Archive for février 2009

Shopaholic + Dancing Queen = Jeudi dernier

février 10, 2009

                    

 

Lecture: Cormac McCarthy, Méridien de sang

Musique : Kanye West, American Boy

 

Skinny Latte et chips au bacon

 

Le midi, je vais au Cours Mont-Royal pour mon Venti Skinny Vanilla Latte, mais avant d’arriver au Starbucks, c’est les tentations, toutes les boutiques sont cuties : Lollipop, Olivia…Je suis entrée deux secondes chez Olivia, j’ai lu quelques pages de Chasing Harry Winston en attendant d’avoir une cabine d’essayage, et je suis sortie sept minutes plus tard, avec une robe trop trop mignonne, argentée style extra-terrestre classe.

 

Je suis rentrée chez moi un peu épuisée, la peau rougie par le putain de froid, et j’ai écouté les messages sur mon répondeur : un livre en retard à la bibliothèque et Betty qui proposait de venir me prendre chez moi vers dix-neuf heures. J’ai enfilé ma robe argent, j’ai dansé devant mon miroir pour voir si elle glissait sous mes seins. J’ai mis un soutif sans bretelles. La robe a glissé après trois mètres de marche dans le corridor de mon appart. J’ai fait oh fuck, elle est belle et tout le monde a déjà vu mes tétons anyway. Je me suis appliquée du vernis rose, qui sèche super rapidement, j’ai gossé sur Internet et j’ai mangé des chips au bacon en attendant Betty.

 

Dans son auto, une des premières choses qu’elle me dit, les larmes aux yeux, c’est que Chester est mort, la semaine dernière, des problèmes aux reins, son pauvre chat blanc, chez le vétérinaire, la prise de température, l’appel à Sadek, la petite patte rasée et les deux derniers vaccins. Depuis douze ans, il la suivait partout, l’attendait devant la porte, de Ottawa à Montréal, buvait uniquement l’eau des lavabos, il était son bébé poilu. Elle renifle, dit qu’elle a eu une semaine à chier. Elle envoie un texto au frère d’une de ses amies. Il viendrait nous rejoindre pour un drink après la fermeture de l’épicerie gourmet Fino.

 

Je suis une ogresse pas alcolo ce soir

 

Nous nous tenons la main pour pas glisser sur les trottoirs glacés, jusqu’au Pizzaiole du Vieux-Montréal. Je l’avertis que dès que j’enlève mon manteau, ma robe va tomber. Elle dit que ma robe est superbe, mais que je devrais retirer mon soutif. Je vais dans la salle de bains et je reviens et elle dit voilà, moi je mets jamais de soutif, c’est pas nécessaire beauté. Betty est trop sexy, dans un jumpsuit dessiné par Madonna pour H&M et des bottes noires scintillantes à talons très fins. Je commande une pizza Oceano et elle ne prend qu’un antipasto. Elle a mangé comme une cochonne sur l’heure du dîner, steaks et frites, avec des clients.

 

Je laisse Betty choisir du vin rouge et je bois seulement deux verres, et très lentement. Betty a une super bonne influence sur moi. Elle n’est addict qu’à deux choses : la danse et le sexe. Elle suce Sadek tous les soirs, même quand elle est grippée et qu’elle est cernée jusqu’au nombril. Je lui dis que hier, juste après qu’on se soit souhaité une bonne nuit, Alexandre Le Grand m’a demandé s’il avait le droit d’aller voir des escortes quand je serai enceinte. Je sais qu’il a peur que je sois comme ses deux autres femmes, à prétexter une grossesse pour plus avoir envie de rien, mais merde, j’avais pas l’intention de le rassurer après sa question, j’allais pas lui dire autre chose que non, pas d’escortes chéri, pardon d’être super chiante, bonne nuit, bonne nuit, bisous. Betty a compati, pourquoi les mecs sont comme ça et blablabla. Elle m’a dit qu’elle avait rencontré Sarah pour la première fois dimanche dernier, alors qu’elle avait les cheveux gras, la grippe, et un t-shirt super baggy sur le dos. Sarah, c’est l’ex-femme de Sadek. Betty l’a trouvée super magnifique et sympa et attentionnée. Tant mieux. Mais ouh la la Betty est la personne la plus gentille au monde pour dire ça de l’ex de son amour, non ?  Moi la première femme d’Alexandre Le Grand, je réussis juste à dire qu’elle est trop maigre, trop française, trop pincée, et je suis encore super offensée qu’elle n’ait pas accepté de me serrer la main, à notre seule rencontre. La deuxième femme? Jamais vue. Et c’est comme une chance.

