Des souliers à ne plus porter

souliers Quand je sors de chez moi, je mets surtout des gougounes ou des bottes de pluie.

J’ai des boites de souliers que je ne porte plus. Des souliers à talons très hauts, comme ceux qu’une copine a achetés pour une soirée, des souliers à talons de trois pouces, noirs, elle m’a montré une photo d’elle les portant, avec une nouvelle robe aussi, et elle a posé et elle a un sourire gêné, mais je la devine fière malgré tout, malgré les longs mois sans rien porter du genre, malgré le malaise de ne pas être en basket, de ne pas avoir la possibilité de se faire oublier dans une marée de mamans habillées presque comme elle – quoiqu’elle est la seule maman que je connaisse qui porte des crop tops et je l’admire en crisse, pas parce qu’elle a le courage de porter des crops tops, je trouve ça nul de vanter le courage de quiconque qui se sape comme il le veut bien, pas de bullshit à la mom body ici ou au pouvoir de montrer son nombril après trois grossesses, je l’admire juste parce que ça lui va vraiment très bien.

Si je mets surtout des gougounes ou des bottes de pluie –rouges ou noires, trop petites pour mes pieds tordus mais je les aime parce que ce sont des bottes pour monter à cheval, je leur trouve un look équestre et mes pieds sont déjà laids, alors si je les fais souffrir un peu plus, dans des bottes impossibles à retirer toute seule après, who care – c’est que mes souliers préférés, mes petits souliers jaunes, vintage, à boucles, avec un E au crayon de bois bleu, un E deviné sous la semelle, des souliers achetés cinq dollars à Tamy Emma Pépin, un soir d’hiver, dans son appartement magique, avec ses copines qui fumaient une dernière cigarette, puis une autre, devant une fenêtre ouverte, et la neige qui tombait, alors que j’achetais des perles et des souliers, en espérant trouver, après, une jupe taille haute noire aux Cours Mont-Royal, mes souliers préférés sont maintenant brisés, ouverts de partout, du bout pointu au talon, j’ai les pieds sales, à marcher avec même s’ils sont troués.

J’ai encore le collier de perles, je crois, à moins que ma fille ne l’aie caché, dans un tiroir de sa commode, celui qui contient deux diadèmes brisés, des élastiques piqués à sa halte-garderie et des fleurs séchées.

Étiquettes : , , , , ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :