Posts Tagged ‘travail du sexe’

Des sauveurs et des étalons

juin 6, 2014

Au lieu de lire ce que les Conservateurs veulent mettre en branle pour foutre le bordel dans l’industrie du sexe, j’ai lu en riant et en roulant des yeux crissement souvent des paroles dites aux travailleuses du sexe sur le tumblr Shit They Say To Sex Workers.

Que ce soit des journalistes, des personnes soucieuses d’une moralité irréprochable ou de clients qui se croient des sauveurs ou des étalons, les paroles copiées sur le tumblr montrent bien à quel point les travailleuses du sexe font face à beaucoup d’ignorance et d’intolérance.

Des exemples de phrases à ne pas répéter, please:

“But why? You can do anything you want.”

“Let me take you out of this life.”

“I would like to spend an hour and a half with you, but only pay for an hour. I want to spend some time on getting to know you first, it feels so weird having to be ready for sex straight away. Surely you wouldn’t charge me for that?”

“I write erotic Dexter fanfiction and i’m not really into the political thing, but you are soooo right about how marginalized we sex workers are.’

“I have so much respect for you. i could never do that. thank god i have a husband!!”

Lundi oui oui oui: tentative de twerk et masque de Nacho Libre

juin 4, 2014

youdidnoteatthat-feet

maya

Je suis en retard, once again, la semaine est commencée, lundi est dépassé, mais j’ai passé la soirée d’hier à me faire lécher, so pardonnez-moi de ne pas avoir écrit.

Ce que j’aime plus que me faire réveiller par du foutre qui sort de ma chatte à quatre heures du matin:

Maya Angelou – je ne me souviens pas quand je l’ai lue la première fois, je pense que c’est parce qu’Alanis Morisette avait parlé d’elle dans une entrevue, je devais avoir quinze ans et je n’avais jamais su avant sa mort qu’elle avait été pute, elle aussi. Blagues de trente-trois sortes de pilules à échanger par une vieille madame pendant la vente-trottoir sur la rue Masson. Boire une bière avec un voisin. Artiste qui expose son sexe au Musée d’Orsay. Tentative de twerk à la crémerie devant une fanfare de vingt personnes. Beignes et frites que des poseurs font semblant de bouffer. Ma fille qui me dit de mettre des pantalons avant d’aller dehors parce qu’elle ne veut pas que les autres personnes voient mes fesses. Frère qui se déguise en Nacho Libre. Mensonges de Somaly Mam, et leurs conséquences, enfin exposés – fuck you ceux qui sont contre le travail du sexe.

Bonne semaine y’all! Bisous au vin blanc sec!

De la marchandise?

mars 18, 2014

maison-close

Le débat sur la création de bordels, animé par Sophie Durocher à OPEN télé, s’est bien déroulé…même si j’avais oublié de porter un soutif, ce qui a compliqué l’ajustement de mon micro, même si je me suis mouché devant la caméra, même si mes enfants ne se sont pas endormis avant mon retour et même si je ne me suis pas exprimée autant que je le voulais –et aussi bien que je ne l’aurais voulu.

Au final, mon constat, c’est que ce qui fait surtout vraiment freaker les gens à propos de la prostitution, c’est les clients. Et la liberté des filles, dans la notion de choix, clair ou non, et dans la notion de travailler pour soi-même ou avec l’aide d’un proxénète.

Les gens qui ne connaissent pas l’industrie du sexe ont peur des clients et des pimps. Ils s’imaginent les clients comme des méchants, comme des dictateurs assoiffés de pouvoir et de cul, ils sont incapables d’imaginer un mec sympa du parc à chiens comme client, incapables d’imaginer leur collègue qui bouffe juste des lunchs végés comme client, incapables d’imaginer un professeur qui donne de l’argent aux putes et à des organismes de bienfaisance dans la même semaine comme client. Une seule invitée, l’anthropologue Rose Dufour, a indiqué que les travailleurs et travailleuses du sexe n’étaient que de la marchandise. La seule personne qui a utilisé le terme de marchandise pour qualifier les tds est cette femme, et c’était son jugement, pas celui des clients, pas celui de mes mille clients.

