Lecture : Erik L’Homme, Phaenomen
Musique : Britney Spears, Circus
Breuvage : chocolat chaud à la candy cane
Après trente minutes à chercher l’autre au métro Jean-Talon, à tenter de me souvenir son numéro de cellulaire, à appeler le 411, le 911, pendant qu’elle regarde les vidéos des filles qui sortent des wagons, essayant de deviner une blondinette ou une caramellisée, nous nous trouvons, frenchons et disons plein de compliments. Molly est superbe, avec un trait noir sur ses yeux dessiné style star des années 50, et avec sa blouse en satin turquoise foncé extra moulante Foxy.
Nous parlons de sa fin de session, de boissons Rockstar et de speed, tout en cherchant un putain de taxi. Nous en trouvons un vide. Un black sort de l’épicerie en face et je lui souris, lui demandant si nous pouvons embarquées. Il a l’air de ne pas comprendre. Je commence à rigoler et j’enchaîne comme une folle les mots, pardon, vous vous dirigiez vers l’auto, j’ai pensé, pardon pardon, vous n’avez pas l’air d’un chauffeur de taxi, c’est juste que…Bref, j’ai l’air d’une putain de raciste de banlieue.
Molly et moi nous traversons finalement sur feu rouge pour avoir un câlisse de taxi. Nous nous trompons en lui donnant l’adresse du resto indien recommandé par le Guide Restos Voir 2009. Le chauffeur a l’air fru, mais nous nous en fouettons, parce que Molly me parle de son chat, de Cent Ans de Solitude, et prend des photos de ma bague de fiançailles (or rose, je suis comblée). Molly, elle, en veut une en or blanc, c’est mieux pour ses doigts et pour son teint, comme cadeau de Noel.
Le resto tant vanté par le Guide a la devanture d’un dépanneur crasseux, avec des vieilles affiches de bières étrangères et de différents dieux hindous, et des décorations de Noel en feutrine. Mais dès que Molly et moi nous rentrons, who care about les apparences, il y a des photos de Catherine Deneuve avec le proprio, et des mots adorateurs de Pierre Foglia, faut bouffer du spicy curry today, extérieur-intérieur crasseux ou non.
Nous commandons du vin blanc et nous nous perdons dans le menu gros comme un livre de la série Twilight. Molly veut dix mille entrées. Le serveur nous apporte un pain croustillant qui goûte, selon Molly chérie, à la fois les pieds, les épices et le bagel. Elle me montre qu’elle ne porte pas de soutif en déboutonnant un peu sa blouse Foxy. Ses seins sont tout blancs et crémeux. Elle dit que ma robe pseudo vintage vieux rose et doré, c’est trop sa robe de mariage de rêve, mais elle la voudrait plus longue. Elle me demande si la broche était vendue avec la robe, je dis non et nous parlons de shopping, j’ai besoin de Juicy Couture dans ma garde-robe, et de ma craque de seins, jusqu’à ce que le serveur revienne vers nous.
Molly demande à avoir du papadam en entrée. Le serveur nous dit que nous en avons déjà, c’est le pain qui goûte les pieds. Je ris en dégénérée coquine et Molly explique en anglais que c’est our first time, qu’elle n’a jamais goûté de l’indien avant. Quand le serveur part, nous terminons quasi cul-sec notre deuxième verre de vin blanc, question de nous convaincre que ouais, c’est du vin pas bon dilué avec de l’eau. Comme nous aimons trop nous saouler ensemble, jusqu’à s’évanouir dans les toilettes et tout et tout, nous mangeons super vite, dérangées par son mec, qui l’appelle. Il la traite de grosse lesbo et il lui dit que demain, il va jouer au hockey cosom. Puis il rappelle, il dit qu’il va jouer au poker demain, pas au hockey. Je pique le cellulaire de Molly et lui dis que sa blonde est ni grosse ni lesbo et qu’il est super chanceux de se la faire parce qu’elle a un corps d’enfer et qu’elle est sweet as une tonne de sucre à glacer.
Je dis à Molly que ça va super, entre Alexandre Le Grand et moi, mais que nous ne nous marierons jamais. J’ai la bague, il a mon cul une fois par semaine, nous nous aimons, nous aurons des enfants, nous irons vivre à Londres ou en Californie, un jour, je me ferai tatouer son nom sur une fesse, des étoiles et un colibri dans le cou, mais nous nous marierons probablement jamais. Ça serait la troisième fois pour lui, la deuxième pour moi. Je dis à Molly nous ne nous marierons jamais. Mais ce serait quand même cool, un jour, sur une plage, moi en bikini blanc plein de paillettes, avec un diadème sur la tête et des souliers de stripper qui me donneraient une démarche de reine dans le sable, et lui en maillot de bain blanc, entourée par ses deux filles, et un chien, oh yeah je veux un chien qui ressemble à une mouche, comme celui de Californication, un chien, notre enfant pas encore né, pas encore là, dans les bras de Misha, que j’obligerais à porter un monokini blanc plein de paillettes aussi.
