Club sandwich, doublage porno et ballon rose pénis

                                           

J’ai reconnu l’auto d’Alexandre Le Grand, j’ai laissé sur la banquette arrière le beurre corporel vanille-pomme-framboise que je m’étais acheté sur l’heure du midi, un livre sur l’histoire de la lingerie et des tas de t-shirts Old Navy avec des papillons, des têtes de mort roses et des ancriers, pour la princesse de cinq ans, que nous verrions durant le prochain weekend, et j’ai embrassé mon mec. Je lui ai demandé s’il s’était reposé un peu aujourd’hui, il a dit un peu. Je l’ai grondé parce que le samedi, je voudrais qu’il se lève à onze heures et qu’il passe la journée à se crosser ou à caresser Paprikalicious.

J’ai retiré mes jeans, mon col roulé et j’ai attendu un feu rouge pour retirer mon soutif. J’ai enfilé une robe toute simple mais superbement coupée, qui me moulait bien les tétons dans un tissu écarlate soyeux. Je me suis remaquillée en foutant plein de correcteur de teint Lancôme sur mes doigts, et de l’ombre à paupières argent brillant, et du mascara noir ténèbre sur mes cils, et en stries, sur mes doigts, encore. 

Il s’est stationné, nous marchions vers Chez Roger, en entendant des enfants jouer au hockey, je lui ai dit je t’aime, j’ai pas fait de cauchemars hier soir. Il m’a demandé comment avait été ma journée, au travail. J’ai dit je voudrais bien que tu me pinces les tétons. Il m’a mordu le cou et a pincé très fort, après avoir légèrement ouvert mon manteau Miss Sixty. J’ai commandé une bière Cheval Blanc, Alexandre Le Grand aussi, et je lui ai parlé d’Olivier Choinière. Olivier Choinière, c’est un mec avec des lunettes à grosses montures noires sexys, qui produit, écrit et traduit plein de pièces de théâtre et qui me fait fantasmer depuis que j’ai vu la pièce Venise-en-Québec, il y a genre deux-trois-quatre ans. Alexandre Le Grand a dit j’ai besoin d’un cardigan, comme le gars assis en diagonale, là. Je lui ai dit que sa nouvelle chemise était superbe, parce que je la trouvais vraiment superbe et aussi parce que je souhaitais qu’il me dise que ma robe était extra.

Alexandre Le Grand buvait sa bière blanche, pendant que moi je babillais comme une folle, j’étais super contente de passer la soirée avec lui, j’étais super contente que la semaine soit finie. Je me suis excusée mille fois de m’être réveillée grognonne presque à tout les matins. Il m’a dit tu es bonne à baiser, même quand tu chiales et que tu refuses de croire que l’heure du réveille-matin est vraiment la vraie heure. Il a terminé ma bière et nous avons filé vers un diner. Nous voulions du gras, j’avais mangé sushis santé le midi, et lui presque rien du tout, on avait le droit à notre arrêt au Nouveau Canada. 

J’ai commandé un club sandwich et Alexandre Le Grand, un méga burger. Il y avait un monsieur qui buvait un verre de vin rouge, super digne, devant une pointe de pizza et une revue. Et des vieilles madames habillées en coton ouaté. Et un mec en camisole sale à la Tony Soprano. Ça me faisait penser au resto Miracle Pizza, dans St-Henri. Quand Alexandre Le Grand et moi on habitait juste en face du Canal Lachine, j’adorais Miracle Pizza. Je m’y rendais, en été, à tous les midis, pour deux pointes succulentes de pizza, juste avant de perdre tous les calories en soirée, au travail, ou dans un after. Et je m’y réfugiais aussi quand il y avait une panne de courant ou quand un mec menaçait de me péter la gueule avec ses amis parce qu’il me prenait pour une pute qui lui avait volé dix dollars.

J’ai terminé mon club sandwich, mais pas mon verre d’eau, et nous sommes partis en gambadant jusqu’à l’auto, direction Aux  Écuries, pour un doublage de film porno devant public, une conception formidable d’Olivier Choinière, le mec à lunettes à grosses montures noires sexys.  Alexandre Le Grand a pris un verre de vin rouge, juste avant que deux filles s’extasient de la possibilité de boire du cidre de glace sur place. Le programme de la pièce de théâtre ParadiXXX était imprimé sur des cassettes vidéos, j’ai trouvé ça génial, j’étais toute excitée et j’espérais voir plein de bites sur écran géant. Je suis allée pisser deux fois en dix minutes, pour être certaine-certaine de bien profiter de ParadiXXX, et de me croiser et me serrer les jambes dans la soirée juste pour m’exciter le clito, et non pour retenir des gouttes de pipi.

