Archive for the ‘reading is sexy’ Category

J’aime lire quand je suis déjà toute mouillée

février 5, 2016

travaux manuels 2

Dans mon bain, je lis tout, sauf les livres qu’on me prête parce que j’aurais trop peur de les échapper et de devoir repasser chaque page avant de les redonner.

Cette semaine, mon compagnon de mal de tête (mes enfants imitent dix heures pas jour des lions qui se font dévorer par d’autres lions) et de mouille est Travaux manuels, un recueil de nouvelles érotiques dirigé par Stéphane Dompierre.

Des nouvelles qui se lisent pour le plaisir, pas juste pour se crosser, originales et touchantes parfois, really.

Sarah-Maude Beauchesne parle de belles filles dans un maillot de bain un peu trop serré qui squeeze la bédaine à cause des pintes de fin de semaine. Simon Boulerice, d’un déhanchement gentiment pornographique. Mathieu Handfield, d’un homme-lézard en train de sucer son propre pénis. Maxime-Olivier Moutier, d’une fille qui accepte de se faire tatouer le clitoris pour un mec sensible au fait que je parle beaucoup, que je ne boude pas et que je me fasse des chignons.

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Gosh, je ne me ferai jamais tatouer pour un mec, moi, sauf si c’est pour faire semblant d’être mariée. Je suis une cochonne avec des rêves très conformistes, même en pleine lecture de nouvelles érotiques.

La beauté et les angoisses de la nuit

décembre 1, 2015

nelly

Je ne sais pas si c’est parce que je lis Je veux une maison faite de sorties de secours, un livre de réflexions sur la vie et l’oeuvre de Nelly Arcan, mais hier j’ai rêvé que mon mec me caressait doucement. J’étais couchée, de côté, nue, et il caressait mon corps, comme si j’étais blessée, et il me répétait tu es belle, je te trouve tellement belle, il ne cessait de me le répéter.

Comme Adam qui découvre la chatte d’Ève

novembre 24, 2015

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Bad Sex in Fiction Award, c’est le genre de concours que j’aime bien suivre chaque année.

Créé en 1993 pour pointer des descriptions sexuelles mal écrites dans un livre qui n’a pas tant de défauts sauf du sexe redondant ou ennuyant ou juste arke. Le gagnant sera annoncé le premier décembre. Un trophée pour la pire scène de cul, wouhou.

Je ne trouve pas toujours les scènes choisies si horrifiantes. Genre, parfois, c’est vrai que le sexe c’est drôle/les pénis ont des formes bizarres/le sperme gicle sur les murs de la cuisine.

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Voici les scènes des finalistes qui m’ont plus perturbée pour la sélection 2015 du Bad Sex in Fiction Award :

Against Nature (Tomas Espedal)

« She kisses his face and licks it. She bites his lip. She bites his cheek. She pants in his ear, shouts his name in his ear, she whips his face with her hair. She stops his mouth hard with her hand and takes his breath away. She rides above him the way she’d imagined that one day she’d ride a boy, a man, a beast; she grasps his long hair with both her hands and rides him as if he were a horse… »

Fear of Dying (Erica Jong)

« I slip into bed, amazed that Asher is making the first move — which is unusual for him.

While I lie next to him, astounded by his presence still, he opens my silk robe and touches my cunt as if he were Adam just discovering Eve’s pussy.

‘Beautiful,’ he says. »

List of the Lost (Morrissey)

« At this, Eliza and Ezra rolled together into the one giggling snowball of full-figured copulation, screaming and shouting as they playfully bit and pulled at each other in a dangerous and clamorous rollercoaster coil of sexually violent rotation with Eliza’s breasts barrel-rolled across Ezra’s howling mouth and the pained frenzy of his bulbous salutation extenuating his excitement as it whacked and smacked its way into every muscle of Eliza’s body except for the otherwise central zone. »

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À suivre, pour le dévoilement du gagnant qui ne devrait jamais comparer des baises à des grosses boules de neige ricaneuses.

S’attacher les cheveux au lieu de détacher sa robe

novembre 24, 2015

Salon 1

Ce que j’ai aimé du Salon du livre de Montréal:

1. Avoir marché sous la pluie avec mon papa avant de me rendre au Salon.

2. Retrouver autour de Marie-Chantale Gariépy des auteurs hyper intéressants. Patrice Lessard et ses lecteurs qui échappent ses livres dans leur bain. Anne Genest et son rouge à lèvres sur les joues de ceux qu’elle embrasse. Geneviève Drolet et son chandail de laine acheté à une dame de 80 ans en Estonie. Geneviève Drolet et sa sage-femme voilée.

