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Photographier les geais bleus, je laisse ça à d’autres

janvier 26, 2009

La première fois que je me suis faite photographier toute nue, j’avais encore jamais vraiment feuilleter un Playboy ou un Hustler, je savais pas si j’étais supposée sourire, ou avoir un air boudeur, si mes yeux devaient être chastement à moitié fermés ou curieux grands ouverts. J’avais pas mangé pendant une journée, pour avoir le ventre extra plat et dans les photos, c’est la seule chose qu’on remarque, mon ventre quasi concave, et aussi, en arrière-plan, une grange. Photo porno qui donne finalement dans le pastoral. Pas bandant.

Alexandre Le Grand me prend en photos à tous les mois, ou il nous filme, souvent souvent. Quand j’attends son retour du travail, je m’habille en infirmière et je prends une photo et je lui envoie par courriel et je lui fais remarquer l’application parfaite de mon ombre à paupières, et comment le flash rend mes seins presque tridimensionnels. Vendredi dernier, après qu’il m’ait prise en photo avec mes bottes en latex noires et un sac de Cheetos entre les jambes, j’ai jeté ma robe sur le fauteuil et il a projeté, sur grand écran, un de nos films d’amoureux obsédés. Alexandre Le Grand a la queue serrée dans ses pantalons après deux secondes de moi étendue sur le lit, déguisée en bunny girl. Moi ça me prend plus que deux secondes pour mouiller, je commence toujours par trouver mes seins bizarres, quand je suis sur le dos, je les trouve trop écartés, mais à l’écran je les prends et je les serre l’un contre l’autre et je vois le corps d’Alexandre qui s’approche et je l’entends me donner des ordres, et je trouve ça excitant. Mon Alexandre Le Grand pousse une chaise vers moi pour que je m’appuie dessus, et il me prend, pendant que nous nous regardons à l’écran, et c’est beau, et étrange de jouir, en différé, quelques secondes après m’avoir vu la bouche ouverte, râler, à la télévision.

Si vous n’avez jamais pris de photos coquines de vous, ou fait un petit film sympa,  à regarder à 80 ans pour vous souvenir de votre corps d’enfer a long long time ago, c’est correct, ce n’est pas obligatoire dans une vie de faire la collection de clichés salaces. (Pour moi, c’est inévitablement obligatoire, parce que je n’ai pas de balance et me voir toute nue me permet de juger si je suis pretty ou non, et aussi parce que je trouve ça trop cool de montrer mes photos à tout le monde, une fois que je suis bien soule et que je souhaite me pimper.) Si vous voulez toutefois commencer à filmer vos ébats, faut fixer des règles de base.

COMMENT SE LA JOUER AMATEUR SEXY

1. Il ne faut pas se planifier un avenir en politique. Si vous désirez films pornos et siège au Parlement, pensez plutôt à l’Italie, pas au Canada.

2. Se raser une heure avant le tournage ou la prise de photos. Le poil n’a pas le temps de refaire apparition et la peau perd toute trace de rougeur. Oh et c’est pas juste pour les filles : une bite trimée paraît toujours mieux sur film que des couilles perdues dans des poils trop longs.

3. Se pratiquer devant le miroir à faire des faces cochonnes. Parfois mieux vaut faker et s’inspirer des vraies star de la porno qui même en jouissant n’ont pas l’air de petit porcelet en rut, mais de fabuleuses femmes prêtes à recevoir des amis pour souper après.

4. Ne pas croire que l’amour c’est toujours pour toujours. Moi et Alexandre Le Grand, c’est écrit dans nos lignes de main, on va rester ensemble jusqu’à notre mort, écrasés par un bol de toilette qui tombera du ciel. Donc, bref, si vous n’êtes pas moi, mieux vaut donner les copies du film et des photos à la fille du couple. Désolée, mais un mec dans un film de cul amateur, c’est toujours cool, et une fille, même en 2009, ça fait toujours honteux et salope, quand l’ex petit-ami décide de mettre les séances de baise disponibles pour tous sur le web.

5. Ne pas commencer le film ou la prise de photos déjà tout nue. Se choisir de la lingerie qui nous fait sentir belles et excitantes, ou des caleçons à motifs de zébrures, permet de prendre des photos réalistes, rigolotes et plus sentimentales qui si on choisit de faire direct du bang bang.