Et pour les pimps, les gens ne conçoivent pas qu’ils puissent être utiles. Si les proxénètes forcent quiconque à travailler, c’est criminel. Mais sinon, je vois ça comme une firme de placement qui trouve des contrats de consultation à des filles qui se promènent avec des condoms all the time. Quand j’étais escorte, la dirigeante de mon agence, ma pimp, donc, s’occupait de l’entretien de l’appart dans lequel je travaillais, elle répondait aux appels de clients et de connards-qui-se-trouvaient-amusants-de-niaiser-une-agence. J’aurais pas eu la patience, moi, de parler toute la journée au téléphone avec des clients potentiels, so j’étais super heureuse d’avoir une proxénète, et je savais que j’étais libre de ce que je choisissais ou non d’accepter comme clients ou comme pratiques sexuelles.

Pour revoir l’émission, go devant votre télé mardi le 18 mars à 4h ou mercredi le 19 mars à 13h.  

Un article intéressant à lire sur la décriminalisation de la prostitution et le sexe comme travail - j’y ai été interviewée par l’auteure, Fannie B.

Pourquoi vouloir jouir absolument?

février 28, 2014

Orgasme-00

Je ne jouis pas chaque fois que mon mec entre deux doigts dans mon cul et sa queue dans ma chatte. Est-ce que ça me dérange? Non. Si je veux absolument jouir, je prends mon vibro fushia après avoir fait un mini pipi à la salle de bain.

Ce que j’aime, c’est de sentir zéro tension, c’est de me sentir aimée, c’est de savoir que je peux m’endormir sans avoir peur de quoi que ce soit, je suis bien, je me suis collée, j’ai écarté mes lèvres, j’ai mordu son épaule, j’ai mouillé, j’ai senti sa queue et entendu ses je t’aime, je ne veux pas plus.

Et pour vous, une expérience sexuelle réussie, c’est quoi? Je vous invite à lire ma dernière chronique à ce sujet et à vous confier ici.

Envie de lire d’autres chroniques? Je vous en propose quelques unes, mes choux.

La fidélité sur pause.

Des formules qui tuent toute excitation – mieux vaut en rire qu’en jouir, parfois.

Des clients à ne jamais criminaliser.

“Notre société est obsédée par le sexe, mais ce n’est pas une obsession malsaine. C’est une pulsion à apprivoiser, dans le respect. Les clients sont des hommes comme les autres: ils ne sont pas une race à part. Ils remercient la caissière à l’épicerie, échappent un juron quand leurs orteils heurtent un meuble, se lavent les cheveux les yeux fermés. Permettons aux clients de passer un bon moment, et aux travailleuses du sexe de gagner de l’argent, sans craindre des menottes achetées ailleurs que dans une boutique de jouets sexuels.”

Bonne lecture!

illustration: installation de Diego Beyro

Le Gouvernement veut savoir ce que vous pensez de la prostitution, y’all

février 28, 2014

caricature

Le 20 décembre dernier, la Cour suprême a jugé que la décriminalisation de la prostitution se devait d’être wouhou. Pour la sécurité et la dignité des sex workers. Pour tout le monde, en fait, parce que fuck you, tous les citoyens sont égaux au Canada, et la criminalisation de la prostitution ne montrait pas ça, les lois faisaient en sorte que les sex workers étaient oh so moins importants, un de blessé, deux de violées, trente tuées, c’est moins important, of course, quand un tueur en série s’attaque à celles qui font payer avant d’ouvrir leur jambe, c’est moins important? Nan.

D’ici un an, les lois seront changées. Grâce à la Cour suprême. Pas grâce au Gouvernement du Canada, qui propose une consultation publique, dans le but de, dans le but de quoi? De faire peur encore, de rendre monstreux tout échange d’argent contre un service sexuel? De rendre monstrueux l’envie d’être pute? De rendre monstreux les clients?

Anyway. Faut participer. La date limite de participation au sondage du Gouvernement du Canada est le 17 mars.

Please, aidez les travailleurs et travailleuses du sexe. Aidez les clients et les clientes. Répondez au sondage, donnez votre opinion, malgré certaines questions totalement incidieuses et qui vont à l’encontre du jugement de la Cour suprême.

Merci.

Je voulais faire un jeu de mots avec Coderre et bordels, mais bof

décembre 17, 2013

17decembre

Aujourd’hui, mardi le 17 décembre, c’est la journée internationale contre la violence à l’encontre des travailleuses du sexe.

Les célébrations de Noël cette année se vivent sous la neige et l’espoir de voir cesser l’hystérie et l’insécurité liées au travail du sexe. Quelques jours après la journée internationale contre la violence faite aux travailleuses du sexe, il y aura, le 20 décembre,  le jugement de la Cour Suprême concernant la décriminalisation de la prostitution.

