Archive pour la catégorie ‘première fois’

Bodyguard d’un jour

juin 17, 2010

Aujourd’hui j’ai pris dans mes bras pour la première fois un bébé naissant, et même si je sais pas encore ce qui est le plus mignon entre un chiot et un bébé naissant, j’ai trouvé l’expérience très spirituelle.

J’ai aussi joué à la bodyguard de Youssef Shoufan, il filmait Joseph Elfassi et le Joker, en reculant sur un trottoir bondé de personnes suspectes (une madame avec une valise! une madame avec un tournevis! une borne fontaine!). Joseph, revenu de France il y a trois semaines, après avoir fait un stage dans une ville perdue et baisé des Parisiennes, slammait avec son copain-qui-raconte-à-ses-patrons-qu’il-visite-son-oncle-dans-le-Bronx.

Nous avons aussi proposé une sucette à la lime à un enfant, qui terrorisait des pigeons. Il a refusé la sucette.

Écoutez Joseph Elfassi et The Joker: http://www.youtube.com/watch?v=fDd1qZy4dV8

Après quelques verres de rosé, je pense à des pieds d’actrices pornos

mai 2, 2010

Moi quand j’ai décidé d’être pute, je pensais qu’après, j’en saurais plus sur le cul que toutes les filles-qui-servent-du-café-ou-donnent-des-cours-de-français-en-Australie-pour-payer-leur-appartement-de-trois-pièces-et-demi.

Mais je ne pense pas maintenant que j’en connais nécessairement plus sur le cul. Je me suis prise quelques bites dans le cul, j’ai goûté du sperme indien et allemand, j’ai eu des crampes dans les jambes après être restée une heure en cow-girl sur un mec musclé quasi endormi, je pense que j’en connais plus sur les poils pubiens que ma grand-mère, mais sinon, je pense surtout que je suis plus ouverte qu’experte.

Ce que j’aime, c’est connaître encore des premières fois, même à vingt-cinq ans, même après avoir été mariée, et payée pour ma chatte rasée. Des premières fois avec une we-vibe, des premières fois avec les cheveux sales et des french kisses qui goûtent pas la pâte à dents à la menthe, des premières fois en parlant avec le recherchiste de Christiane Charette au téléphone (euh non, ce n’est pas encore arrivé, j’en ai rêvé), et des premières fois, toute habillée, dans un sexshop, le regard naïf et quasi trauma, devant des faux pieds faits pour se crosser.

Je juge pas, grâce aux fétichistes de la partie du corps que je déteste le plus (sauf si elle est réfugiée dans des souliers de Pretty Ballerinas), je peux à nouveau me sentir naïve comme une fillette de treize ans qui se masturbe en écoutant des émissions radiophoniques, un vieux walkman Sony jaune près d’elle, et les doigts prêts à s’essuyer dans une couverture à motifs Petite Sirène.

Une première érection, ça mérite un gros câlin ou euh un autocollant sur la graine?

novembre 26, 2009

               

Je me souviens pas de la première fois que je me suis frottée contre le bras d’un fauteuil, pour me stimuler le clito devant des dessins animés un samedi matin. Je me souviens pas non plus de la première fois ou je me suis rentrée un doigt dans la chatte, quand j’étais dans mon lit, avec les écouteurs d’un Walkman Sony jaune dans les oreilles, en train d’écouter Julie Masse ou l’émission radio Le monde selon Roger Drolet. Putain que je trouvais ma mouille spéciale, mais un peu dégueulasse, et je m’essuyais les doigts rapidement sur mon édredon avec des petites fleurs cousues dessus. Mon mec ne se souvient pas non plus de la première fois qu’il a bandé, ni de son premier wet dream.