Super pleines, avec un kilo de plus d’indien dans le corps, nous reprenons un taxi pour nous rendre chez elle. Elle habite proche de ma copine Sarah Lee, qui déprime un peu ces jours-ci, elle a rencontré un mec qui capote négativement dès qu’une fille touche son bras, et Sarah Lee aime toucher les bras. Big deal.
Molly me dit qu’avant il y avait des souris dans son appartement, mais que son mec a réussi à les capturer dans une boite de céréales. Il les a pas tuées, il les a jetées dehors, avant le mois de décembre, avant qu’il ne fasse trop froid. Elle met du Patrick Watson, me verse un verre de chardonnay, et je m’affale dans son divan, je l’adore trop. Molly est toute belle, elle me parle des personnes âgées qu’elle voit à son travail, du livre Les Belles Endormies, d’une fille qui l’a frenché à l’école, d’un mec qui étudie l’humour et qui l’a fait toujours sourire, qui tire sa chaise et tout, et de Juliette, une fille étrange, grano et magnétique qui tripe grave sur elle, et elle aussi, elle se sent trop attirée par la fille. Elles en ont parlé, Molly avait envie d’aller entre ses jambes, de la goûter, mais la fille en a parlé à son mec. Les mecs, souvent, malgré ce qu’on pense, aime pas trop les girls on girls, et Molly en est à rester à fantasmer et à se demander ce qu’elle aurait trouvé sous la jupe en macramé de Juliette.
Sa coloc Chloé vient nous rejoindre, elle se verse un verre et demande à Molly si elle a des photos de Juliette. Molly ouvre son ordi, nous montre des photos d’elle et de son mec au lit, de superbes photos, les deux nus, lui par-dessus elle, et une autre d’elle en petite culotte rouge, le ventre extra plat, le dos arqué et une crinière à la Angelina Jolie jusqu’aux fesses ou presque, mais pas de photos de Juliette. Bouhouhou. Chloé nous dit qu’elle vient tout juste de recevoir un appel de merde, situation familiale de merde, mais que sinon sa vie est parfaite right now. Elle est dans une relation open avec un haïtien trop sexy.
C’est la première fois que je rencontre Chloé et je peux pas m’empêcher de lui dire qu’elle est superbe, pourquoi elle n’a jamais tenté sa chance comme mannequin (la fille fait deux mètres, elle est plus mince que Giselle, a des yeux de biche et une énergie sexuelle et féline à la Kate Moss). Elle dit que plein de monde lui dit ça, mais elle a de trop grosses cuisses. Whatever. Faut jamais s’obstiner avec une fille désillusionnée.
Chloé dit qu’elle ne s’est jamais sentie aussi bien, aussi libérée, elle n’a jamais autant mouillé et baisé de sa vie. L’autre jour, elle a loué une chambre d’hôtel au Marriot, pour elle et son black et après une super baise, elle lui a dit appelle tes amis. Trois amis de Marlon, trop heureux de la demande de Chloé, sont arrivés un après l’autre et Chloé s’est évanouie de sommeil, de trop d’alcool et de sperme, à six heures du matin, comblée. Une heure après, elle se reprenait la bite de son mec, qui pendant leur trip quasi orgiaque, embrassait doucement la belle et lui disait qu’elle peut dire non quand elle veut et que si elle a mal, qu’elle lui dise. Mais Chloé était salement trop mouillée pour avoir mal, ou pour même avoir besoin de lubrifiant à bites énormes.
Chloé dit qu’elle peut embrasser toutes les filles qu’elle veut, ça excite Marlon, et que de toute façon, embrasser c’est pas tromper. Je dis nan, pas d’accord, je voudrais vraiment pas que mon mec embrasse une autre pétasse, je stresserais à toutes les fois ou il sort au Confessionnal boire avec des copains et sourire à des pouliches sous le charme. Chloé dit l’autre fois j’étais à la Porte Rouge, tu connais pas? Elle continue, j’ai embrassé un mec et Marlon l’a su et c’est vrai qu’il était pas super content, mais pour les filles, machin-machin, n’importe quand, une de ses amies voudrait bien m’avoir toute nue rien que pour elle, regarde Mélodie je vais te montrer des photos, j’ai trop envie de lui dire oui, elle est super belle, et je lui ai parlé sur msn et elle est super intelligente aussi.