6. Ne pas se filmer en se rentrant un concombre dans le cul, sur le balcon, si les voisins ont des enfants de moins de dix-huit ans.

7. Porter une attention particulière à l’éclairage. Les chandelles c’est peut-être votre truc, mais sur caméra, vous n’y verrez rien, ce sera barbant.

8. Ne pas penser devenir une star juste parce que vous avez une collection de vos ébats. Ëtre une vraie pornstar, ça demande plus que des gros seins ou une queue aussi large qu’une canette de coca. Faut être capable de jouir sur commande, devant vingt intrus. Et accepter que maman et papa sauront un jour que leur fille chérie ne travaille pas comme professeure de chant classique, mais comme entertainer pour adultes avertis.

9. Ne pas manger épicé.

10. Soyez quelqu’un d’autre devant la caméra! Soyez plus pervers ou aguichante! Jouez! Sortez les foulards que vous portez habituellement autour de votre cou et nouez-les autour des poignets de votre amant. N’importe quoi, mais ayez du plaisir! Ou sinon, brûlez la caméra ou l’appareil-photo et menacer l’autre de dévoiler son penchant pour les concombres dans le cul s’il répète à qui que ce soit vos pratiques enregistrées.

Vivre avec un mini dildo pris dans son cul

décembre 12, 2008

Musique : Daddy Yankee, Cambio

Breuvage : Red Bull sugar free

C’est la fête de Tara Citron Fox. Près de quinze filles se sont regroupées dans les bureaux montréalais du site de webcam. L’une d’elle suce le clito de Tara dans une chambre, durant une private session, comme cadeau very special, pendant que les autres boivent des Smirnoff, des Stella Artois et des vodka-pamplemousse rose. Elles se filment et se photographient topless avec Tara qui ouvre la bouche devant leurs tétons tout durs. Tara échange ses fuck-me boots contre les souliers à talons hauts rouge en cuir vernis de Crystal. Les filles fument des topes en parlant de dee-jays, d’une future expo-conférence du monde de la porno à Miami et des chiens en peluche envoyés par un de leurs fans. Puis Marquis, leur patron, annonce qu’il a réservé le W, let’s go get drunk sweeties!

Il n’y a que Lilianne et Elisha qui restent au studio pour travailler, chacune dans leur pièce attitrée, le donjon pour Elisha, et la jungle room pour Lilianne. Le donjon est une pièce sombre et froide, super sado-maso, avec des chandeliers incrustés aux murs, des gargouilles et une balançoire à fessées. Et pour ce qui est de la jungle room, tout ce qui a de jungle dans cette pièce cosy c’est les coussins à imprimés léopards et zébrés. Lilianne fait du lipsinc sur des chansons de Justin Timberlake, en s’appliquant du lip gloss sur les lèvres à chaque dix secondes, ce qu’elle fait toujours ou qu’elle soit, dans l’autobus, dans un café avec sa cousine ou au Ikea.

Liliane a trois sessions en privé, une de quinze minutes avec un habitué qui lui répète à quel point elle est belle et douce et qu’il veut la caresser toute la nuit, une de cinq minutes avec un autre habitué qui adore l’entendre dire son prénom, avec son petit accent de québécoise charmante et qui lui dit toujours I love you, wish you were with me, is it possible, someday? Et un autre private d’une demie-heure, super excitant, ou elle se rentre une chandelle dans le cul et au moins quatre doigts très profondément dans la chatte. Elle aurait bien voulu se rentrer le poing pour montrer qu’elle est trop top, mais c’est interdit, l’entreprise pour laquelle elle travaille risquerait une amende.

Elle sait qu’elle aura une soirée trop cool, très performante, parce que c’est un samedi soir, et que tous les mecs, d’ici trente minutes auront  trop envie de se vider les gosses avant de s’endormir. Liliane dit aux mecs qui chattent avec elle qu’elle est tannée de son bikini blanc à cerises roses. Elle se déshabille devant eux, en shakant son petit cul de salope sans cellulite devant les caméras et revêt une robe en latex blanc. Elle montre sa pédicure aux mecs, en disant qu’elle a choisi le vernis à ongles dating a royal d’OPI, juste à cause du nom. Elle demande en rigolant s’il y a un royal dans sa chat room et un mec lui dit je peux porter une couronne pour toi cutie, et un autre dit je suis le roi du sexe. Lilianne dit c’est génial guys, you make me wet, who want to see how much I’m wet? Et pas de réponse, tout de suite Conrad33 l’a prend en private.

