Archive for the ‘copines extras’ Category

20 choses que je souhaite à toutes les girls

mars 8, 2009

Breuvage : bière Vieille Provision, Saison Dupont

 

Musique : Pussycat Dolls, When I grow up

 

 

1. De se sentir merveillement biens à chaque bouchée de gâteau Suicide au Chocolat. Jamais coupable. Le chocolat c’est plein d’antioxidants et de trucs sympas comme le sucre. Le sucre c’est hot, sauf avant d’aller se coucher.

 

2. D’avoir des copines extras et assez honnêtes pour dire que telle robe essayée chez Guess est à chier sur son corps en forme de poire, mais que tel top est obligatoirement à acheter, même si ça signifie une dette d’études pas réglée ou un loyer payé en retard.

 

3. D’avoir un système d’éclairage high tech et flatteur dans la salle de bain. D’avoir un pole de danseuses nues dans la salle de bain, comme Kate Hudson. D’avoir du bain moussant Belle Pella, toujours en réserve.

 

4. De ne pas être victimes de maux de tête trop puissants après de folles soirées au champagne, ou à la bière en fut. De toujours se faire offrir du champagne. Ou du mousseux rose. C’est beau, le mousseux rose. Et la barbe-à-papa aussi c’est beau. Mais ça écoeure plus vite que le mousseux rose.

 

5. D’avoir des copines extras qui se collent pas contre le mec des autres, des copines à qui elles peuvent tout confier, sans avoir peur de se retrouver dévoilées dans un blogue (moi je demande toujours la permission, parfois après, mais euh, je demande). Des copines extras qui leur disent avec délicatesse qu’elles ont vu leur mec se faire frotter le cul par une pétasse, ou des copines extras qui leur disent avec joie que leur mec les regarde avec adoration, même quand ça fait deux fois en deux minutes qu’elles se renversent des croustilles au bacon en plein dans le décolleté.

 

6. De pouvoir lire de la chick lit sans se sentir obligées de cacher le cover du livre. De lire aussi Tolstoi. Parce que Tolstoi est hot. De lire Djian parce qu’il est mouillant. Et Bukowski parce que Bukowski est un homme à marier (une fois au Paradis, sadly).

 

7. D’être heureuses même sans sushis à tous les midis.

 

8. De pas avoir besoin de chirurgies esthétiques pour être very pretty. Ou d’avoir assez d’argent pour se payer un tas de chirurgies esthétiquement essentielles (je veux une bouche pulpeuse! je veux une bouche pulpeuse!).

 

9. D’utiliser un auto-bronzant ou du spray-tan pour avoir un teint de Caraïbes star. Ne pas être addicts aux salons de bronzage: le cancer c’est pas sexy, le vieillissement précoce de la peau non plus. Et le teint orange-orange, ça appartient aux agrumes. Faut pas oublier que le teint aristo-Blanche-Neige, c’est aussi très seyant.

 

10. D’avoir une maman qui leur a appris à cuisiner des plats exquis. Ou un mec qui cuisine depuis l’âge de dix ans, et qui aime ça, et qui fait des trucs bien gras, ou bien étranges, comme de la cervelle, le jour de l’Halloween.

 

11. De toujours avoir une réserve de jujubes saveur framboises suédoises, ou des réglisses à l’anis, ou des suçons Chupa Chups, en cas de cafard soudain, ou de besoins phalliques immédiats.

 

12. De savoir qu’un trip à trois avec deux personnes que vous adorez, ce sera dans 85 pour cent des cas une mauvaise idée très gênante le lendemain, ou même cinq minutes trente exactement après une pipe, une sodomie et dix mille frenchs alcoolisés.

 

13. D’avoir les aisselles toujours rasées, les jambes adoucies au beurre corporel à la poire enchantée, et des culottes mignonnes, si, par malheur, elles rencontrent un docteur ou un infirmier ou un chirurgien esthétique (le rêve! je veux une bouche pulpeuse!), après s’être écrasée la face contre un arbre en skiant, après s’être rentrée un tube de mascara dans l’oeil, ou après s’être étouffée avec un bout de cervelle, le jour de l’Halloween.

 

14. D’avoir le talent de manger un cheeseburger sans tacher de ketchup sa blouse Marciano à 150 dollars et ses jeans Seven. Et me dire absolument le secret, please. Je suis capable d’être élégante quand je marche comme une salope et quand je suce, mais quand je mange, no way.

 

15. D’être amoureuses d’un mec en qui elles ont assez confiance pour le laisser aller dans des bars de danseuses trois fois par semaine, sans penser qu’il va mordre les têtons d’une autre fille qu’elles. Ou d’être amoureuses d’une autre pétasse, qui aura jamais l’haleine d’une chatte étrangère.

 

16. De lire un Cosmopolitan en s’en fouettant de pas se sentir concernées par leur article mensuel sur le Point G. Man j’adore mes orgasmes clitoridiens. Mon Point G peut bien rester non découvert. I don’t care.

 

17. De pas avoir envie de pipi à chaque trente minutes. Moi j’ai une vessie aussi petite qu’une tête de souris. C’est l’enfer.

 

18. De vivre jusqu’à cent ans entourées de chevaux, de chiens, de chats, de canaris, de livres et d’arc-en-ciel. Et de vibros. Et de gâteaux Suicide au Chocolat. Et de cheeseburgers.

 

19. De connaître un bon nettoyeur à sec.

 

20. D’avoir des vêtements dans lesquels elles se sentent absolument gorgeous. Mais aussi, de se sentir toujours gorgeous, habillées ou pas, singles ou pas, enceintes de dix mois ou pas, en écoutant les Pussycat Dolls ou Radiohead.

 

La vie est belle, vous êtes belles, mangez des abricots séchés en pensant à moi, et de la barbe-à-papa, vernissez-vous les orteils en dépassant sur la peau, whatever, je vous adore et je vous embrasse tendrement, vraiment.

J’accepte plus menottes et taux d’alcool dans le sang trop élevé

février 28, 2009

                         melodie nelson

lecture: Christian Marmonnier, L’Histoire du Sex Toy

boisson: eau Aquafina saveur grenade et cerise

Je suis devant un burger végé au fromage de chèvre, champignons portobello et tomates, et Betty, et Sadek, et Angelina, et à côté de mon Alexandre Le Grand, qui termine un verre de vin rouge et promet de quitter après, pour nous laisser entre filles, et pour écouter There will be blood à la maison.

Alexandre Le Grand montre la clé qu’il a au cou et demande aux autres de deviner ce qu’elle ouvre. Personne devine que c’est la clé de menottes, de vraies menottes achetées dans un surplus de l’armée, que nous n’avons pas utilisé depuis un siècle.

Betty et moi nous buvons un martini aux bleuets, et Angelina, un virgin martini aux bleuets. Elle est enceinte depuis environ deux-trois mois, mais je suis plus grosse qu’elle à cause de tous les méga burgers que je bouffe. Betty dit qu’elle est on an eternal diet, et moi je dis oh je voudrais être anorexique pour un weekend, c’est tout.

Betty a les cheveux défrisés, ils sont tellement brillants et doux et épais et ça lui donne un air de geisha. Elle dit j’ai donné à Édouard l’adresse de ton blogue, il se demande quel surnom tu lui donneras. Édouard est un mec qu’elle a rencontré au travail, elle sortait vite vite de l’avion, habillée tout croche, les cheveux attachés, en désordre et elle voit un mec qui attend un taxi, comme elle, un mec super élégant en veston, pantalon bien repassé et qui a un air sûr de lui, elle l’a trouvé super sexy, mais comme elle se trouvait à chier, elle n’est pas allée vers lui. Le lendemain, elle rencontrait des personnes dans le cadre de son travail, et il était là, encore super élégant en veston-cravate-pantalon-de-designer-repassé. Ils sont devenus amis et ils aiment bien se retrouver, pour parler, un peu, et regarder la couleur des yeux de l’autre, beaucoup. Il est marié depuis 25 ans et il a toujours été fidèle, elle, elle est avec Sadek, et avant lui, il y a toujours eu quelqu’un d’autre. Ils sont amis comme Betty est ami avec tout le monde qu’elle croise.

Sadek n’aime pas quand elle parle d’autres mecs, même si lui peut parler de rouquines, de geishas, de sexy waitress. Il a dit allez on va danser, je ne veux pas entendre tes histoires de cul. Angelina et moi on rit, Betty s’offusque,je n’ai jamais couché avec lui, c’est vrai!

