Posts Tagged ‘prostitution’

Avoir dix-sept ans et la liberté de tout faire

juin 4, 2014

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J’ai toujours voulu écrire pour Urbania, mais j’ai toujours cru que c’était le genre de magazine trop cool pour moi. Je ne suis pas une fille cool, parce que ma plus grande occupation en ce moment est de chanter des chansons à mes enfants (et de regarder mes seins – qui rentrent enfin dans mes soutifs – dans le miroir, quand mes enfants font la sieste).

La semaine dernière, on m’a demandé de visionner le film Jeune et Jolie de François Ozon, et d’en donner mes impressions dans Urbania. J’étais super contente.

Ce que j’en retiens? La délicatesse et la pudeur de François Ozon, qui ne tombe pas dans la trashitude ni dans le jugement, alors qu’il est question de prostitution. C’est rare, un portrait comme ça, un portrait d’une jeune fille qui teste les limites d’un jeu qui n’a pas vraiment de règles, sauf celles des envies à monnayer et du hasard des rencontres. Un portrait qui ne tente pas de pointer les raisons d’un choix. Un portrait qui montre une autre façon d’aller vers l’âge adulte, sans shopping entre copines, joints après l’école et baisers autour d’une bouteille à tourner.

En visionnant le film, ça m’a manqué. Mes dix-sept ans et l’impression d’avoir la liberté de faire n’importe quoi, n’importe quand.

Extrait de mon article: “À une fête, Isabelle regarde une adolescente se faire embrasser et toucher par deux garçons. Quelqu’un vomit dans les toilettes. Et à un garçon, qui lui propose de venir chez lui, elle répond pas le premier soir. Qu’est-ce qui serait plus normal qu’avoir été pute? Qu’elle boive trop et s’évanouisse sur un canapé, pour que des mecs de son âge la prennent en photo et lui parlent de la grosseur de ses seins, le lundi matin?”

De la marchandise?

mars 18, 2014

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Le débat sur la création de bordels, animé par Sophie Durocher à OPEN télé, s’est bien déroulé…même si j’avais oublié de porter un soutif, ce qui a compliqué l’ajustement de mon micro, même si je me suis mouché devant la caméra, même si mes enfants ne se sont pas endormis avant mon retour et même si je ne me suis pas exprimée autant que je le voulais –et aussi bien que je ne l’aurais voulu.

Au final, mon constat, c’est que ce qui fait surtout vraiment freaker les gens à propos de la prostitution, c’est les clients. Et la liberté des filles, dans la notion de choix, clair ou non, et dans la notion de travailler pour soi-même ou avec l’aide d’un proxénète.

Les gens qui ne connaissent pas l’industrie du sexe ont peur des clients et des pimps. Ils s’imaginent les clients comme des méchants, comme des dictateurs assoiffés de pouvoir et de cul, ils sont incapables d’imaginer un mec sympa du parc à chiens comme client, incapables d’imaginer leur collègue qui bouffe juste des lunchs végés comme client, incapables d’imaginer un professeur qui donne de l’argent aux putes et à des organismes de bienfaisance dans la même semaine comme client. Une seule invitée, l’anthropologue Rose Dufour, a indiqué que les travailleurs et travailleuses du sexe n’étaient que de la marchandise. La seule personne qui a utilisé le terme de marchandise pour qualifier les tds est cette femme, et c’était son jugement, pas celui des clients, pas celui de mes mille clients.

Et pour les pimps, les gens ne conçoivent pas qu’ils puissent être utiles. Si les proxénètes forcent quiconque à travailler, c’est criminel. Mais sinon, je vois ça comme une firme de placement qui trouve des contrats de consultation à des filles qui se promènent avec des condoms all the time. Quand j’étais escorte, la dirigeante de mon agence, ma pimp, donc, s’occupait de l’entretien de l’appart dans lequel je travaillais, elle répondait aux appels de clients et de connards-qui-se-trouvaient-amusants-de-niaiser-une-agence. J’aurais pas eu la patience, moi, de parler toute la journée au téléphone avec des clients potentiels, so j’étais super heureuse d’avoir une proxénète, et je savais que j’étais libre de ce que je choisissais ou non d’accepter comme clients ou comme pratiques sexuelles.

Pour revoir l’émission, go devant votre télé mardi le 18 mars à 4h ou mercredi le 19 mars à 13h.  

