Posts Tagged ‘travail du sexe’

Lundi oui oui oui: Brigitte Bardot et des mecs payés pour baiser

mars 2, 2015

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J’alterne entre une gorgée de vin blanc et une gorgée de coca zéro, je n’écris qu’entre vingt-et-une heure et vingt-deux heures, après je ne pense qu’à House of Cards (mauvaise semaine pour dix mille deadlines, bref).

Mais je viens de recevoir un nouveau déshabillé, couleur champagne, so go to hell les deadlines, je veux juste sentir le tissu sur ma peau et faire semblant de jouir dès que je bouge.

Ce que j’aime plus que les mecs qui disent “Ce n’est pas une probabilité, c’est une loi de la physique.”:

Noyau d’avocat. Câlins au lit avec mes enfants, dès l’arrivée du travail de leur papa, nous sautons, nous nous collons, nous saignons du nez à force de se cogner l’un contre l’autre. Chanter La Madrague de Brigitte Bardot. Photos Instagram en tatouages. Organiser un bal un dimanche. Monopoly d’abord comme jeu anti-capitaliste. Redressements assis pendant que les enfants se caressent les cheveux et font semblant de dormir sur un tapis de yoga. Tasya Van Ree, photographe sexy. Prendre trop de photos de moi toute nue. Mecs payés pour baiser. Être toujours tellement mouillée.

Bonne semaine y’all! Je vous adore!

 

Lundi oui oui oui: des bottes hautes et des femmes nues, autrement

février 3, 2015

Barbie Alien Goddess

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J’écris au lit, avec de l’eau gazeuse aux pamplemousses sur une pile de livres. Mon dos contre mon oreiller, je n’ai ni envie de dormir, pas tout de suite, ni envie de me lever pour quoi que ce soit – mais je n’oserai pas demander à mon mec de m’amener des croustilles à manger dans mon cocon de couvertures.

Ce que j’aime plus que le Gatorade pas light:

Prendre des selfie toute nue dans mon bain. Des safe words utilisés quand le rough sex devient trop rough. Croissant à l’érable dégusté à la boulangerie Les Copains d’abord en parlant cul avec une rouquine et une fille qui porte la même veste que moi. Beurre corporel partout sur moi. Björk qui se confie sur la maternité et sa rupture amoureuse, la douleur et les efforts, le avant et le après. Bottes plus hautes que le genoux, portées par une maman à un anniversaire – I want them. Corps des femmes, nudité des femmes, ailleurs que dans un magazines pour hommes. Mensonges continuels, mais révélés, des anti-travail du sexe. Barbies étranges. C’est ta vie, l’encyclopédie qui parle d’amitié, d’amour et de sexe aux enfants, de Thierry Lenain, illustré magnifiquement par Benoit Morel.

Thierry Lenain C'est ta vie

Extrait du livre qui ose discuter du travail du sexe – bravo, vraiment, j’étais émue aux larmes de voir qu’un livre pour enfants s’attardait à cette réalité:

“Certaines personnes vendent leurs relations sexuelles. Ce n’est pas pour le plaisir, c’est pour gagner de l’argent. Quand quelqu’un vend sa relation sexuelle, on dit que c’est de la prostitution. Personne n’a le droit d’obliger quelqu’un à se prostituer.”

Bonne semaine y’all! Bisous soufflés!

Lundi oui oui oui: neige et dongeons

janvier 27, 2015

mélodie nelson hiver

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Je mange du gâteau choco-framboise en écoutant Beyonce. Je prie pour des trucs que je ne connais pas trop, une pneumonie qui se guérit rapido, la fille d’une amie est malade et ça me paraît inimaginable, comme quotidien, de ne pas savoir si mon enfant sera sous oxygène ou non dans quelques heures. Je la trouve bonne.

(Et je me sens mal de manger du gâteau choco-framboise, damn. Je te promets de te faire moi-même un gâteau choco-framboise quand tu seras de retour à la maison avec ta petite poulette, C.!)

Ce que j’aime mieux que de me sentir coupable d’avoir une face chocolatée:

Jouer dans la neige. Monsieur Fa. Nourrir des chats errants en campagne. Dongeons. Lecture de voyeuse avec vernis Come to bed red. Soutif enlevé. Mamans actrices pornos. Manger chez mes parents, qui me donnent des nouvelles de mes petits frères.