Je danse avec un black, putain que les blacks sont sexy, je sais pas depuis quand je trouve ça, depuis que jécoute The Wire à tous les soirs, ou depuis que Chloé raconte que Marlon il est trop top dans tout machin-machin. Je veux dire, elle s’y connaît Chloé: quand tu kidnappes et séquestres un mec, faut qu’il soit ubertout. Nous dansons et avalons des kilos d’eau et suçons un suçon, jusqu’à ce que Sadek réclame une pipe et que Betty décide que le d.j. est trop nul parce qu’il ne joue pas notre seul request de la soirée, She’s not me, de Madonna. 

Betty me reconduit à la maison, et Sadek léche son oreille en lui disant qu’elle est exceptionnelle. Betty dit faut aller à Vegas avec Angelina un jour, et magasiner les soldes avec elle aussi, tu as vu son manteau, 35 dollars chez Zara, j’aurais dormi dessus tellement il a l’air doux et luxueux. Je monte vite vite pour rejoindre Alexandre Le Grand devant There will be blood, je suis pas fatiguée, pas saoule, je m’imagine à quatre pattes pendant deux heures, à le sucer, à lui demander la fessée, à me faire agasser jusqu’à ce qu’il me tire les cheveux et vienne dans ma chatte. Alexandre Le Grand a l’air d’avoir un peu trop bu, et il est distrait, devant l’écran, à terminer le cidre qu’il a acheté pour la Chandeleur. Je me déshabille devant lui, lentement, je retire mes collants vert néon, ma pencil skirt, mon chemisier mauve et mon soutif qui me ramène les seins hauts et collés-collés. Je vais voir mes courriels et je dis je t’attends au lit. J’ai le temps d’avoir mal aux jambes tellement je les raidis quand je jouis grâce à mon vibro trois-quatre fois (j’ai acheté des piles il y a deux jours au dépanneur, avec de la bière pour Alexandre Le Grand et de la nourriture molle pour Paprikalicious) avant que mon mec se brosse les dents, fasse pipi et saute au lit avec moi.

Il me demande de le sucer et il dit des conneries, complétement saoul, il parle des seins d’Angelina, des cheveux de Betty, il dit tu vas être belle enceinte, j’aime que tu sois plus ronde, et il pince mon ventre et je lui lèche les couilles. Je m’asseois sur lui deux minutes, et après il dit je veux ta bouche. Il essuie un peu  ma mouille sur sa bite et je le mets profond entre mes lèvres. Il prend les menottes, essaie de me les rentrer dans le cul, je soupire, arrête, je veux pas, ça pourrait être coupant, et il recommence, et finalement, il m’attache les chevilles. Je goûte son sperme dans ma bouche, il m’embrasse et me souhaite bonne nuit, sans déverouiller les menottes.  Je trouve les clés, je me contorsionne pendant cinq minutes et je réussis à insérer la clé dans les menottes. Je m’endors, assurée de pas avoir de marques rouges atroces autour des chevilles au réveil. Thank God.

Jeudi de Sex Addicts

février 26, 2009

 

Poire de lavement et visite surprise

J’appelle sick au travail, jeudi, je voulais m’avancer pour un devoir, écrire trois-quatre entrées de blogues pour vous les chéris et aussi, dormir jusqu’à dix heures et me réveiller en me faisant jouir sous les draps. Je constate plutôt la perte de mes notes de cours, fuckity fuck et je lis un livre d’entretiens de Catherine Breillat, je l’adore trop, quand elle parle d’elle, à quatorze ans, qui se faisait barricader chez elle, pour protéger sa virginité des mecs de quarante ans qui la cruisait, elle et ses gros seins. Je parle aussi à Joshua Lupin pendant quarante-huit minutes exactement au téléphone, de littérature malsaine (je suis naturellement malsaine et c’est pas tout le monde qui aime, oh well, tant pis), de poire de lavement et de divorce.

Je raccroche, je me dis faudrait que je fasse la vaisselle, mais Alexandre Le Grand arrive, comme surprise d’après-midi, et il me lèche même si je ne me suis pas rasée depuis deux jours –gasp-. Il me lèche et il me dit qu’il veut me défoncer, qu’il en a trop envie, il me montre sa bite, je lui dis que ça m’excite de le voir bandé comme ça, il se crosse en jouant avec mon clito à l’aide de son autre main, et je demande sa langue, et qu’il me baise avec ses doigts. Je joui et je veux le sentir tout de suite en moi, il écarte mes jambes encore plus, vient en moi, il me mord l’épaule et écrase mes seins, et au moment de jouir, il prend la cravache sous son oreiller et il me l’a colle au cou. Étranglée, je joui une autre fois. Et il part, rejoindre un ami dans un bar, avec l’odeur de ma chatte partout sur lui.

Dans la douche, je me lave au savon watermelon de Bella Pella, je rase mes jambes et mes aisselles, et après je m’habille d’un chandail fushia avec des imprimés de cœurs noirs et dorés et je fouille dans ma garde-robe pour trouver une paire de souliers qui seraient extra avec le chandail fushia. Betty sonne à la porte, je m’excuse trois fois de mon retard, je lui demande conseil pour les souliers. Son nouveau rouge à lèvres Dior m’étourdit, je l’écoute pas me parler de ses problèmes au boulot ou de son nouveau chat qui ne mange pas sa bonne bouffe bio et qui se cache dans sa garde-robe, je regarde juste sa belle bouche glossée et je veux l’embrasser.

Gregory Charles, Italie et Costco

Chez Vallier, nous nous assoyons au bar, en attendant son amie Persia. Je prends un martini lemoncello, et Betty prend un martini poire-citron mais elle trouve que ça goûte la banane. Quand Persia voit Betty, elle lui dit qu’elle est superbe, qu’elle a l’air en super forme et Betty dit qu’à faire l’amour tous les soirs en position de cow-girl, ça lui donne des cuisses musclées. Persia a pris un martini poire-citron. Elle pointe Gregory Charles et je demande si elle veut prendre une photo avec lui. Elle pouffe de rire et me dit nan, je veux me trouver un joueur du Canadien ! Persia a de très beaux cheveux bouclés, comme Betty, et une sacoche vraiment fashion, achetée lors d’un voyage en Italie. Je sais que je vais bien m’entendre avec elle, car toute personne qui trimballe une sacoche rose et cutie doit absolument être mon amie.

Nous nous installons, à une table qui donne directement devant une fenêtre. C’est la joie parce que les mecs se déplacent devant à la dizaine, et même sous une tuque, nous devinons les beautés à faire mouiller nos culottes. Je dis qu’Alexandre Le Grand va peut-être s’arrêter ici, après, il sortait avec Gérald ce soir, il n’a pas eu de nouvelles de Sadek, est-ce que Sadek va bien ? Betty dit je ne sais pas, il a des problèmes avec son divorce, trop de boulot, et une de ses filles est malade. Je dis c’est tellement difficile d’être avec un mec qui a plus qu’une vie. J’adore les filles d’Alexandre Le Grand, mais parfois, les ex femmes, je les passerais au laser, comme les poils que se fait enlever Betty sur les bras.

Persia nous parle du mec qu’elle fréquente on et off depuis un an. Elle s’est mariée à 25 ans, une journée après que son fiancé lui ai dit j’aime une autre fille. Elle ne s’imaginait pas annuler le mariage, retourner les cadeaux, raconter à ses parents que son mec, le sien depuis presque dix ans, se trouve d’autres filles, parfois. Depuis son divorce, elle est distante, elle fait pas confiance à tout le monde aussi facilement qu’avant, et elle se pose beaucoup de questions sur la notion de couple. Comme genre quand est-ce que deux personnes forment vraiment un couple ? Est-ce à leur première ballade romantico-économique chez Costco ? Ou la première fois qu’ils dorment ensemble, sans baiser, juste dormir, en cuillière ? Ou est-ce au premier je t’aime ? Un je t’aime, c’est parfois trop facile à dire, comme pour Sadek, avec Betty. Ils revenaient de clubber, il lui a sauté dans l’escalier, chez lui, et lui a enfoncé sa bite dans le cul, Betty était surprise, elle a crié de douleur et Sadek s’est excusé en lui disant, pour la première fois, je t’aime, je t’aime, je ne voulais pas te faire mal. Elle a gardé sa bite dans son cul, a supporté la douleur, s’est rentré deux doigts dans la chatte et a joui presque en même temps que lui.

