Posts Tagged ‘travail du sexe’

Répression, lois et travail du sexe

mai 16, 2015

Cartes Stella

prostitution

En Chine, les travailleuses du sexe sont forcées à parader dans la honte, en public, une fois qu’elles sont arrêtées par les forces de l’ordre. Aux État-Unis, à New-York, 30% des travailleuses du sexe rapportent avoir été menacées par la police. En Inde, au Bengale-Occidentale, un groupe, Durbar Mahila Samanwaya Committee, semblable à un syndicat des professionnelles du sexe, révèle que sur 21 000 travailleuses du sexe, 48 000 rapports d’abus et de violence par la police ont été collectés, tandis que 4000 rapports portaient plutôt sur des actes de violence de la part des clients.

Les lois ne semblent pas là pour protéger la dignité et la sécurité des travailleuses du sexe, pas seulement en Chine ou en Inde, mais ici aussi. Des pseudo féministes se soulèvent contre le travail du sexe, parce qu’elles s’attardent au sexe, au désir, comme si c’était immoral, mais n’en font pas autant pour celles qui se tuent à faire des manicures et pédicures à 15 dollars.

Anyway.

Stella, un organisme montréalais, défend les droits des travailleuses du sexe, qu’elles souhaitent sortir de l’industrie du sexe ou simplement avoir de meilleures conditions de travail. Stella a récemment créé des pamphlets pour que toute travailleuse du sexe sache à quoi s’en tenir, du côté des lois, de la répression, des contacts avec les policiers, de ce que signifie proxénétisme et prostitution pour l’entourage des prostituées.

prostitution 2

Je vous invite à obtenir ces pamphlets, si vous travaillez dans l’industrie du sexe. Être informé, c’est se protéger. Communiquez avec Stella. Ne craignez rien : c’est un organisme respectueux, qui ne nie pas la dignité, l’autonomie ou le libre-choix de toute travailleuse du sexe.

Leurs pamphlet d’informations :

  1. La loi, nos amies et nos familles
  2. Arrestation et détention
  3. La loi et les clients
  4. La loi et la communication
  5. La loi et la publicité
  6. La loi et les tierces personnes
  7. Pouvoirs policiers et travail à l’intérieur

Voici un extrait du pamphlet sur la loi et les clients:

« Les impacts

Lorsque les clients craignent la criminalisation, ils évitent les lieux de travail plus visibles, par peur d’être harcelés ou arrêtés par la police.

Pour cette raison, les travailleuses du sexe:

• doivent travailler dans des zones moins bien éclairées et

moins peuplées, ce qui rend les travailleuses du sexe ainsi

plus vulnérables à la violence;

• ne peuvent pas prendre le temps nécessaire à la sélection

de leurs clients avant d’embarquer avec eux;

• doivent travailler de plus longues heures et plus souvent

pour avoir un revenu équivalent et peuvent accepter

d’offrir des services qu’elles n’offriraient pas autrement.

Cela contribue à diminuer notre niveau de sécurité tout en augmentant le potentiel de tensions au sein des membres de la communauté. »

Croire

mai 16, 2015

Jésus 1

Jésus 2

Quand j’étais petite, mon père m’amenait parfois à la messe. J’aimais beaucoup regarder les autres, j’aimais beaucoup le silence des autres, et la voix du curé, et les mouvements, s’asseoir, se lever, se mettre à genoux, des mouvements simples, pour être comme les autres, pour communier comme eux, et penser comme eux, et croire comme eux.

Puis, j’ai continué à aimer les églises, mais sans y croire trop, j’aimais les églises, j’aimais y entrer à n’importe quel moment, avec ma cousine Cheryl, souvent, après une course à vélo, et nous assistions à des baptèmes d’enfants inconnus, aux prénoms massacrés par le curé, parfois.

J’ai arrêté de croire. Je ne sais pas trop pourquoi, à cause des prières dites tous les matins au camp Carowanis, à cause des nouvelles du téléjournal, des guerres, des discussions avec un évèque, sur les femmes, les enfants qu’elles se doivent de porter et tout.

Après plusieurs années, j’ai recommencé à prier, et pas seulement pour qu’une tempête de neige fasse rage le jour d’un examen de mathématiques. Je priais, et je remerciais Dieu, parce que j’avais un corps qui me permettait de marcher des heures, baiser des heures, faire des arabesques devant des films de Pixar. J’étais vivante, je me sentais vivante, je ne voulais plus poser un rasoir contre mes poignets.

J’ai commencé à croire à nouveau, juste parce que j’avais besoin de croire, j’avais besoin de me rattacher à quelque chose de plus important que moi, plus important que l’argent des hommes qui me baisaient, plus important que tous les soutifs Lejaby que je pouvais acheter, plus important que toutes les amies que je ne voyais plus, parce que je ne pouvais pas leur dire, je ne pouvais pas leur dire ce que je faisais, parce que je croyais que j’étais folle, d’aimer faire du 9 à 5 dans un lit.

Je ne crois plus que parce que j’ai besoin de croire.

Et j’aime bien quand des amis, fouillant dans une pile de livres sur le bord d’une rue, en trouve un sur Dieu et pense immédiatement à me le donner.

Lire ou se trouver une queue de lapin bien touffue

avril 2, 2015

sasha mizaree

Le congé de Pâques, je le passerai à boire du rosé, avaler des suppléments de canneberges et du foutre, cacher des œufs, faire des concours de vols planés avec des avions en papier et applaudir avec enthousiasme tous les gribouillages que mes enfants feront sur des fenêtres.

Je vous souhaite de vous amuser, de vous reposer, de vous prélasser dans de la fondue au chocolat et de trouver une petite queue de lapin à vous rentrer dans l’anus.

Si vous préférez me lire plutôt que de vous enfouir du poil synthétique entre les fesses, voici mes derniers articles publiés.

Ma chronique sur Alissa Afonina, victime d’un terrible accident qui l’a amenée à se découvrir un côté plus kinky. Elle est devenue dominatrice et elle parle au nom de tous les travailleurs du sexe avec fougue et justesse.

Ma critique du livre Quand j’avais cinq ans je l’ai tué ! de Laurent Chabin, une histoire dont le personnage principal est une salope sans remords.

Bonne lecture ! Bisous !

Lundi oui oui oui: Brigitte Bardot et des mecs payés pour baiser

mars 2, 2015

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J’alterne entre une gorgée de vin blanc et une gorgée de coca zéro, je n’écris qu’entre vingt-et-une heure et vingt-deux heures, après je ne pense qu’à House of Cards (mauvaise semaine pour dix mille deadlines, bref).

Mais je viens de recevoir un nouveau déshabillé, couleur champagne, so go to hell les deadlines, je veux juste sentir le tissu sur ma peau et faire semblant de jouir dès que je bouge.

Ce que j’aime plus que les mecs qui disent “Ce n’est pas une probabilité, c’est une loi de la physique.”:

Noyau d’avocat. Câlins au lit avec mes enfants, dès l’arrivée du travail de leur papa, nous sautons, nous nous collons, nous saignons du nez à force de se cogner l’un contre l’autre. Chanter La Madrague de Brigitte Bardot. Photos Instagram en tatouages. Organiser un bal un dimanche. Monopoly d’abord comme jeu anti-capitaliste. Redressements assis pendant que les enfants se caressent les cheveux et font semblant de dormir sur un tapis de yoga. Tasya Van Ree, photographe sexy. Prendre trop de photos de moi toute nue. Mecs payés pour baiser. Être toujours tellement mouillée.

Bonne semaine y’all! Je vous adore!

 

Lundi oui oui oui: des bottes hautes et des femmes nues, autrement

février 3, 2015

Barbie Alien Goddess

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J’écris au lit, avec de l’eau gazeuse aux pamplemousses sur une pile de livres. Mon dos contre mon oreiller, je n’ai ni envie de dormir, pas tout de suite, ni envie de me lever pour quoi que ce soit – mais je n’oserai pas demander à mon mec de m’amener des croustilles à manger dans mon cocon de couvertures.

Ce que j’aime plus que le Gatorade pas light:

Prendre des selfie toute nue dans mon bain. Des safe words utilisés quand le rough sex devient trop rough. Croissant à l’érable dégusté à la boulangerie Les Copains d’abord en parlant cul avec une rouquine et une fille qui porte la même veste que moi. Beurre corporel partout sur moi. Björk qui se confie sur la maternité et sa rupture amoureuse, la douleur et les efforts, le avant et le après. Bottes plus hautes que le genoux, portées par une maman à un anniversaire – I want them. Corps des femmes, nudité des femmes, ailleurs que dans un magazines pour hommes. Mensonges continuels, mais révélés, des anti-travail du sexe. Barbies étranges. C’est ta vie, l’encyclopédie qui parle d’amitié, d’amour et de sexe aux enfants, de Thierry Lenain, illustré magnifiquement par Benoit Morel.

Thierry Lenain C'est ta vie

Extrait du livre qui ose discuter du travail du sexe – bravo, vraiment, j’étais émue aux larmes de voir qu’un livre pour enfants s’attardait à cette réalité:

“Certaines personnes vendent leurs relations sexuelles. Ce n’est pas pour le plaisir, c’est pour gagner de l’argent. Quand quelqu’un vend sa relation sexuelle, on dit que c’est de la prostitution. Personne n’a le droit d’obliger quelqu’un à se prostituer.”

Bonne semaine y’all! Bisous soufflés!

Lundi oui oui oui: neige et dongeons

janvier 27, 2015

mélodie nelson hiver

lecture mélodie nelson

Je mange du gâteau choco-framboise en écoutant Beyonce. Je prie pour des trucs que je ne connais pas trop, une pneumonie qui se guérit rapido, la fille d’une amie est malade et ça me paraît inimaginable, comme quotidien, de ne pas savoir si mon enfant sera sous oxygène ou non dans quelques heures. Je la trouve bonne.

(Et je me sens mal de manger du gâteau choco-framboise, damn. Je te promets de te faire moi-même un gâteau choco-framboise quand tu seras de retour à la maison avec ta petite poulette, C.!)

Ce que j’aime mieux que de me sentir coupable d’avoir une face chocolatée:

Jouer dans la neige. Monsieur Fa. Nourrir des chats errants en campagne. Dongeons. Lecture de voyeuse avec vernis Come to bed red. Soutif enlevé. Mamans actrices pornos. Manger chez mes parents, qui me donnent des nouvelles de mes petits frères.

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Bonne semaine y’all! Bisous!

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Comment ne pas m’aborder. EVER.

décembre 12, 2014

Mec sur Facebook sans photo de profil: Il me ferait grand plaisir de te voir en personne. Je suis généreux. Photo et téléphone sur demande. Ciao bella.

Moi: Yo je ne suis plus escorte. Si tu veux prendre un café et me donner dix mille dollars au Starbucks, wouhou.

Mec sur Facebooks sans photo de profil: Je savais que tu étais plus escorte, c’était une façon idiote de t’aborder. Désolé pour ce commentaire digne d’une plante verte. Je te trouve juste ben cute. Non pour les 10000, mais oui pour le café.

(Je n’ai rien répondu. Tant mieux s’il reconnait que son commentaire était pas top, mais still, je ne comprends pas qui voudrait rencontrer une personne avec des manières aussi douteuses.)

Les femmes aiment le travail du sexe

novembre 18, 2014

belle knox

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Via ma sexperte préférée, Violet Blue, je vous recommande deux articles sur la prostitution.

1.En Australie, les femmes deviennent de plus en plus des clientes. Une fois que le stigmate de cochonne-qui-paie-pour-du-sexe est diminué et que le risque de se retrouver en prison devient nul, les femmes se tournent donc vers les escortes. De quoi dire ciao à quelques stéréotypes sur la clientèle des travailleurs et travailleuses du sexe!

“So what do male escorts tell us about an underlying shift in female sexuality? Western women today have more freedom, money and power than at any point in history. Yet for many, like Louise, the decision to buy sex goes beyond financial independence: it marks a brave new world of go-getting female sexuality, in which women can be as assertive as men in pursuing what they want.

With the decline of the traditional family unit, some women – particularly career women who are cash-rich and time-poor – find it easier and more efficient to organise paid-for sex than to seek it at home, in a bar, or online. Casual relationships or affairs can be complicated; hiring an escort offers control, an opportunity for sexual experimentation and exploration of fantasies without fear of judgment from a partner.”

2.Belle Knox, la pornstar qui étudie le féminisme à Duke University, écrit sur l’hypocrisie des lois régissant le travail du sexe. Genre n’importe qui de plus de dix-huit ans peut la regarder baiser une autre personne, dans un film, mais personne ne pourrait la payer pour la baiser sur un lit à baldaquin.