Salon 2

3. Avoir la tête qui tourne après un verre de vin. Histoires de bouteilles ouvertes avec un couteau Laguiole ou avec un soulier.

Patrice LEssard photo Marco Campanozzi

4. Porter des bottillons rouges aux talons très hauts.

5. Placoter de chasse et de crème hydratante avec Geneviève Pettersen

6. Être devant une assiette d’huitres et de calmars chez Holder, après la séance de signatures au Salon, mais être incapable de manger, excitée d’être là et de parler de saucisses végé, de conservateurs qui traitent les autres de whore, parler de whore aussi, mais pas tant que ça. Boire un verre de mousseux. Et s’attacher les cheveux, lentement, au lieu de détacher sa robe.

7. Revenir à la maison et manger au lit une poutine commandée par mes parents.

Salon du livre et ma langue sur du papier

novembre 17, 2015

Emcie et Mélodie Nelson

Une dédicace pour Douze histoires de plage et une noyade aura lieu au Salon du livre de Montréal, jeudi le 19 novembre, de 18h30 à 20h. J’y serai avec d’autres auteurs du collectif dirigé par Marie-Chantale Gariépy.

Venez me voir ! Je frencherai les livres que vous acheterez. Et je vais avoir une robe cute.

Devenir Lorelai Lee, sur une table de billard, de la salive sur le visage

octobre 25, 2015

Lorelai Lee

J’ai toujours aimé avoir plusieurs prénoms. J’avais un cahier, chez mes parents, et je signais tout du nom de Renata. J’avais un nom aussi, mais j’ai oublié lequel, un truc très simple et familier, ça pourrait être Beaulieu.

Mes prénoms ne sont pas tous moi.

Quand je reçois des courriels et qu’un ami m’appelle Mélodie, alors qu’il connait le prénom que mes frères, mes parents et mes enfants utilisent, je sens une distance. Je me sens prise à être ce qu’il voudrait que je sois, comme un ancien amant qui voulait me créer à nouveau, m’acheter d’autres robes, me trouver un autre sourire et rencontrer mes parents pour leur montrer comme j’étais mieux comme ça, avec son vin et son foutre dans le sang, avec les kilos d’une autre sur les cuisses.

D’autres parviennent à être le nom qu’elles se sont choisies. Moi je suis beaucoup Mélodie, mais pas totalement, j’aimerais beaucoup beaucoup être Mélodie, surtout la Mélodie des débuts, celle qui aimait tout le monde et savait qu’elle aurait du botox dans le front pour ses trente ans. Mais je ne suis pas totalement cette Mélodie.

Lorelai Lee, une pornstar, raconte dans l’anthologie Coming out like a pornstar, d’où lui vient son nom. Des extraits ont été publiés sur Buzzfeed. C’est magnifique, ce qu’elle raconte. Magnifique parce que tout ce qu’elle réalise et écrit, I have been a whore for nearly as long as I wasn’t one, se révèle d’une sensibilité et parfois d’une violence assumée.

Extrait : « I became Lorelei on my knees in front of four naked men in a shoot house kitchen, clinging to pink satin beside a swimming pool at a Los Angeles mansion, tied in rope and hung upside down from a tree in upstate New York, on a green felt pool table with spit sprayed across my face and loving the strangeness of strangers’ bodies in close-up, loving the seamed scars and discoloration and dimples and forgotten hairs, scent of salt and flowers and smoke, infinite variation. I became Lorelei in cars, in trains, and taxis and buses, hungry and tired at 2:00 a.m., at 6:00 a.m., at 3:00 in the afternoon, fingering a new white envelope of hundreds, pulling a twenty for cab fare from a just-counted stack, pressing my forehead to the cool windshield in slow traffic on the 405 with five days worth of thousand-dollar checks in my shoot bag. »

Tant pis

octobre 19, 2015

anaïs nin

Elle parle de Jeanne D’Arc, de sensualité, de voyages, il me semble qu’elle parle d’oreillers aussi et d’orages. Et elle a mis ces mots sur sa page perso Facebook, et j’ai trouvé que ça arrivait à point, parce que je veux toujours être sauvée, et c’est tant pis.

anaïs nin photo

Merci pour

octobre 12, 2015

thilloy-ferron-83

Je voudrais noter tous les jours le nom de mon amie qui a souri quand je lui ai dit que sa robe noire était jolie, la conversation de trente secondes avec l’homme devant le marché Poivre et Sel, je ne savais pas qu’il avait deux enfants, un garçon de seize ans, et une fille, ce n’est pas sa fille, mais tout comme, je voudrais noter tous les jours les mots des autres qui me font réaliser qu’il y a du beau, maintenant, et pas juste de la terre à retourner, à prendre dans ses mains, pour enterrer enterrer, je voudrais noter les empreintes de rouge à lèvres sur mes joues après un baiser de la libraire et la saveur d’un diabolo à la Brûlerie St-Denis.