Pétasses à arabes et visite de sites pornos après le boulot

Persia dit oh j’aime tellement les arabes, je voudrais me faire tatouer de l’arabique sur le corps. Elle me montre ses tatous, ils sont superbes, elle a un symbole celtique au bas du dos, au commencement de ses fesses, et une phrase sur le ventre, près du nombril. Je dis oh au premier livre que je publie je vais me faire tatouer dans le cou, comme Victoria Beckham, et après avoir eu un enfant aussi, pour me féliciter d’avoir perdu mes trente livres de grosse femme enceinte. Betty dit wouah, j’ai grossi depuis quelques temps, j’ai des cuisses d’enfer, mais regardez mon ventre, et elle se prend son dix millimètres de gras avec un air de dégoût total. Je dis stop, tu es mince, on parle d’autre chose que de poids, parce que j’ai trop faim et je sais que je vais grossir d’un kilo avec le méga burger que je vais commander.

Persia et Betty demandent un autre martini poire-citron et moi, mon méga burger-frites-salades. Betty nous confie que ces temps-ci, dès qu’elle revient du boulot, elle allume son ordi, va sur un site de vidéos pornos gratuits et se faire jouir deux-trois-fois. Persia rigole et dit oh moi aussi je fais ça, tout le temps. Elles me donnent leurs adresses préférées, même si moi j’ai trop peur des virus. La dernière fois que je suis allée sur un site de cul, tout plein de trucs cochons poppaient de partout, mon fond d’écran est resté marqué à vie: maintenant, sur un fond de forêt enchanteresse, j’ai l’inscription Jasmine loves doggy en rouge, figée dans le gazon. Persia dit oh on est pas chiantes nous les filles, et on a toujours envie, nous sommes vraiment trop parfaites. Betty dit moi j’ai cuisiné pour Sadek et ses filles en fin de semaine. Moi je dis je cuisine pas mais j’oblige à Alexandre Le Grand à se détendre dans un bain moussant, ça compte han, je suis parfaite aussi? Betty rit et elle dit mais faut que tu aies dans le bain avec lui. Je dis nan le bain est trop petit et il lit ses livres informatiques dans le bain, malade han. Betty dit moi parfois j’ose même pas dire que j’ai envie de baiser, parce que c’est pas vrai que tous les mecs veulent toujours baiser, et je veux pas avoir l’air nympho, I just like it too much.

Lady Gaga, Chupa Chups et espoir olympique

Les filles terminent leurs drinks en regardant les mecs qui passent dehors, elles parlent des peintures de Persia, du projet de peindre Betty toute nue, pour une série de portraits à inspiration expressionniste. Je les force à manger des frites trempées dans la mayonnaise et nous partons au Confessionnal, juste à côté. Betty commande pour nous trois des vodka-tonic et le barman se présente encore en m’embrassant sur les joues, hello je m’appelle Benoit, toi c’est quoi. Persia dit il n’y a pas d’alcool dans mon drink, faut vraiment que je sois saoule pour danser, moi. Betty demande du Ne-Yo au d.j. et moi du Lady Gaga. Je deviens folle quand Just dance commence à jouer, je danse style enfant qui a avalé dix millions de skittles et de serpents en jujubes en une demi-heure. Persia est accotée au bar et un mec avec une tuque sur la tête lui parle. Betty tire le bras de Persia pour qu’elle shake ses fesses avec nous. Le barman nous donne des shooters à l’amaretto, nous les avalons vite vite avec un autre mec, super sympa, Rodrigue Leméac.

Je force Betty à s’asseoir comme une cochonne sur une chaise, les jambes bien écartées, et je la prends en photo. Le mec avec la tuque regarde la photo et dit wouhou elle est sexy ton amie. Je parle un peu avec lui, en suçant un Chupa Chups à l’orange. Il me raconte qu’il a cessé de fumer depuis cinq ans, qu’il est un super athlète et qu’il va aller aux Olympiques et gagner une médaille d’or en cyclisme. Je lui demande d’enlever sa tuque, il ne veut pas, alors Betty s’en empare et court vers le fond du bar. Il la rattrape, lui reprend sa tuque et essaie de l’embrasser. Elle se débat, mais il réussit à frencher son front et à lui passer la main sur les fesses. Moi je ris trop parce que je suis saoule de ma vodka-tonic, le seul truc que j’ai mangé de la journée c’est mon méga burger et j’ai déjà tout perdu les calories en sueur.

D’autres mecs viennent nous retrouver, un anglo cute qui ressemble à Michael Pitt circa Last days, les longs cheveux blonds un peu gras et la lèvre boudeuse, nous tend des shooters ananas-vodka. C’est super rafraîchissant, j’adore les ananas, dès que je le vide, il m’en propose un autre, je l’avale, je le remercie et je vais rejoindre Betty et Persia qui dansent super suggestivement, et collée-collée. Persia va à la salle de bains pour texter son mec, elle s’ennuie de lui, elle aurait voulu qu’il lui souhaite une bonne soirée, qu’il lui envoie des bisous par Blackberry genre. Betty veut goûter mon suçon, je lui tends et on  le suce toute les deux. Betty dit c’est vraiment bon, donne-moi ta langue que je vois si tu taste alike. Elle m’embrasse, je sens ses cheveux tout frisés sur mon visage, sa bouche est super douce mais je la repousse, fuck Betty tu vas me mettre ton rouge partout sur le visage, c’est pas correct! Un mec vient la voir, il a l’air d’avoir tout juste dix-huit ans et il dit à Betty, moi tu peux m’embrasser, ça me dérange pas même si tu taches ma chemise. Et Betty se colle à lui et le frenche. Persia sort de la salle de bains, elle dit oh je lui écris, je n’aurais pas dû, faut que je l’oublie pour le reste de la soirée, fuck je me trouve un mec avec qui partir à trois heures du matin. Le barman lui offre un autre shooter à l’amaretto et elle se colle au bar, secoue sa tête pour que tout le monde admire sa crinière de reine italienne et je la prends en photo même si elle déteste être sur des photos.

Threesomes au champagne

 Le français à la tuque revient parler avec nous, il est super marrant, et il nous présente deux de ses amis. Persia dit moi j’aime les arabes, tu ne connais pas un arabe? Il dit non, mais suis-moi dans un autre bar, je te fais boire du champagne toute la nuit et on va peut-être rencontrer un arabe, tu voudrais faire un truc avec moi et l’arabe, je te regarderais le sucer pendant que je te baise par derrière, tu pourrais garder tes bottes, elles te font bien, c’est pas pas grave si elles sont sales, ma femme de ménage lavera les draps. Persia a comme fait oh, je sais pas, je me sens pas super bien, je me lève super tôt demain, je te suis, mais juste pour un verre de champagne, après je pars chez moi et on se reverra une autre fois, ce week-end peut-être, avec mon arabe à moi?

Je commence à être un peu fatiguée, je vais voir Betty et je lui dis après cette chanson j’aimerais bien partir, je peux prendre un taxi, ça me dérange pas, tu sais. Betty dit non non, danse avec moi, après je te ramène chez toi Mélodie. Nous donnons des becs soufflés à tout le monde en quittant le Confessionnal. Dans son auto, nous regardons les photos que nous avons prises de la soirée. Il y en a des trop cools, moi avec Michael Pitt, Betty qui se colle à trois mecs en projetant ses boobs vers l’avant, et Persia et Betty dansant comme des dancing queens en chaleur.

Arrivée devant chez moi, elle décide de me suivre, les talons hauts dans la slush, jusqu’à mon appartement. Elle dit tu veux baiser avec moi, tu m’excites trop, si tu veux je touche même pas Alexandre Le Grand, juste toi, on peut prendre une douche ensemble, chaude chaude. Je rigole, pétasse, tu es vraiment pétasse, viens étamper tes seins dans le miroir de l’ascenceur. Je cherche mon correcteur de teint dans ma sacoche, et ma brosse à cheveux. Nous rentrons silencieusement dans l’appartement. Paprikalicious se réveille et miaule pour avoir de la nourriture, mais je lui dis nan, nan, attends demain matin, tu es trop grosse pour manger à cette heure-là. Betty et moi nous nous déshabillons dans la chambre, sans ouvrir les lumières. Je dis je suis sûre que je pue, j’ai trop dansé. Elle dit shut up, saute sur ton homme. Je vais sous les couvertures, je cherche sa bite, il fait quoi, quoi, quoi, et je lui dis Betty est ici, tu la veux dans le lit ? Il nous traite de salopes et il dit tu me suceras ce matin, mais là faut que je dorme.

Betty et moi nous allons au salon, je lui passe un pyjama en coton et nous écoutons la téléréalité Girls next door en mangeant du popcorn extra beurre. Elle s’endort sur le fauteuil, je la recouvre d’une jetée, et je vais rejoindre Alexandre Le Grand au lit, je dis pardon, pardon, nous niaisons, j’ai pas envie de personne sauf de toi, crois-moi, et je l’ai sucé, et il est venu au fond de ma gorge, en trois minutes maximum.