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Bonne semaine y’all! Bisous!

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Comment ne pas m’aborder. EVER.

décembre 12, 2014

Mec sur Facebook sans photo de profil: Il me ferait grand plaisir de te voir en personne. Je suis généreux. Photo et téléphone sur demande. Ciao bella.

Moi: Yo je ne suis plus escorte. Si tu veux prendre un café et me donner dix mille dollars au Starbucks, wouhou.

Mec sur Facebooks sans photo de profil: Je savais que tu étais plus escorte, c’était une façon idiote de t’aborder. Désolé pour ce commentaire digne d’une plante verte. Je te trouve juste ben cute. Non pour les 10000, mais oui pour le café.

(Je n’ai rien répondu. Tant mieux s’il reconnait que son commentaire était pas top, mais still, je ne comprends pas qui voudrait rencontrer une personne avec des manières aussi douteuses.)

Les femmes aiment le travail du sexe

novembre 18, 2014

belle knox

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Via ma sexperte préférée, Violet Blue, je vous recommande deux articles sur la prostitution.

1.En Australie, les femmes deviennent de plus en plus des clientes. Une fois que le stigmate de cochonne-qui-paie-pour-du-sexe est diminué et que le risque de se retrouver en prison devient nul, les femmes se tournent donc vers les escortes. De quoi dire ciao à quelques stéréotypes sur la clientèle des travailleurs et travailleuses du sexe!

“So what do male escorts tell us about an underlying shift in female sexuality? Western women today have more freedom, money and power than at any point in history. Yet for many, like Louise, the decision to buy sex goes beyond financial independence: it marks a brave new world of go-getting female sexuality, in which women can be as assertive as men in pursuing what they want.

With the decline of the traditional family unit, some women – particularly career women who are cash-rich and time-poor – find it easier and more efficient to organise paid-for sex than to seek it at home, in a bar, or online. Casual relationships or affairs can be complicated; hiring an escort offers control, an opportunity for sexual experimentation and exploration of fantasies without fear of judgment from a partner.”

2.Belle Knox, la pornstar qui étudie le féminisme à Duke University, écrit sur l’hypocrisie des lois régissant le travail du sexe. Genre n’importe qui de plus de dix-huit ans peut la regarder baiser une autre personne, dans un film, mais personne ne pourrait la payer pour la baiser sur un lit à baldaquin.

“Although porn is legal, I am nonetheless proud to classify myself a sex worker and call on my colleagues to stand up for our right to make a living, access the same protections as everyone else and not feel ashamed for doing honest work. We are nobody’s rescue project, and we deserve rights, not handcuffs.”

Je ne sais plus si je suis féministe

octobre 27, 2014

lectures

Mes lectures du weekend: Nu, un recueil de nouvelles érotiques dirigé par Stéphane Dompierre, Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses, par Catherine Dufour, et Aimer, materner, jubiler, par Annie Cloutier.

Aimer, materner, jubiler, m’a tellement fait réfléchir que je n’ai pas demandé à mon mec d’écouter le dernier Sons of Anarchy. J’ai lu, avec un marqueur, sans remarquer que je me rongeais les ongles.

“Je continue de me dire féministe parce que le mot continue d’évoquer en moi la subversion, la prise de parole, l’affirmation de soi. Mais d’autres femmes montrent chaque jour qu’il est aujourd’hui possible d’être ce que nous sommes, sans complexe ni culpabilité, et sans béquille idéologique. Alors j’hésite, désormais.” Annie Cloutier

Plusieurs travailleuses du sexe ou ex travailleuses du sexe ne se disent plus féministes. Même si je déteste être vue comme une victime et même si la majorité des féministes refusent de croire en la légitimité du travail du sexe, je me condidérais toujours comme une féministe.

Il a fallu que je lise l’essai d’Annie Cloutier pour douter. Un essai sur la maternité, sur la politique faussement familiale du Québec, sur la pauvreté et sur les choix, les choix de materner et de travailler, les choix de materner et de ne pas travailler. Dans son essai, elle montre que le féminisme, contrairement à ce que plusieurs pensent, n’est pas un humanisme, et il n’est pas, dans son courant principal, prêt à écouter et à croire aux choix de toutes les femmes.

