Un talisman pour toutes les nuits

août 6, 2015

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Avant de me coucher, je me démaquille, je réveille mon mec endormi dehors (c’est arrivé juste une fois), je mets une couverture sur mon mec endormi dehors (c’est arrivé juste une fois), je m’enduis le visage de crème au concombre, je me demande si je dois tout de suite mettre ma bouteille de rosé à la récupération ou la déposer devant les voisins qui promènent leur chien le matin, je laisse ma bouteille de rosé sur la table, je médite vingt minutes ou je prie, je me prends en photo toute nue avec un regard suppliant ou les jambes écartées, je lis un peu, je baise, je me branle et après, je me demande ce que je devrais faire pour échapper à un maniaque entré chez moi, et je dois me branler à nouveau pour ne plus penser à un maniaque et je m’endors le vibro sous l’oreiller, comme un talisman.

Les murs anti pipi existent

août 5, 2015

mur anti pipi

mur anti urine

J’apprends des trucs tous les jours (genre les cornichons sont des concombres marinés, je le sais…depuis un an haha).

Aujourd’hui : les murs anti pipi existent.

La ville de San Francisco a décidé d’utiliser une peinture extra spéciale pour que les mecs à la vessie aussi-petite-que-la mienne-lorsque-j’ai-une-infection-urinaire attendent de trouver un McDonald pour se vider.

Les murs anti pipi ont comme propriété extraordinaire de faire retomber l’urine direct sur les mecs-qui-ont-des-idées-de-territoire-à-occuper.

Mélodie Nelson au spa pour la première fois

août 5, 2015

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Je sais que c’est la mode depuis dix ans, mais je n’étais jamais allée dans un spa de toute ma vie avant de m’y rendre avec ma belle-fille de dix-neuf ans (qui est sorti avec un mec qui s’appelait Nelson, yeah) (mon autre belle-fille, celle de douze ans, a une perruche qui s’appelle Mélodie, yeah).

Je savais juste que je ne voulais pas me faire masser et qu’il y aurait de l’eau un peu partout.

Mon mec m’a rappelé d’amener des gougounes. Ma maman m’a dit de m’amener des livres.

Gosh, je ne sais pas ce que j’aurais fait sans livres. Je ne sais pas pourquoi, je pensais que c’était excitant, les spas, et que je pourrais potiner all day long avec ma belle-fille, et la forcer à me révéler des secrets vraiment juicy.

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Je ne savais pas que c’était impossible de parler, et que je serais surtout en compagnie de mecs aux cheveux teints platine et de femmes au ventre retouché par trois-quatre chirurgiens/femmes qui font des concours pour savoir qui reste le plus longtemps dans un sauna sans s’évanouir.

Je veux y retourner tout le temps/une fois aux cinq ans pour affronter la nature (des rochers avec des chaises longues) et me questionner sur un menu santé qui propose des hot dogs.

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Couilles de babouins et patate dans le vagin

août 4, 2015

flowervagina

Voici des articles qui vont CHANGER VOTRE VIE (ou euh vous apprendre des trucs ESSENTIELS sur la vie).

Tout ce que vous ne savez pas sur votre pénis

Extrait : « Comment résoudre l’impuissance quand le Viagra n’existe pas? Certains docteurs, dans les années 1920, croyaient que c’était une idée extra que de transplanter des testicules de chèvres et de babouins à des mecs se plaignant de difficultés à faire leur devoir conjugal. La révolution médicale n’a pas eu lieu, les quelques milliers d’hommes ayant passé sous le bistouri pour récolter des couilles de chimpanzés ne se sont pas vantés par après d’une vie sexuelle réjouissante. »

Tout ce que vous ne savez pas sur le vagin

Extrait : « Une Colombienne souffrant de douleurs abdominales a découvert avec horreur qu’une pomme de terre avait commencé à germer en elle, lorsque des médecins l’ont retirée de son sexe. La jeune femme avait écouté les conseils de sa mère et s’était rentré une patate dans le vagin afin d’être protégée contre toute grossesse non désirée. »

La sexualité pour punir

Extrait : « La morale, c’est comme les crottes de fromage, ce n’est pas suffisant pour se sentir comblé. »

Une pratique sexuelle marginale et touristique

Extrait : « La pratique du fist-fucking, qui serait la seule invention sexuelle du vingtième siècle, repose surtout sur une idée de délicatesse, de respect et de confiance. Les adeptes n’y cherchent pas la violence ou des déchirures irréversibles à exposer à un médecin. »

Lundi oui oui oui: marelle et striptease au bord de l’eau

août 4, 2015

Kagari

Je sais pas encore quoi faire avec les dix zucchinis de mon panier de légumes, sauf les enrober d’un condom vegan. Et les manger avec une tartinade au tofu, surtout ça, surtout les manger avec une tartinade, sans condom ni mouille.