Aujourd’hui je sens pâtisserie Paris-Brest et rêves de condo montréalais

février 12, 2009

Fucke toi et amérindien lover

Je marche sans me perdre jusqu’à chez Molly, sans me tromper de sortie de station de métro, sans me tromper entre l’est et l’ouest et le nord et le sud, c’est un exploit presque jamais vécu pour moi. Je suis super heureuse, mais super en sueur, je me sens les aisselles trois fois avant de sonner. Elle vient m’ouvrir, je lui dis ne m’embrasse pas, je pue, je pue. Elle dit fucke toi, c’est pas vrai. Je lui dis qu’elle est trop jolie, elle dit qu’elle essaie de ramener la couette sur le côté tendance dans la Petite Italie. Elle dit que la couleur de mes cheveux, c’est parfait, je n’ai plus le droit de changer.

Elle me verse un verre de chardonnay, je dis juste un peu, juste un peu, parce que je suis dans ma double vie de pseudo pas alcolo. Chloé me salue et va se changer de tenue, elle trouve que ses jeans violets sont trop grands pour elle. Elle revient avec un chandail jaune à l’effigie d’un amérindien. Molly fait wouah si Nora était là, elle te l’arracherait. Je demande pourquoi et Molly me dit que Nora mouille en pensant aux amérindiens, c’est un trip grano-écolo-anti-colonisateur. Molly m’annonce qu’elle a reçu une offre pour un poste de bibliothécaire sexy, je suis toute fière, je pense que j’en suis aussi contente qu’elle, parce que Molly même si on se frenche et qu’on s’est déjà léché et tout, c’est comme ma petite soeur.

Crosseur de pieds

Je lui demande si elle va aller au shower de Jane et elle dit oui, mais je sais pas encore si j’y vais avec mon nouveau mec, que tu vas voir bientôt bientôt! Je veux tout savoir sur son nouveau mec, je sais même pas comment et pourquoi et quand cela s’est tout terminé avec Jordan. Elle dit on s’est parlé trois heures au téléphone après s’être rencontré! Et c’était mon conseiller à la SAQ! Et il m’avait remis sa carte et il avait un sourire trop sweet! Il fume du pot! Et il aime quand je mets des talons hauts! Il les garde chez lui! Et l’autre fois je me suis réveillée et il se frottait contre un de mes pieds! Il était bandé dur dur! Je lui demande s’il porte ses talons hauts aussi, et elle hésite, pour finalement dire, mais non franchement. Est-ce qu’il se crosse dans tes souliers quand tu n’es pas là? Comme si c’était des petites culottes déjà portées, mais au lieu de sentir ta chatte ça sent tes pieds? Elle fait juste me regarder bizarrement et elle continue en disant et il est beau! Super beau! Même Marlon trouve ça!

Et Marlon arrive, il embrasse Chloé et Molly et il se présente. Je suis contente de rencontrer le Légendaire Marlon, le mec viril et fabulous de Chloé, le mec qu’elle a séquestré après une chicane, le mec qui la baise dix fois en une journée et avec qui elle fait des trips de cul à trois, quatre, douze personnes. Il me parle de son travail, il s’occupe de sites Internet à contenu pornographique, ça l’air super chou. Je lui donne l’adresse de MERB, un site-forum Internet pour des mecs qui tripent escortes-danseuses et qui notent les filles selon un système de points pour le corps, la tête et le service rendu. C’est Marissa qui m’a montré ça un jour parce qu’elle était toute excitée qu’un mec aie décrit leur rencontre de 150 dollars du début (french dans la porte d’entrée) à la fin (elle l’a aidé à nouer sa cravate). Avant d’être dans la porn, Marlon travaillait dans une maison d’édition québécoise et j’ai droit à plein de potins trop croustillants pour être révélés ici. À part un cunnilingus de trente minutes ou une robe sexy à mini prix, rien ne taquine mon clito plus que du potinage inattendu.

Le mec de Molly arrive, il nous offre du vin, je refuse en totale chiante future sainte des alcolos anonymus. C’est vrai qu’il est craquant, il ressemble à un surfeur californien. Mais bon, moi, pour qu’un mec me donne envie d’aller me doigter en cachette dans les toilettes, faut qu’il aie minimum trente-cinq ans. Léo part après un verre, il est tout sympa, il voulait juste souhaiter une bonne soirée à Molly et voir si j’étais baisable. Je dis à Molly que j’ai super faim, j’ai envie de manger une grosse assiette de pâtes. Elle dit après ma cigarette ok. Chloé et elle s’allument une clope. Marlon dit Molly m’a montré des photos d’elle qui suce son ex dès la première fois qu’on s’est vu. Molly se défend, mais là fallait que je t’entertaine, la pression et tout pour que tu aimes les colocs de Chloé genre!

Je prie Dieu pour toujours avoir le même métabolisme hyper rapide

Je répète que j’ai super faim, et Molly et moi allons au Vinizza, nous simili-saouler au pinot grigio. Je mange cinquante tranches de pain trempées dans de l’huile vierge extra et du ravioli con funghi misti burro e salvia, pendant que Molly fait son régime de feuillage du jour et partage son calmar frit avec moi. Quand je vais être enceinte, c’est sûr, ce sera l’enfer, un mois et je n’aurai plus de cou, deux mois et je vais avoir le ventre de Milla Jovovich quand elle était à son neuvième mois, et trois mois l’épicerie va venir immigrer chez moi. Molly me dit qu’elle voudrait bien faire un échange de couples avec Marlon et Chloé, elle se verrait bien lécher Chloé, lui toucher les seins comme elle touchait les miens, et après baiser par une grosse queue de black pendant que Chloé se frotte les pieds contre la bite du surfeur expert en vins.

Elle chiale sur le service avant de payer, je pense qu’elle est au bord des larmes quand elle compare sa gentillesse à l’arrogance des serveurs et nous repartons chez elle, pour qu’elle puisse fumer dix mille autres clopes avec Chloé, et me présenter sa nouvelle coloc, Nora. Je sais pas ce que j’ai, mais je suis totale chiante ce soir-là, je demande l’heure aux cinq minutes, je veux pas retourner trop tard chez moi, je baille, je parle de bébé et de maisons à visiter, tandis que Nora parle de ses condylomes et de sa chlamydia.

Orgie au Cherry

Molly joue de la guitare en chantant, je sens qu’elle sera une excellente bibliothécaire cochonne, mais avec une envie non réalisée de star de la chanson française. Chloé me raconte une soirée passée au Cherry, ou au Rouge, elle a vu Marlon embrasser une pétasse, elle a embrassé un de ses bons amis, il a embrassé une autre fille, Chloé s’est mise à danser sur une table et à frencher une pétasse bourrée, elle a terminé la soirée super confortable, dans un immense lit, entre deux filles sympas. Un des amis à Marlon s’est déshabillé asap, il avait des boxers couleur lime attrayante et il a demandé aux filles s’il pouvait se joindre à elles.

Chloé et Marlon ont l’air super ouverts, et bien dans tous leurs trips, je veux dire c’est cool être open et baiser avec quatre filles et quatre gars en même temps (well, j’ai jamais fait, mais j’imagine), mais ça doit être difficile de trouver un amoureux qui veut vivre les mêmes expériences sexuelles que soit, sans jalousie, sans coups de pied subtils dans les couilles, sans changer le regard sur l’amoureux. Je veux dire, Chloé et Marlon ils s’adorent, ça paraît, et ils se respectent, Chloé voit pas Marlon comme un crosseur qui a envie toujours d’autres filles, et Marlon ne voit pas Chloé comme la totale pétasse du siècle parce qu’elle tripe d’avoir cinq queues l’une après l’autre dans sa chatte. Ils s’amusent, tant que ça leur plaira, et après, whatever, ils aviseront.

Avant que je parte en taxi, Chloé me montre les photos des filles qu’elle aime léchouiller et Molly appelle son surfeur pour qu’il rapplique et qu’il la baise avant minuit. Dans le taxi je me sens encore les aisselles, je pue pas la sueur, mais la cigarette, fuck, fuck, je prendrai une douche avant de sauter sur Alexandre Le Grand, pour pas qu’il me dise que je lui donne envie de vomir. Le parfum Jasmin et Cigarettes d’État Libre d’Orange mixée à sueurs de 9 à 5, c’est pas ce que je porte pour le séduire.

