s’était tué ou qui avait tenté de. Dans mon obsession de la perfection déjà taille adulte, j’ai couché avec lui pendant quelques mois. C’était la misère, il avait pas le téléphone, on se crevait la faim; je vidais le frigo de la banlieue pour nourrir les pauvres du métro Frontenac. Il écrivait de la mauvaise poésie, je me souviens d’un truc qui commençait par: Comme un chat qui feule.

J’ai jamais compris comment il réussissait à entretenir cette réputation de baiseur extra, mais c’est peut-être parce qu’étant cantonné à son rôle de prototype, il ne se sentait pas l’obligation de prouver quoi que ce soit. Des fois j’arrivais chez lui, je cognais dans la fenêtre de son sous-sol crade et avant de me faire entrer, il laissait partir quelque hippie l’air assez repu.

Le punch de l’histoire, c’est que trois ans après que le prototype ait été achevé, il m’a appelé, un jour.

– T’as ouvert le calepin et t’es tombé sur ma page?

– Ouais.

J’y suis allée. Je venais je pense de vivre une défaite cuisante et je voulais refaire mes armes. C’était pas mieux qu’au temps où je séchais les activités neige, et je suis partie au beau milieu de la nuit, guérie et cynique, et je lui ai dit de rayer mon nom dans le calepin. »

 

 

Mais la première fois que j’ai vraiment aimé ça, c’était pendant Orange Mécanique

octobre 23, 2008

 

Musique : Lady Gaga, Beautiful, Dirty, Rich

Boucles d’oreilles : Sandrine Devost, Mademoiselle

Lecture : Cecily Von Ziegesar, It Girl

 

Il a plein de premières fois cutes, et pas juste dans les films ou dans les livres. Moi, à chaque fois qu’une fille me raconte qu’elle n’a pas eu mal du tout, qu’elle a quasi aimé ça, que son mec, même si inexpérimenté, était doux et expert dans l’art d’enfiler le condom en deux secondes sans débander, je trouve ça franchement douteux, et envieux. Je préfère les histoires sanglantes, le mec chiant qui voulait dès la première fois deux filles en même temps, le mec qui a eu mal au prépuce pendant deux jours ou la fille qui s’est faite éclater l’hymen sur la selle d’un cheval, à douze ans.

 

Ma première fois était à chier, j’ai demandé au mec de cesser de me pénétrer après moins d’une minute, je suis prête à parier (1000 dollars et plus). Et c’était moi qui voulait tellement plus que lui. Je sortais avec lui que pour en finir, que pour enfin sentir c’était quoi, faire l’amour. J’avais écrit dans mon journal intime, à neuf ans, que j’avais hâte de savoir c’était quoi. Trois mois après qu’il m’ait baiser, je cassais, au téléphone, comme une chienne, alors qu’il venait tout juste de fumer un joint, entouré de ses amis, dans un parc à Pointe-aux-Trembles. J’avais quand même passé de bons moments avec lui, genre regarder la taille de seins de sa sœur, affichée dans les soutifs qu’elle laissait traîner partout dans le sous-sol familial, genre me faire voir toute nue par son frère jumeau, qui a vargeait dans la porte de la chambre, jusqu’à ce que la commode, placéejudicieusement devant la porte, décolle contre le mur (c’est souvent arrivée, ça, avec d’autres mecs, me faire voir par leur frère, pendant que je suçais, encore habillée, ou pendant que j’étais à quatre pattes, le visage étouffé dans un oreiller, pas ma faute, j’ai jamais cherché cette attention, vraiment). Et comme autre bon moment partagé avec lui, la première fois de Misha.

 

J’étais frustrée contre mes parents. Je les avais pas suivi au chalet, dans les Laurentides. J’avais rempli un sac du dernier cd d’Alanis Morissette, d’une paire de jeans, de deux culottes, et d’un pyjama. Nous nous étions retrouvés quatre adolescents, chez Janvier, le copain de Misha. Ils avaient bu de la Labatt, sauf moi, because l’odeur de la bière me faisait vomir. Après avoir écouté Nightmare on Elm Street, je m’étais éclipsée avec mon mec dans une autre pièce et je le suçais quand Misha avait fait éruption, j’étais super gênée, je portais une culotte vraiment laide, et elle avait demandé à me parler, l’urgence et l’alcool dans la voix.