 

Betty se shake le cul comme dans un vidéoclip hot hot

 

Nous sortons du Pizzaiole, marchons rapidement jusqu’à son auto parce qu’on se gèle les tétons et nous nous dirigeons vers le Business. La rue pour s’y rendre est fermée. Je propose d’aller au Confessionnal, mais Betty préfère pas, ce soir nos mecs y sont et elle veut pas les déranger dans leur soirée de cruise-beuverie. Elle est trop gentille, j’ai déjà dit. Mais pas moi. Si Alexandre Le Grand complimente une fille sur son ombre à paupières, je m’en fouette, mais rien m’empêche de marquer mon territoire en posant ma main sur sa bite, au comptoir, pendant qu’il boit sa Stella.

 

Je ne vois pas nos mecs, et je commande au barman deux vodka-canneberges. Il se présente, je m’appelle Benoît, et il m’oblige à écraser mes seins contre le comptoir, pour que mon visage soit assez avancé pour recevoir ses bisous sur les joues. Il est chou. Betty va voir le d.j. et lui fait des requests pour du Madonna et du Ne-Yo. Elle danse comme dans des vidéoclips, elle est superstar sur le plancher tout sale, un peu déserté du Confessionnal. Tous les mecs la regarde et je me sens moitié insécure moitié beauty confident, avec ma robe que je dois remonter à chaque fois que je bouge un bras trop rapidement. Je dis je savais pas que je danserais ce soir, vraiment, à un mec qui me prend en photo, en rigolant. Betty me colle pour être la seule à voir mes tétons et on nous demande si nous sommes lesbiennes au moins trois fois. J’avale les yeux fermés un Sicilian Kiss. Un mec me dit que j’ai des super belles épaules, il le répète à ses amis, il dit elle a de belles épaules han, tout en regardant clairement mes seins. Betty et moi nous souhaitons la bienvenue à un Belge qui vient tout juste d’arriver au Québec. Il est super extatique de voir que les Québécoises sont souriantes et sexys, comme ses nouveaux collègues de travail lui avaient dit. Je dis cool, cool, avec un super sourire accueillant et je retourne danser sans trop bouger les bras.

 

Le sperme goûte meilleur après ingestion de bœuf braisé

 

Sauf que j’ai pas l’habitude de danser jusqu’à trois heures du matin comme Betty et mes bottes me font mal aux pieds, et j’ai envie d’Alexandre Le Grand, et j’ai envie de bouffer encore des chips au bacon. Betty me ramène chez moi, nous nous promettons de faire ça tous les jeudi, pendant que nos mecs boivent quatre litres de bières blondes, nous irons potiner et danser super tard. Je l’embrasse et je lui dis que je l’adore. Elle dit qu’elle sera pas capable de dormir tout de suite, elle va continuer sa lecture de Shopaholic.

 

Je rentre chez moi, Alexandre est déjà couché et il me demande pourquoi j’ai pas amené Betty avec moi. Je ris, je dis tu voudrais pas, je serais trop heureuse et je m’occuperais que de ses seins pendant qu’elle me lécherait la fente. Il dit qu’il est crevé. Je le suce parce que si Betty est capable de sucer tous les soirs même fiévreuse et tout, moi aussi je peux, même avec l’énergie d’une seule vodka-canneberges dans le corps. Il jouit dans ma bouche, c’est très goûteux, euh différent, je lui demande ce qu’il a mangé, après avoir tout avalé. Il dit du bœuf braisé. À recommander.

FPF: fausse première fois

février 9, 2009

 

Musique : Vincent Delerm, Sous les avalanches

Breuvage : Baileys

 

Au complet ou pas au complet ? Est-ce que s’il me pénètre quand j’ai encore ma culotte, ça compte ? Est-ce que si j’arrête le mec quand la moitié de sa bite est dans mon cul, c’est de la sodomie quand même ou je suis encore vierge du cul?

 

Moi une des première fois que j’ai baisé, j’étais sur un lit superposé, je baisais avec un jumeau qui décorait sa chambre avec des photos arrachées de revues pour adultes, et qui écoutait juste du punk pas bon, ça m’a fait tellement mal que je pensais que le mec s’était trompé de trou, genre au lieu de ma chatte, il creusait mes fesses. J’ai rien dit, j’ai attendu, je pense que je me suis demandé si j’allais le raconter à Misha après (elle sortait avec le meilleur ami de mon mec) et si je prenais l’autobus pour revenir chez moi ou si je suppliais le père de mon petit copain pour un lift.