Ce que j’aime plus qu’oublier mon ordinateur deux semaines chez mes parents :

Salade aux bleuets et piscine chez un ami de mon mec, dont la femme raconte les meilleures histoires de ressources humaines aux prises avec un serial explosive shitter. Jouer à la marelle dans la ruelle. Faire semblant de me perdre. Controverses sur pellicule. Orages. Viol à l’opéra. Parler de serviettes sanitaires en tissu et de trip à trois avec deux copines dans ma cour. Visite surprise de mes petits frères. Anaconda remixé en hymne environnemental contre Unilever: « They dumped their waste in the local shrubbery/Now that’s some toxic shit./By the way, what’d they say?/That their factory was safe as day./They don’t trust a word of what the workers say. » Striptease sur le quai au chalet. Crème glacée DIY avec une banana seulement.

Bonne semaine y’all !

Bisous à l’eau pétillante à l’orange ! (Achetée cet aprem, pendant que mes enfants déballaient des œufs Kinder en cachette à la pharmacie. Ostie.)

Des souliers à ne plus porter

juillet 11, 2015

souliers Quand je sors de chez moi, je mets surtout des gougounes ou des bottes de pluie.

J’ai des boites de souliers que je ne porte plus. Des souliers à talons très hauts, comme ceux qu’une copine a achetés pour une soirée, des souliers à talons de trois pouces, noirs, elle m’a montré une photo d’elle les portant, avec une nouvelle robe aussi, et elle a posé et elle a un sourire gêné, mais je la devine fière malgré tout, malgré les longs mois sans rien porter du genre, malgré le malaise de ne pas être en basket, de ne pas avoir la possibilité de se faire oublier dans une marée de mamans habillées presque comme elle – quoiqu’elle est la seule maman que je connaisse qui porte des crop tops et je l’admire en crisse, pas parce qu’elle a le courage de porter des crops tops, je trouve ça nul de vanter le courage de quiconque qui se sape comme il le veut bien, pas de bullshit à la mom body ici ou au pouvoir de montrer son nombril après trois grossesses, je l’admire juste parce que ça lui va vraiment très bien.

Si je mets surtout des gougounes ou des bottes de pluie –rouges ou noires, trop petites pour mes pieds tordus mais je les aime parce que ce sont des bottes pour monter à cheval, je leur trouve un look équestre et mes pieds sont déjà laids, alors si je les fais souffrir un peu plus, dans des bottes impossibles à retirer toute seule après, who care – c’est que mes souliers préférés, mes petits souliers jaunes, vintage, à boucles, avec un E au crayon de bois bleu, un E deviné sous la semelle, des souliers achetés cinq dollars à Tamy Emma Pépin, un soir d’hiver, dans son appartement magique, avec ses copines qui fumaient une dernière cigarette, puis une autre, devant une fenêtre ouverte, et la neige qui tombait, alors que j’achetais des perles et des souliers, en espérant trouver, après, une jupe taille haute noire aux Cours Mont-Royal, mes souliers préférés sont maintenant brisés, ouverts de partout, du bout pointu au talon, j’ai les pieds sales, à marcher avec même s’ils sont troués.

J’ai encore le collier de perles, je crois, à moins que ma fille ne l’aie caché, dans un tiroir de sa commode, celui qui contient deux diadèmes brisés, des élastiques piqués à sa halte-garderie et des fleurs séchées.

Nymphe et ex amie qui voulait prendre un bain

juillet 4, 2015

source polyvore.com

Aujourd’hui j’ai croisé une nymphe dans un wagon de métro, ses cheveux blonds avaient l’air plus soyeux que les ailes d’un oisillon, elle ne m’a pas reconnue tout de suite, nous nous parlons parfois de San Antonio, de peinture et de nos angoisses devant une patisserie bretonne, mais elle ne m’a pas vue, elle n’a vue que ma fille, ses trois robes l’une par-dessus l’autre et son jupon rose.