Conrad33 se présente, dit qu’il habite dans l’état de New-York et qu’il porte les petites culottes de sa femme, partie en voyage d’affaires, pendant que lui il fouette rien à la maison. Il demande à Lilianne de rester habillée et de mettre son collier de chienne. Elle le met et propose au mec de prendre une laisse. Elle attache la laisse au collier et lui dit qu’elle adore son nouveau maître. Conrad33 écrit qu’elle l’excite trop, il aimerait que sa chienne se fasse baiser par un gros dildo. Lilianne crache sur son dildo noir, le suce en haletant et se le rentre direct au complet dans la chatte. Elle dit que c’est trop bon d’être pleine, qu’elle est trop chanceuse de l’avoir comme maître, il est trop sexe et il sait ce qu’elle veut. Elle tire sur la laisse parfois, pour faire plaisir à Conrad33, elle essaie se trouver une bonne position, pour qu’il voit tout à la perfection sur son écran d’ordi. Elle lui demande ce qui le ferait venir, ce qu’il ferait jouir encore plus que sa chienne bien baisée par un dildo tout mouillé. Il répond je trouverais un autre jouet à rentrer dans ma chienne, dans son cul.

Lilianne lui sourit et fouille dans son coffre aux trésors, sous l’immense lit de la jungle room. Elle choisit un mini mini vibro mauve, qu’elle avait reçut comme cadeau de présence lors d’un party pour les dix ans du studio de webcam. Elle se met un peu de lubrifiant sur un doigt et se l’applique sur l’anus. Elle rentre son vibro, s’assoit sur le lit, pour avoir les jouets tout en elle. Elle bouge comme si elle baisait le lit en cow-girl, elle se frotte le clito contre la jetée en fausse fourrure de tigre. Conrad33 lui écrit qu’il veut la voir jouir, lui il approche, il approche, il va bientôt tout balancer sur son clavier, il ne peut plus écrire, trop dur, c’est bon, Lilianne regarde bien la caméra, elle supplie Conrad33 de venir bien fort en elle, elle le sent bien, son sperme tout chaud dans ses couilles trop pleines, come, come, I need it, elle se mord les lèvres, balance la tête un peu en arrière (mouvement super étudié, faut avoir l’air de perdre la tête, en quasi extase, mais pas montrer l’intérieur de ses narines, pas sexy), continue à baiser le lit de plus en plus fort, elle gémit et se pince les tétons. Conrad33 la remercie, il a trop éjaculé, Lilianne dit c’est un plaisir, toujours, d’être ta chienne, et elle essaie de retirer le mini vibro de son cul, elle se sent un peu inconfortable. Mais ses doigts réussissent pas à toucher le vibro. Fuck, fuck, elle soulève ses fesses, enfonce trois doigts, Conrad33 voit son air apeuré et il lui demande si tout est ok, elle dit oui, oui, c’est bon, il la remercie encore et lui souhaite une bonne soirée. Lilianne termine sa session privée, les doigts collés de lubrifiant, avec l’ostie de crainte que son vibro va rester en elle à tout jamais comme un scalpel oublié dans une cuisse d’une fille qui se fait liposucer.

Lilianne décide de faire semblant que tout est correct. Elle dit aux mecs de sa chatroom qu’elle prend une pause et un 7up-smirnoff aux framboises et revient dans cinq minutes. Elle sort de la jungle room et s’enferme dans les toilettes. Elle fouille son cul, elle y a fout les doigts, le poing, tente de chier, mais rien ne fonctionne Elle pleure et prie et se répéte des phrases zen, elle s’imagine mourir d’un sextoy pris trop longtemps dans son cul, qui écrase ses organes ou whatever.