Des lois qui ne protègent personne sauf une pseudo morale archaïque

Ici, au Canada, la prostitution est déjà légale. Toutefois, plein d’activités reliées à la prostition sont illégales: par exemple, une escorte ne peut pas parler du prix de ses services sexuels au téléphone cellulaire, un propriétaire d’immeubles ne peut pas avoir comme locataire une prostituée de rue, car il serait vu comme son pimp, une escorte ne peut pas engager ni chauffeur de taxi, ni bodyguard, car ils seraient vu aussi comme des pimps…Toutes ces limitations compliquent et mettent en danger la vie des travailleuses du sexe. La décriminalisation permettrait une meilleure reconnaissance des droits des travailleuses du sexe, qui méritent, comme tout citoyen, sécurité et dignité.

Les couples qui baisent après une victoire du Canadien ne sont pas compromis par la décriminalisation

Ailleurs dans le monde, les lois liées à la prostitution n’ont malheureusement pas l’air de s’assouplir. L’Allemagne reconsidère la légalisation des bordels, suivant l’exemple d’une Suède condescendante qui croit que si la prostitution est illégale, elle n’existe plus. Si elle est cachée, elle n’existe plus. Résultat: beaucoup plus de violence et de peur, moins d’aide aux travailleuses du sexe. La France criminalise les clients depuis peu, ce qui met en danger non seulement l’autonomie financière de plusieurs travailleuses du sexe, mais aussi leur vie: si les clients sont effrayés par une telle loi, les agresseurs, eux, ne s’en préoccupent pas.

Pourquoi la prostitution, lorsqu’elle est un échange rémunéré de services sexuels entre adultes consentants, fait-elle aussi peur? Pourquoi la sexualité est jugée dérangeante et traumatisante quand elle ne se vit pas dans une relation de couple qui écoute un match de hockey, puis copule si le Canadien a gagné?

Les médias jouent parfois le rôle des agresseurs

Pourquoi les médias présentent encore les travailleuses du sexe comme des jeunes filles quasi encore pubères à sauver, en bas résille et talons hauts? Pourquoi les médias se rendent-ils complices de la peur ambiante? En Angleterre, les médias sont invités aux arrestations de prostituées dans les bordels et photographient les malheureuses qui soutiennent être là par choix et non par la faute de trafic humain. Ici, au Québec, suite à l’annonce de Denis Coderre, des journalistes ont appellé des salons de massage en faisant semblant d’être des clients. Ils ont enregistré les conversations et les ont passées à la radio ou à la télévision, exposant ainsi la voix de travailleuses du sexe qui n’avaient jamais accepté d’entrevue, et qui se voyaient ainsi en danger d’être reconnues par leurs proches.

En Grèce, les médias de droite blâmaient en 2012 les travailleuses du sexe d’une hausse de VIH dans la population. En un an, le VIH avait effectivement augmenté de 60%. La raison? Pas la prostitution. Plutôt le gouvernement et ses coupes dans le budget de la santé. Tous les programmes d’échanges de seringues ont été annulés.

Comme le mentionne l’article très intéressant de Laurie Penny, dès qu’il y a une croisade contre l’indécence, c’est qu’il y a mission de dévier l’attention d’un problème social beaucoup plus important. Alors quand Coderre, Diane Matte et des journalistes paranoïent et paniquent sur les faux dangers des salons de massage et du travail du sexe, que cachent-ils? Quels problèmes plus importants ont moins d’attention, par leur faute?

Lundi oui oui oui: Bailey’s et conseils sexuels d’une femme de 98 ans

octobre 8, 2013

appartement

Il est 19h45. Pour l’instant, mes deux choux dorment, alors je célèbre au Bailey’s en écrivant. J’ai hâte de vous écrire plus souvent, ça fait deux ans que je vous écris ça, mais je suis en retard pour tout (genre je n’ai pas encore écouté les nouvelles chansons de Stromae, j’écoute encore tous les matins Alors on danse, la chanson préférée de Mini Fée, et l’occasion parfaite pour que je bouge mes fesses en mangeant des Cheerios).

Ce que j’aime plus que de décoller des autocollants de cupcakes sur le plancher :

Souper chez ma grand-maman. Pâte d’amandes en forme de fantômes. Bailey’s. Agents immobiliers avec zéro sens du marketing. Frangelico. Bourgogne aligoté. Descriptions de David Sedaris à propos de leçons de japonais et d’allemand. Regarder des vidéos de chats dans des glissoires avec Mini Fée. Histoire d’un couple collectionneur d’œuvres d’art. Mini Dragon s’endormant avec une poupée rousse. Marcher dans les feuilles – j’avais oublié le bruit et le plaisir de marcher comme ça, le plus près de la forêt possible, au chalet, mais je réapprends, grâce aux enfants. Mensonges brillamment réfutés sur l’industrie du sexe. Courriels de mes frères. Regarder Alexandre Le Grand et Mini Dragon faire la sieste sur le canapé. Shopping de costumes d’Halloween. Conseils sexuels d’une femme de 98 ans mariée trois fois. Photos cochonnes envoyées à mon mec, pour le faire bander au bureau.

Site web qui me donne des frissons d’émotions : http://jesuisindestructible.tumblr.com/

Ma confession : J’ai déjà eu des relations sexuelles de merde, mais ça ne me tente pas d’en parler. Ce que j’ai envie de dire c’est que je trouve ça vraiment très fort que plein de personnes parlent du viol comme ça, sans dire il faut parler à la police, parce que putain, souvent, la police fait chier et te demande si tu portais une jupe, c’est très beau, je trouve ça vraiment très fort cette solidarité à dénoncer tout en se montrant, un peu ou beaucoup, cette solidarité qui fait un gros fuck you à ceux qui se croient tout permis. Souvent, ceux qui se croient tout permis ne croient même pas au viol, à la possibilité du viol. Ils croient que c’est comme ça, que leur frustration et leur désir sont suffisants pour oublier un non. Il y a quelques années, un mec qui voulait se la jouer beau gosse viril nouvellement arrivé à Montréal, m’a raconté qu’il avait baisé une barista chez elle, mais que cette baise démontrait à quel point les Québécoises sont braquées contre les mecs et légèrement dingues, elle disait non, puis acceptait qu’il continue, puis non encore, et le mec s’est fatigué, il s’est dit tant pis, il a préféré taire l’hésitation de la fille, elle ne savaitt pas ce qu’elle voulait ou ce qu’elle manquait, la salope, et au lieu d’aller se crosser dans la salle de bain, il l’a baisée.  Je regrette encore de ne pas lui avoir craché au visage, je ne savais pas comment réagir, je ne voulais pas comprendre son histoire et je me trouve lâche. Je refuse tout contact avec lui maintenant et je me jure de faire pire que cracher au visage du prochain mec qui aurait l’idée de me raconter un truc comme ça.

Bonne semaine y’all! Bisous au fromage de chèvre!

photo via un site merveilleux

Musique, jouet anal religieux et confessions

mars 20, 2013

Baby Jesus

Mercredi dernier, j’ai célébré avec une bière sans alcool la sortie du deuxième vidéoclip du groupe Les Vestons. J’en ai profité pour les questionner sur les groupies, le sexe et le rock. Saviez-vous qu’un chanteur des années 70 avait déjà vu sa queue exploser style hot-dog après avoir préféré les groupies à l’abstinence? Iiiish.

Mes autres chroniques sur Canoë :

1. Vous ne devez jamais amener Baby Jesus au lit avec vous.

2. Ce que des copines escortes sont prêtes à confier sur des clients.

3. Des tabous sexuels? En 2013? Oui!

4. La pornographie limite les pensées homophobes.

Bonne lecture mes chéris et mes choupinettes!

La honte de savoir que la violence faite aux TDS est souvent ignorée

décembre 18, 2012

calendrier stella

Aujourd’hui, le 17 décembre, ce qui est important n’est pas que j’aie partagé un gloss au miel avec Mini Fée, ni que j’aie taché une armoire blanche lustrée avec ma putain de teinture pour cheveux noirs (j’ai mis du liquid paper pour qu’Alexandre Le Grand ne soit pas fâché contre moi), ni que j’aie mangé pour une troisième journée d’affilée des crottes de fromage en lisant Jean-Paul Dubois. Ce qui est important, c’est de savoir que c’est la Journée Internationale contre la violence faite aux travailleurs et travailleuses du sexe.

Médecins du Monde recommande que le racolage passif ne soit plus un délit punissable par la loi

L’organisme Médecins du Monde en a profité pour publier un rapport des différentes formes de violence que subissent les migrantes chinoises se prostituant en France. Le constat est consternant : 86% des femmes interrogées ont subi des actes violents, tels que des rapports sans préservatif contraints et des agressions. Une seule femme sur cinq porte plainte dans ces cas-là. Pourquoi? Parce qu’elles ont peur d’être jugées et que la pression policière est très forte, afin de réprimer non pas les actes violents, mais l’ensemble des activités liées à la prostitution. Médecins du Monde recommande entre autres l’abrogation du délit de racolage passif.