 

Elle m’avait dit qu’elle ne savait pas, qu’elle n’était pas sûre, mais qu’elle croyait que Janvier venait de la baiser, dans les douches. Elle n’était pas sûre parce qu’elle n’avait pas eu mal, et qu’elle était si saoule qu’il aurait pu juste la frôler avec son doigt, peut-être, et elle se sentait super mal, de pas savoir si elle vierge ou plus vierge, elle voulait pas demander à Janvier. Je l’ai trouvé super cute à ce moment-là, et peut-être que si j’avais été soûle à ce moment-là moi aussi, j’aurais bien voulu lui rentrer mon poing dans la chatte, juste pour s’amuser et pour voir si j’aurais des bouts d’hymen sous les ongles.

 

Finalement, après trois mois, je cassais avec mon mec, après quatre mois, elle cassait avec le sien et elle apprenait, deux ans après, que Janvier était putain de gai.

Et celui qui me demandait d’imiter un chat furieux?

octobre 23, 2008

Musique : Kelis, Keep it down

Crème glacée : Rocky Road de Haagen-Dazs

 

 « I”ll tell you this: I’ve learned my tricks. I know what I like. I do not wait around. I initiate. And I’m not all about frequency. I favour intensity. There have been some men in my life who have been wickedly sexy and have taught me much about sexual pleasure. There are a few men I should thank, and others I need to forget. »

 

Halle Berry, Esquire

 

Quand je suis tombée sur cette citation de Halle Berry, ex Bond girl mais toujours Bombe girl, ça m’a fait sourire. Je me suis demandée qui j’aurais à remercier, ou qui j’aurais à oublier. Sauf que j’ai tellement déjà une mémoire sélective performante que ceux que j’avais à oublier, je les ai déjà oublié depuis une éternité. Sauf que, sauf que, j’ai médité trente minutes, à boire du thé Potion Beauté de Thérapy avec Marissa, et ça m’est revenu.

Marissa a dit qu’une de ses pires expériences, c’était avec un arabe, arrivé tout juste alors qu’elle venait de se faire baiser huit fois, bang bang bang en ligne. Il était dix-sept heures trente, elle devait terminer à dix-sept heures, mais elle l’a accepté quand même, dans l’appartement ou elle reçoit des clients trois fois par semaine, environ. L’arabe la voulait pour une heure. Elle a dit juste une demie-heure, je suis trop exhausted. Il était super fru, tellement fru qu’il ne bandait pas. Il a commencé à l’insulter, à lui dire qu’il avait demandé à son imam la permission d’aller voir une escorte, il était genre pardonné pour ses péchés de toute une journée, et c’était la première fois qu’il demandait une telle permission.

 

Et elle a dit qu’elle déteste les mecs qui restent trop longtemps, qui dépassent l’heure, qui la gêne, elle ne dit jamais il est tard, tu devrais partir, j’attends quelqu’un d’autre, mais putain, ça rogne sur son temps de douche et de remaquillage. Elle n’aime pas aussi les mecs trop exigeants, genre qui la prennent pour une reine porno, juste parce qu’elle est payée pour se faire mettre. Il y a une semaine, elle a eu un monsieur Muscles qui ne comprenait pas qu’elle n’était pas trop énergique, après une heure en cow-girl. Il lui disait ça fait une heure que tu as commencé, what the fuck, tu peux pas être fatiguée, c’est un bon exercice en plus. Mais elle déteste être en cow-girl et ses jambes étaient crissement fatiguées.

 

Elle tient à dire qu’elle veut pas avoir l’air chiante, quatre-vingt dix pour cent des mecs elle les adore, elle les sucerait gratis si ça rendait pas les autres filles de son agence furax. Elle aime beaucoup un marin à grosse graine, qu’elle voit à chaque deux-trois mois, qui lui a ramené un bibiki made in Brésil et qui aime tellement ses seins, il lui répète tout le temps de jamais les faire grossir, qu’elle s’est mise à les trouver sexy, ses seins taille 32A. Elle tripe aussi sur un avocat d’origine suisse, il se coke tellement qu’une fois sur deux il ne la baise pas, il fait juste parler non stop. Il lui a avoué qu’il avait déjà joué à la pute lui aussi, pendant un long weekend avec une très belle femme d’âge mûre. Elle se permet de déconner avec lui et va parfois le voir, il a un appart dans le Vieux-Montréal, plein de tableaux de Claude Montoya, pour écouter des vieux films français. Mais surtout elle dit que comme escorte, elle doit l’appel de sa vocation spéciale à Evelyn Lau, une auteure canadienne qui explique dans ses livres, dix ans avant Arcan, ce qu’est la prostitution, ce que sont les choix que ça implique, les autres filles, les jalousies, les envies d’autres choses, et le plaisir, aussi, bien plus fréquent que le dossier spécial prostitution de La Presse le laissait croire, il y a une ou deux semaines.

