Articles Tagués ‘prostitution’

Une victoire partielle qui permet d’espérer plus

mars 27, 2012

Ce matin, juste avant midi, le jugement du procès Canada VS Bedford a été annoncé. Les maisons closes, ainsi que la possibilité de vivre de la prostitution, sont maintenant légales en Ontario, grâce à la persévérance et au courage de Madame Bedford. J’ai célébré en buvant un verre de champagne en compagnie de ma copine May, qui avait des ongles superbes, zébrés, comme un des jouets préférés de Mini Fée.

Voici le communiqué de presse de Stella, un organisme qui soutient les droits des travailleuses du sexe:                                                                                         

Jugement de la cour d’appel de l’Ontario :

Victoire partielle : le jugement laisse tomber les travailleuses et travailleurs du sexe de la rue

C’est avec un mélange de  joie et de déception que nous recevons la décision émise par les 5 juges de la cour d’appel de l’Ontario qui reconnait l’inconstitutionnalité de l’article sur les maisons de débauche, ainsi que celui sur le proxénétisme, sauf dans les cas d’exploitation. C’est une victoire en soi que de pouvoir travailler légalement de l’intérieur, seule ou en groupe et de pouvoir s’entourer de personnes qui augmentent notre sécurité; réceptionniste, chauffeur, gérant/gérante, patron/patronne, etc.

Là où le bât blesse; 3 juges sur 5 s’entendent pour maintenir au Code criminel l’interdiction de communiquer en public dans le but de se livrer à la prostitution, ce qui ne fait pas de sens pour nous, puisque les personnes qui travaillent sur la rue sont justement celles qui subissent le plus la répression et les abus de leurs droits humains qui en découlent. À cet effet, dans leur opinion dissidente, 2 juges reconnaissent l’inconstitutionnalité de cet article stipulant que ce n’est pas le fait de travailler sur la rue qui est dangereux, mais bien l’article sur la communication qui engendre et contribue à exposer les travailleuses et travailleurs du sexe à des actes de violence. D’ailleurs,  2 rapports commandés par le Département de Justice (1989, 1994) pour évaluer l’impact de l’article sur la communication ont conclu que la criminalisation des travailleuses et travailleurs du sexe de la rue et de leurs clients contribue à la violence contre les travailleuses et travailleurs du sexe.

Mr. Harper maintient le fait que les lois canadiennes ne sont pas responsables de la violence faite aux travailleuses et travailleurs du sexe et qu’il n’a pas la responsabilité de protéger ces personnes. Il ne nous considère donc point comme des citoyens et citoyennes à part entière.

D’après Émilie Laliberté, directrice de Stella : « Nous croyons qu’il est gravement temps que toutes les lois sur le travail du sexe, tant à l’intérieur que sur la rue, soient invalidées en Cour Suprême. Celles-ci briment nos droits fondamentaux : le droit à la vie, la sécurité et la liberté. La décriminalisation du travail du sexe sauve des vies. »

Nous,  les travailleuses et travailleurs du sexe québécois, nous rallions aux travailleuses et travailleurs du sexe du reste du Canada en espérant que le Canada décriminalise le travail du sexe, nous permettant de travailler en santé, en sécurité et avec dignité.

Stella honore et remercie les trois travailleuses du sexe de Toronto pour leur courage et leur détermination dans la défense des droits des travailleuses et travailleurs du sexe.

Pour plus d’informations sur pourquoi le travail du sexe doit être décriminalisé au Canada, lire le rapport :  « Out of the Shadows »: http://www.firstadvocates.org/out-shadows-why-canada-must-decriminalize-adult-consensual-sex-work

Pigalle comme muse

mars 22, 2012

Le papa de mon mec vivait à Pigalle. Il y était dentiste. Alexandre Le Grand a de bons souvenirs des prostituées qu’il rencontrait dans le cabinet de travail de son papa. Quand ce dernier était trop occupé pour s’occuper de son fils, Alexandre Le Grand en profitait pour se faire chouchouter sur les genoux des clientes trop contentes.

Quant au photographe Christer Strömholm, il habite Pigalle depuis 1959. Ses amitiés avec des travailleuses du sexe ont inspiré son œuvre. Coquettes, avec ou sans habits de drag queen, ses copines se retrouvent dans son livre Amies de Place Blanche.