Un article intéressant à lire sur la décriminalisation de la prostitution et le sexe comme travail - j’y ai été interviewée par l’auteure, Fannie B.

Pourquoi vouloir jouir absolument?

février 28, 2014

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Je ne jouis pas chaque fois que mon mec entre deux doigts dans mon cul et sa queue dans ma chatte. Est-ce que ça me dérange? Non. Si je veux absolument jouir, je prends mon vibro fushia après avoir fait un mini pipi à la salle de bain.

Ce que j’aime, c’est de sentir zéro tension, c’est de me sentir aimée, c’est de savoir que je peux m’endormir sans avoir peur de quoi que ce soit, je suis bien, je me suis collée, j’ai écarté mes lèvres, j’ai mordu son épaule, j’ai mouillé, j’ai senti sa queue et entendu ses je t’aime, je ne veux pas plus.

Et pour vous, une expérience sexuelle réussie, c’est quoi? Je vous invite à lire ma dernière chronique à ce sujet et à vous confier ici.

Envie de lire d’autres chroniques? Je vous en propose quelques unes, mes choux.

La fidélité sur pause.

Des formules qui tuent toute excitation – mieux vaut en rire qu’en jouir, parfois.

Des clients à ne jamais criminaliser.

“Notre société est obsédée par le sexe, mais ce n’est pas une obsession malsaine. C’est une pulsion à apprivoiser, dans le respect. Les clients sont des hommes comme les autres: ils ne sont pas une race à part. Ils remercient la caissière à l’épicerie, échappent un juron quand leurs orteils heurtent un meuble, se lavent les cheveux les yeux fermés. Permettons aux clients de passer un bon moment, et aux travailleuses du sexe de gagner de l’argent, sans craindre des menottes achetées ailleurs que dans une boutique de jouets sexuels.”

Bonne lecture!

illustration: installation de Diego Beyro

Le Gouvernement veut savoir ce que vous pensez de la prostitution, y’all

février 28, 2014

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Le 20 décembre dernier, la Cour suprême a jugé que la décriminalisation de la prostitution se devait d’être wouhou. Pour la sécurité et la dignité des sex workers. Pour tout le monde, en fait, parce que fuck you, tous les citoyens sont égaux au Canada, et la criminalisation de la prostitution ne montrait pas ça, les lois faisaient en sorte que les sex workers étaient oh so moins importants, un de blessé, deux de violées, trente tuées, c’est moins important, of course, quand un tueur en série s’attaque à celles qui font payer avant d’ouvrir leur jambe, c’est moins important? Nan.

D’ici un an, les lois seront changées. Grâce à la Cour suprême. Pas grâce au Gouvernement du Canada, qui propose une consultation publique, dans le but de, dans le but de quoi? De faire peur encore, de rendre monstreux tout échange d’argent contre un service sexuel? De rendre monstrueux l’envie d’être pute? De rendre monstreux les clients?

Anyway. Faut participer. La date limite de participation au sondage du Gouvernement du Canada est le 17 mars.

Please, aidez les travailleurs et travailleuses du sexe. Aidez les clients et les clientes. Répondez au sondage, donnez votre opinion, malgré certaines questions totalement incidieuses et qui vont à l’encontre du jugement de la Cour suprême.

Merci.

Je voulais faire un jeu de mots avec Coderre et bordels, mais bof

décembre 17, 2013

17decembre

Aujourd’hui, mardi le 17 décembre, c’est la journée internationale contre la violence à l’encontre des travailleuses du sexe.

Les célébrations de Noël cette année se vivent sous la neige et l’espoir de voir cesser l’hystérie et l’insécurité liées au travail du sexe. Quelques jours après la journée internationale contre la violence faite aux travailleuses du sexe, il y aura, le 20 décembre,  le jugement de la Cour Suprême concernant la décriminalisation de la prostitution.

Des lois qui ne protègent personne sauf une pseudo morale archaïque

Ici, au Canada, la prostitution est déjà légale. Toutefois, plein d’activités reliées à la prostition sont illégales: par exemple, une escorte ne peut pas parler du prix de ses services sexuels au téléphone cellulaire, un propriétaire d’immeubles ne peut pas avoir comme locataire une prostituée de rue, car il serait vu comme son pimp, une escorte ne peut pas engager ni chauffeur de taxi, ni bodyguard, car ils seraient vu aussi comme des pimps…Toutes ces limitations compliquent et mettent en danger la vie des travailleuses du sexe. La décriminalisation permettrait une meilleure reconnaissance des droits des travailleuses du sexe, qui méritent, comme tout citoyen, sécurité et dignité.