 

Moi, en littérature, mes remerciements reviennent à Philippe Djian, le seul mec qui réussit à me donner la patience de me faire jouir avec les doigts. Et c’est pas pour le flatter, mais mon Alexandre La Graine, c’est le meilleur, je sais pas si c’est parce qu’il s’est tapé un million de filles avant moi, mais il est trop, il m’a appris ce que j’aimais vraiment, il répond à toutes mes suppliques, et le bruit de mon vibrateur le dérange jamais.

 

Et même si je lui ai déjà raconté cent fois, Marissa a trouvé amusant que je lui rappelle un de mes mecs à oublier : un weirdo qui s’était déjà fait jouir dans une Bible et qui m’avait fait un masque de sperme, sans me dire, après, que ça séchait drôlement pas fashion sur mon visage. Résultat : je suis allée à mon cours de littérature nordique avec du sperme en croûtes sur le visage, vraiment pas subtil, je m’en suis rendue compte seulement à la pause, devant le miroir des toilettes pour dames. Sinon, je comprends pas encore le mec rencontré dans un Café Dépôt, qui voulait que je le suce, avant qu’il ne me pénètre, mais zéro léchouille pour moi, et en plus, il avait barré sa porte de chambre et il avait deux amis qui écoutaient de la porno dans la pièce d’à-côté (de la porno laide, des années 80 genre, avec des murs vides et pastels, et une fille à la perruque blonde et frisée qui couinait comme une conne en se faisaint bourrer la chatte).

 

Quand Marissa est repartie chez elle, j’ai questionné Alexandre Le Grand. Il savait pas trop. Il disait que toutes ses expériences étaient extras. Il a niaisé en disant souhaiter remercier le livre de cuisine qui lui a permis de concocter le meilleur cassoulet du monde, mets qui attirait les étudiantes en sciences infirmières jusqu’à chez lui, alors qu’il étudiait à l’Université de Laval à Québec. Et à oublier, son ex-femme qui voyait le sexe comme une récompense, qui le menaçait de pas avoir son bonbon s’il faisait pas ça, s’il disait pas ça, s’il lui reprochait ça ou s’il n’était pas d’accord avec elle sur le fait que Dr Phill était la personne la plus intelligente des Etats-Unis.

 

Et pour finir, j’ai reçu un courriel hillarant de ma Misha qui me confesse ses aventures réjouissantes et préoccupantes :

 

« Je pourrais dire merci à celui qui se frottait sur ma cuisse comme un chien pour m’avoir fait comprendre que l’humour ne peut pas toujours pallier à des pratiques sexuelles déviantes (et pour m’avoir ouvert les yeux sur ce qu’était réellement une pratique sexuelle déviante). Je pourrais remercier celui avec qui je dors maintenant qui est tellement fait pour moi, même s’il me fait un peu flipper quand il se met des brassières sur la tête pour mesurer les bonnets (ah non, c’est vrai, c’est moi qui fait ça. Merde). Je pourrais aussi dire merci à mon grand amour de jeunesse parce que grâce à lui, j’ai appris qu’il y a des choses pires dans la vie que de soudainement péter devant son chum : que son chum avoue que ça l’exciterait plus que tout de nous péter dans la face (ça, c’est une autre déviance pour laquelle l’humour ne rien faire). Pour toujours, je remercierai celui qui m’avait écrit que j’étais belle (belle comme dans « belle personne », grosse boule de lumière qui illumine assez pour faire cuire une grosse batche de biscuits), cinq ans trop tard. Merci à Jean Guilda grâce à qui j’ai compris qu’avec un minimum d’efforts, n’importe qui peut avoir l’air d’une belle femme. »

 

(Je l’ai questionné sur quel mec voulait qu’elle lui pète dans la face et elle ne m’a pas répondu, la salope, mais sans joke faut être ouvert et se dire qu’il y a des fétichistes weirds dans le monde, mais tout de même, super sympa, leur vision de l’érotisme.)