Mais j’oublie. Ce que je n’oublie pas, en ce jour de l’Action de grâce, c’est ça. Merci.

Les amis qui répondent à mes courriels passés minuit.

Les encouragements. Les élans. Les gens qui reviennent vers moi, ma cousine que j’aime, ses pas de danse, sur scène ou devant mes enfants, dans un restaurant ou aux funérailles de mon grand-père.

fleurs tapisserie

Des fleurs à cueillir partout. Des pissenlits à souffler avec ma fille. Des bouquets de fleurs séchées depuis des mois, dans ma cuisine.

Des mains dans mes cheveux, moi qui déteste les mains dans les cheveux, sauf mes mains dans tous les cheveux.

Mes enfants. Les anniversaires qui ne sont plus pénibles. Mes enfants qui me donnent leur force, leurs caresses, ils me caressent avec des branches d’arbres et avec leurs mains si douces, même sans crème au beurre de karité. Ma fille qui me dit qu’elle aime être une fille parce que les filles savent s’essuyer comme il faut.

Ma mère, qui garde mes enfants cinq heures, sans me poser de questions, sans me demander ce que je faisais, pendant cinq heures, et après, mes enfants qui me laissent faire la sieste, ils vident ma garde-robe et essaient robes et souliers. Mon fils court en talons hauts. Ma fille aime mon costume de Minnie Mouse et elle veut que je retrouve celui de Blanche-Neige.

Le jeu de tic tac toe, sur un tronc d’arbre coupé, dans une ruelle de Rosemont.

Ce qui me fait rire. Les publicités de cornets à la crème glacée de licorne. Les lampes parfaites pour les fessées. Pleurer autour d’une table de conférence, avec une fille qui parle de selfie, et nous pleurons de rire, comme des gamines, nous avons douze ans ou treize ans pendant quelques secondes et quelques larmes.

La halte-garderie, mes enfants vont à la halte-garderie, une journée par semaine, depuis un an, et j’en profite pour vider ma garde-robe et essayer robes et souliers, moi aussi.

La mère d’une amie, qui aime mes robes.

ombrelles

Les ombrelles du Quartier chinois.

Les cerises de terre, elles poussent devant ma maison et je ne le savais pas, avant la semaine passée.

Une voisine qui m’accueille sur son balcon et qui aime les orages, les cris, bouger ses pieds, ses mains, et les groupes Facebook de rencontres indignes. Une autre voisine qui marche des heures et préfère mes cheveux courts. Une autre voisine qui laisse un mot dans un livre que je lui ai prêté.

L’église près de chez moi, ses bancs, et le géant, qui y va presque tous les dimanches.

L’homme qui ressemble au Père-Noël et l’amour dans ses yeux quand il me parle de son amoureuse de 76 ans et du Stade olympique.

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La sangria blanche d’une amie. Et ses chocolats en forme de chat.

Marcher avec les enfants, avoir mal et craindre qu’ils s’ennuient, puis écouter la musique de l’OSM, avec mes enfants qui mangent des hot dog et qui sont plus heureux qu’au parc.

Mon mec qui écoute les chansons que j’aime, les chansons d’un soap américain.

Mon oreiller et mon vibrateur et une réserve de piles AA.

Les prières. Attendre. J’apprends à attendre.

Le shampoing sec et les tenues portées trois jours de suite. Mon coiffeur et mes talons hauts dans une cuisine collective. Et le rouge à lèvres les journées de fatigue.

Mes frères, je n’ai pas besoin de leur dire quoi que ce soit, ils sont là. Et je suis là, aussi.

Les travailleuses du sexe, obstinées, qui font fuck you à la honte, à la stigmatisation et aux mensonges. Amnistie Internationale et la reconnaissance des droits des travailleuses du sexe.

Delphine Bergeron. Parce qu’elle est une battante, d’une férocité et d’une douceur que je ne connaissais pas.