 

Whatever. Ce mec-là devait juste mal me pénétrer la chatte (et∕ou j’étais crissement pas assez mouillée parce que le punk, ça m’a jamais vraiment branchée). La première fois que je l’ai eu dans le cul, au complet, six pouces dans un condom lubrifié, j’ai crié pour vrai et je pensais pas à le raconter à Misha après, je pensais juste à me concentrer sur les bruits du film porno qui jouait à la télé.

 

J’ai trouvé un témoignage rigolo d’une FPF dans le Cosmo du mois de mars :

 

« An ex-boyfriend, who was a virgin at the time, and I were about to do the deed. Since I was more experienced, I figured that I should be on top. Before starting, I wanted to give him a reassuring kiss to let him know the sex was going to be as great for me as it would be for him. But as I leaned down to lay one on him, the gum I was chewing fell into his eye! I tried to grab it, but I only squashed it further. He started screaming and threw me off him and went straight to the bathroom. I put on my clothes and went home, and to this day, he remains a virgin. »

 

Douloureux. Mais vraiment, faut jamais mixer gomme balloune et sexe. C’est pas sexy de ruminer comme une vache les jambes ouvertes, et aussi, il me semble que c’est dangereux de perdre sa gomme dans du poil pubien.

Un cadavre au vanilla latte, rue Sherbrooke Ouest

février 4, 2009

lecture: Melina Gerosa Bellows, Wish

musique: Café Goya, Shanti Chillout

breuvage: Brio Chinotto

Je bois au compte-gouttes un Venti Skinny Vanilla Latte au Starbucks rue Sherbrooke Ouest-Claremont avec Lilianne, après m’être procuré un miroir de table blanc vieilli chez Zone (il est au fond de ma garde-robe right now, j’attends l’appartement idéal), et après avoir aidé Lilianne à choisir deux paires de souliers chez Scarpa, et un foulard à franges trop chou à motifs de petits cœurs rouges chez Ben et Tournesol.

Nous ne discutons pas vraiment, elle lit le nouveau Nightlife, et geignait en se demandant pourquoi il n’y a jamais de photographes quand elle sort dans les bars des dernières pages du magazine. Moi je lis une analyse de l’œuvre de Philip Roth en trouvant formidable qu’il puisse écrire autant sur la masturbation et sur des trucs scatos, sans jamais tomber dans la pornographie. J’aime Philip Roth parce qu’il est juif. J’ai vraiment un truc pour les juifs. Je sais, j’écrivais il y a quelques mois que je n’avais pas de type mais la vérité c’est si le mec est juif et qu’il porte des jeans plus larges que les miens, je l’adore en deux secondes et demi.

J’écoute aussi les étudiants de Concordia tout près de nous, il y a un mec insupportable qui s’exclame « Story of my life! » à la fin de toutes ses phrases. Une fille habillée en American Apparel une size trop serrée qui dit qu’elle a eu 80% pour son dernier devoir et qui répond après trois sonneries de son cellulaire, seulement pour marmonner « No gym tonight, too tired, bye. » Lilianne dit qu’elle pense peut-être reprendre avec Léopold parce qu’il joue au soccer, parle de son neveu de trois ans avec du bling-bling dans les yeux et habite dans un énorme rez-de-chaussée rénové sur le Plateau. Elle dit aussi qu’elle aime l’hiver parce qu’elle sue moins en baisant.

« What do you do on Valentine’s day? », la miss American Apparel demande. Un étudiant dit « Nothing. ». La fille propose une fondue orgiaque au choco chez elle. Lilianne dit qu’elle s’est acheté des cœurs en confettis pour le bain, elle resterait jusqu’au 15 février midi à se plisser la peau dans un bain trop chaud, parce que la Saint-Valentin, elle n’a jamais fêté ça et que ça la déprime grave de voir la moitié des filles habillées en rouge. Le rouge, elle dit, ça craint quand c’est porté en uniforme par des matantes et des filles de Laval et des filles un peu trop portées sur la Haagen-Dazs. Et ses clients seront pas sur l’ordi à chatter cette journée-là, mais avec leur femme-petite copine-blind date au resto. 

Trois « Story of my life! » et « I did not insult her » après, je ferme mon Philip Roth et je demande à Lilianne si elle sait combien de calories il y a dans un Venti Skinny Vanilla Latte. Elle dit 160 calories si c’est avec du lait non-fat. Je dis ouah c’est le top pour les régimes, je pourrais en prendre trois par jours et me sentir pleine et avoir ma ration de produits laitiers et de caféine et euh, c’est tout, faut vraiment que j’arrête de prendre du poids, j’ai presque l’air de faire une grossesse nerveuse avec mes cinq livres en trop. Lilianne me dit de la fermer et elle me rappelle que je voulais m’acheter des suppléments d’acide folique et du Frangelico avant de repartir chez moi. Je dis je peux pas me faire carter là là parce que ma carte d’assurance-maladie et ma carte étudiante périmée sont dans la poche d’une autre sacoche.

