Audrey-Anne va bien

Du 8 février au 8 mars, j’ai envie de vous présenter des femmes que j’aime. Chaque jour, pendant un mois, une femme. Un mois en attente de la Journée internationale de la femme, que cette journée signifie quelque chose pour vous ou non. Ces femmes, je les aime. Elles sont importantes parce qu’elles ont un prix Nobel ou parce qu’elles sont les premières avec qui j’ai joué à Alerte à Malibu dans ma piscine.

Audrey-Anne photo

C’est une jeune fille de douze ans.

Elle a des yeux fatigués. Des cheveux comme j’aurais voulu en avoir et comme je n’aurai jamais. Des cheveux à la Gisele Bundchen, mais je ne crois pas qu’elle sache qui est Gisele Bundchen.

Si je la questionne, elle va bien.

Sauf qu’elle ne pleure jamais. Je la connais depuis dix ans et elle ne pleure pas.

Elle est grande, plus grande que ma mère. Elle porte des jeans et des chemises à carreaux qu’elle achète chez Ardène, avec sa grande sœur ou son père. Parfois je critique la longueur des manches de ses chandails. Je ne devrais pas critiquer. Quand je critique, je pense à sa mère, mais je ne devrais pas penser à sa mère.

Ses ongles sont vernis. Elle me laisse vernir ses ongles et nous ne sommes jamais aussi proches que lorsque je lui vernis les ongles. Quand elle était petite, elle aimait avoir tous les ongles d’une couleur différente. Maintenant, ça dépend.

Ce weekend, alors qu’elle était déguisée en Blanche-Neige, je l’ai prise en photo. Elle était avec ma fille et mon fils, à faire un casse-tête. Sur la photo, elle a à nouveau huit ans. Elle a les joues rondes de ses huit ans, un visage concentré, amusé. Elle a mon fils, grognon, tout contre elle.

Peut-être parce qu’elle ne pleure pas, peut-être parce que je ne connaissais pas d’autre enfant avant elle, j’ai toujours eu de la difficulté à lui donner un âge. Mais sur la photo, elle avait huit ans et j’étais heureuse, de la retrouver comme ça, importante, au milieu de mes enfants, importante et enfant, avec ses longues jambes, ses pieds chaussant mes bottes, encore un peu enfant, elle qui ne m’a jamais aussi peu sembler l’être, quand je la compare avec ceux que je connais, maintenant.

Je me souviens d’elle, à cinq heures du matin, un jour après notre retour de vacances en Bretagne. Elle était éveillée et moi aussi. Nous étions allées sur la piste cyclable du Canal Lachine, avec sa poussette. C’était en juillet ou début août. Il était cinq heures du matin et je courais et je voulais l’entendre rire.

Nous avions achetés des fleurs pour son père. Et une chocolatine pour elle.

Je crois qu’elle avait ri quand je courais.

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