 

Elle va cogner à la porte d’Elisha. Elisha est une québéco-allemande aux jambes longues d’un mètre cinquante, aux petits yeux perçants et aux répliques féministes et sexys bien senties. Elisha crie que Lilianne cognait à sa porte, ouh la la, elle a envie de se faire donner la fessés ou des coups de fouets peut-être. Lilianne prend une mini voix plaintive et dit non non, c’est pas ça, j’ai un problème, peux-tu prendre une pause de trente secondes. Elisha a un air concerné, dit see you very soon guys. Lilianne raconte tout, en disant que ouais ce serait super drôle une fois le jouet flushé, mais là, c’est apeurant. Elishadit qu’elle peut la masser, lui appeler un taxi, mais que Lilianne devrait vraiment partir s’acheter des tisanes diéturiques et tout et tout. Elle lui dit ne t’en fais pas, c’est déjà arrivé à une fille avant toi, elle s’était rentrée son tube de rouge à lèvres et il avait magically disappear in her, et moi c’est les éponges, j’ai tout le temps l’impression qu’elles vont se désintégrer en moi et me rendre infertile, courage sweety, cheers to your ass.

 

Lilianne s’habille super vite, ne dit même pas kiss kiss à ses mecs, et elle va à la pharmacie, et dans un Mc Donald aussi, pour la totale (dans sa tête ou whatever, manger un Big Mac égale merde immédiate). Elle avale tout, et elle décide de marcher jusqu’à chez elle, une marche de dix minutes, à se répéter ses mantras et à boire le reste de son thé glacé. Elle approche de son condo, elle est à genre deux minutes, quand ça commence à pousser grave dans son cul. Elle a plus de contrôle et elle a super peur de se salir, d’avoir l’air d’une grosse clocharde malade dans son quartier de wannabes distingués. Elle  court, jette son thé glacé dans une haie, trouve ses clés et court dans les escaliers en faisant un boucan monstre, à minuit, mais entre réveiller tous ses voisins et tous les chiens de ses voisins, et chier dans ses culottes, c’est comme évident le choix de Lilianne. Elle  dit faut que j’aie chier à son fuckfriend qui veut la frencher dès qu’elle entre dans le condo qui sent la tarte fraises-guimauves.

 

Aux toilettes, elle le jouet tombe tout seul, d’un coup, un sextoy mauve recouvert de merde, elle est trop contente qu’elle en pleure. Elle recueille la relique dans des papiers essuie-tout, la jette dans les poubelles et prend une douche super rapide, pour offrir un cul tout propre à la bite de son fuckfriend.

Mon but dans la vie : être capable d’enfiler un condom avec ma bouche

novembre 6, 2008

               

Yigal Azrouël, un designer trop sweet, a dessiné des condoms pour encourager les girls à acheter des condoms sans être genées. Il a cinq sœurs et il dit que c’est pour cette raison qu’il croit que toutes les femmes devraient bien se protéger et bouder les mecs qui ne veulent pas de condom sur leur bite.

(Oh gosh, j’aime pas les condoms, ça m’irrite sans lubrifiant et tout, mais si Alexandre Le Grand devait en mettre encore, je trouverais le distributeur canadien des condoms de Azrouël. Tellement mieux que les condoms qui goûtent la pâte à modelée à la cerise.)

Et qu’est-ce que devient monsieur E.Spitzer?

novembre 5, 2008

Un de mes sites préférés, que je vais voir au moins cent fois pendant la journée, est Perezhilton.com. Il y a toujours des trucs intéressants, comme la dernière paire de souliers portés par Kate Holmes ou les déclarations fracassantes de Miss Holly Madison sur son ex, Playboy Hugh Hefner. Et l’autre jour, il y bloguait sur différentes compagnies qui offraient de la marchandise gratuite aux voteurs de l’élection historique d’aujourd’hui. Starbucks, Ben and Jerry’s et Krispy Kreme promettent tous des gratuités aux électeurs avec preuve de vote. Mais le best of the best, c’est une compagnie de sex toys, Babeland, qui offre des vibrateurs!

Voter pour mieux se crosser, c’est génial!