Les couples qui baisent après une victoire du Canadien ne sont pas compromis par la décriminalisation

Ailleurs dans le monde, les lois liées à la prostitution n’ont malheureusement pas l’air de s’assouplir. L’Allemagne reconsidère la légalisation des bordels, suivant l’exemple d’une Suède condescendante qui croit que si la prostitution est illégale, elle n’existe plus. Si elle est cachée, elle n’existe plus. Résultat: beaucoup plus de violence et de peur, moins d’aide aux travailleuses du sexe. La France criminalise les clients depuis peu, ce qui met en danger non seulement l’autonomie financière de plusieurs travailleuses du sexe, mais aussi leur vie: si les clients sont effrayés par une telle loi, les agresseurs, eux, ne s’en préoccupent pas.

Pourquoi la prostitution, lorsqu’elle est un échange rémunéré de services sexuels entre adultes consentants, fait-elle aussi peur? Pourquoi la sexualité est jugée dérangeante et traumatisante quand elle ne se vit pas dans une relation de couple qui écoute un match de hockey, puis copule si le Canadien a gagné?

Les médias jouent parfois le rôle des agresseurs

Pourquoi les médias présentent encore les travailleuses du sexe comme des jeunes filles quasi encore pubères à sauver, en bas résille et talons hauts? Pourquoi les médias se rendent-ils complices de la peur ambiante? En Angleterre, les médias sont invités aux arrestations de prostituées dans les bordels et photographient les malheureuses qui soutiennent être là par choix et non par la faute de trafic humain. Ici, au Québec, suite à l’annonce de Denis Coderre, des journalistes ont appellé des salons de massage en faisant semblant d’être des clients. Ils ont enregistré les conversations et les ont passées à la radio ou à la télévision, exposant ainsi la voix de travailleuses du sexe qui n’avaient jamais accepté d’entrevue, et qui se voyaient ainsi en danger d’être reconnues par leurs proches.

En Grèce, les médias de droite blâmaient en 2012 les travailleuses du sexe d’une hausse de VIH dans la population. En un an, le VIH avait effectivement augmenté de 60%. La raison? Pas la prostitution. Plutôt le gouvernement et ses coupes dans le budget de la santé. Tous les programmes d’échanges de seringues ont été annulés.

Comme le mentionne l’article très intéressant de Laurie Penny, dès qu’il y a une croisade contre l’indécence, c’est qu’il y a mission de dévier l’attention d’un problème social beaucoup plus important. Alors quand Coderre, Diane Matte et des journalistes paranoïent et paniquent sur les faux dangers des salons de massage et du travail du sexe, que cachent-ils? Quels problèmes plus importants ont moins d’attention, par leur faute?

Massages, prostitution, Denis Coderre et harcèlement des médias

décembre 14, 2013

Communiqué de presse de Stella, un organisme qui soutient les droits des travailleuses du sexe – les caractères gras sont de moi, le texte non

Les personnes travaillant dans les salons de massage vivent désormais sous l’emprise d’un stress constant, avec la peur d’avoir un dossier criminel et d’être incarcéré-e-s, d’être déporté-e-s, de perdre la garde de leurs enfants, de perdre leur logement (des centaines de masseuses et de masseurs reçoivent leurs client-e-s directement de leurs appartements). Le fait est aussi que beaucoup de clients ont tout aussi peur ; plusieurs bons clients désertent alors les salons de massage et ceux qui n’ont rien à perdre continuent de les fréquenter. Ce qui exposent les masseuses à plus de violence. Les masseuses ont aussi peur de perdre leurs emplois, leurs lieux de travail sécuritaires où elles ont du pouvoir sur leurs conditions de travail. Plusieurs masseuses offrent des prestations érotiques et non sexuelles et se verront contraintes d’aller travailler en agence d’escorte et d’ainsi offrir des services sexuels, car elles ne désirent pas travailler au salaire minimum. D’autres s’exposeront à plus de risques en allant travailler dans un marché noir encore plus underground, en plus de dépendre davantage sur les tierces-personnes pour trouver des client-e-s. Ces stratégies répressives briment donc les droits au travail, à l’autonomie, à l’auto-détermination, ainsi qu’à l’accès à la protection policière. Et qu’en est-il des coûts faramineux reliés à cette répression ? Et des hausses de couts reliés à l’aide juridique que cette répression entrainera ? Et des coûts reliés aux nombreuses demandes d’adhésion à l’aide sociale qui s’en suivront ? Sans compter que plusieurs masseuses et tenancier-ères se déclarent et paient des impôts, en plus de contribuer à l’économie québécoise.