Putain Chloé me montre des photos de sa future fuckfriend et elle est top, cheerleader pour les Alouettes, gorgeous brunette aux cheveux longs, tout en courbes et en sourires aguicheurs, elle est exciting à remonter sa robe et à se rentrer un poing au complet dans la chatte. Molly est jalouse et elle embrasse Chloé en lui rappelant qu’elle est sa best friend et que pour préserver toute sa dignité, elle devrait se laisser lécher par elle, pas par une salope en mini jupes à volants bleu et blanc.
Molly monte sur les cuisses de Chloé, lui fait boire le reste de son verre de vin en lui disant, prends c’est ma mouille, c’est ma mouille. Chloé rigole et embrasse Molly, pendant que moi je me dis qu’il faut que j’appelle bientôt un taxi. Quelqu’un cogne à la porte. Molly se lève super vite, gueule oh ça doit être Carl!
Je me regarde dans mon miroir de poche. Ça fait une éternité que j’ai pas vu Carl et je suis trop heureuse qu’il vienne nous rejoindre, après son badminton. Il nous salue et demande à Molly s’il peut prendre une douche, il pue trop qu’il dit. Je vais le prendre dans mes bras et je lui dis qu’il ne pue même pas. Pendant sa douche, Molly arrête pas de dire qu’il est tout maigre et sexy, qu’elle aurait trop envie d’aller le rejoindre sous la douche. Chloé recommence à parler de Marlon, elle aimerait aller le rejoindre ce soir, il n’est pas trop tard pour sortir, minuit et des secondes, elle a envie de baiser. Molly dit fuck, ça me gêne vous entendre faire du bruit et tout, quand je suis dans ma chambre. Chloé dit moi je t’entends jouir avec ton mec et ça me dérange pas, j’écoute encore plus et ça m’excite, je m’imagine avec vous, machin-machin.
Chloé se lève pour téléphoner Marlon, Carl prend en photo ses seins pendant qu’elle répète c’est trop bon, c’est trop bon avec lui, je peux pas croire que c’est comme ça, je veux toujours plus, il est trop bon, je mouille tellement, je suis pas son genre, trop mince et tout, ses amis me trouvent trop belle, il est trop bon, c’est incroyable, faut que j’aie le voir, je suis trop trop heureuse. Et elle s’en va, et je reste un peu à parler, à répéter à Molly que c’est elle la prettiest, mais moi aussi faut que j’aie me faire baiser.
Et quand je suis sur Alexandre Le Grand, trente minutes plus tard, je sais que je suis chanceuse, j’ai pas Marlon, j’ai pas un joueur de badminton, j’ai pas un restaurateur indien, j’ai pas Patrick Watson, mais who care, j’ai Alexandre Le Grand, et son sperme en moi, avant de dormir, ça goûte meilleur que tout le vin blanc et les Boris Lychee de la soirée.
décembre 5, 2008 à 2:23 |
YarK: arrête ça, les Boris Lychee!
décembre 5, 2008 à 8:28 |
Magnifique et délicieuse histoire à la fois trash, sucrée et à l’arrière-goût douteux.
Comme la Boris.
juin 7, 2009 à 3:10 |
Allons bon. Je trouve le billet plutôt mièvre, pour ma part. Blog plaisant, cela dit. Les écrits féminins ne sont jamais réussis, à moins de payer leur tribu à la déesse Superficialité. Il est rare de tomber sur un blog aussi « pleinement creux ». Ctrl+D.
Bonne nuit chez vous.
juin 14, 2009 à 11:39 |
Vera: Promis!
Madmoiselle S: (Les Boris, juste avec toi. Et chut on dit rien à Vera!)
ArbiterElegantiarum: J’aime les trucs mièvres! Et les trucs superficiels aussi! Et vraiment vraiment beaucoup ton expression « pleinement creux », j’adore parce que c’est total vrai et c’est pas négatif comme genre « vide » ou « creux » tout seul. Mais je connais plein de blogueuses qui sont cent fois moins superficielles que moi, et qui sont intéressantes, tu peux tckeker ma blogoliste. Il y a dix milles auteurs aussi, qui se mettent pas à genoux comme moi devant les petites boutiques, promis juré avalé, darling. Merci de me lire et de me commenter! Bisous!