La honte

Je connais quelqu’un dont la fréquentation doit laver tout ce que contient un endroit – sa voiture, sa chambre – où une relation sexuelle a eu lieu. Son sperme le dégoûte. J’écris pas ça pour en rire, même si j’adore imaginer une telle scène dans une téléréalité ou une comédie romantique, j’écris ça pour mesurer à quel point la haine ou le dégoût ou la honte peut ériger toute sexualité en objet de déviance. 

Il n’aime pas son sperme. Assez pour nettoyer sa chambre à minuit, trois fois par semaine, avec produits nettoyants et chiffon. 

Moi je cachais mes petites culottes quand je commençais mes menstruations sans serviette pour protéger mes sous-vêtements. Je les cachais. Je n’étais pas gênée d’être menstruée, mais quelque chose restait là, dans l’embarras, dans la fuite, dans l’oubli exigé. 

Étiquettes : , , ,

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :