J’avale mieux le foutre que les shooters au rhum

À l’entrée du Edgar Hypertaverne, je prends le journal Rue Frontenac et le Voir, parce que Sarah Lee m’a dit d’y regarder les seins en noir et blanc d’une comédienne qu’elle n’aime pas. Je retire mon manteau, je le dépose sur une banquette et je salue Alexandre Le Grand et un de ses amis, Brian, avant de me diriger vers la salle de bain.

Je vois le deejay, Renart Léveillé, nous nous embrassons, et je vais vérifier si mes tétons sont tout durs et si la pluie n’a pas rendu mes cheveux affreux. Je me remets du gloss, je remonte ma jupe dorée American Apparel dorée sous mes seins et je tente d’avoir une démarche sexy même si je suis en ballerine et non en souliers à talons de trois pouces – je ne m’y habitue pas, je suis faite pour avoir les pieds souffrants dans des souliers de salope.

Alexandre Le Grand me dit que ma jupe ressemble à celle d’une patineuse artistique. Je lui fais une grimace, et je cherche des yeux une serveuse. Brian me présente ses amis, un couple résidant à Montréal depuis fin avril, un mec aux cheveux frisés, et un autre avec des yeux noirs et coquins – je craque, que des Français autour de moi. Le mec aux cheveux frisés demande à Alexandre Le Grand comment il a connu Brian. Alexandre Le Grand répond : « C’est le mec que je payais pour me sucer dans la rue. » La fille, qui joue à écraser des glaçons avec la paille de son verre de Perrier, relève la tête et commence à rigoler comme je voudrais rigoler, et comme je suis sûre que Marilyn Monroe rigolait, d’un rire pétillant et crystallin.

(Moi je ris en faisant parfois des bruits de cochon en rut. Féminité de danseuse de gigues qui se déguise en princesse, oh oui.)

Une serveuse aux gros seins dévoilés par un cardigan détaché nous amène des shooters. Incapable de vider mon verre d’un coup, je donne le reste à Alexandre Le Grand, et je me tourne vers le mec aux yeux foncés : « Je suis nulle pour avaler. Il en reste toujours quelques gouttes. Ou je m’étouffe. Je peux te suivre aux toilettes si tu veux m’aider à être meilleure ? » Je n’attends pas sa réponse, et je fouille dans ma sacoche, pour en retirer des sucettes en forme de queue.

Blogue de Renart: http://www.renartleveille.com/

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10 Réponses to “J’avale mieux le foutre que les shooters au rhum”

  1. vania Says:

    Ohhh , mais c’est MA sucette !!!
    (celle que tu m’as promis !)
    hihihi!
    xxx

    Bisous

    xxxx

  2. melodienelson Says:

    C’est le tien! Le seul qu’il me reste! Promis!

  3. Renart Léveillé Says:

    Aaaaaah! C’est ça qui s’est passé alors que je vous regardait de loin…

    Pendant que j’y pense, j’aurais aimé ça t’attraper au passage (d’une de tes visites aux toilettes). J’ai une petite anecdote à te raconter, comme quoi le monde est petit!

    Je vais te raconter ça en DM sur Twitter.

  4. RICHARD FILION Says:

    Mélodie ,, j’ai un copain qui va régulièrement sur le plateau pour voir une demoiselle qui donne d’excellent massage (je sais qu’il me ment ),,,, il disait que ce bar sans insulte au DJ que ce bar est bourré de snobs,, est-ce que vous ,,vous ressentez un snobisme,,??Et il y a des bains dans ce bar ??SALLE DE BAIN?*&&%$@

  5. melodienelson Says:

    Renart: Le monde est total trop petit! Je n’en reviens pas du hasard! Je me souviens du nom de max 5 personnes avec qui j’ai étudié à l’Université, alors…

    Richard: Ummm, des massages? Haha. Moi quand je me rends au Edgar, je ne sens pas du tout que c’est snob. J’aime bien l’ambiance, tout le monde est pretty, et relax. Les serveuses sont un peu lentes parfois, j’ai déjà quitté l’été dernier parce qu’après 30 minutes, dans un bar quasi vide, j’avais pas encore supplié une déesse pour un rhum et coca. Mais sino j’aime. Et vive le dj!!!

  6. Renart Léveillé Says:

    Richard Filion,

    je ne suis pas insulté, mais bien plutôt curieux, puisque l’accusation de « snobisme » est quelque chose qui nous suit depuis longtemps, et je ne comprends pas trop pourquoi.

    Pour que je comprenne mieux, il faudrait que votre ami m’explique c’est quoi une clientèle qui n’est pas snob, et quel sont les endroits qui ne le sont pas.

    Pour ma part, si je me rends dans un endroit où mon style vestimentaire ne cadre pas trop avec l’endroit, j’ai l’impression que les gens sont snobs (parce que je sens bien par les regards que je détonne). Ça m’est arrivé autant du côté des Foufounes électriques que des discothèques sur St-Laurent.

    Je ne sais pas si vous comprenez où je veux en venir…

  7. RICHARD FILION Says:

    Renart,

    Oui je comprend,, principalement votre point,, qui et où ,,et pourquoi nous pensons de cette façon,, souvent je crois que certaine personnes font de la projection,,,et la personne elle même est snob,,, sans se rendre compte,,,alors ,je crois que vous aussi,,, vous savez ce que je veux dire,,

  8. Renart Léveillé Says:

    Richard,

    tout à fait!

    En tout cas, c’est inspirant tout ça! Je vais assurément écrire un billet sur le sujet à paraître sur le blogue du bar. À suivre…

  9. Cerbere In Space Says:

    Je m’arrête au titre et j’imagine la suite!

  10. Est-ce que notre clientèle est snob? Says:

    […] fois que cela a été soulevé, c’est en commentaire à la suite d’un billet de Mélodie Nelson, où elle parle d’une visite chez […]

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