Impacts des médias auprès des masseuses et des masseurs

Depuis l’annonce faite par le maire, les masseuses sont aux prises avec des appels incessants de la part de plusieurs médias. Elles subissent du harcèlement, des entrevues cachées – et oui, des journalistes appellent et se font passer pour des clients pour ensuite diffuser les segments en onde et ce, sans le consentement des masseuses et réceptionnistes, les dévoilant ainsi et les exposant de ce fait même à de multiples représailles – ils diffusent les lieux, exposent les travailleuses à davantage de violence, d’intolérance et de plaintes. Sans compter l’impact sur leur santé mentale, car plusieurs masseuses roulent désormais sur le stress et la paranoïa.

Davantage de fonds publics pour renforcer la lutte à la traite humaine ?

Le gouvernement fédéral a annoncé un investissement de 2 millions annuellement pour renforcer l’escouade de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), ce qui permettra de mettre en place une équipe de douze enquêteurs, basée à Montréal, afin de lutter davantage contre la traite humaine. Le Service de police de la ville de Montréal comptait jusqu’à ce jour un enquêteur pour tous les dossiers touchant les gangs de rue, l’exploitation sexuelle et la lutte à la traite humaine. Cette nouvelle fait donc du sens si l’on veut donner les moyens aux policiers de démanteler des réseaux de gangs de rue et d’exploiteurs, mais encore faut-il réajuster le tir dans les pratiques policières et arrêter de viser les masseuses et autres travailleuses du sexe, viser un soutien aux réelles victimes d’exploitation sexuelle et surtout cesser immédiatement de confondre travail du sexe entre adultes consentants et traite humaine. Stella travaille fort pour lutter contre les violences subites par les travailleuses du sexe, tout comme nous sommes amenées à être en lien avec des femmes qui sont au prises avec des situations abusives et parfois des conjoints et proxénètes violents. La police sait qu’il est difficile d’amener ces femmes à porter plainte contre ces hommes. Tout comme il est ardu de monter des dossiers ayant pour objectif de démanteler des réseaux de gangs de rue. Si la police ferme les salons de massage, elle nous coupe aussi des liens que nous avons auprès de certaines victimes de coercition et de violence, et donc, de plaignantes potentielles qui auraient pu autrement témoigner et contribuer au démantèlement de gangs de rue. Et qu’en est-il des forces déjà présentes sur le territoire qui arrêtent les personnes qui travaillent sur la rue et dans les salons de massage? Pourquoi ne sont-elles pas mis à profit pour lutter contre les gangs de rue et l’exploitation sexuelle ? N’est-ce pas la priorité ? Qui veut-on en prison ? Des travailleuses du sexe de rue, des réceptionnistes, des masseuses ou des membres de gangs de rue, des exploiteurs, des hommes violents ?

Cour Suprême du Canada vs Denis Coderre

La Cour Suprême du Canada rendra sont verdict dans le cas Bedford v. Canada dès 9h45 vendredi prochain, le 20 décembre 2013. Cela fait des années que nous subissons la répression, la criminalisation, la stigmatisation et les violences qui en découlent. Nous attendons donc ce verdict avec impatience. Si les articles 210, 212 (1)j et 213 sont déclarés inconstitutionnels, les adultes consentants dans l’industrie pourront enfin travailler librement et avoir accès à la même protection policière que tous les autres citoyen-ne-s canadien-ne-s et il ne restera que pour priorité que d’appliquer les articles relatifs au gangstérisme, au proxénétisme de coercition, à l’exploitation des mineurs, à la traite, au trafic et aux agressions sexuelles. La police pourra enfin réaliser son vrai mandat : lutter contre le crime et non mettre des innocent-e-s en prison. Du moins, on l’espère. Comment M.Coderre réagira-t’il ? Ira-t’il à l’encontre de l’instance décisionnelle suprême du Canada ? Et qu’en est-il du gouvernement québécois ?