Source photo : store.babeland.com

Et celui qui me demandait d’imiter un chat furieux?

octobre 23, 2008

Musique : Kelis, Keep it down

Crème glacée : Rocky Road de Haagen-Dazs

 

 « I”ll tell you this: I’ve learned my tricks. I know what I like. I do not wait around. I initiate. And I’m not all about frequency. I favour intensity. There have been some men in my life who have been wickedly sexy and have taught me much about sexual pleasure. There are a few men I should thank, and others I need to forget. »

 

Halle Berry, Esquire

 

Quand je suis tombée sur cette citation de Halle Berry, ex Bond girl mais toujours Bombe girl, ça m’a fait sourire. Je me suis demandée qui j’aurais à remercier, ou qui j’aurais à oublier. Sauf que j’ai tellement déjà une mémoire sélective performante que ceux que j’avais à oublier, je les ai déjà oublié depuis une éternité. Sauf que, sauf que, j’ai médité trente minutes, à boire du thé Potion Beauté de Thérapy avec Marissa, et ça m’est revenu.

Marissa a dit qu’une de ses pires expériences, c’était avec un arabe, arrivé tout juste alors qu’elle venait de se faire baiser huit fois, bang bang bang en ligne. Il était dix-sept heures trente, elle devait terminer à dix-sept heures, mais elle l’a accepté quand même, dans l’appartement ou elle reçoit des clients trois fois par semaine, environ. L’arabe la voulait pour une heure. Elle a dit juste une demie-heure, je suis trop exhausted. Il était super fru, tellement fru qu’il ne bandait pas. Il a commencé à l’insulter, à lui dire qu’il avait demandé à son imam la permission d’aller voir une escorte, il était genre pardonné pour ses péchés de toute une journée, et c’était la première fois qu’il demandait une telle permission.

 

Et elle a dit qu’elle déteste les mecs qui restent trop longtemps, qui dépassent l’heure, qui la gêne, elle ne dit jamais il est tard, tu devrais partir, j’attends quelqu’un d’autre, mais putain, ça rogne sur son temps de douche et de remaquillage. Elle n’aime pas aussi les mecs trop exigeants, genre qui la prennent pour une reine porno, juste parce qu’elle est payée pour se faire mettre. Il y a une semaine, elle a eu un monsieur Muscles qui ne comprenait pas qu’elle n’était pas trop énergique, après une heure en cow-girl. Il lui disait ça fait une heure que tu as commencé, what the fuck, tu peux pas être fatiguée, c’est un bon exercice en plus. Mais elle déteste être en cow-girl et ses jambes étaient crissement fatiguées.

 

Elle tient à dire qu’elle veut pas avoir l’air chiante, quatre-vingt dix pour cent des mecs elle les adore, elle les sucerait gratis si ça rendait pas les autres filles de son agence furax. Elle aime beaucoup un marin à grosse graine, qu’elle voit à chaque deux-trois mois, qui lui a ramené un bibiki made in Brésil et qui aime tellement ses seins, il lui répète tout le temps de jamais les faire grossir, qu’elle s’est mise à les trouver sexy, ses seins taille 32A. Elle tripe aussi sur un avocat d’origine suisse, il se coke tellement qu’une fois sur deux il ne la baise pas, il fait juste parler non stop. Il lui a avoué qu’il avait déjà joué à la pute lui aussi, pendant un long weekend avec une très belle femme d’âge mûre. Elle se permet de déconner avec lui et va parfois le voir, il a un appart dans le Vieux-Montréal, plein de tableaux de Claude Montoya, pour écouter des vieux films français. Mais surtout elle dit que comme escorte, elle doit l’appel de sa vocation spéciale à Evelyn Lau, une auteure canadienne qui explique dans ses livres, dix ans avant Arcan, ce qu’est la prostitution, ce que sont les choix que ça implique, les autres filles, les jalousies, les envies d’autres choses, et le plaisir, aussi, bien plus fréquent que le dossier spécial prostitution de La Presse le laissait croire, il y a une ou deux semaines.

 

Moi, en littérature, mes remerciements reviennent à Philippe Djian, le seul mec qui réussit à me donner la patience de me faire jouir avec les doigts. Et c’est pas pour le flatter, mais mon Alexandre La Graine, c’est le meilleur, je sais pas si c’est parce qu’il s’est tapé un million de filles avant moi, mais il est trop, il m’a appris ce que j’aimais vraiment, il répond à toutes mes suppliques, et le bruit de mon vibrateur le dérange jamais.