Les soap américains. Les émissions écoutées très tard le soir, en faisant des redressements assis, ou des photos topless, ou une épilation minutieuse de sourcils.

Mes enfants parce que tout ce que je fais, je peux me dire que c’est pour eux, et je suis prête à faire beaucoup, pour eux, pour que ce qu’il reste, un jour, ne soit que nougat et sauts dans un lit pour quatre.

La gentillesse. Parce que les gens sont plus gentils que le laissent croire les commentaires sous les articles du Journal de Montréal.

Les photos du fils de ma meilleure amie, ça me rapproche d’elle et de son petit homme qui aime parler de câlins en espagnol.

La musique de Will Driving West. Live à la Sala Rossa ou toute seule dans mon canapé.

Gemma Bovery

Les livres, que j’ai lus, ou qu’on m’a racontés, dans un bain, sous les couvertures, dans un autobus, à bout de bras, comme une promesse à tenir, toujours, toujours. Journal d’un étudiant en histoire de l’art. This one summer. Mon chien qui pue. Gemma Bovery.

Mon père et ses nouveaux rêves, de Toronto et de bicyclette.

Tous les nouveaux rêves.

Des orgasmes racontés avec tendresse, humour ou beaucoup de mouille

septembre 27, 2015

Pussy licking par Keith P. Rein

Je ne sais plus grâce à quelle sexperte je suis tombée sur le site How to make me come (Violet Blue, probablement), mais il est fantastique. Et je le bénie de ma mouille.

Des femmes y exposent franchement ce qui les font venir. C’est sexy, drôle, et parfois vraiment touchant, comme le billet dans lequel une femme fait la liste de toutes les fois où elle n’a pas joui, avant de raconter la première fois qu’elle a eu assez confiance pour se laisser aller.

Il y même un billet avec des conseils très éclairants…qui donnent à la fois l’envie de lécher/se faire lécher/rire.

Extraits de How To Eat A Girl Out :

« TIP: DO NOT MAKE EYE CONTACT WITH HER WHILE YOU’RE DOWN THERE. YOU WILL TURN INTO STONE. Just kidding, eye contact is fine. It’s an intense move, but depending on who you’re down on, it could be very creepy or very hot. You feel it out. »

« Step 7: The beauty of multiple orgasms is that you can have BILLIONS OF THEM. Well, no, not billions, but a lot. Like, a lot. Let me walk you through how a female orgasm feels. It’s like taking the first slice of pizza from the cheesiest pie and watching the gooey cheese stretch like a waterfall. »

« Step 9: At some point, you two can agree when to move on to boning or Netflix or however you people choose to continue your time, but that’s none of my business. »

« Step 10: High five. Eating a girl out is not complete without a high five. »

Faire voler un cerf-volant ou tromper?

septembre 8, 2015

infidélités

Le journaliste Charles-Édouard Carrier m’a posé des questions au sujet du site Ashley Madison et ce qui est nécessaire d’entreprendre avant d’aller baiser la voisine. Genre avant de tromper l’amour de sa vie, il est possible d’aller apprendre à danser le hip hop ou de faire une thérapie conjugale, really. À lire dans La Presse +.

(Mes parents étaient contents de voir mon nom le samedi matin pendant leur petit déj. Mon nom et genre pas une photo de mes seins.)

infidélités 2

En extra, sa question sur l’impopularité du site auprès des femmes.

C-É Carrier : Selon toi, pourquoi un site comme celui de Ashley Madison est si populaire qu’il y a autant d’hommes et si peu de femmes?

Même si le site porte un prénom féminin et qu’il est gratuit pour la clientèle féminine, je ne crois pas qu’un tel site peut souhaiter s’imposer auprès des femmes. Les seules femmes que je connais qui y étaient inscrites étaient des escortes.

Trouver un homme parmi les millions inscrits au site? C’est décourageant et les femmes peuvent sans doute trouver un moyen plus facile de tromper leur conjoint. Aussi, il est nécessaire de s’interroger sur ce que recherchent les femmes lorsqu’elles sont infidèles (rappelons que selon les statistiques, elles le sont autant que les hommes). Est-ce qu’elles veulent une histoire d’une soir ou une relation suivie? Ashley Madison propose des aventures trop préméditées. Ça peut irriter celles qui souhaitent plus de de magie, de rapprochements. La majorité des hommes inscrits sur le site Ashley Madison ne visaient pas des relations extraconjugales à long terme.


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