Archive for the ‘family power’ Category

La littérature comme raison à la mouille sous mes ongles

novembre 26, 2008

Quand j’étais petite, ma mère ne me laissait pas écouter la télé, à part Robin et Stella, et Bibi et Geneviève. À dix ans, j’étais super reject à l’école les lendemains de Chambre en ville ou de Chop Suey. Et je me souviens que je pensais que Marina Orsini avait l’air de jouer dans toutes les émissions hot (elle a tout fait non? prof? sauvageonne? urgentologue en chaleur?). Ma mère était super pas juste.

 

Mais ma mère, même si elle était sévère niveau télé, me laissait lire n’importe quoi. C’est ainsi qu’elle m’avait suggéré de lire La bicyclette bleue à neuf ans. J’avais adoré : des filles riches déviergées, des jeunes pétasses qui aiment baiser dans les ruelles, des viols sanglants et des expériences traumatisantes genre le lancer du bébé juif sur le mur. Si ça se peut, c’est ma mère qui m’a rendue totale obsédée. Après, vers onze ans, elle m’a proposé de lire les sagas de Virginia C.Andrews. OMG. Les romans de Virginia C. Andrews c’est des mixtes entre Aurore l’enfant martyre, les grands succès de Danielle Steel, les histoires judiciaires des frères Hilton, et des films pornos crades. Le frère baise avec sa soeur, mais il ne savait pas que c’était sa soeur, ils sont enfermés dans un grenier pendant dix ans, ils mangent des rats, ils se marient et ont des enfants, les enfants découvrent que leurs parents sont des frères et soeurs, ils sont total rébutés, deviennent prostitués, drogués ou danseurs de ballet, et couchent avec leur arrière-grand-père. Super cool. De quoi s’inspirer dans la vie quotidienne, sans blague.

 

Et après, plus tard, quand j’ai lu Evelyn Lau et ses histoires de filles fraîches choisies pour baiser une heure dans une chambre, ses histoires d’asian girls qui se promènent en taxi du bordel jusqu’à chez elles, et qui se font leur professeur de littérature dans le salon du monsieur, pendant que l’épouse somnole au lit, et après Josée Yvon, et, encore un peu plus tard, quand j’ai lu Nelly Arcan et ses angoisses au collagène, à la coke et aux cheveux blonds, j’ai voulu tout savoir, j’était super boulimique de toutes les expériences sexuelles du monde entier, je voulais savoir comment les pornstars faisaient pour sucer un cheval, et ce que ressentait une pute après une dizaine d’heures de travail. Et quand j’ai lu Virginie Despentes, en entrevue dans, je pense, Rock’n Folk, j’ai compris que je voulais avoir le même but qu’elle : m’approcher le plus possible de la féminité, connaître les escortes, les danseuses, les putains de téléphonistes érotiques, pour savoir c’était quoi le secret, c’était quoi le secret de tout, du cul, des hommes qui aiment entendre les femmes jouir, des hommes qui aiment écarter les fesses des putes pour y rentrer leur bite sans rien demander, des femmes qui se font mettre un doigt au restaurant, par leur amant, des femmes qui savent séduire, et avoir l’air tellement confiantes, l’air des femmes qui savent séduire et qui aiment faire semblant d’être au top de tout, cet air triomphant qu’elles ont, celles qui se font payer, parce qu’elles savent, c’est sûr, elles en savent un peu plus que nous, nous qui restons là à lire les mêmes articles sur le point G dans les magazines, les mêmes articles, année après année, de pourquoi il faut s’habiller en Mère-Noel pour l’allumer, quand c’est décembre, et en lapine de Pâques, quand c’est genre fin mars, début avril.

 

(J’ai l’air d’être frustrée, mais je ne le suis pas, je me trouve super mignonne dans mon costume de lapine de Pâques.)

Vice de procédure tentant

octobre 26, 2008

lecture : Cormack Mc Carthy, La Route

musique : Chinatown, Secousses

en manque : oui

 

J’aime beaucoup ma famille, j’ai une maman parfaite, qui court ses 10 kilomètres par jour et qui cuisine des petits plats pour mes frères qui étudient à l’extérieur du monde repentignois, un papa parfait, qui invite à tour de rôle ses enfants pour des parties de hockey et qui ne s’offusque pas quand maman parfaite rit de son amour pour Joe Dassin, et des frères trop cools pour être parfaits, que je ne vois pas assez souvent.

