Je reviens avec Paprikalicious dans les bras, à l’appartement, et je trouve dans l’entrée un Marie-Claire avec Ashley Olsen et des articles sur la survie en jungle et les new trophy wives, un Elle Québec, un Clin d’œil avec des filles qui ont l’air chiantes sur le cover, des publicités de vêtements pour enfants vendus chez H&M, et un Us Weekly avec Jessica Simpson qui fait fuir tous les mecs, sauf mon frère Philippe qui la trouve sexy, malgré son surpoids et sa mâchoire de bûcheron.
Je sors mon fer plat de mes valises, et mes fards à paupières, et mes petites culottes sales, mais le reste, je me promets de le ranger demain, ou après demain, ce soir, je veux juste utiliser enfin mon vibrateur, depuis trop de jours j’utilise que mes putain de doigts, j’ai sous les ongles des croûtes de sperme et de mouille, je veux me regarder dans le miroir, regarder mes fesses rougies par les chocs sur l’eau, je tombais en ski nautique, et je subissais les fessées d’Alexandre Le Grand, devant les voisins. J’ai aussi des bleus sur les bras et à l’intérieur des cuisses, je ne me souviens pas pourquoi.
J’ai envie d’ouvrir mes fesses, de me doigter le cul devant la glace, de rentrer trois-quatre doigts, pas la main, j’ai pas la technique, j’ai envie de me prendre pour un personnage de Judy Blume, de me coller les seins contre le miroir, de faire de la buée en soupirant, de prier pour perdre deux livres de drinks alcoolisés, total trop réfugiés dans mes cuisses. C’est difficile, je vous jure, de vouloir toujours être jolie, d’avoir des cils extra longs, mais des cernes autour des yeux, corrigés avec le correcteur de teint Benefit, thank God, je sais pas ce que je ferais si personne n’avait envie de moi, je continuerais à me raser la chatte, à faire de l’aérobie devant la première saison de Simple Life, mais je suis pas si sûre que ça de moi, vraiment, si on ne me veut pas, je sais sourire, j’adore sourire, et écarter les jambes, et essayer des chaussures chez Browns, et parfois mon rire n’est pas trop affreux, il ressemble presque à celui d’Anna, d’Hotel Babylon, et je me trouve super belle, quand je regarde les autres filles, mais quand moi je me regarde, dans une cabine d’essayage, sans mec pour m’enculer vite, vite, sans vendeuse pour me dire qu’elle voudrait un corps comme le mien, je ne sais pas, je ne sais pas si j’ai un teint trop pâle, et des vêtements trop parfaitement ajustés pour être déchirés, ce soir j’ai juste envie de me faire jouir et de me trouver jolie, quand je vais me regarder dans le miroir, la bouche ouverte, et les yeux à demi fermés, en train de penser à des filles au cou serré dans des colliers.
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