 

Shopaholic + Dancing Queen = Jeudi dernier

février 10, 2009

                    

 

Lecture: Cormac McCarthy, Méridien de sang

Musique : Kanye West, American Boy

 

Skinny Latte et chips au bacon

 

Le midi, je vais au Cours Mont-Royal pour mon Venti Skinny Vanilla Latte, mais avant d’arriver au Starbucks, c’est les tentations, toutes les boutiques sont cuties : Lollipop, Olivia…Je suis entrée deux secondes chez Olivia, j’ai lu quelques pages de Chasing Harry Winston en attendant d’avoir une cabine d’essayage, et je suis sortie sept minutes plus tard, avec une robe trop trop mignonne, argentée style extra-terrestre classe.

 

Je suis rentrée chez moi un peu épuisée, la peau rougie par le putain de froid, et j’ai écouté les messages sur mon répondeur : un livre en retard à la bibliothèque et Betty qui proposait de venir me prendre chez moi vers dix-neuf heures. J’ai enfilé ma robe argent, j’ai dansé devant mon miroir pour voir si elle glissait sous mes seins. J’ai mis un soutif sans bretelles. La robe a glissé après trois mètres de marche dans le corridor de mon appart. J’ai fait oh fuck, elle est belle et tout le monde a déjà vu mes tétons anyway. Je me suis appliquée du vernis rose, qui sèche super rapidement, j’ai gossé sur Internet et j’ai mangé des chips au bacon en attendant Betty.

 

Dans son auto, une des premières choses qu’elle me dit, les larmes aux yeux, c’est que Chester est mort, la semaine dernière, des problèmes aux reins, son pauvre chat blanc, chez le vétérinaire, la prise de température, l’appel à Sadek, la petite patte rasée et les deux derniers vaccins. Depuis douze ans, il la suivait partout, l’attendait devant la porte, de Ottawa à Montréal, buvait uniquement l’eau des lavabos, il était son bébé poilu. Elle renifle, dit qu’elle a eu une semaine à chier. Elle envoie un texto au frère d’une de ses amies. Il viendrait nous rejoindre pour un drink après la fermeture de l’épicerie gourmet Fino.

 

Je suis une ogresse pas alcolo ce soir

 

Nous nous tenons la main pour pas glisser sur les trottoirs glacés, jusqu’au Pizzaiole du Vieux-Montréal. Je l’avertis que dès que j’enlève mon manteau, ma robe va tomber. Elle dit que ma robe est superbe, mais que je devrais retirer mon soutif. Je vais dans la salle de bains et je reviens et elle dit voilà, moi je mets jamais de soutif, c’est pas nécessaire beauté. Betty est trop sexy, dans un jumpsuit dessiné par Madonna pour H&M et des bottes noires scintillantes à talons très fins. Je commande une pizza Oceano et elle ne prend qu’un antipasto. Elle a mangé comme une cochonne sur l’heure du dîner, steaks et frites, avec des clients.

 

Je laisse Betty choisir du vin rouge et je bois seulement deux verres, et très lentement. Betty a une super bonne influence sur moi. Elle n’est addict qu’à deux choses : la danse et le sexe. Elle suce Sadek tous les soirs, même quand elle est grippée et qu’elle est cernée jusqu’au nombril. Je lui dis que hier, juste après qu’on se soit souhaité une bonne nuit, Alexandre Le Grand m’a demandé s’il avait le droit d’aller voir des escortes quand je serai enceinte. Je sais qu’il a peur que je sois comme ses deux autres femmes, à prétexter une grossesse pour plus avoir envie de rien, mais merde, j’avais pas l’intention de le rassurer après sa question, j’allais pas lui dire autre chose que non, pas d’escortes chéri, pardon d’être super chiante, bonne nuit, bonne nuit, bisous. Betty a compati, pourquoi les mecs sont comme ça et blablabla. Elle m’a dit qu’elle avait rencontré Sarah pour la première fois dimanche dernier, alors qu’elle avait les cheveux gras, la grippe, et un t-shirt super baggy sur le dos. Sarah, c’est l’ex-femme de Sadek. Betty l’a trouvée super magnifique et sympa et attentionnée. Tant mieux. Mais ouh la la Betty est la personne la plus gentille au monde pour dire ça de l’ex de son amour, non ?  Moi la première femme d’Alexandre Le Grand, je réussis juste à dire qu’elle est trop maigre, trop française, trop pincée, et je suis encore super offensée qu’elle n’ait pas accepté de me serrer la main, à notre seule rencontre. La deuxième femme? Jamais vue. Et c’est comme une chance.

 

Betty se shake le cul comme dans un vidéoclip hot hot

 

Nous sortons du Pizzaiole, marchons rapidement jusqu’à son auto parce qu’on se gèle les tétons et nous nous dirigeons vers le Business. La rue pour s’y rendre est fermée. Je propose d’aller au Confessionnal, mais Betty préfère pas, ce soir nos mecs y sont et elle veut pas les déranger dans leur soirée de cruise-beuverie. Elle est trop gentille, j’ai déjà dit. Mais pas moi. Si Alexandre Le Grand complimente une fille sur son ombre à paupières, je m’en fouette, mais rien m’empêche de marquer mon territoire en posant ma main sur sa bite, au comptoir, pendant qu’il boit sa Stella.

 

Je ne vois pas nos mecs, et je commande au barman deux vodka-canneberges. Il se présente, je m’appelle Benoît, et il m’oblige à écraser mes seins contre le comptoir, pour que mon visage soit assez avancé pour recevoir ses bisous sur les joues. Il est chou. Betty va voir le d.j. et lui fait des requests pour du Madonna et du Ne-Yo. Elle danse comme dans des vidéoclips, elle est superstar sur le plancher tout sale, un peu déserté du Confessionnal. Tous les mecs la regarde et je me sens moitié insécure moitié beauty confident, avec ma robe que je dois remonter à chaque fois que je bouge un bras trop rapidement. Je dis je savais pas que je danserais ce soir, vraiment, à un mec qui me prend en photo, en rigolant. Betty me colle pour être la seule à voir mes tétons et on nous demande si nous sommes lesbiennes au moins trois fois. J’avale les yeux fermés un Sicilian Kiss. Un mec me dit que j’ai des super belles épaules, il le répète à ses amis, il dit elle a de belles épaules han, tout en regardant clairement mes seins. Betty et moi nous souhaitons la bienvenue à un Belge qui vient tout juste d’arriver au Québec. Il est super extatique de voir que les Québécoises sont souriantes et sexys, comme ses nouveaux collègues de travail lui avaient dit. Je dis cool, cool, avec un super sourire accueillant et je retourne danser sans trop bouger les bras.

 

Le sperme goûte meilleur après ingestion de bœuf braisé

 

Sauf que j’ai pas l’habitude de danser jusqu’à trois heures du matin comme Betty et mes bottes me font mal aux pieds, et j’ai envie d’Alexandre Le Grand, et j’ai envie de bouffer encore des chips au bacon. Betty me ramène chez moi, nous nous promettons de faire ça tous les jeudi, pendant que nos mecs boivent quatre litres de bières blondes, nous irons potiner et danser super tard. Je l’embrasse et je lui dis que je l’adore. Elle dit qu’elle sera pas capable de dormir tout de suite, elle va continuer sa lecture de Shopaholic.

 

Je rentre chez moi, Alexandre est déjà couché et il me demande pourquoi j’ai pas amené Betty avec moi. Je ris, je dis tu voudrais pas, je serais trop heureuse et je m’occuperais que de ses seins pendant qu’elle me lécherait la fente. Il dit qu’il est crevé. Je le suce parce que si Betty est capable de sucer tous les soirs même fiévreuse et tout, moi aussi je peux, même avec l’énergie d’une seule vodka-canneberges dans le corps. Il jouit dans ma bouche, c’est très goûteux, euh différent, je lui demande ce qu’il a mangé, après avoir tout avalé. Il dit du bœuf braisé. À recommander.

Un cadavre au vanilla latte, rue Sherbrooke Ouest

février 4, 2009

lecture: Melina Gerosa Bellows, Wish

musique: Café Goya, Shanti Chillout

breuvage: Brio Chinotto

Je bois au compte-gouttes un Venti Skinny Vanilla Latte au Starbucks rue Sherbrooke Ouest-Claremont avec Lilianne, après m’être procuré un miroir de table blanc vieilli chez Zone (il est au fond de ma garde-robe right now, j’attends l’appartement idéal), et après avoir aidé Lilianne à choisir deux paires de souliers chez Scarpa, et un foulard à franges trop chou à motifs de petits cœurs rouges chez Ben et Tournesol.