J’ai aussi croisé sur une terrasse un auteur qui me fait rougir dès qu’il me parle de cul, même si j’ai déjà eu trop de plaisir à ronfler à côté de lui, sur un matelas mouillé de son foutre et de notre sueur.

Sur la rue Mont-Royal il y avait aussi des filles irréelles, blondes aux cheveux noués, parlant entre elles, sur le trottoir, tout en faisant des positions de yoga. Elles avaient des bouches couleur fraises pas encore mûres et des taches de rousseur sur leurs joues.

Quand je suis revenue chez moi, il n’y avait pas de rosé dans le réfrigérateur. J’ai marché, avec les enfants, vers la SAQ en espérant y croiser la fille avec qui j’avais passé la soirée hier, celle dont le grand-père a tué la grand-mère, celle que je croyais Italienne ou Amérindienne, mais elle n’est pas ça, elle a le sang du reste du monde dans ses jambes, qu’elle déploie, qu’elle agite, pour ne pas rester nulle part.

Je ne l’ai pas vue, finalement, j’ai plutôt aperçu et dévisagé, une fille que je n’ai pas reconnue tout de suite, elle avait maigri mais elle avait la même coupe de cheveux qu’à dix-huit ans, quand elle tentait de me persuader de prendre un bain avec elle, parce que son ex meilleure amie, elle, acceptait, et qu’elle saurait bien me savonner partout partout.

Je ne sais pas quoi faire après

juillet 2, 2015

source polly from deviant art

Je ne peux pas dire quand est-ce que c’est devenu impossible de ne pas y penser.

J’ai eu besoin d’en parler, de répéter, à demi-mots, puis plus fort plus fort, ce qu’il m’avait fait.

C’était dur, à vivre, de vivre, puis c’était infernal, de savoir qu’il se proclamait solidaire à toutes celles qui dénonçaient enfin un agresseur, cet automne, l’automne des #agressionsnondénoncées. Une fausse compassion, créée comme un puzzle à assembler pour devenir le bon mec, pas celui qui force, pas celui qui écarte des jambes, des fesses, celui qui se fouette du consentement, parce qu’il est capable de bander et de jouir même quand la fille sous lui ne bouge plus.

J’ai écrit pour Je Suis Indestructible les raisons pour lesquelles même si je dénonce ce qui m’est arrivé, je ne poursuis pas mon agresseur.

Extrait :

« Le lendemain, j’espèrais qu’il s’excuse.

Il a plutôt dit que c’était la meilleure baise de sa vie.

Si je ne porte pas plainte, c’est que je ne veux pas avoir à expliquer les scènes en détail, je ne veux pas avoir à dire à des policiers ou à des avocats que je buvais la moitié d’une bouteille de vin par jour, si j’étais sage, et plusieurs shooters de Red Bull-Jägermeister, de vodka-Fresca et cinq-six gin tonic si je n’étais pas sage. Je ne veux pas avoir à expliquer que j’aime parler de mes seins, de mon sexe et de tout ce à quoi je pense quand je me touche avec un vibro, je ne veux pas avoir à expliquer que j’aime être soumise et insultée, parfois, sans être toutefois incapable de faire la différence entre un jeu et ce qui est innacceptable.»

C’était l’idée de Delphine Bergeron, d’écrire un témoignage pour Je Suis Indestructible. Elle, elle a écrit pourquoi elle avait réussi à poursuivre ses agresseurs en cour. J’ai toujours admiré Delphine, que je connais depuis quelques années. Son récit m’a montré à quel point elle était encore plus résiliente et admirable que je ne le pensais.

Extrait :

« Ce n’est pas lorsque mes agresseurs ont plaidés coupables que j’ai gagné. J’ai gagné la minute que j’ai commencé à parler. »

susan brison

Un autre article intéressant à lire est celui de Susan J. Brison, l’auteure d’Aftermath, qui racontait l’après-viol, l’après-attaque violente qu’elle avait subie en France. Ce qu’elle ne mentionnait pas dans ce livre, c’est qu’elle avait déjà été victime de viol avant. Elle tente d’éclaircir les raisons pour lesquelles les victimes d’agressions préfèrent parfois le silence aux démarches judiciaires.