Aucun financement pour un organisme qui ne lutte pas pour le travail du sexe mais pour la défense des droits des travailleuses du sexe

Ici, à Montréal, un tel constat ne peut pas surprendre l’organisme Stella, qui lutte depuis 17 ans pour faire reconnaitre les droits et les besoins des travailleuses du sexe. Cet organisme se retrouve sans financement. Ce manque de financement est honteux. C’est cracher sur toutes ces femmes et leur faire croire qu’elles ne valent rien, puisqu’elles ont choisi d’exercer une profession que peu de gens connaissent réellement. C’est inexplicable et inacceptable que Condition Féminine Canada et la Fondation Canadienne des Femmes ne fassent rien pour la survie de l’organisme Stella.

Je vous invite à vous procurer le Calendrier 2013 de Stella, disponible chez Stella, à la librairie coopérative de l’Université Concordia ou par la poste.

Je vous invite aussi à lire le Communiqué de Stella, afin de mieux comprendre toutes les actions posées par cet organisme qui défend et aide les prostituées, les escortes, les webcameuses, les actrices pornographiques, les dominatrices, les danseuses, les masseuses, les modèles nus et les téléphonistes érotiques.

Je ne suis plus escorte, mais je me souviendrai toujours à quel point ça faisait du bien, de savoir que je pouvais appeler à tout moment une intervenante sociale de chez Stella, pour la questionner sur une prochaine visite médicale ou pour parler d’un rapport avec un client. Je ne suis plus escorte, mais je crois que je porterai toujours en moi l’horreur d’être jugée, stigmatisée, rejetée, en tant que femme, égale à toutes les autres, égale à tous les autres citoyens canadiens, qui, eux, ont droit à la sécurité, à la certitude que s’ils sont victimes de violence, ils ont des recours. C’est l’horreur et non l’effroi d’être jugée, d’être sans cesse ramenée à mes années de jambes ouvertes payées, qui me donne envie de vous convaincre d’aider l’organisme Stella.

Appuyez cette équipe d’intervenantes qui chaque jour distribuent des condoms dans des quartiers difficiles ou des salons de massage, se déplacent de station de police à la Cour pour appuyer les démarches de victimes de violence, organisent des soupers pour rompre l’isolement des travailleuses du sexe, manifestent et luttent sans cesse pour que les femmes choisissant le travail du sexe ne soient pas oubliées ni conspuées.

Communiqué de Stella :

17 décembre 2012 : Journée internationale de lutte à la violence faite aux TDS

Après 17 ans d’existence, aucun bailleur de fonds ne veut supporter nos nombreuses actions en prévention de la violence auprès des travailleuses du sexe (TDS) et en soutien auprès de celles qui vivent des violences. Basta! L’organisme Stella, qui offre de multiples services aux TDS, est un acteur essentiel dans la prévention de la violence faite aux TDS et en soutien des TDS ayant subi de la violence.

Voici ce que nous offrons aux TDS afin d’adresser et contrer la violence :
• Production et distribution mensuelle d’un outil en prévention de la violence, soit la liste des agresseurs et des mauvais clients, qui permet de diffuser les descriptions détaillées des auteurs d’agressions, de leurs voitures (avec le numéro des plaques d’immatriculation), des endroits où ont lieu ces agressions, etc.
• Production et distribution d’outils sur la sécurité et les moyens de se protéger de la violence
• Services d’accompagnement, de soutien, de visite et de suivi (hôpital pour la trousse médico-légale ou autre, police, cour, hébergement, etc.)
• Soutien individuel et/ou de groupe
• Informations et références
• Formation des futurs policiers et sensibilisation auprès des policiers afin d’augmenter l’accès au service de protection policière pour les TDS
• Ateliers sur la violence offerts en milieu carcéral, dans les locaux de Stella, dans les milieux communautaire et universitaire et dans le réseau de la santé et des services sociaux.

En 2011, 67 agressions ont été recensées dans notre liste des agresseurs et 4 200 listes ont été distribuées, en plus d’être envoyées à 80 organismes communautaires du grand Montréal ainsi qu’à nos groupes partenaires en région qui sont en lien avec les TDS. Les agentes de liaison sont intervenues 888 fois face à la violence. Nous accompagnons des TDS dans plusieurs procès contre des présumés agresseurs sexuels visant les TDS. Au moment où nous publions ce communiqué de presse, un agresseur sexuel en série visant les TDS frappe dans Hochelaga-Maisonneuve : plus de 10 TDS ont été agressées par cet homme. Deux femmes ont porté plainte, nous les accompagnons dans leurs démarches. Les autres ne désirent pas porter plainte par peur d’être criminalisées. L’homme circule librement.