Mais des garçons charmants s’en souviennent et il y a une histoire trop euh érotiquement étrange racontée dans le livre Sex Tips For Straight Women From A Gay Man :

« One guy we know was so proud of one of his early erections that he stuck a little gold star on the tip, covering the opening. Unfortunately for him, the star had a remarkably strong adhesive. Convinced that he was going to explode and die from never being able to pee again, the poor lad finally had to show his dad, a physician who ended up removing the star with a surgical knife. Just the thought of someone approaching the penis with a sharp instrument is enough to set most guys trembling. Actually having had this experience must be another matter altogether…»

J’aime pointer pas subtilement les filles avec des camel toe dans la rue

juillet 6, 2009

                                          cosmojuly

Dans le Cosmopolitan de juillet, que je feuillette pendant qu’Alexandre Le Grand lèche un cornet de crème glacée à la vanille et caramel avec ses deux princesses (moi je résiste parce que je vais aller manger les derniers morceaux de choco à la fleur de sel, que j’ai caché dans une pochette de ma sacoche Guess, dès qu’ils retournent se balancer au parc), il y a un article avec des filles sublimes, dans la vingtaine, qui expliquent pourquoi elles sont encore vierges. L’article est accompagné d’un sondage sur la fameuse première fois des Américaines-pétasses-typiques.

What position did you do the first time?

Missionary 84%

Girl-on-top 10%

Doggie-style 2%

Other 4%

(Je suis peut-être trop romantique ou fragile de l’hymen, mais fuck, je comprends pas comment une fille peut souhaiter se mettre à quatre pattes pour sa première fois. C’est ma position préférée et tout, maintenant, mais mes jambes auraient total trop shakées avec une bite forçant mon petit trou comme ça la première fois, non ? Et un autre truc que je comprends moins, mais dont je suis super envieuse, c’est la réponse à la question How did you feel afterward ? 19% des Américaines-pétasses-ultimes ont répondu Really happy- I coudn’t wait to have sex again. Moi c’était comme dégage avec ton condom tout poisseux, je veux vérifier dans un miroir si ma chatte est toute ensanglantée.)

Quelques pages plus loin, je rigole et je lis à Alexandre Le Grand une liste de trucs qui ne seront jamais sexy, ever, compilés par Cosmopolitan.

1. Chili-flavored lube (J’ai jamais essayé, mais c’est vrai que le lubrifiant au pina colada, que m’avait vanté un putain de vendeur à la boutique Érotim, ça donnait juste envie de dégueuler.)

2. Translucent-plastic platform heels (Moi j’adore tout ce qui est transparent, des souliers plats en jelly aux souliers à talons de stripper. C’est juste moins sexy quand ça jaunit ou si ça laisse trop voir des pieds quasi difformes comme les miens.)

3. Using the word bloated at any point on a first date

4. “Dirty talk” in porn

5. Camel toe…on a woman or man

6. Waking up and realized that (1) you just made the throat-clearing noise your grandpa makes whenever he wakes up and (2) your guy is lying next to you, absolutely horrified. (Oh. My. God. Je peux pas m’empêcher de rire comme une maniaque, en m’imaginant total la scène. Horrible.)

French Kiss et plus, si canicule

juin 23, 2009

                                                                  IMGP3853

 

Musique : Eminem, Bagpipes From Baghdad

Breuvage : Eau gazéifiée aux pamplemousses

Vous vous en fouettez de ma virginité, je vous ai déjà raconté comment ma cherry a été poppée, mais aujourd’hui j’ai vécu une nouvelle première fois : ma première fois dans les toilettes d’un Second Cup. Pas glam, mais le soleil tapait trop fort pour que j’écarte mes jambes dans un parc et je voulais pas abandonner mon vanilla latte glacé dans une poubelle pour rentrer asap à l’appartement.

Alexandre Le Grand avait les couilles pleines et un air de gamin, depuis que nous étions sortis de l’ascenseur, ou il avait joué avec mes tétons pour être sûr qu’ils soient bien durs sous ma robe Adam & Eve extra légère. Il m’écoutait avec un petit sourire lui lire des extraits du Guide To Getting It On que je trouvais top essentiels sur les baisers, style « The reason it is called French kissing is because French women found it to be an effective way to make French men stop talking. » et « Don’t cling to your partner’s mouth like it’s a New York City parking space. » Il tournait les pages de son Ken Follet en tcheckant les MILF qui buvaient du Perrier avec leurs petits garçons, près de nous. J’avais remonté mes cheveux en un chignon qui dégageait ma nuque et retiré mes sandales argentées, pour caresser les jambes de mon mec, presque distraitement, en lisant sur les allergies au sperme, les érections inopportunes et le precum.