 

L’autre soir, après un début d’après-midi passé chez Élise et Jean-Pascal, et leur merveille de quelques mois, après une sieste de deux heures car ultra fatiguée, une sieste toute nue dans des draps frais, après m’être habillée plus chic que ce matin (j’étais trop ultra fatiguée le matin et j’avais osé me trouver cute avec une robe à motifs roses et gris et des bas collants rouges), j’ai vu Marky Mark pour la première fois depuis le mois de juillet. Il avait commencé sa session à l’université, il était super heureux, nous sommes allés au dépanneur pour faire une provision de pots de crème glacée. Nous avons vu le plus parfait des bulldogs, mon frère l’a niaisé en lui criant qu’il était bas sur pattes et là le chien nous a fait un grand sourire en frétillant sa queue, c’était très excitant.

 

À la maison, pendant que Alexandre Le Grand regardait les images de l’actrice porno qui jouerait Sarah Paulin dans un film politico-sexy-bouffe-la-chatte-à-Hillary, mon frère m’a raconté comme il avait rencontré Marilyn, sa copine maîtresse d’un pug indomptable (il a chié sur l’édredon d’une de ses colocs et manger le nez d’un toutou géant à son autre coloc, toutou géant reçu comme cadeau à la Saint-Valentin) et future avocate décidée à faire régner la justice dans des pays dangereux (Colombie baby).

 

Soûl dans un party (Marky Mark a tous les vices possibles), un de ses amis lui a dit qu’il avait besoin d’un lift pour repartir à Sherbrooke le lendemain. Marky Mark lui a dit qu’il n’avait pas problèmes. Pendant la soirée, une fille super cute lui a dit que sa soeur étudiait aussi à Sherbrooke et qu’elle avait eu un accident d’auto, elle avait trop peur de conduire toute seule, elle voulait savoir si Marky Mark pouvait lui faire un lift également. Mon frère lui a demandé son nom, il a compris « Caroline », et il était tout de suite très heureux. Caroline, c’est la super salope qui étudie en droit, elle a l’air dans les vapes tout le temps et elle a des seins de poupée gonflable, une bouche de Barbie et des cheveux de Playmate. La classe, genre si je la rencontrais, ce serait mon modèle absolu (présentement, mon modèle absolu est Gina, la soeur de Joey, dans la série Joey, jouée par Drea de Matteo, elle s’habille super vulgaire, super moulant, toujours, et zébres, et léopards, et ongles d’un kilomètres).

 

Le lendemain matin, il téléphone à la Caroline, mais au bout de la ligne, la fille dit quoi, c’est Marilyn, par Caroline. Mais mon frère reste chaud, la voix de la fille il la trouve belle. Pendant le trajet de Repentigny à Sherbrooke, ils parlent de plein de trucs, Marky Mark se demande si le mec qu’il a vu brièvement avec elle, avant leur départ, est son chum, mais elle lui dit qu’elle est célibataire, qu’elle a cassé il n’y a pas très longtemps avec le gars en question. Comme les avocats sont tous des bêtes de sexe (Marissa a un client qui lui a confirmé ça, sous pression les avocats deviennent addict au sexe spectaculaire, Marissa a un avocat qui aime la voir pisser, un avocat qui aime qu’elle lui morde très fort les têtons, un avocat qui sniffe de la coke sur la queue d’autres mecs) et des bêtes sociales, il y a toujours un party officiel ou non pour les étudiants en droit, et Marky Mark a proposé à Marilyn de l’accompagner au prochain.

 

Au party, il boit trop, il sait pas ses limites, c’est un Nelson comme moi, et il se sauve avec la belle Marilyn, décidant de jouer au vilain garnement de dix ans, à sonner aux portes des maisons toute proches et à courir au plus vite après trois-quatre-cinq sonneries gossantes (jeu très poétiquement nommé sonne-décrisse). Marilyn, au lieu de le traiter de fou, court super vite et rigole. Marky Mark ne se souvient plus trop des événements après, mais il a piqué le balai d’un concierge et le lendemain, sa coloc et les voisins l’ont engueulé parce qu’il a trop fait cogner son lit contre le mur de sa chambre.

 

Je trouve ça trop chou. Je leur souhaite beaucoup de plaisir ensemble, avec balai ou sans balai, pas de pug coquin entre les jambes, et du vin d’épicerie à partager bientôt avec eux et Alexandre Le Grand.