Je finis mon café goûteux de fille en wannabe régime et nous marchons jusqu’à la banque pour que Lilianne encaisse son chèque pour services rendus à webcam city. Elle dit je suis trop contente, j’ai genre fait une heure et demi avec le même mec, l’autre semaine, je suis trop plein de cash, je vais travailler juste trois jours la semaine prochaine je pense. Et en plus le mec qui l’a gardé en privé pendant un heure, c’était un cadeau d’une autre webcam girl. Myriam ne se sentait pas super bien cette journée-là et elle avait refilé le client à Lilianne, promettant au mec que Lilianne était discrète, sexy et soumise. Myriam avait expliqué à Lilianne les goûts de monsieur et Lilianne était allée se maquiller en cadavre. Ouais, le mec, il tripait chambre froide, teint bleu-blanc-gris et petit carton attaché par un fil au gros orteil. Sur le petit carton? Les circonstances du décès. Myriam avait dit à Lilianne que le mec aimait les événements violents, les meurtres crapuleux, pas les accidentés de la route ou les suicidées. Lilianne avait choisi d’être Madeleine Lorca, 18 ans, tuée à coups de couteaux par des filles jalouses de son titre de Reine du Bal de finissants.

« Et tu faisais rien, tu restais comme ça, et lui il se crossait? »

Lilianne me raconte que non, elle était un cadavre qui parlait. Elle ne bougeait pas. Elle restait étendue, un œil sur l’écran, pour voir si le mec lui écrivait une demande spéciale. Il voulait qu’elle lui donne tous les détails de sa mort, avec une voix de robot affectée, il s’énervait quand elle n’était pas assez convaincante, lui répétait que Myriam excellait en morte, se désolait que Myriam n’était pas là pour le rendre hard as a coffin. Lilianne n’avait pas le droit de rire, de sourire, ça embarrassait trop le client, il se sentait super coupable de son fantasme. Il lui a demandé une fois de changer son petit carton, de se choisir un autre décès. Lilianne a dit que son nom était Madeleine Verruckt, elle avait trente ans, et elle était morte après que son quatrième mari l’aie découvert en train de se rentrer un furet dans la chatte. Le client lui a demandé de changer encore. Lilianne a dit je m’appelle Lilianne, j’ai 22 ans, et je suis morte parce qu’un chauffeur de taxi voulait me baiser et j’ai dit non et il est allé dans une rue pas très passante, il est venu me rejoindre sur le siège arrière, a enfoncé sa langue dans mon nombril, et après un couteau suisse et il m’a baisée comme ça, ensanglantée. Le client a adoré, il lui a dit de fermer les yeux et d’essayer de ne plus respirer.

http://delfberg.blogspot.com/

février 3, 2009

Delphine m’a dessinée ! En couleurs ! Le premier février! C’est extra, surtout qu’elle m’a dessinée avec des seins plus gros qu’en réalité ! Allez voir, sur son blogue, tous ses dessins et ses petites histoires drôles même quand c’est des insides que je comprends qu’après les explications de Sarah Lee…

(Elle et Delphine sont des super copines, depuis super longtemps et Sarah Lee a déjà fugué et immigré dans la famille de Delphine et Delphine est tellement gentille qu’elle organise des téléthons pour sauver l’animal de compagnie de Sarah Lee et Sarah Lee se déguise en cow-girl avec elle, mais Delphine reste plotte à roumain, et Sarah Lee, plotte à jeunes psychologues-rockers-cuisiniers-Peter Pan, pas de lesbiennes gone wild ici.)

Je les adore!

J’ai acheté du Friskies au dépanneur, mais j’ai oublié les piles pour mon vibro

février 1, 2009

                          

Hier je n’ai pas baisé. Je suis en total manque. J’ai terminé ma journée de travail depuis deux-trois heures. J’en ai profité pour lire un roman pour enfants dans un bain moussant à la Goyave. Et Paprikalicious s’est baignée avec moi, elle est trop mignonne avec le poil tout mouillé, et ses miaulements gentils. Alexandre Le Grand n’est pas là, il est parti chez des amis, fêté le premier anniversaire d’un garçonnet trop charmant, futur superstar qui mange plus rapidement la face au fond d’un bol, que la cuillère à la main. J’attends son retour pour lui faire toucher ma chatte toute rasée, les sparkles sur mon nouveau déshabillé rose vaporeux, et ma fatigue de rien du tout comparée à mon envie de lui.