La salle de spectacle était quasi pleine. Alexandre Le Grand et moi on s’est assis direct dans l’espace cabaret, devant la scène, avec deux verres de vin rouge. Je souhaitais que les comédiens puissent voir mes tétons durs durant leur doublage porno. Au début de la séance, chacun des comédiens se présentait, Marc Beaupré, Émilie Gilbert, Sébastien Rajotte et Céline Brassard, ils disaient leur âge, et testaient leurs cris de jouissance. Déjà je capotais, je me demandais s’ils jouissaient comme ça, ou si c’était des cris de jouissance à saveur fake-porno-pour-le-micro. Les bruiteurs, aux côtés des comédiens, participaient aux tests de son, en testant des bruits convaincants de ballons en forme de bite, et de téléphone vieux de dix ans au moins.

Le film porno a commencé, presque filmé de façon artistico-mouillante, et le doublage d’une journaliste brunette, d’une collégienne qui parle du vide et du plein, d’un mexicain sociable, d’un valet de chambre soumis et d’un physionomiste musclé était hilarant. Les scènes plus hardcores étaient coupée (j’ai pas vu de pénis plus de deux secondes), et tout était si bien répété, huilé, lubrifié, exposé, trafiqué. Je sentais mes tits durs et je riais à chaque trente secondes, à chaque soupir orgasmique d’une fille qui fait du yoga, à chaque réplique sur le partage et sur la générosité de telle blondinette aux mini seins et de tel mec aux grognements caverneux. Je regrettais la présence d’une table entre moi et Alexandre Le Grand. J’aurais voulu le toucher et voir si ça le faisait autant bander que rigoler, le doublage de la fille aux jolies fesses rondes qui fait pipi en parlant des difficultés du métier d’acteur.

Nous sommes repartis ensuite à l’appartement, moi j’avais envie de marcher comme une pute jusqu’à l’auto, en haletant comme une star de porno, et Alexandre Le Grand, lui avait juste envie de se faire sucer le dard. C’est lui qui dit ça, se faire sucer le dard, il est Français, je lui permets. Et j’ai dit ouah c’était hot la culotte en latex noire han. Il a dit je veux que tu t’en trouves une pareil. J’ai dit c’était bon han ? Et nous avons presque intellectualliser la chose, en parlant durant tout le trajet en auto de ParadiXXX. J’adore la porno, mais la séance de doublage, c’était pas ça, c’était pas un truc pour se rentrer un talon haut dans la chatte au théâtre, c’était pas non plus pour dénoncer l’entreprise, ou les fausses attentes, je ne pense pas.

À la fin, les comédiens, humiliés plein de fois pendant la pièce, obligés de mimer une fellation à l’aide d’un ballon rose, ou de tapper fort les fesses d’un autre comédien, ou de se masturber à travers une robe au tissu brun et épais, baisaient dans les coulisses, c’était plus des stars étrangères bleachées, mais Marc Beaupré, Émilie Gilbert, Sébastien Rajotte et Céline Brassard, on voyait leurs étreintes factices sur grand écran, avec une chanson d’Erykah Badu, je crois, en trame sonore. Et moi, à l’appartement, j’avais pas d’Erykah Badu, mais Alexandre Le Grand a mis de la musique chill, et il m’a baisée, j’avais ma culotte mauve tirée sur le côté, une jambe sur son épaule, et il m’a dit tu as des seins encore plus excitants que ceux des filles du film diffusé. J’ai dit je sais, mais il m’en faut des plus gros dans cinq ans.   

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7 Réponses to “Club sandwich, doublage porno et ballon rose pénis”

  1. Avatar de Chocolyane Chocolyane Says:

    Quelle soirée!

  2. Avatar de Garamond Garamond Says:

    As-tu su que Carbonneau avait été congédié ?

  3. Avatar de Patrick Dion Patrick Dion Says:

    Le Nouveau Canada est LA mecque de la graisse dans mon quartier!

  4. Avatar de melodie nelson melodie nelson Says:

    Chocolyane: La pièce est à voir, trop trop drôle, ça joue jusqu’au 14 mars je crois…et un club sandwich…ummm, toujours bon en soirée.

    Garamond: ouiiiii et je capote, je le trouve tout tendre et sexy Carbo, j’aimerais caresser ses cheveux et l’aider à faire son noeud de cravate.

    Patrick: Je suis jalouse!!!! Je t’enviiiiie. Moi il n’y a rien dans mon quartier, je peux me commander de la pizza mais sinon rien, rien. Je veux un Nouveau Canada à côté de chez moi!

  5. Avatar de Nate Legris Nate Legris Says:

    Je vais voir la pièce Samedi,
    Ça me semble à la hauteur de ce que j’imaginais !!!

    Sébastien Rajotte étant un de mes proches,
    ça risque d’être pseudo-weird !!

  6. Avatar de modotcom modotcom Says:

    ballon rose pénis. Ça fait un bon bruitage?

  7. Avatar de melodienelson melodienelson Says:

    Nate: Chanceux! Mets-toi devant, devant, tu vois bien les visages sauvagement humiliés des comédiens et tu peux faire des gestes obscènes pour les amuser…ou leur faire peur.

    Modotcom: Malade comme bruitage, je te jure, les bruiteurs utilisaient les ballons pour n’importe quoi: cuisses qui se frottent en marchant ou lors de l’étirement d’un muscle pour une position complexe de yoga…et c’était toujours réaliste et drôle.

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