Stella vous invite à vous joindre à nous mardi prochain, 17 décembre, dans le cadre de la journée internationale de lutte à la violence faite aux travailleuses et travailleurs du sexe. Rendez-vous à 13h00 dans les marches en avant du Musée d’art contemporain de Montréal (185, rue Sainte-Catherine Ouest, angle Jeanne-Mance), métro Place des arts. Maintenant plus que jamais, nous avons besoin de votre support, de votre solidarité, merci de venir marcher avec nous pour refuser la violence sous toutes ses formes et militer pour le respect de nos droits; les droits à la sécurité, à la liberté et à la dignité.

Nous vous attentons en grand nombre.

À propos de Stella

Stella (www.chezstella.org) est un groupe communautaire crée et géré par et pour des travailleuses et ex-travailleuses du sexe de Montréal. Depuis 1995, les travailleuses du sexe impliquées à Stella luttent dans le but d’améliorer les conditions de vie et de travail des travailleuses du sexe, promouvoir leur santé et faire respecter leurs droits humains.

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Informations : Émilie Laliberté, Directrice générale

Cellulaire : 514-984-6319

Administration : 514-285-1599

Musique, jouet anal religieux et confessions

mars 20, 2013

Baby Jesus

Mercredi dernier, j’ai célébré avec une bière sans alcool la sortie du deuxième vidéoclip du groupe Les Vestons. J’en ai profité pour les questionner sur les groupies, le sexe et le rock. Saviez-vous qu’un chanteur des années 70 avait déjà vu sa queue exploser style hot-dog après avoir préféré les groupies à l’abstinence? Iiiish.

Mes autres chroniques sur Canoë :

1. Vous ne devez jamais amener Baby Jesus au lit avec vous.

2. Ce que des copines escortes sont prêtes à confier sur des clients.

3. Des tabous sexuels? En 2013? Oui!

4. La pornographie limite les pensées homophobes.

Bonne lecture mes chéris et mes choupinettes!

Lundi oui oui oui: chambre de bonne et Fiona Apple

juin 18, 2012

Si c’était possible de se saouler au melon d’eau, ce fruit serait la meilleure création ever de Dieu. Je vous écris avec du jus de melon d’eau qui me glisse entre les seins, en parlant au téléphone avec Betty – elle est sur le speaker et elle s’en fouette que j’écrive en même temps parce qu’elle, elle cuisine et s’envoie un verre de vin rouge en même temps, so.

Ce que j’aime right now :

Imaginer ma copine Marion gueuler avec son papa lors de la diffusion d’un match de foot. Mini Fée qui fait du charme à tout les passants sur la rue Masson – petit doigt sur le coin de la bouche en extra. Nuisettes que j’enfile dès que Min Fée fait dodo. Gaspacho au melon d’eau préparée par le cuisinier du Café Extase parce qu’il craignait que Mini Fée soit assoiffée. Les Femmes du Sixième Étage parce que ça rappelle des souvenirs à Alexandre Le Grand – de quatorze à dix-sept ans il a vécu dans une chambre de bonne à Paris avec son grand frère -. Dame de quatre-vingt-deux ans qui ramasse le chapeau de Mini Fée et me raconte qu’elle a perdu cinquante livres depuis octobre et qu’elle sait qu’elle a l’air plus jeune et qu’elle n’aime pas les chiens parce qu’ils mordent et qu’elle n’aime pas la pluie mais qu’elle aime beaucoup le pain et son appareil auditif. Hamburgers au barbecue dans la cour avec des voisins. Karma merdique pour ceux qui appliquent les lois contre la prostitution. Alexandre Le Grand me répète tous les jours qu’il est chanceux de m’avoir et je lui réponds parfois que c’est moi, qui suis chanceuse, et je sais que c’est nous deux, mais je sais aussi que je suis très chanceuse qu’il m’aime malgré mon nombril vraiment laid et des conneries. Installation artistique de ma copine Sarah Lee, Cheese is love, dans la rue avec un spray à fromage Kraft. Charlotte si Sex à New-York débutait maintenant : Charlotte would have gotten all the ladies to try a juice fast. Carrie and Miranda would cave and go out for pizza while Charlotte sticks with the juice fast and becomes horribly cranky. Fiona Apple. Manger du gâteau breton avec mon papa.

Je vais aller overdoser mes cils de mascara! Bonne semaine y’all!