« Et franchement, je suis incapable d’oublier les mecs, et je ne voudrais pas non plus. Sauf peut-être pour cet Indien qui ressemblait étrangement à mon meilleur ami. En plus d’avoir l’inquiétante impression d’être incestueuse en couchant avec lui, je n’ai pas du tout apprécié l’usage qu’il a fait de la livre de beurre qui traînait à côté de sa débilité de pump my cock sur la table de chevet de son appartement crade. Lui, des fois, je l’oublie. Puis, quand je vais à la Compagnie de Bombay et que je vois des pieds de lampes dangereusement inclinés, je pense à lui. »

 

Toujours traîner sur soi un ruban à mesurer

octobre 20, 2008

Émission de télé : Loft Story en reprise

Couleur de vernis: Sheer Pink (très Upper East Side)

 

Il y a quelques jours, c’était la fête de Sarah Lee. Je suis arrivée super tard au resto parce que je travaillais jusqu’à dix heures et quart, je suis arrivée en stilettos trop grands, les pieds souffrants, à traverser le marché Jean-Talon comme une voleuse de tomates, à pas savoir ou la putain de rue Casgrain est. Après avoir avalé trois méga verres de vin blanc australien, admiré des Puma verts achetés cinq dollars par Sarah Lee, discuté de Jane Birkin, de voleurs d’auto, d’institut maritime et de boule chinoises, je suis repartie chez moi en taxi, hyper éveillée et hyper fatiguée all at once.

 

Mon mec Alexandre Le Grand écoutait Letters from Iwo Jima. Je me suis déshabillée super vite, me sentant mieux sans rien sauf mon faux bronzage en spray, qu’en skinny jeans noirs Guess. J’ai parlé à l’homme de ma vie du chat de Sarah Lee, que j’aime trop violemment pour lui. Je me suis demandée si les amis de Sarah Lee m’avaient prise pour une petite bitch prétentieuse, because j’avais trop parlé longuement de la fête que j’organisais pour Paprika, ma chatte chérie.

 

(Je lui ai déjà acheté un cadeau: un superbe tutu rose acheté sur etsy.com, agrémenté de petites roses surpiquées. Elle va être trop chou, le temps de quelques photos. J’ai pas ma carte PETA ou Greenpeace ou whatever, mais je suis pas sadique, quand même. L’an dernier, je lui avais offert un collier rose avec de faux diamants et elle en avait mangé le trois quart,à s’en étouffer, la salope. Et elle avait reçu des milliers de petites boites de nourriture molle des invités chéris. Et des souris en tissu, toutes perdues maintenant sous le réfrégirateur.)

 

J’ai suivi Alexandre Le Grand au lit, stressée parce que j’avais genre seulement cinq heures de sommeil devant moi (tout le monde le sait, un beauty sleep nécessite au moins sept heures trente de sommeil). Je me suis collée contre lui, il était tout chaud, on a parlé de sa petite fille, de notre voyage bientôt, des valises à faire avant le prochain week-end, de sa mère, de chicanes de testament, de la définition du mot usufruit. Pas très sexy tout ça, mais Alexandre Le Grand est Alexandre Le Grand, et Mélodie Nelson est euh moi, alors nous nous sommes amusés, même avec les yeux tout petits de sommeil et le corps engourdis par les verres de vin blanc, et la bière étrangère. Il a demandé mon cul et oh my god, j’ai pas encore vraiment décidé de ce que je me permettais d’écrire ici, mais j’ai refusé, parce qu’il était tard, et que je voulais pas trop avoir mal. Parce que vraiment, pour la sodomie, quand est-ce que la bite est trop grosse, quand est-ce que ça commence à être trop gros pour gémir en trente secondes? Et quoi faire avec la bite trop grosse sans y risquer son prépuce ou son anus?