“Although porn is legal, I am nonetheless proud to classify myself a sex worker and call on my colleagues to stand up for our right to make a living, access the same protections as everyone else and not feel ashamed for doing honest work. We are nobody’s rescue project, and we deserve rights, not handcuffs.”

Je ne sais plus si je suis féministe

octobre 27, 2014

lectures

Mes lectures du weekend: Nu, un recueil de nouvelles érotiques dirigé par Stéphane Dompierre, Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses, par Catherine Dufour, et Aimer, materner, jubiler, par Annie Cloutier.

Aimer, materner, jubiler, m’a tellement fait réfléchir que je n’ai pas demandé à mon mec d’écouter le dernier Sons of Anarchy. J’ai lu, avec un marqueur, sans remarquer que je me rongeais les ongles.

“Je continue de me dire féministe parce que le mot continue d’évoquer en moi la subversion, la prise de parole, l’affirmation de soi. Mais d’autres femmes montrent chaque jour qu’il est aujourd’hui possible d’être ce que nous sommes, sans complexe ni culpabilité, et sans béquille idéologique. Alors j’hésite, désormais.” Annie Cloutier

Plusieurs travailleuses du sexe ou ex travailleuses du sexe ne se disent plus féministes. Même si je déteste être vue comme une victime et même si la majorité des féministes refusent de croire en la légitimité du travail du sexe, je me condidérais toujours comme une féministe.

Il a fallu que je lise l’essai d’Annie Cloutier pour douter. Un essai sur la maternité, sur la politique faussement familiale du Québec, sur la pauvreté et sur les choix, les choix de materner et de travailler, les choix de materner et de ne pas travailler. Dans son essai, elle montre que le féminisme, contrairement à ce que plusieurs pensent, n’est pas un humanisme, et il n’est pas, dans son courant principal, prêt à écouter et à croire aux choix de toutes les femmes.

Des féministes m’ont dit que j’étais victime du patriarcat, pour avoir aimé me prostituer. Des féministes m’ont dit que j’inventais, que je mentais, quand je disais que j’avais été pute, et que je n’en étais pas devenue folle après. Des féministes disent que les clients sont violents, terrifiants et qu’ils devraient être jugés comme des criminels.

Et pourtant, je continuais à croire totalement au féminisme. Parce qu’il y a d’autres courants dans le féminisme, il n’y a pas que des femmes qui détestent les femmes qui ne sont pas comme elles, il n’y a pas que des femmes qui refusent la parole à celles qui ne pensent pas comme elles. Il y a le féminisme pro-choix, le féminisme pro-sexe, mais, mais, si le féminisme reste une idéologie et que je n’y souscris pas, puis-je encore être féministe? Ou suis-je maintenant tout simplement une maman, ex escorte, une maman qui aime jouir et faire des muffins aux bleuets? Est-ce que j’ai encore le droit de me dire féministe? Est-ce que j’ai encore l’envie de me dire féministe, même si je suis rejetée par ce qui semble être le courant principal du féminisme?

“I stopped calling myself a feminist several years ago for the simple reason that many feminists don’t like sex workers. I’m sort of the opposite of Groucho Marx: if a club doesn’t want me, then I’m more than happy to chip off elsewhere.” – Brooke Magnanti aka Belle de Jour

 

Des sauveurs et des étalons

juin 6, 2014

Au lieu de lire ce que les Conservateurs veulent mettre en branle pour foutre le bordel dans l’industrie du sexe, j’ai lu en riant et en roulant des yeux crissement souvent des paroles dites aux travailleuses du sexe sur le tumblr Shit They Say To Sex Workers.

Que ce soit des journalistes, des personnes soucieuses d’une moralité irréprochable ou de clients qui se croient des sauveurs ou des étalons, les paroles copiées sur le tumblr montrent bien à quel point les travailleuses du sexe font face à beaucoup d’ignorance et d’intolérance.

Des exemples de phrases à ne pas répéter, please:

“But why? You can do anything you want.”

“Let me take you out of this life.”

“I would like to spend an hour and a half with you, but only pay for an hour. I want to spend some time on getting to know you first, it feels so weird having to be ready for sex straight away. Surely you wouldn’t charge me for that?”

“I write erotic Dexter fanfiction and i’m not really into the political thing, but you are soooo right about how marginalized we sex workers are.’

“I have so much respect for you. i could never do that. thank god i have a husband!!”


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