 

Et même si je lui ai déjà raconté cent fois, Marissa a trouvé amusant que je lui rappelle un de mes mecs à oublier : un weirdo qui s’était déjà fait jouir dans une Bible et qui m’avait fait un masque de sperme, sans me dire, après, que ça séchait drôlement pas fashion sur mon visage. Résultat : je suis allée à mon cours de littérature nordique avec du sperme en croûtes sur le visage, vraiment pas subtil, je m’en suis rendue compte seulement à la pause, devant le miroir des toilettes pour dames. Sinon, je comprends pas encore le mec rencontré dans un Café Dépôt, qui voulait que je le suce, avant qu’il ne me pénètre, mais zéro léchouille pour moi, et en plus, il avait barré sa porte de chambre et il avait deux amis qui écoutaient de la porno dans la pièce d’à-côté (de la porno laide, des années 80 genre, avec des murs vides et pastels, et une fille à la perruque blonde et frisée qui couinait comme une conne en se faisaint bourrer la chatte).

 

Quand Marissa est repartie chez elle, j’ai questionné Alexandre Le Grand. Il savait pas trop. Il disait que toutes ses expériences étaient extras. Il a niaisé en disant souhaiter remercier le livre de cuisine qui lui a permis de concocter le meilleur cassoulet du monde, mets qui attirait les étudiantes en sciences infirmières jusqu’à chez lui, alors qu’il étudiait à l’Université de Laval à Québec. Et à oublier, son ex-femme qui voyait le sexe comme une récompense, qui le menaçait de pas avoir son bonbon s’il faisait pas ça, s’il disait pas ça, s’il lui reprochait ça ou s’il n’était pas d’accord avec elle sur le fait que Dr Phill était la personne la plus intelligente des Etats-Unis.

 

Et pour finir, j’ai reçu un courriel hillarant de ma Misha qui me confesse ses aventures réjouissantes et préoccupantes :

 

« Je pourrais dire merci à celui qui se frottait sur ma cuisse comme un chien pour m’avoir fait comprendre que l’humour ne peut pas toujours pallier à des pratiques sexuelles déviantes (et pour m’avoir ouvert les yeux sur ce qu’était réellement une pratique sexuelle déviante). Je pourrais remercier celui avec qui je dors maintenant qui est tellement fait pour moi, même s’il me fait un peu flipper quand il se met des brassières sur la tête pour mesurer les bonnets (ah non, c’est vrai, c’est moi qui fait ça. Merde). Je pourrais aussi dire merci à mon grand amour de jeunesse parce que grâce à lui, j’ai appris qu’il y a des choses pires dans la vie que de soudainement péter devant son chum : que son chum avoue que ça l’exciterait plus que tout de nous péter dans la face (ça, c’est une autre déviance pour laquelle l’humour ne rien faire). Pour toujours, je remercierai celui qui m’avait écrit que j’étais belle (belle comme dans « belle personne », grosse boule de lumière qui illumine assez pour faire cuire une grosse batche de biscuits), cinq ans trop tard. Merci à Jean Guilda grâce à qui j’ai compris qu’avec un minimum d’efforts, n’importe qui peut avoir l’air d’une belle femme. »

 

(Je l’ai questionné sur quel mec voulait qu’elle lui pète dans la face et elle ne m’a pas répondu, la salope, mais sans joke faut être ouvert et se dire qu’il y a des fétichistes weirds dans le monde, mais tout de même, super sympa, leur vision de l’érotisme.)

« Et franchement, je suis incapable d’oublier les mecs, et je ne voudrais pas non plus. Sauf peut-être pour cet Indien qui ressemblait étrangement à mon meilleur ami. En plus d’avoir l’inquiétante impression d’être incestueuse en couchant avec lui, je n’ai pas du tout apprécié l’usage qu’il a fait de la livre de beurre qui traînait à côté de sa débilité de pump my cock sur la table de chevet de son appartement crade. Lui, des fois, je l’oublie. Puis, quand je vais à la Compagnie de Bombay et que je vois des pieds de lampes dangereusement inclinés, je pense à lui. »