Extrait:

« It’s time to stop asking rape survivors why they stayed silent and to start asking why some men rape and what we can do to stop enabling them. Only a small minority of men rape, but we need to acknowledge that this minority includes men we know and even revere. »

Lundi oui oui oui: activité paroissiale et Femen

juin 30, 2015

gateau glacé pour chien

Je reviens tout juste de faire du jogging (je me sens top, ne riez pas, même si je cours pendant trente minutes max et que je passe par les ruelles tant que je ne serai pas fière de mes enjambées irréprochables) (en tout cas j’aime mes bas) (ils sont jaunes à rayures noirs et me montent aux genoux), et ma fille m’a accueillie en criant qu’elle venait de faire un pet sauce.

Ce que j’aime plus que laver une petite culotte plutôt que de prendre une douche quand je suis en sueur :

Pique-nique paroissial. Couronnes de fleurs chez Ardène pour faire semblant que je suis Femen. The O.C. en spectacle musical. Promener un bull mastiff. Mariage de deux personnes incroyables. Gâteau glacé pour chiens. Écrire dans ma cour, le soir, avec le vent entre mes jambes pour me caresser. Belle-fille de retour de Lyon et ses lectures de Love Song, Histoire de la folie à l’âge classique, Journal d’un vieux dégueulasse.

Et une chronique de pupilles dilatées et pizza aux épinards, par une demoiselle qui se propose d’écrire un journal intime, mais public :

« On m’a déjà dit ; wow, t’as un congélo d’adulte.

On m’a déjà dit ; félicitations fille, ta salle de bain est vraiment propre.

Pis c’étaient deux des plus beaux compliments que j’ai reçus dans ma vie. »

Bonne semaine y’all !

Cape Cod et les pénis touristiques

juin 29, 2015

Cape Cod

Deux amis partent en camping pour deux semaines et je stresse parce que je ne sais pas de quoi auront l’air mes journées sans parler de free range parenting, de joints, d’artistes qui exposent dans des galeries coop à St-Henri, de baise le soir vs baise le matin et de Nicole Richie avec eux.

Chez eux, lors d’un 5 à 10 avec végé pâté et gâteau breton, j’ai remarqué, au-dessus de leur étagère à dvd, une boite de bonbons salés from Cape Cod.

Ça m’a rappelé, avec un sourire, le recueil de nouvelles auquel j’ai participé. L’avez-vous lu ? Please, pretty please, lisez-le. J’allumerai un lampion (ma nouvelle activité favorite avec ma fille qui aime la Vierge Marie comme si c’était sa mamie) pour votre gentillesse.

J’ai écrit une chronique récemment sur des anecdotes que les auteurs de Douze histoires de plage et une noyade ont bien voulues partager avec moi. En voici un extrait, raconté par Geneviève Drolet, une auteure et artiste de cirque qui tricote des chandails incroyables (j’ai stalké sa page Facebook, je sais maintenant tout sur elle).

«- As-tu déjà couché avec un Noir?

– Non.

– Donc, tu n’as jamais vu de pénis de Noir?

– Non. (J’imaginais que c’était la même chose, juste d’une couleur différente.)

– Aimerais-tu que je te montre le mien, c’est un truc que tu dois voir, un genre d’attrait culturel. »

Voici d’autres médias qui recommandent le recueil Douze histoires de plage et une noyade.

Le Devoir

La Presse: « Anthropophagie, décapitation, hallucinations, paranoïa, sexe, l’ambiance est glauque, mais l’humour est souvent au rendez-vous. »

Journal de Montréal

Coup de cœur de Caroline Scott, poète et libraire chez Monet

Les Méconnus: « Lecture de plage, lecture d’été : Douze histoires de plage et une noyade amène la mer à ceux qui ne peuvent s’y rendre, et permet du même coup de découvrir ou de redécouvrir treize plumes à l’imagination fertile. Entre coups de soleils et coups de cœur, vous êtes assurés de passer un moment de lecture riche en mystères et en morts inopinées. »

L’Avantage

Mission Encre Noire de CHOQ

douze histoires de plage et une noyade


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