Nous ne discutons pas vraiment, elle lit le nouveau Nightlife, et geignait en se demandant pourquoi il n’y a jamais de photographes quand elle sort dans les bars des dernières pages du magazine. Moi je lis une analyse de l’œuvre de Philip Roth en trouvant formidable qu’il puisse écrire autant sur la masturbation et sur des trucs scatos, sans jamais tomber dans la pornographie. J’aime Philip Roth parce qu’il est juif. J’ai vraiment un truc pour les juifs. Je sais, j’écrivais il y a quelques mois que je n’avais pas de type mais la vérité c’est si le mec est juif et qu’il porte des jeans plus larges que les miens, je l’adore en deux secondes et demi.

J’écoute aussi les étudiants de Concordia tout près de nous, il y a un mec insupportable qui s’exclame « Story of my life! » à la fin de toutes ses phrases. Une fille habillée en American Apparel une size trop serrée qui dit qu’elle a eu 80% pour son dernier devoir et qui répond après trois sonneries de son cellulaire, seulement pour marmonner « No gym tonight, too tired, bye. » Lilianne dit qu’elle pense peut-être reprendre avec Léopold parce qu’il joue au soccer, parle de son neveu de trois ans avec du bling-bling dans les yeux et habite dans un énorme rez-de-chaussée rénové sur le Plateau. Elle dit aussi qu’elle aime l’hiver parce qu’elle sue moins en baisant.

« What do you do on Valentine’s day? », la miss American Apparel demande. Un étudiant dit « Nothing. ». La fille propose une fondue orgiaque au choco chez elle. Lilianne dit qu’elle s’est acheté des cœurs en confettis pour le bain, elle resterait jusqu’au 15 février midi à se plisser la peau dans un bain trop chaud, parce que la Saint-Valentin, elle n’a jamais fêté ça et que ça la déprime grave de voir la moitié des filles habillées en rouge. Le rouge, elle dit, ça craint quand c’est porté en uniforme par des matantes et des filles de Laval et des filles un peu trop portées sur la Haagen-Dazs. Et ses clients seront pas sur l’ordi à chatter cette journée-là, mais avec leur femme-petite copine-blind date au resto. 

Trois « Story of my life! » et « I did not insult her » après, je ferme mon Philip Roth et je demande à Lilianne si elle sait combien de calories il y a dans un Venti Skinny Vanilla Latte. Elle dit 160 calories si c’est avec du lait non-fat. Je dis ouah c’est le top pour les régimes, je pourrais en prendre trois par jours et me sentir pleine et avoir ma ration de produits laitiers et de caféine et euh, c’est tout, faut vraiment que j’arrête de prendre du poids, j’ai presque l’air de faire une grossesse nerveuse avec mes cinq livres en trop. Lilianne me dit de la fermer et elle me rappelle que je voulais m’acheter des suppléments d’acide folique et du Frangelico avant de repartir chez moi. Je dis je peux pas me faire carter là là parce que ma carte d’assurance-maladie et ma carte étudiante périmée sont dans la poche d’une autre sacoche.

Je finis mon café goûteux de fille en wannabe régime et nous marchons jusqu’à la banque pour que Lilianne encaisse son chèque pour services rendus à webcam city. Elle dit je suis trop contente, j’ai genre fait une heure et demi avec le même mec, l’autre semaine, je suis trop plein de cash, je vais travailler juste trois jours la semaine prochaine je pense. Et en plus le mec qui l’a gardé en privé pendant un heure, c’était un cadeau d’une autre webcam girl. Myriam ne se sentait pas super bien cette journée-là et elle avait refilé le client à Lilianne, promettant au mec que Lilianne était discrète, sexy et soumise. Myriam avait expliqué à Lilianne les goûts de monsieur et Lilianne était allée se maquiller en cadavre. Ouais, le mec, il tripait chambre froide, teint bleu-blanc-gris et petit carton attaché par un fil au gros orteil. Sur le petit carton? Les circonstances du décès. Myriam avait dit à Lilianne que le mec aimait les événements violents, les meurtres crapuleux, pas les accidentés de la route ou les suicidées. Lilianne avait choisi d’être Madeleine Lorca, 18 ans, tuée à coups de couteaux par des filles jalouses de son titre de Reine du Bal de finissants.

« Et tu faisais rien, tu restais comme ça, et lui il se crossait? »

Lilianne me raconte que non, elle était un cadavre qui parlait. Elle ne bougeait pas. Elle restait étendue, un œil sur l’écran, pour voir si le mec lui écrivait une demande spéciale. Il voulait qu’elle lui donne tous les détails de sa mort, avec une voix de robot affectée, il s’énervait quand elle n’était pas assez convaincante, lui répétait que Myriam excellait en morte, se désolait que Myriam n’était pas là pour le rendre hard as a coffin. Lilianne n’avait pas le droit de rire, de sourire, ça embarrassait trop le client, il se sentait super coupable de son fantasme. Il lui a demandé une fois de changer son petit carton, de se choisir un autre décès. Lilianne a dit que son nom était Madeleine Verruckt, elle avait trente ans, et elle était morte après que son quatrième mari l’aie découvert en train de se rentrer un furet dans la chatte. Le client lui a demandé de changer encore. Lilianne a dit je m’appelle Lilianne, j’ai 22 ans, et je suis morte parce qu’un chauffeur de taxi voulait me baiser et j’ai dit non et il est allé dans une rue pas très passante, il est venu me rejoindre sur le siège arrière, a enfoncé sa langue dans mon nombril, et après un couteau suisse et il m’a baisée comme ça, ensanglantée. Le client a adoré, il lui a dit de fermer les yeux et d’essayer de ne plus respirer.

http://delfberg.blogspot.com/

février 3, 2009

Delphine m’a dessinée ! En couleurs ! Le premier février! C’est extra, surtout qu’elle m’a dessinée avec des seins plus gros qu’en réalité ! Allez voir, sur son blogue, tous ses dessins et ses petites histoires drôles même quand c’est des insides que je comprends qu’après les explications de Sarah Lee…

(Elle et Delphine sont des super copines, depuis super longtemps et Sarah Lee a déjà fugué et immigré dans la famille de Delphine et Delphine est tellement gentille qu’elle organise des téléthons pour sauver l’animal de compagnie de Sarah Lee et Sarah Lee se déguise en cow-girl avec elle, mais Delphine reste plotte à roumain, et Sarah Lee, plotte à jeunes psychologues-rockers-cuisiniers-Peter Pan, pas de lesbiennes gone wild ici.)

Je les adore!

Bubble Tea pour Peter Pan

janvier 22, 2009

lecture: Ron Jeremy, The Hardest (Working) Man in Showbiz

musique: Ratatat, Falcon Jab

 

Je suis pas la personne la plus honnête au monde. Je veux dire, j’ai déjà dit à des mecs que j’étais grecque et super flexible. Et quand j’étais adolescente, j’avalais des Mentos avant d’inventer le mensonge du siècle pour faire comprendre à mes parents la raison d’un échec en mathématiques (genre le prof s’est trompé de copie, genre je me suis faite attaquer par un chien avant l’examen et ça m’a gravement perturbée, genre je suis allée consulter et le médecin est d’accord avec moi, mon cerveau est anormal et jamais jamais je ne parviendrai à calculer sinus et cosinus et à comprendre les étapes du cycle menstruel). J’ai menti à ma meilleure amie, à mon premier mari, à tout le monde, c’était ma phase Holden Caulfield, le avant ma soudaine maturité de femme fatalement honnête.

 

Je peux comprendre le mensonge. Je peux surtout comprendre que les menteurs sont des crosseurs un peu perdus, entre les contes de fée saveur Menthos et la dure réalité de l’existence des dix-huit ans et plus. Mais fuck. Faut laisser tomber Peter Pan, enfermer la fée Clochette dans son tiroir et décider de baiser ses voisins et Nana le Saint-Bernard. Je veux dire, faut grandir et tout.

 

Entre deux journées à trop boire et une journée de repos complet, j’ai vu ma miss Sarah Lee, une pseudo-judéo-chrétienne addict aux mecs louches. Le dernier en date? Le Peter Pan intello, justement. Au Tapioca Thé, en regardant des asiatiques jouer aux fléchettes ou feuilleter des revues de mode from Japan, je lui ai confié ma crainte de m’épiler pour la première fois la lèvre supérieure et mes envies d’une autre couleur de cheveux. Rousse? Noire comme lorsque j’ai rencontré Alexandre Le Grand? Caramel plus pâle? Des problèmes existentiels, quoi. Elle m’a écoutée en sirotant son thé glacé parfumé au miel avec du tapioca et elle m’a recommandé des crèmes bleachantes et répété dix fois de bien regarder ma montre, pour pas avoir la peau cloquée et brûlée. Elle m’a dit de chercher dans le journal des articles sur Provincetown Playhouse, parce que son meilleur ami joue dedans.

 

Nous avons fixé les murs roses flash du salon de thé pendant dix secondes, avant qu’elle ne dise qu’elle ne parlait plus à Vladimir. Elle m’a raconté qu’il datait une autre collègue, au travail, elle a insisté sur le mot dater, même si je sais tellement pas ce que ça signifie. Elle l’a su par hasard, Vladimir se faisait distant, ne lui écrivait plus de courriels profonds et tout, et elle l’a vu, devenir tout blanc quand il parlait au téléphone. Il a raccroché, lui a dit qu’il parlait à Vanessa. Sarah Lee est partie en gueulant que c’était un super potin. Vladimir a plus tard écrit à Sarah Lee un message tout doux, tout beau, un souvenir à garder dans un coffre à trésors d’ex amis et amants. Sauf que le mec, Sarah Lee a appris qu’il cruisait genre quatre filles en même temps qu’il flattait son gros chat vieillissant. Et ça, elle ne le prend pas. Pourquoi il ne lui a rien dit? Pourquoi il a préféré lui mentir?

 

Putain j’oserais même pas mentir à Sarah Lee, elle est comme Dieu, elle finit toujours par tout savoir. La gaffe non, de lui inventer des affections, quand en fait, le mec se la jouait don juan wannabe? Mon idole Tracey Cox (une sex experte depuis ses seize ans, déjà entourée de condoms de toutes les couleurs, grâce à sa sœur qui travaillait dans un organisme de family planning) pense comme moi, évidemment, elle dit que dans toute relation, il faut un minimum d’honnêteté. Il ne faut pas tout dire, genre Tracey ne dirait jamais à son mec si elle fantasmait grave sur le chien du voisin (un pit bull! super cute! je l’adore!), mais elle ne mentirait pas non plus, elle ne dirait pas que pouf tout est arrivé par magie, la folie, l’attirance et tout, quand ça faisait des mois que Vladimir se crossait dans son lit en pensant à quatre autres filles, ensemble ou non, whatever.

 

Sarah Lee a terminé son thé au miel, j’ai terminé le mien à la prune sucrée, nous avons parlé de speed et de vengeance. Je suis totale contre, faut l’admettre, je suis tellement trop politically correcte pour penser à la vengeance, je suis toujours en train de dire, en écoutant Veronica Mars, que c’est pas bien, qu’il faut apprendre à oublier, si nous ne sommes pas capable de pardonner. Mais bon, parfois Veronica fait un usage sensass de son taser, et Sarah Lee serait inévitablement sa best friend forever, c’est sûr. Attention Vladimir, vraiment, je voudrais pas que ton appart brûle pendant la nuit.


Les automobiles du Dollorama ne se brisent pas si facilement

janvier 16, 2009

lecture: Herbert Lieberman, Le Concierge

musique: Adele, Chasing Pavements

 

Mercredi soir, je suis allée prendre un verre avec ma chérie Lilianne, aux Folies. Pas d’alcool pour moi, même en cachette d’Alexandre Le Grand. Nous nous sommes dit, début janvier, seulement de l’alcool le jeudi et lors de soupers entre amis, pour pas avoir l’air total loosers. Pendant que Lilianne descendait des drinks à base de schnapps aux pêches, je buvais un jus de légumes trop salé. Elle m’a montré sa nouvelle sacoche, un immense fourre-tout Betsey Johnson, notre designer princesse-matamore chouchou à toutes les deux. J’étais super wow wow wow, endormie mais enthousiaste devant mon putain de jus de légumes zéro alcool. Je lui ai parlé de mes frères, de mon grand-papa qui s’enfuit de chez lui et qui oublie ensuite qui est sa femme, ou est sa maison et à quoi servent écharpe-tuques-gants, et d’Alexandre Le Grand qui s’endort avec notre chatte Paprikalicious sur le ventre et une main entre mes cuisses.

 

Lilianne m’a parlé d’une fille qu’elle a rencontré, super gentille, super intelligente, super lesbienne et elle m’a demandé si j’avais déjà pensé être lesbienne, ou bi. Je lui ai dit que ouais, au cégep, quand je détestais tout le monde, quand je n’étais pas en amour par-dessus la tête avec personne, quand j’écrivais aucun prénom dans mes journaux intimes, quand je trouvais Misha trop super parfaite, je me suis dit oh fuck, je suis lesbienne. Mais après, mon premier mari m’a dit je t’aime, Malorie m’a dit je t’aime et je veux te brouter, et moi je me suis dit je serai l’amante d’un poète et je trouverai toujours les filles belles et mouillantes, mais de là à fantasmer sur une putain de grosse qui dit vouloir me brouter, jamais jamais. Lilianne s’est souvenue de Malorie et elle a ri en s’imaginant ce qu’elle était devenue maintenant, totale absente de la civilisation Facebook. Une Malorie suicidée? Une Malorie dans une troupe de théâtre de onzième zone? Une Malorie ermite? Whatever. La seule fois ou je suis allée dormir chez elle, une soirée débile ou elle a tenté par mille fois de me faire prendre un bain moussant avec elle, je me suis couchée dans son putain de lit simple, collée contre le mur et je n’ai pas dormi de la nuit, j’avais trop peur qu’elle me fasse des trucs cochons pendant mon sommeil.

 

Lilianne, elle, n’a jamais vraiment pensé être lesbienne, les mecs elle s’en fait un nouveau par semaine, et les filles elle les baise devant une webcam, avec plaisir, excitée et tout, mais surtout pour l’attention et l’adoration des mecs devant leur écran d’ordinateur. Quand elle sort dans des after hours, elle termine souvent la soirée à montrer ses petites culottes à une copine ou à une autre fille qui fait de la webcam avec elle, elle se colle sur une banquette et elle lèche les gouttes de vodka-tonic qui coulent sur le cou d’une copine, mais jamais ça été le grand amour, jamais je me ramène une chick à l’appart et je lui suce le clito toute la nuit, jamais je vais présenter une pétasse à mes parents. Sauf que là, elle tripe à fond sur Heidi. Elle l’a rencontrée dans un party du Nouvel An, à quatre heures du matin couchée sur le tapis Ikea d’un ami. Elles se sont raconté leur vie jusqu’à sept heures, bu du Perrier en fumant des clopes et Lilianne est certaine-certaine que Heidi est soit sa jumelle kidnappée par une infirmière lors de sa naissance, soit sa soulmate. Lilianne a dit qu’elle devait la revoir samedi soir et elle est toute nerveuse, comme la première fois qu’elle a parlé à un mec au téléphone, à treize ans, pour l’inviter au bal d’Halloween de son école secondaire.

 

Nous sommes parties grignoter des macarons, à la noix de coco et aux fraises, et je l’ai suppliée de me parler de ses clients drôles. Son dernier weirdo en date, elle le chouchoute pour rester sa préférée, elle va chercher des tas de sucettes et des tas de voitures au Dollarama juste pour lui. Ce qu’il lui demande? De porter des souliers hyper plateformes, de zoomer sur ses pieds et d’écraser les sucettes en faisant beaucoup de miettes et beaucoup de bruits. Ensuite, elle lui montre le sol, jonché de petits morceaux de sucre, et sous ses souliers aussi, tout dégueulassés. Ça, c’est comme des préliminaires coquins, parce que ce qui fait spermer son mec, c’est quand elle décide de lui montrer les petites autos de courses. Elle fesse sur une auto, une roue brise, mais l’auto roule sous le le lit. Elle la retrouve, donne des coups de pieds, l’écrase, recommence jusqu’à ce qu’il ne reste plus que des morceaux de plastique, ou jusqu’à ce que son client lui dise oh merci, je viens de jouir partout sur mon ordi. Il lui demande si elle a aimé, elle aussi, et elle rigole, elle dit que c’est cool et que ça lui fait plaisir d’être là pour lui. Ils se souhaitent une bonne fin de journée, Lilianne ferme son écran et passe l’aspirateur. Super job, le rêve.