Des féministes m’ont dit que j’étais victime du patriarcat, pour avoir aimé me prostituer. Des féministes m’ont dit que j’inventais, que je mentais, quand je disais que j’avais été pute, et que je n’en étais pas devenue folle après. Des féministes disent que les clients sont violents, terrifiants et qu’ils devraient être jugés comme des criminels.

Et pourtant, je continuais à croire totalement au féminisme. Parce qu’il y a d’autres courants dans le féminisme, il n’y a pas que des femmes qui détestent les femmes qui ne sont pas comme elles, il n’y a pas que des femmes qui refusent la parole à celles qui ne pensent pas comme elles. Il y a le féminisme pro-choix, le féminisme pro-sexe, mais, mais, si le féminisme reste une idéologie et que je n’y souscris pas, puis-je encore être féministe? Ou suis-je maintenant tout simplement une maman, ex escorte, une maman qui aime jouir et faire des muffins aux bleuets? Est-ce que j’ai encore le droit de me dire féministe? Est-ce que j’ai encore l’envie de me dire féministe, même si je suis rejetée par ce qui semble être le courant principal du féminisme?

“I stopped calling myself a feminist several years ago for the simple reason that many feminists don’t like sex workers. I’m sort of the opposite of Groucho Marx: if a club doesn’t want me, then I’m more than happy to chip off elsewhere.” – Brooke Magnanti aka Belle de Jour

 

Des sauveurs et des étalons

juin 6, 2014

Au lieu de lire ce que les Conservateurs veulent mettre en branle pour foutre le bordel dans l’industrie du sexe, j’ai lu en riant et en roulant des yeux crissement souvent des paroles dites aux travailleuses du sexe sur le tumblr Shit They Say To Sex Workers.

Que ce soit des journalistes, des personnes soucieuses d’une moralité irréprochable ou de clients qui se croient des sauveurs ou des étalons, les paroles copiées sur le tumblr montrent bien à quel point les travailleuses du sexe font face à beaucoup d’ignorance et d’intolérance.

Des exemples de phrases à ne pas répéter, please:

“But why? You can do anything you want.”

“Let me take you out of this life.”

“I would like to spend an hour and a half with you, but only pay for an hour. I want to spend some time on getting to know you first, it feels so weird having to be ready for sex straight away. Surely you wouldn’t charge me for that?”

“I write erotic Dexter fanfiction and i’m not really into the political thing, but you are soooo right about how marginalized we sex workers are.’

“I have so much respect for you. i could never do that. thank god i have a husband!!”

Lundi oui oui oui: tentative de twerk et masque de Nacho Libre

juin 4, 2014

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Je suis en retard, once again, la semaine est commencée, lundi est dépassé, mais j’ai passé la soirée d’hier à me faire lécher, so pardonnez-moi de ne pas avoir écrit.

Ce que j’aime plus que me faire réveiller par du foutre qui sort de ma chatte à quatre heures du matin:

Maya Angelou – je ne me souviens pas quand je l’ai lue la première fois, je pense que c’est parce qu’Alanis Morisette avait parlé d’elle dans une entrevue, je devais avoir quinze ans et je n’avais jamais su avant sa mort qu’elle avait été pute, elle aussi. Blagues de trente-trois sortes de pilules à échanger par une vieille madame pendant la vente-trottoir sur la rue Masson. Boire une bière avec un voisin. Artiste qui expose son sexe au Musée d’Orsay. Tentative de twerk à la crémerie devant une fanfare de vingt personnes. Beignes et frites que des poseurs font semblant de bouffer. Ma fille qui me dit de mettre des pantalons avant d’aller dehors parce qu’elle ne veut pas que les autres personnes voient mes fesses. Frère qui se déguise en Nacho Libre. Mensonges de Somaly Mam, et leurs conséquences, enfin exposés – fuck you ceux qui sont contre le travail du sexe.

Bonne semaine y’all! Bisous au vin blanc sec!

