Et je cruiserais jamais en utilisant le mot brouter, han Maude

lecture: Dope de Sara Gran

souliers: ballerines turquoises à bout rose

 

Je suis totale corrompue par les magazines pornos softs (je n’en ai plus, vraiment, depuis que je ne suis plus avec mon ex mari total sans libido), les publicités de Gucci, l’émission The L Word et Tila Tequila, la fausse bi la plus sexy. Quand je pense lesbies, je pense grande fille aux gros seins et aux cheveux longs brillants ou jolie gamine timide avec des seins de piqures de moustiques et une taille de guèpe. Je pense à des lèvres avec du baume soyeux qui s’ouvrent pour une langue toute rose et curieuse. Je pense à des orgies de blondeurs bronzées qui joue au tic tac toe avant de lécher la chatte de la gagnante. Je pense aux meilleures amies du monde qui prennent un café glacé ensemble, qui se passent des glaçons sur les seins et se sucent les têtons. Mais je pense pas aux filles laides, ou trop garçonnes. Les lesbiennes devraient toutes être gorgeous, fascinantes, irréelles de beauté.

 

C’est pour ça que j’étais un peu frustrée, un peu déçue, d’avoir devant moi, en vacances, deux filles vraiment trop grosses, avec des poils de dix centimètres sous les aisselles et des coupes de cheveux râtées (une avait les cheveux rasés avec une frange, l’autre avait les cheveux bruns courts collés en permanence sur son front de bout’chou de cinq pieds huit). C’était touchant de les voir s’éclabousser dans l’eau, de les voir s’embrasser, de les voir s’appliquer de la crème solaire dans le dos, c’était touchant comme quand je croise des personnes super âgées qui se tiennent par la main, mais putain j’aurais mouillé dans mon maillot déjà mouillé si ça avait été genre des répliques de Jenna et de Briana.

 

J’ai des critères de dictatrice, mais moi, si j’étais lesbienne, je serais dans un gym sept jours par semaine (trop longtemps dans le vestiaire peut-être), je me laverais les dents après chaque repas, j’aurais des rallonges de Barbie dans les cheveux et je frencherais une autre poupée à tous les feux de circulation rouge, devant plein de mecs qui se mettraient une main dans leur pantalon et qui nous crieraient des insanités. Et je chargerais très cher pour des shows privés.

 

Dessin : Gracieuseté Delphine Bergeron

2 Réponses to “Et je cruiserais jamais en utilisant le mot brouter, han Maude”

  1. Avatar de Samantha Samantha Says:

    En-tout-cas, moi, je te frencherais à tous les coins de rue, Mélodie!

  2. Avatar de melodienelson melodienelson Says:

    Sammy!!!! Je sais!!!! Tu me plaques contre les vitrines de magasins fermés pour mieux me frencher devant tout le monde, salope de mon coeur!

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