Mamelons poilus, shooters de tequila et cravache

janvier 15, 2009

 

 

Dans le Cosmo du mois de décembre ou du mois de janvier, entre un article sur what his hair says about him et what his shower style reveals, et des infos fascinantes comme les-mecs-qui-ont-des-yeux-bleus-choisissent-souvent-des-femmes-aux-yeux-bleus-comme-ça-s’ils-ont-un-bébé-et-qu’il-n’a-pas-les-yeux-bleus-les-mecs-savent-tout-de-suite-que-leur-femme-est-une-salope-traître-pétasse-infidèle, il y avait un forum sur les turn-off et les turn-on des mecs glandeurs. Beaucoup disait que les party girls c’est pas bandant car les mecs veulent pas d’une fille qui avale plus rapidement qu’eux des shooters de tequila. Les mecs glandeurs disaient aussi que les vêtements trop sexy c’est à éviter car peu de filles ont l’air confo dans des minijupes qui dévoilent la couleur de leur petites culottes à chaque croisement-décroisement de jambes (moi je le suis, pour vrai de vrai, confo dans des minijupes qui montrent le début de mes fesses et dans des robes qui laissent popper un mamelon à chaque heure, mais genre, dans des circonstances particulières, pas au travail et pas avec les beaux-parents). Dans le Cosmopolitain, les mecs glandeurs qui s’appellent tous Tim ou Dan ou Tom étaient d’accord pour dire qu’ils n’aimaient pas trop que les autres mecs glandeurs regardent leur petite copine, donc vraiment, exit exit les minijupes après l’entente de monogamie obligatoire.

 

Alexandre Le Grand, lui, tant que je mets quelque chose de vraiment salope, il est heureux, tant mieux si les mecs me regardent et que les filles veulent caresser le tissu de ma robe. La seule chose qui le tourne à off, chez les girls, c’est les mamelons trop poilus (ce qui n’est pas mon cas, permettez-moi d’insister là-dessus, mes mamelons sont très corrects, très moyens, pas poilus et d’une couleur très normale aussi). Tandis que les mecs de Cosmo proclamaient que les turn-on ultimes étaient un sens de l’humour, un appétit monstre, un café servi au lit tous les matins et une fille sympa avec les autres filles (pas de griffes sorties, allez, faites-vous des bisous), Alexandre Le Grand aime tout ce qui est propre et qui ne pleure pas avant d’ouvrir la bouche. Mon frère Marky Mark, le gros immoral, a dit qu’il n’avait aucun turn-off et je lui ai dit ewwwww, tu baiserais même une fille qui a du pue entre les dents et un clito de quinze centimètres? Il ne m’a pas répondu.

 

Betty porte rarement des culottes et des soutifs

 

C’était l’anniversaire de Betty lundi, j’ai passé la journée avec elle, c’était trop chouette, elle s’est acheté un manteau Killah trop trop beau, rouge avec des petites boucles noirs en guise de boutons, nous avons bu cinq cafés, caressés les gros chiens du proprio de Ben et Tournesol, parlé de bordel et de bites, et elle m’a dit ses turn-on et ses turn-off personnels. Betty, étant plus obsédée sexuelle que moi, ne pense qu’à des éclairs de choco plein de crèmes, du sperme elle en boufferait toute la journée, indien, québécois, whatever, mais maintenant c’est la crème arabe qui lui fait envie. Elle dit qu’une queue, petite ou grosse, c’est toujours bon, et qu’il y a définitivement trop de filles qui pensent que les petites bites c’est pas un must. Elle dit, comme beaucoup de filles politiquement correctes mais Betty le dit pas pour être politiquement correcte, qu’en autant que le mec bouge bien et qu’il s’en sert bien, une bite c’est toujours apprécié dans ses trous. Elle n’aime pas par contre les mecs fakes, hypocrites ou qui ne sont pas assez ouverts pour adorer une fille qui parle de cul toute la journée.

 

Misha aime les chiens mais pas les gars qui imitent les chiens

 

Misha c’est la femme de ma vie, je l’aime, elle m’aime et si elle avait une grosse queue ou moi si j’avais une grosse queue et un accent latino, nous nous marierons et nous aurions au moins huit enfants. Concernant les mecs, Misha déteste le zignage de cuisses, les couilles pas trimées, les grosses bouches gluantes qui écrasent sa petite bouche en coeur, les bites qui s’enfoncent trop loin trop vite trop fort dans sa gorge (le vomi c’est vraiment un fetish weird), et de se faire peser sur le clito comme si c’était un bouton d’ascenseur (l »expression vient de sa petite bouche en coeur et j’adore). Pour les turn-on, elle est quasi aussi immorale que Marky Mark parce qu’elle dit qu’il y en a trop, tout la tourne à on, c’est fantastique, surtout un gars qui sent bon et qui sent le sexe (pas le gars qui revient de baiser une autre fille, un gars qui sent le sexe après avoir baisé avec elle ok), se faire embrasser partout (entre les orteils, elle en bave presque autant qu’un Saint-Bernard après avoir bu dans sa gamelle). Et elle ajoute juste pour que je la trouve forever follement spéciale :  » Ce serait génial un cock ring supersonique qui capte TVA (comme ça, je pourrais écouter Denise Bombardier en jouissant: une expérience transcendantale). »

 

Isadora a les cheveux rouges-mauves-noirs et elle est raciste

 

J’ai une copine que je vois rarement, trop rarement même si nous habitons pas si loin l’une de l’autre, c’est la seule copine que je me suis fait en quatre ans et demi de putain de baccalauréat à l’UQAM. Elle écrivait des trucs morbides ou super romantiques ou morbides et romantiques, et elle avait toujours des lunettes plus fashion que tout le reste des étudiants. Elle travaillait dans un club vidéo qui louait plein de films pornos avec des vieux ou avec des juifs ou avec des nains. Et elle ressemblait à une Marilyn Monroe avec une chevelure plus trash que glamour. Il fallait qu’elle soit ma copine, absolument.  Elle vient tout juste de terminer sa maîtrise (félicitations darlingette), elle tient un blogue esthétiquement intelligent et culturel, http://toutmefaitchier.wordpress.com, et elle va d’ici cinq ans soit avoir sa propre maison d’édition, soit le prix Émile Nelligan, soit plus de cheveux sur la tête à cause de toutes ses teintures. Pour Isadora, les mecs les plus craquants sont les timides, du genre qui paralyse devant l’élue de leur cœur, avant même de dire « Bonjour. Je m’appelle… ». Mais totale dictatrice de la chevelure branchée, elle nie tout le pouvoir de séduction des blonds. Elle déteste les blonds et le teint des blonds. Moi j’aime, moi j’aime, même si Alexandre Le Grand cache sa blondeur en se rasant les cheveux. Mais il me faut avouer, c’est la seule fois ou j’ai craqué pour un blond.

 

Lola veut s’acheter un accessoire de torture victorien

 

Lola c’est la copine que tout le monde voudrait avoir : souriante, jamais méchante (c’est moi la méchante parce que je répète tous les potins de tout le monde), elle chantonne ou fait des bruits bizarres en travaillant, et elle fait la promotion de restaurants gourmets et de veste de chez Simmons aussi bien que la promotion de ses propres bijoux. Elle est avec son mec depuis qu’elle a quinze environ et ce qui la charme chez lui c’est qu’il a de belles mains, un sourire de rêve, de l’ambition. En plus, il lui fait des massages extras et il aime écouter Gilmore Girls avec elle (il aime les fesses de Lorelaï). Ce qu’elle trouve répugnant? Elle porte beaucoup d’attention aux mains et les mecs qui ont des doigts laids et des ongles longs et sales, elle déteste. Elle trouve aussi total turn-off les dents croches, la mauvaise haleine, le regard vide, les jokes plates et  la maigreur ou la grosseur extrême. Je lui donne totale raison, moi un mec trop maigre j’ai peur de le casser en deux et je veux tellement pas me retrouver à côté de lui et avoir l’air d’une femelle éléphant en rut, et un mec trop gros, well, habituellement la seule position sexuelle possible c’est girl on top, et ça devient ennuyant.

 

Si mon frère Marky Mark faisait semblant qu’il appréciait n’importe quoi, mon autre frère, Philippe, ne se gêne pas pour me dire qu’une fille qui ne sent pas bon et qui ne se rase pas, elle est out de son lit. J’ai été super surprise de sa révélation choc du jour : son turn on fatal c’est une fille qui prend le contrôle. Je veux pas avoir cette image en tête, mais whatever, c’est vrai que c’est bien la domination parfois, toutes les filles sont gorgeous en cuir et avec une cravache dans les mains. Moi? Oh je sais pas, en autant qu’Alexandre Le Grand se souvienne que je déteste me faire mordre après minuit mais que j’adore les danoises aux framboises, je suis comblée.