Pour admirer: http://flavorwire.com/266101/pretty-subtle-photographs-of-1960s-parisian-prostitutes

Du lubrifiant comme remerciements

février 28, 2012

Même si j’ai des problèmes avec la maison d’édition qui a publié mon livre Escorte, je suis toujours heureuse d’avoir des nouvelles de mes lecteurs. Je suis très touchée par la confiance de certaines filles qui me confient à leur tour leurs expériences dans l’industrie du sexe, ou leur envie d’essayer – je n’ose jamais dire à quelqu’un go for it, chaque expérience dans l’industrie est très personnelle, et ce serait illégal de promouvoir la prostitution anyway, mais je répète à tout le monde de s’informer beaucoup beaucoup beaucoup avant de travailler dans une agence d’escortes, un salon de massage ou whatever. Une fille m’a récemment écrit qu’un mec voulait qu’elle signe un contrat d’un an dans son agence. Ça ne se fait pas! Il faut se laisser le droit de quitter à tout moment une agence – ou un client – avec qui vous n’êtes pas à l’aise, les girls.

Et je souris aussi depuis quelques jours à la lecture de commentaires sur mon livre, en provenance du site MERB. Hey guys! Thanks a lot for your support! It’s fun to know that you’re interested to know more about your service providers!

Pour les filles qui veulent plus d’informations sur l’industrie du sexe et du soutien: http://chezstella.org/

Lubrifiant extraordinaire : http://thegloss.com/sex-and-dating/pick-of-the-week-lube-for-the-vagina-that-hates-everything-698/

Pour un forfait Mile-High Club-champagne-chocolat : http://www.nerve.com/news/love-sex/ohio-airline-allows-passengers-to-have-sex-during-flights

Un féminisme qui déteste les femmes libres

février 2, 2012

Je l’ai répété souvent, on ne me croit pas toujours, mais je le répète encore : jamais je ne me suis sentie rabaissée par des clients, alors que j’étais escorte. Mais combien de fois me suis-je sentie rabaissée par des femmes, qui se disent féministes abolitionnistes? Un nombre incalculable de fois.

Pourquoi?

Parce qu’elles disent donner une voix aux travailleuses du sexe qui n’en ont pas, tout en refusant une voix à celles qui veulent dire autre chose que leur discours habituel (style « Je me drogue parce que je suis une prostituée. Je déteste les hommes. Blablabla. » – Cette voix existe bien, et c’est important de l’entendre et de l’écouter aussi, mais ce n’est pas le seul discours des prostituées.)

Parce que ces prétendues féministes me refusent un choix, me refusent d’être, me refusent un plaisir. J’ai souvent discuté de la question des abolitionnistes avec des copines ou d’autres travailleuses du sexe, me demandant qui elles étaient vraiment, ce qu’elles avaient vécu par le passé qui les motivaient à dénigrer certaines travailleuses du sexe et les hommes qui fréquentent les travailleuses du sexe.

Jamais je n’avais pensé faire un rapprochement entre leur impérialisme à la je-vais-vous-sauver-même-si-vous-ne-savez-pas-que-vous-devez-être-sauvées et les théories de Freud. J’ai trouvé un article qui vulgarise le tout, et je trouve cela génial. Je vous invite à en lire un extrait, puis à le consulter si la chose vous intéresse autant que moi.

« On voit que là où la morale victorienne opposait la femme respectable (bourgeoise) à la femme socialement inférieure (la putain), à une période où le capitalisme était en plein essor, l’abolitionnisme se veut sans opposition de classes, ce qui le conduit non pas à vouloir cantonner la prostitution (celle-ci était très active sous l’ère victorienne, dans les bas-fonds de Londres par exemple), mais à vouloir sa disparition. C’est ainsi que s’est ajouté au clivage entre la madone et la putain, un clivage entre les hommes et les femmes.

Ce double clivage procède à l’étouffement d’une question qui concerne les femmes en général : celle de leurs pulsions sexuelles. Si la prostituée doit être victimisée, c’est parce qu’elle doit être niée comme femme possible, en étant érigée en victime de la sexualité des hommes. Il s’agit là de préserver l’image de la femme respectable, qui ne peut pas l’être si elle a elle-même des pulsions sexuelles aussi dérangeantes que celles des hommes.

La prostituée victimisée par le discours abolitionniste, sans lui demander son avis sur la question, est donc plutôt haïe que défendue par les féministes abolitionnistes. Cela explique que ces dernières ne tiennent aucun compte des conséquences sociales de la pénalisation des clients pour les personnes se prostituant. Dans la mesure où les pulsions sexuelles sont décrétées relever du seul sexe masculin, et que celles-ci représentent le mal absolu, la prostituée respectable n’est pas concevable, et elle porte atteinte à l’image de la femme en général. »

Source : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/227746-les-prostituees-victimes-des-hommes-ou-des-abolitionnistes.html