J’ai demandé à Alexandre Le Grand s’il voulait me faire un suçon sur les seins, pour rendre presque invisible la grosse piqûre de mouche noire que j’avais dans le décolleté, cadeau d’un séjour au chalet de mes parents (traîner en monokini sur le quai, en priant pour l’apparition de canards, n’a pas de résultats esthétiques heureux). Mon mec m’a plutôt dit qu’il voulait me la rentrer profond dans la chatte, sa langue. J’ai dit wouah et je suis toute douce, tu vas aimer, je me suis rasée avec une crème au melon d’eau pendant que tu faisais ton jogging, ce matin. Nous avons laissé nos livres sur la table, avec son icepresso presque terminé, et mon vanilla latte glacé.

Presque personne à l’intérieur du Second Cup, et les toilettes étaient retirées anyway, près d’un rack de Nightlife et de Hour. Je me suis regardé dans le miroir en faisant des faces de pseudo pornstar, je défaisais mon chignon, je le refaisais, Alexandre était dans mon dos, je sentais sa bite entre ma craque de fesses. Il m’a pris les mains, les a posées sur les rebords du lavabo, m’obligeant à me arquer, il a remonté ma robe, m’a léché la chatte. Il a dit que je goûtais la sueur. Il a baissé ses bermudas et m’a rentré sa bite, en écartant mes fesses pour bien voir mon trou. Je me sentais super mouillée, sa bite me pénètrait à gros coups, il me tenait par les hanches, je le regardais me prendre, dans le miroir, j’aimais ses mains, j’aimais son visage qui devenait rouge, j’aimais sa bite, putain qu’il la bougeait bien. J’ai laissé couler l’eau, pour couvrir un peu mes cris, il m’a presque écrasé le visage dans le miroir, quand il a joui, brusquement, mon corps projeté vers l’avant, le lavabo qui me bourrait le ventre, comme sa bite.

Quand nous sommes sortis des toilettes, nous avons entendu le rire de hyène d’une grosse madame. Alexandre Le Grand m’a dit tu as remarqué, je suis presque aussi mince qu’il y a dix ans. Je lui ai dis je te veux pas maigre mon chou, tu es parfait, prends-toi un morceau de gâteau au fromage et bleuets, tu as perdu trop de calories en me baisant à donf.

FPF: fausse première fois

février 9, 2009

 

Musique : Vincent Delerm, Sous les avalanches

Breuvage : Baileys

 

Au complet ou pas au complet ? Est-ce que s’il me pénètre quand j’ai encore ma culotte, ça compte ? Est-ce que si j’arrête le mec quand la moitié de sa bite est dans mon cul, c’est de la sodomie quand même ou je suis encore vierge du cul?

 

Moi une des première fois que j’ai baisé, j’étais sur un lit superposé, je baisais avec un jumeau qui décorait sa chambre avec des photos arrachées de revues pour adultes, et qui écoutait juste du punk pas bon, ça m’a fait tellement mal que je pensais que le mec s’était trompé de trou, genre au lieu de ma chatte, il creusait mes fesses. J’ai rien dit, j’ai attendu, je pense que je me suis demandé si j’allais le raconter à Misha après (elle sortait avec le meilleur ami de mon mec) et si je prenais l’autobus pour revenir chez moi ou si je suppliais le père de mon petit copain pour un lift.

 

Whatever. Ce mec-là devait juste mal me pénétrer la chatte (et∕ou j’étais crissement pas assez mouillée parce que le punk, ça m’a jamais vraiment branchée). La première fois que je l’ai eu dans le cul, au complet, six pouces dans un condom lubrifié, j’ai crié pour vrai et je pensais pas à le raconter à Misha après, je pensais juste à me concentrer sur les bruits du film porno qui jouait à la télé.

 

J’ai trouvé un témoignage rigolo d’une FPF dans le Cosmo du mois de mars :

 

« An ex-boyfriend, who was a virgin at the time, and I were about to do the deed. Since I was more experienced, I figured that I should be on top. Before starting, I wanted to give him a reassuring kiss to let him know the sex was going to be as great for me as it would be for him. But as I leaned down to lay one on him, the gum I was chewing fell into his eye! I tried to grab it, but I only squashed it further. He started screaming and threw me off him and went straight to the bathroom. I put on my clothes and went home, and to this day, he remains a virgin. »

 

Douloureux. Mais vraiment, faut jamais mixer gomme balloune et sexe. C’est pas sexy de ruminer comme une vache les jambes ouvertes, et aussi, il me semble que c’est dangereux de perdre sa gomme dans du poil pubien.