 

(Marissa, une gorgeous copine escorte, a à chaque deux semaines le même client, Simenon. Même s’il est super gentil et qu’il lui laisse plein d’argent en extra, elle se force à sourire quand elle le voit, parce qu’elle sait que le reste de la journée va être difficile après le passage de la plus-que-méga-grosse bite. Quand elle le suce, elle est capable d’écorcher que deux centimètres de peau, parce qu’il faudrait qu’elle s’ouvre au couteau la bouche jusqu’à ses joues pour goûter plus à sa bite. Et quand il la pénètre, le condom, trop petit, éclate et Marissa saigne de la chatte un petit peu, ce qui est très gênant pour les autres clients. À l’école secondaire, je me souviens d’un mec, un an plus vieux que moi, qui redoutait de dévierger sa blonde parce qu’il savait que ce serait un massacre, une mauvaise première fois qu’elle raconterait pendant des siècles à ses copines. Et moi, pour vrai, n’importe quelle bite est trop grosse pour mon cul, à part celle d’un asiatique qui en a une de deux centimètres et demi bandé (du déjà vu, promis-juré-craché). )

 

(Mais c’est bien, la sodomie, en tout cas, après deux-trois minutes, c’est bien, très bien, sinon, si je m’en tiens juste aux premières minutes, c’est du stress, et un tiraillement, un écartement douloureux. Ce qui fait chier dans la sodomie (à part la grosseur des queues), c’est qu’en lisant Cosmopolitan ou Adorable, j’ai l’impression que toutes les filles qui ont quatorze ans et plus le font avec joie, attendrissement, excitation, et avec un cul propre. Dans Adorable, même s’il parle de désagréments de l’after-sodomie, ça dit qu’avec des bisous dans le cou, du lubrifiant et une grande respiration, c’est impossible d’avoir mal et de pas toujours, toujours, demander ça à son mec, après l’avoir essayé une fois.)

 

Le lendemain du souper de fête de Sarah Lee, je revoyais des amies du secondaire, Misha, Justine et Amandine, pour manger des tapas au resto Dans la bouche, renverser des kir sur des Repentignois et boire trop de vin blanc. Pas qu’il me faut trop de vin blanc pour parler de sodomie avec des copines (déjà dans le taxi j’en parlais avec Misha), mais ça aide. Misha avait l’air super ouverte à l’idée, mais elle se demandait ce qui excitait vraiment les mecs dans cette pratique sexuelle. Je disais l’interdit, le fait que ce soit super serré, et si tu tripes caca mais pas poire à lavement, c’est le top. Justine, qui capotait dès que j’ai commencé à traiter Amandine de salope (un mot doux pour moi, qui sonne très très bien depuis qu’Alexandre Le Grand me surnomme comme ça) au téléphone parce qu’elle était en retard et que j’ai sacré (je prends trop plaisir à dire crissement et câlisse, c’est un vilain défaut, mais je suis pardonnée parce que je le dis d’une manière convaincue et sexy habitante), a comme fait une drôle de face et dit que jamais, jamais, jamais, ça lui arriverait, de se retrouver avec une queue entre les fesses, que même une queue proche de ses fesses, elle refuse et capote. Je me suis sentie super heureuse de savoir que mes amies étaient pas toutes des pétasses qui lisent Adorable en jouant avec leur anneau dans le nombril. Mais bon, faut aussi s’ouvrir un peu plus parfois (pour bien s’ouvrir avant la sodomie, demander bisous dans le cou, crachat entre les fesses, lubrifiant et grande respiration).

 

De retour chez moi, après avoir fait promettre à Amandine de se revoir bientôt pour déjeûner, et avoir fait bien peur au chauffeur de taxi qui pensait que j’allais être malade (je ne suis jamais malade, à part le jour du Nouvel An), j’ai gueulé comme une folle à Alexandre Le Grand que j’avais passé une soirée trop cool et je lui ai montré des photos de moi en train de frencher une vitrine de pâtisserie sur Mont-Royal (la vitrine était trop tentante et Amandine disait que c’était à cet endroit-là qu’il y avait les meilleurs macarons au monde). Il m’a forcé à aller me coucher, et nous nous sommes bien endormis, le contenu de ma sacoche répandu dans le corridor, mes collants lilas dans la salle-de-bains, mon maquillage bien appliqué sur l’oreiller, et ma main dans la main d’Alexandre Le Grand.

 

Alexandre Le Grand, même s’il adore la sodomie, a une morale bien importante : il dit que jamais faut enculer une fille trop saoule. Je trouve ça merveilleux d’être avec quelqu’un qui a une éthique de la baise.

 

Bisous dans le cou à tout le monde. Je suis Mélodie Nelson, j’ai un égo over the top souvent, mais j’ai aussi un mec plus tentant que tous les macarons du monde.