La prostitution, entre service corporel banal et truc-plus-que-branché

novembre 22, 2010

En buvant ma deuxième canette de coca zéro de la journée, après avoir lu mon horoscope et m’être rasée les aisselles-cuisses-genoux-jambes-chatte, je découvre un lien web vers un article super intéressant du Madame Figaro

En voici deux extraits :

«On peut être jeune, mignonne et se prostituer de temps en temps, sans pour autant être victime du système ou de je ne sais qui ou quoi. Je ne me vends qu’à des mecs que je trouve mignons.» Nathalie

« Présenter les prostituées comme des personnes cupides, libidineuses, avides de vie facile dans la jet-set, est aussi traditionnel que les dépeindre comme des victimes absolues de la violence masculine. Les militants pour la liberté de se prostituer voudraient que l’on cesse de montrer les travailleuses du sexe, ou bien comme des victimes dépourvues du moindre libre-arbitre, ou bien comme des délinquantes qui portent délibérément atteinte aux “valeurs morales”. Il serait temps, d’après eux, de présenter les prostituées pour ce qu’elles sont : des personnes banales qui font un métier de service corporel aussi banal que beaucoup d’autres. On ne peut pas dire que les magazines people et les chaînes télévisées soient particulièrement tentés de les suivre dans cette voie ! » Ruwen Ogien.

Pour lire la suite de cet article, qui suggère que la prostitution est peut-être devenue le truc le plus branché du monde : http://madame.lefigaro.fr/societe/enquetes/1033-la-it-prostituee-existe-t-elle

Cheville quasi cassée, murmures dans une église, et prostitution

novembre 21, 2010

Il y a quelques semaines, alors que je pouvais encore sortir dehors sans manteau à pois et foulard, j’ai passé une entrevue avec Valérie Schmaltz, pour le journal Nord Info, suite au jugement Himel, en Ontario, par rapport à la décriminalisation possible de la prostitution.

Habillée presque identiquement comme la journaliste – chandail gris, jeans, bottes rouges – j’ai abordé avec elle mon expérience comme escorte, mais aussi, plus généralement, mon expérience dans l’industrie du sexe, comme animatrice de webcam, par exemple :

«Ça me plaisait beaucoup. Le client demande un visionnement en privé, puis on produit différents actes sexuels. Après un laps de temps, j’ai cessé de le faire pour une raison très simple. À force de regarder l’écran, j’ai développé beaucoup de conjonctivites, explique-t-elle en éclatant de rire. Mais, j’ai eu la piqûre, je trouvais ça excitant.»

Pour la suite de l’article : http://www.nordinfo.com/Actualites/2010-11-19/article-1978357/Quand-le-plaisir-du-sexe-a-un-prix/1

Pour le visionnement vidéo de l’entrevue – et pour me voir tourner autour d’un arbre comme si c’était mon activité favorite : http://www.nordinfo.com/Actualites/2010-11-19/video-1978357/Quand-le-plaisir-du-sexe-a-un-prix/1

Je n’ai pas de fuck-me boots en latex rouge

octobre 15, 2010

Quand j’étais escorte, je recevais environ une fois par mois un client du Texas, dans un appartement à Montréal. Il disait que de passer un weekend à Montréal, c’était la cure anticancer parfaite. Et son médecin était d’accord! J’en ai parlé avec Daphnée Tranchemontagne, ainsi que des différents types de prostitution à Montréal. Il n’y a pas que des filles fuck-me boots en latex rouge sur la rue Sainte-Catherine, guys.

À lire : http://www.faubourgvillemarie.ca/Actualites/Grands-dossiers/2010-10-14/article-1849047/Montreal%2C-metropole-du-sexe!/1

Photo par Joseph Jew Chouchou Elfassi

Jésus, bottines rouges et faux ongles

octobre 13, 2010

Je mets des jeans troués – la honte pour une entrevue, je préfère les robes, mais je n’avais plus rien de propre et pretty dans ma garde-robe – et je me dirige vers la Brûlerie sur Masson. La barista a des ongles superbes. Elle me file le numéro de téléphone de son salon de beauté préféré et je la remercie, m’imaginant déjà avec de faux ongles en gel sparkling doré.

Je rejoins Valérie Schmaltz, une journaliste aux Journaux Nord-Info/Voix-des-Mille-Îles et un caméraman au col de chemise d’un bleu éclatant. Je remarque que la journaliste porte des superbes bottes rouges, de la même couleur que celles que j’ai choisi de porter moi aussi. Nous placotons de féminisme abolitionniste et de libido, contentes de nous rencontrer pour un de ses dossiers sur la décriminalisation de la prostitution – elle rencontre des travailleurs de rue, des prostituées de tous les âges et des maires. Nous avions d’abord pensé parler dans un spa, puis dans un hôtel, mais finalement nous terminons notre café et marchons dans la rue, pour nous retrouver dans une église – c’est lors de mon expérience comme escorte que j’ai trouvé la Foi. Le prêtre, avec une baguette de la boulangerie Première Moisson sous le bras, accepte que je parle de mon expérience d’escorte dans son église.