Une victoire partielle qui permet d’espérer plus

mars 27, 2012

Ce matin, juste avant midi, le jugement du procès Canada VS Bedford a été annoncé. Les maisons closes, ainsi que la possibilité de vivre de la prostitution, sont maintenant légales en Ontario, grâce à la persévérance et au courage de Madame Bedford. J’ai célébré en buvant un verre de champagne en compagnie de ma copine May, qui avait des ongles superbes, zébrés, comme un des jouets préférés de Mini Fée.

Voici le communiqué de presse de Stella, un organisme qui soutient les droits des travailleuses du sexe:                                                                                         

Jugement de la cour d’appel de l’Ontario :

Victoire partielle : le jugement laisse tomber les travailleuses et travailleurs du sexe de la rue

C’est avec un mélange de  joie et de déception que nous recevons la décision émise par les 5 juges de la cour d’appel de l’Ontario qui reconnait l’inconstitutionnalité de l’article sur les maisons de débauche, ainsi que celui sur le proxénétisme, sauf dans les cas d’exploitation. C’est une victoire en soi que de pouvoir travailler légalement de l’intérieur, seule ou en groupe et de pouvoir s’entourer de personnes qui augmentent notre sécurité; réceptionniste, chauffeur, gérant/gérante, patron/patronne, etc.

Là où le bât blesse; 3 juges sur 5 s’entendent pour maintenir au Code criminel l’interdiction de communiquer en public dans le but de se livrer à la prostitution, ce qui ne fait pas de sens pour nous, puisque les personnes qui travaillent sur la rue sont justement celles qui subissent le plus la répression et les abus de leurs droits humains qui en découlent. À cet effet, dans leur opinion dissidente, 2 juges reconnaissent l’inconstitutionnalité de cet article stipulant que ce n’est pas le fait de travailler sur la rue qui est dangereux, mais bien l’article sur la communication qui engendre et contribue à exposer les travailleuses et travailleurs du sexe à des actes de violence. D’ailleurs,  2 rapports commandés par le Département de Justice (1989, 1994) pour évaluer l’impact de l’article sur la communication ont conclu que la criminalisation des travailleuses et travailleurs du sexe de la rue et de leurs clients contribue à la violence contre les travailleuses et travailleurs du sexe.

Mr. Harper maintient le fait que les lois canadiennes ne sont pas responsables de la violence faite aux travailleuses et travailleurs du sexe et qu’il n’a pas la responsabilité de protéger ces personnes. Il ne nous considère donc point comme des citoyens et citoyennes à part entière.

D’après Émilie Laliberté, directrice de Stella : « Nous croyons qu’il est gravement temps que toutes les lois sur le travail du sexe, tant à l’intérieur que sur la rue, soient invalidées en Cour Suprême. Celles-ci briment nos droits fondamentaux : le droit à la vie, la sécurité et la liberté. La décriminalisation du travail du sexe sauve des vies. »

Nous,  les travailleuses et travailleurs du sexe québécois, nous rallions aux travailleuses et travailleurs du sexe du reste du Canada en espérant que le Canada décriminalise le travail du sexe, nous permettant de travailler en santé, en sécurité et avec dignité.

Stella honore et remercie les trois travailleuses du sexe de Toronto pour leur courage et leur détermination dans la défense des droits des travailleuses et travailleurs du sexe.

Pour plus d’informations sur pourquoi le travail du sexe doit être décriminalisé au Canada, lire le rapport :  « Out of the Shadows »: http://www.firstadvocates.org/out-shadows-why-canada-must-decriminalize-adult-consensual-sex-work

Pigalle comme muse

mars 22, 2012

Le papa de mon mec vivait à Pigalle. Il y était dentiste. Alexandre Le Grand a de bons souvenirs des prostituées qu’il rencontrait dans le cabinet de travail de son papa. Quand ce dernier était trop occupé pour s’occuper de son fils, Alexandre Le Grand en profitait pour se faire chouchouter sur les genoux des clientes trop contentes.

Quant au photographe Christer Strömholm, il habite Pigalle depuis 1959. Ses amitiés avec des travailleuses du sexe ont inspiré son œuvre. Coquettes, avec ou sans habits de drag queen, ses copines se retrouvent dans son livre Amies de Place Blanche.

Pour admirer: http://flavorwire.com/266101/pretty-subtle-photographs-of-1960s-parisian-prostitutes


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