Émission de télé : Loft Story en reprise
Couleur de vernis: Sheer Pink (très Upper East Side)
Il y a quelques jours, c’était la fête de Sarah Lee. Je suis arrivée super tard au resto parce que je travaillais jusqu’à dix heures et quart, je suis arrivée en stilettos trop grands, les pieds souffrants, à traverser le marché Jean-Talon comme une voleuse de tomates, à pas savoir ou la putain de rue Casgrain est. Après avoir avalé trois méga verres de vin blanc australien, admiré des Puma verts achetés cinq dollars par Sarah Lee, discuté de Jane Birkin, de voleurs d’auto, d’institut maritime et de boule chinoises, je suis repartie chez moi en taxi, hyper éveillée et hyper fatiguée all at once.
Mon mec Alexandre Le Grand écoutait Letters from Iwo Jima. Je me suis déshabillée super vite, me sentant mieux sans rien sauf mon faux bronzage en spray, qu’en skinny jeans noirs Guess. J’ai parlé à l’homme de ma vie du chat de Sarah Lee, que j’aime trop violemment pour lui. Je me suis demandée si les amis de Sarah Lee m’avaient prise pour une petite bitch prétentieuse, because j’avais trop parlé longuement de la fête que j’organisais pour Paprika, ma chatte chérie.
(Je lui ai déjà acheté un cadeau: un superbe tutu rose acheté sur etsy.com, agrémenté de petites roses surpiquées. Elle va être trop chou, le temps de quelques photos. J’ai pas ma carte PETA ou Greenpeace ou whatever, mais je suis pas sadique, quand même. L’an dernier, je lui avais offert un collier rose avec de faux diamants et elle en avait mangé le trois quart,à s’en étouffer, la salope. Et elle avait reçu des milliers de petites boites de nourriture molle des invités chéris. Et des souris en tissu, toutes perdues maintenant sous le réfrégirateur.)
J’ai suivi Alexandre Le Grand au lit, stressée parce que j’avais genre seulement cinq heures de sommeil devant moi (tout le monde le sait, un beauty sleep nécessite au moins sept heures trente de sommeil). Je me suis collée contre lui, il était tout chaud, on a parlé de sa petite fille, de notre voyage bientôt, des valises à faire avant le prochain week-end, de sa mère, de chicanes de testament, de la définition du mot usufruit. Pas très sexy tout ça, mais Alexandre Le Grand est Alexandre Le Grand, et Mélodie Nelson est euh moi, alors nous nous sommes amusés, même avec les yeux tout petits de sommeil et le corps engourdis par les verres de vin blanc, et la bière étrangère. Il a demandé mon cul et oh my god, j’ai pas encore vraiment décidé de ce que je me permettais d’écrire ici, mais j’ai refusé, parce qu’il était tard, et que je voulais pas trop avoir mal. Parce que vraiment, pour la sodomie, quand est-ce que la bite est trop grosse, quand est-ce que ça commence à être trop gros pour gémir en trente secondes? Et quoi faire avec la bite trop grosse sans y risquer son prépuce ou son anus?
