lecture: Christian Lander, Stuff White People Like
collation: choco Godiva
J’ai rencontré Alexandre Le Grand un mois d’août, après un voyage en Californie (voilà ou me mènent mes obsessions de célébrités trop bronzées et de séries télévisées à la The O.C.). Je n’avais pas croisé Paris Hilton dans la rue, ce qui me rendait super triste, mais je m’étais acheté des super bracelets et un t-shirt avec une impression d’Edward Scissorhands dessus.
J’ai tout de suite trouvé Alexandre Le Grand sexy, avec ses chemises un peu disco, ses discours sur l’architecture brésilienne et le caractère hypocrite de la charité chrétienne, son parfum Clinique Happy, ses chansons du groupe Bauhaus qu’il fredonnait, ses cheveux rasés et son envie de me prendre trois fois en trente minutes. Au mois de novembre, je foutais ma vie en l’air pour mon prochain bonheur, je lâchais mari, travail et études (tout changement radical étant une bonne excuse pour lâcher momentanément mes études), et j’allais vivre rue Léa Roback avec l’amour de ma vie, dans un condo tout vide, sauf pour un méga géant lit en cuir chocolat. Dimanche dernier, à la fête de ma chatte Paprikalicious, je me suis souvenue que ça faisait trois ans exactement, mon déménagement. Trois ans de petits mots laissés sur son ordi par moi, de petits mots laissés sur mon oreiller par lui, de chicanes monstres parce que je laissais mes cheveux traîner partout, et d’amour fou, parce que, comme il répète, en citant un auteur français d’un autre siècle, parce que c’était lui, et parce que c’était moi.
Je lui ai demandé, toute collée sur lui, lundi, ce que ça représentait pour lui, trois ans avec moi, ce qu’il avait compris ou whatever. Voilà son top trois d’apprentissage d’une vie de trois ans avec Mélodie Nelson.
Ce que je lui ai fait comprendre:
1. qu’il lui faut absolument être avec une pétasse
(Sa première femme était une française maniaco-dépressive, sa deuxième femme une hystérique maniaque d’Oprah Winfrey qui n’aimait pas sucer, et sa future troisième femme est une pétasse. Wouhou.)
2. qu’il lui faut être avec quelqu’un de jeune
(Jeunesse égale maintenant pour lui plus d’ouverture, plus de vivacité, plus de sourires, moins de frustration reliée au sort du monde entier)
3. qu’il veut d’autres enfants
(Il est un père merveilleux, qui aime parler de caca super-héros avec sa plus jeune, et de menstruations avec sa plus vieille, il est drôle, parfait, parfait, et il adore être père. Mais il ne pensait pas l’être encore. Deux divorces et beaucoup de ressentiment et de harcèlement de la part de ses ex donnent ça, zéro confiance, zéro envie, comme résultat.)
4. qu’il doit se calmer
(Il a un problème de rage face aux ordinateurs qui peuplent sa vie.)
Ce qu’il m’a fait comprendre:
1. ce que je veux vraiment dans la vie
(Robes Marciano, baiser, écrire)
2. qu’il me faut être avec quelqu’un de plus vieux
(Quelqu’un de plus vieux qui s’appelle Alexandre Le Grand, évidemment.)
3. qu’il me faut être avec quelqu’un qui me baise trois fois par jour
(Sinon je m’ennuie et je relis Us Weekly trois fois.)
4. que c’est bien la fidélité, que la fidélité c’est sexy, underated, moins stressant que l’infidélité
(Enceinte de qui? Condom ou pas condom? L’ami de son ami de son collègue m’a vue, est-ce qu’il va tout lui raconter? Pourquoi mon mec m’embrasse pas aussi bien que mon amant? Blablabla, souvenirs d’un autre temps.)