La violence, contre qui que se soit, est INACCEPTABLE.
La violence contre les TDS est une honte nationale au Canada et au Québec.

Ce qui est aussi honteux, c’est que des instances comme Condition féminine Canada et la Fondation canadienne des femmes refusent de financer Stella pour supporter notre offre de services afin de prévenir et contrer les violences faites aux TDS et supporter celles qui subissent des violences. Quelles sont les raisons de ces refus? « Vous en offrez trop » ou encore « Vous savez, ça dépend de qui siège sur le comité d’analyse des demandes » – Mme Dugal de la Fondation canadienne des femmes.

Aux fondations et instances féministes : il est grand temps de supporter Stella.

Aux gouvernements provincial et municipal : supportez Stella et suspendez l’application des lois criminalisant le travail du sexe.

Au gouvernement fédéral : supportez Stella et décriminalisez le travail du sexe. La décriminalisation permettrait aux travailleurs et travailleuses du sexe d’avoir accès à des lieux de travail sécuritaires en plus de leur donner la possibilité de s’organiser afin d’avoir de bonnes conditions de travail et d’avoir accès à la même protection que tout autre citoyen-ne.

À propos de Stella
Stella est un groupe communautaire créé et géré par et pour les travailleuses du sexe de Montréal. Depuis 1995, les TDS impliquées à Stella luttent dans le but d’améliorer les conditions de vie et de travail des TDS, promouvoir leur santé et faire respecter leurs droits humains.

Lundi oui oui oui: poutine à Lyon et jouir aux danseuses

novembre 27, 2012

J’ai mangé très tôt, avec Mini Fée, j’ai mangé des morceaux d’avocats en utilisant mes mains, pas d’ustensiles. J’ai ensuite mangé des morceaux de fromage, des tartines aux cretons et bientôt je goûterai aux crevettes qu’Alexandre Le Grand prépare, affublé d’un tablier à motifs de coq. J’espère évidemment terminer ma soirée en avalant Alexandre Le Grand, quand il me rejoindra au lit et qu’il voudra bien de mes jambes toutes douces entremêlées aux siennes.

Ce que j’aime plus que manger dix repas par jour :

Après-midi à la bibliothèque – une fillette a fait toucher toute les marionnettes de l’étage des enfants à Mini Fée, totalement charmée par la fillette et la grosse marionnette chat. Emballer des cadeaux en buvant du lait au chocolat devant La Guerre des Tuques. Copine qui réalise son rêve de travailler uniquement à la création de sa collection de bijoux. Mini Fée, endormie contre ma maman, avec sa doudou panda contre son petit corps de rouquinette trop mignonne. Sucettes à la guimauve. En route vers le chalet, de la neige, et le lendemain matin, de la neige, qui ne fond pas, partout sur le terrain. Lunch avec une copine qui me raconte sa correspondance amoureuse et ses histoires de collègues blondes qui jouissent aux danseuses. Waiting for Birdy. Paysages irréels. Sept ans avec mon chéri – il a dû vouloir rompre plus de trois cent fois, et moi deux ou trois fois, heureusement que nous nous aimons follement. Resto de poutine près de Belle-Fille Parfaite, à Lyon, le même où elle a mangé sa dernière poutine de l’été, lors de son voyage au Québec. La chance que j’aie, aussi, d’avoir une copine sur qui je peux toujours compter, même quand j’annule un petit déjeuner pour mieux dormir. Film intéressant de Jean-Claude Lord – le réalisateur de La Grenouille et la Baleine – ,  Les Criminelles, à propos de l’hypocrisie de refuser que des personnes consentantes puissent avoir des relations sexuelles avec échange d’argent : «Pourquoi deux adultes consentants sont considérés comme des criminels quand ils ont une relation sexuelle en échange d’une somme d’argent, mais que c’est parfaitement légal lorsque la relation sexuelle se fait en échange de voyages, de repas au restaurant ou de divers cadeaux? Ces adultes ne méritent-ils pas le respect et d’avoir des droits comme tout le monde ? La criminalisation et la stigmatisation poussent les travailleuses du sexe au silence quand elles sont victimes de violence. Je souhaite que ce film puisse susciter des débats et que l’on chemine tous là-dedans»


Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 211 autres abonnés