(Marissa, une gorgeous copine escorte, a à chaque deux semaines le même client, Simenon. Même s’il est super gentil et qu’il lui laisse plein d’argent en extra, elle se force à sourire quand elle le voit, parce qu’elle sait que le reste de la journée va être difficile après le passage de la plus-que-méga-grosse bite. Quand elle le suce, elle est capable d’écorcher que deux centimètres de peau, parce qu’il faudrait qu’elle s’ouvre au couteau la bouche jusqu’à ses joues pour goûter plus à sa bite. Et quand il la pénètre, le condom, trop petit, éclate et Marissa saigne de la chatte un petit peu, ce qui est très gênant pour les autres clients. À l’école secondaire, je me souviens d’un mec, un an plus vieux que moi, qui redoutait de dévierger sa blonde parce qu’il savait que ce serait un massacre, une mauvaise première fois qu’elle raconterait pendant des siècles à ses copines. Et moi, pour vrai, n’importe quelle bite est trop grosse pour mon cul, à part celle d’un asiatique qui en a une de deux centimètres et demi bandé (du déjà vu, promis-juré-craché). )
(Mais c’est bien, la sodomie, en tout cas, après deux-trois minutes, c’est bien, très bien, sinon, si je m’en tiens juste aux premières minutes, c’est du stress, et un tiraillement, un écartement douloureux. Ce qui fait chier dans la sodomie (à part la grosseur des queues), c’est qu’en lisant Cosmopolitan ou Adorable, j’ai l’impression que toutes les filles qui ont quatorze ans et plus le font avec joie, attendrissement, excitation, et avec un cul propre. Dans Adorable, même s’il parle de désagréments de l’after-sodomie, ça dit qu’avec des bisous dans le cou, du lubrifiant et une grande respiration, c’est impossible d’avoir mal et de pas toujours, toujours, demander ça à son mec, après l’avoir essayé une fois.)
Le lendemain du souper de fête de Sarah Lee, je revoyais des amies du secondaire, Misha, Justine et Amandine, pour manger des tapas au resto Dans la bouche, renverser des kir sur des Repentignois et boire trop de vin blanc. Pas qu’il me faut trop de vin blanc pour parler de sodomie avec des copines (déjà dans le taxi j’en parlais avec Misha), mais ça aide. Misha avait l’air super ouverte à l’idée, mais elle se demandait ce qui excitait vraiment les mecs dans cette pratique sexuelle. Je disais l’interdit, le fait que ce soit super serré, et si tu tripes caca mais pas poire à lavement, c’est le top. Justine, qui capotait dès que j’ai commencé à traiter Amandine de salope (un mot doux pour moi, qui sonne très très bien depuis qu’Alexandre Le Grand me surnomme comme ça) au téléphone parce qu’elle était en retard et que j’ai sacré (je prends trop plaisir à dire crissement et câlisse, c’est un vilain défaut, mais je suis pardonnée parce que je le dis d’une manière convaincue et sexy habitante), a comme fait une drôle de face et dit que jamais, jamais, jamais, ça lui arriverait, de se retrouver avec une queue entre les fesses, que même une queue proche de ses fesses, elle refuse et capote. Je me suis sentie super heureuse de savoir que mes amies étaient pas toutes des pétasses qui lisent Adorable en jouant avec leur anneau dans le nombril. Mais bon, faut aussi s’ouvrir un peu plus parfois (pour bien s’ouvrir avant la sodomie, demander bisous dans le cou, crachat entre les fesses, lubrifiant et grande respiration).
De retour chez moi, après avoir fait promettre à Amandine de se revoir bientôt pour déjeûner, et avoir fait bien peur au chauffeur de taxi qui pensait que j’allais être malade (je ne suis jamais malade, à part le jour du Nouvel An), j’ai gueulé comme une folle à Alexandre Le Grand que j’avais passé une soirée trop cool et je lui ai montré des photos de moi en train de frencher une vitrine de pâtisserie sur Mont-Royal (la vitrine était trop tentante et Amandine disait que c’était à cet endroit-là qu’il y avait les meilleurs macarons au monde). Il m’a forcé à aller me coucher, et nous nous sommes bien endormis, le contenu de ma sacoche répandu dans le corridor, mes collants lilas dans la salle-de-bains, mon maquillage bien appliqué sur l’oreiller, et ma main dans la main d’Alexandre Le Grand.
Alexandre Le Grand, même s’il adore la sodomie, a une morale bien importante : il dit que jamais faut enculer une fille trop saoule. Je trouve ça merveilleux d’être avec quelqu’un qui a une éthique de la baise.
Bisous dans le cou à tout le monde. Je suis Mélodie Nelson, j’ai un égo over the top souvent, mais j’ai aussi un mec plus tentant que tous les macarons du monde.