Grâce au caméraman, j’apprends même comment allumer un lampion, ce que je n’avais jamais fait depuis ma visite à dix ans de l’Oratoire Saint-Joseph. Love Jésus, love les prêtres ouverts d’esprit, et love la possibilité de parler des besoins réels des travailleurs du sexe.

Espresso et lubrifiant

mai 15, 2010

Je sèche pas mes cheveux et je rejoins Marissa au Café Méliès. Elle m’attend, à la terrasse, et dès qu’elle me voit, elle se lève et me dit : « Je dois aller aux toilettes, je pense que j’ai commencé à être menstruée, je veux pas tacher la chaise. »

Je prends un espresso, je regarde les passants, un mec avec des bottines à talons hauts passe devant moi, et Marissa revient, en tirant vers le bas sa mini robe noire. Elle m’embrasse, « Fausse alerte, c’était de la mouille qui me coulait sur les cuisses, pas du sang. », et elle demande à une serveuse deux plats d’œufs norvégiens. Elle dit : « Je suis allée en République Dominicaine avec un client, je t’avais pas dit, c’était à la dernière minute, c’est pour ça que je ne suis pas allée à ton lancement. Ça me fait quand même drôle de savoir que tu m’as appelée comme toi, quand tu faisais la pute. J’aurais bien voulu me taper des clients avec toi. »  Je caresse sa cuisse avec le talon de mon soulier : « Ouais et on aurait fait des concours de qui-a-le-plus-beau-clito-gagne-vingt-dollars-en-bonis. »

Nous regardons les couples dans la rue : « Arnaud a une nouvelle copine. Je le revoyais depuis qu’il avait rompu avec moi, je passais des weekends avec lui, il recommençait même à prendre ma main dans la rue, il me disait qu’il me pardonnait de lui avoir caché que j’étais pute pendant d’aussi longs mois, mais du jour au lendemain, il a bloqué mon numéro de téléphone, et je l’ai croisé, deux jours après mon retour de République Dominicaine, avec une fille à la teinture rousse crissement mal faite. J’ai pas pu m’empêcher d’aller les voir, et de prévenir la fille de jamais utiliser l’éponge dans la douche d’Arnaud, parce qu’il s’en sert juste pour son cul et ses pieds. »

Je lui dis que j’ai déjà des ampoules aux pieds, ça craint pour l’été qui s’en vient, et je lui demande comment c’était, son voyage. Elle dit : « Je serais restée un mois de plus, c’était avec un client trop gentil, qui se crossait plus souvent qu’il ne me baisait. Et quand il se crossait, il utilisait toujours plein de lubrifiant, ou de la vaseline, mais une fois, il s’est trompé, et il a pris mon savon désinfectant antibactérien whatever pour les mains et sa bite a chauffé toute une journée, le pauvre. Je suis partie faire de la plongée sous-marine pendant qu’il pleurait dans la chambre. »

Je trempe un morceau de croissant dans la sauce hollandaise : « Tu es une peste Marissa. » Elle me donne un coup sous la table, je lui lance mon morceau de croissant, direct sur ses petits seins caché sous sa mini robe noire : « Tu sais que je voudrais faire maintenant? Aller dans un hotel tout près avec toi, piquer des sachets de thé à la réception et faire semblant qu’on est deux princesses enfermées dans un château. » Elle fouille dans sa sacoche : « J’ai le cash. Mais toi, tu es mieux d’avoir une chatte toute rasée. »

Jouer à l’héroïne dans un bordel

février 23, 2010

Autre raison pour rendre la prostitution légale à l’intérieur d’endroits bien définis : le taux de décès suite à une crise cardiaque provoquée par l’ouverture de deux jambes sublimement miellées à l’huile Prodigieuse Or de Nuxe.

En Suisse, dans les bordels de la ville de Lugano, des milliers de mecs mouraient à force de popper des petites pilules pour rester durs et bien profiter de leur heure de plaisirs payants. La solution des propriétaires de bordels : installer des défibrillateurs cardiaques dans les chambres occupées par les déesses du cul.

Les prostituées sont maintenant appelées à être des sauveteuses encore plus sexy que les lifeguards en maillot rouge serré sur le bord des piscines, l’été.

Source : http://www.thefrisky.com/post/246-swiss-prostitutes-can-save-your-life/


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