De la marchandise?

mars 18, 2014

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Le débat sur la création de bordels, animé par Sophie Durocher à OPEN télé, s’est bien déroulé…même si j’avais oublié de porter un soutif, ce qui a compliqué l’ajustement de mon micro, même si je me suis mouché devant la caméra, même si mes enfants ne se sont pas endormis avant mon retour et même si je ne me suis pas exprimée autant que je le voulais –et aussi bien que je ne l’aurais voulu.

Au final, mon constat, c’est que ce qui fait surtout vraiment freaker les gens à propos de la prostitution, c’est les clients. Et la liberté des filles, dans la notion de choix, clair ou non, et dans la notion de travailler pour soi-même ou avec l’aide d’un proxénète.

Les gens qui ne connaissent pas l’industrie du sexe ont peur des clients et des pimps. Ils s’imaginent les clients comme des méchants, comme des dictateurs assoiffés de pouvoir et de cul, ils sont incapables d’imaginer un mec sympa du parc à chiens comme client, incapables d’imaginer leur collègue qui bouffe juste des lunchs végés comme client, incapables d’imaginer un professeur qui donne de l’argent aux putes et à des organismes de bienfaisance dans la même semaine comme client. Une seule invitée, l’anthropologue Rose Dufour, a indiqué que les travailleurs et travailleuses du sexe n’étaient que de la marchandise. La seule personne qui a utilisé le terme de marchandise pour qualifier les tds est cette femme, et c’était son jugement, pas celui des clients, pas celui de mes mille clients.

Et pour les pimps, les gens ne conçoivent pas qu’ils puissent être utiles. Si les proxénètes forcent quiconque à travailler, c’est criminel. Mais sinon, je vois ça comme une firme de placement qui trouve des contrats de consultation à des filles qui se promènent avec des condoms all the time. Quand j’étais escorte, la dirigeante de mon agence, ma pimp, donc, s’occupait de l’entretien de l’appart dans lequel je travaillais, elle répondait aux appels de clients et de connards-qui-se-trouvaient-amusants-de-niaiser-une-agence. J’aurais pas eu la patience, moi, de parler toute la journée au téléphone avec des clients potentiels, so j’étais super heureuse d’avoir une proxénète, et je savais que j’étais libre de ce que je choisissais ou non d’accepter comme clients ou comme pratiques sexuelles.

Pour revoir l’émission, go devant votre télé mardi le 18 mars à 4h ou mercredi le 19 mars à 13h.  

Un article intéressant à lire sur la décriminalisation de la prostitution et le sexe comme travail - j’y ai été interviewée par l’auteure, Fannie B.

Pourquoi vouloir jouir absolument?

février 28, 2014

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Je ne jouis pas chaque fois que mon mec entre deux doigts dans mon cul et sa queue dans ma chatte. Est-ce que ça me dérange? Non. Si je veux absolument jouir, je prends mon vibro fushia après avoir fait un mini pipi à la salle de bain.

Ce que j’aime, c’est de sentir zéro tension, c’est de me sentir aimée, c’est de savoir que je peux m’endormir sans avoir peur de quoi que ce soit, je suis bien, je me suis collée, j’ai écarté mes lèvres, j’ai mordu son épaule, j’ai mouillé, j’ai senti sa queue et entendu ses je t’aime, je ne veux pas plus.

Et pour vous, une expérience sexuelle réussie, c’est quoi? Je vous invite à lire ma dernière chronique à ce sujet et à vous confier ici.

Envie de lire d’autres chroniques? Je vous en propose quelques unes, mes choux.

La fidélité sur pause.

Des formules qui tuent toute excitation – mieux vaut en rire qu’en jouir, parfois.

Des clients à ne jamais criminaliser.

“Notre société est obsédée par le sexe, mais ce n’est pas une obsession malsaine. C’est une pulsion à apprivoiser, dans le respect. Les clients sont des hommes comme les autres: ils ne sont pas une race à part. Ils remercient la caissière à l’épicerie, échappent un juron quand leurs orteils heurtent un meuble, se lavent les cheveux les yeux fermés. Permettons aux clients de passer un bon moment, et aux travailleuses du sexe de gagner de l’argent, sans craindre des menottes achetées ailleurs que dans une boutique de jouets sexuels.”

Bonne lecture!

illustration: installation de Diego Beyro


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