Vierge au plus offrant

novembre 7, 2008

Une californienne de vingt-deux ans, vraiment mignonne et débrouillarde, a choisi de vendre son hymen pas encore défoncé sur ebay, afin de payer sa maîtrise portant sur le mariage et la thérapie familiale. Rapidement le site a rejeté son annonce. Elle a alors décidé de se rendre au Nevada (la prostitution y est légale) dans un bordel, le Moonlite Bunny Ranch (sa sœur y travaille comme prostituée de luxe, afin de payer ses dettes d’études universitaires), promettant sa virginité au mec qui remportera ces enchères assez spéciales.

 

Sous le faux nom de Natalie Dylan, elle dit espérer gagner un million de dollars comme ça, ou au moins une certaine stabilité financière, et questionne les gens qui la trouve immorale : « We live in a capitalist society. What shoudn’t I be allowed to capitalize on my virginity ? » Elle a trop raison, pourquoi les Dollorama pourrait vendre des costumes de diablesse et une fille ne pourrait pas vendre son putain d’hymen encombrant. Est-ce que ça pourrait devenir populaire comme idée ? Est-ce que les filles pourraient dire fuck au romantisme et se vendre, juste une fois, pour leur première fois ? Mais surtout, est-ce que les filles seraient capable d’attendre jusqu’à leur dix-huitième anniversaire pour ça, toucher le gros lot et ouvrir les jambes pour la première fois ?

Mais bon, comme le dit Dennis Hof, le pimp du Moonlite Bunny Ranch, entre se faire défoncer par un mec qui vient en trente secondes dans le backseat d’une Toyota, et se faire défoncer par un pervers généreux et ainsi payer son éducation, c’est comme, tellement tentant de choisir la deuxième option.

 

Et elle ne le dit pas, mais je sais qu’elle se touche en s’imaginant avec un Jamie Oliver végé

octobre 26, 2008

Sarah Lee, c’est ma copine qui se rapproche plus de la position de future maître du monde, elle fait tout bien, elle fait tout point, bientôt une maîtrise, encore au travail avec double tâche de psychologue-intervieweuse auprès des collègues qu’elle aime bien, cuisinière attitrée, collectionneuse de livres d’enfants à donner aux rejetons de ses copines, voyageuse et artiste fuckée multi-disciples. Elle m’a écrit sa première fois, à partager avec vous, les chéris, soyez reconnaissants, elle est trop divertissante. Craquez comme moi.

 

« C’est le principe du prototype. 

Quand j’ai cousu la poupée rock star, j’avais pas beaucoup du tissus qui allait servir à fabriquer les baskets, alors j’ai fait des prototypes dans du tissus laid. 

Une espèce d’obsession de faire de provisions, de garder le meilleur pour la fin, de  ne pas dilapider. 

Alors, ma première fois, c’était un prototype. Je voulais que ça soit fait avec des vieilles guenilles. 

Au cas où ça serait tragique, sanglant, ou humiliant ou whatever, comme tu dirais. 

Je voulais pas être humiliée/en sang devant quelqu’un de vrai, de la vraie étoffe. 

- C’était une erreur, je pense. Tu vois, Xavier a saigné une grande flaque dans mon lit, et il ne s’en est jamais ressenti: il trouve ça drôle, il n’a pas été humilié, je l’aimais quand même. - 

Alors donc, un prototype. Rencontré un soir de février au Second Cup rue Saint-Denis, connu déjà de réputation. 

Un type de la faction gothique, un peu paumé, et qui couchait avec toutes les hippies du Plateau. Il avait toujours sur lui un calepin noir avec juste des numéros de filles, dedans.

Je m’étais dit, dans la logique, du prototype, que si c’était raté raté raté, de toute façon il en baisait tellement qu’il s’en rappellerait pas. 

Toujours dans la logique du prototype, j’avais décidé de ne pas perdre du vrai temps (en italiques, si j’en avais sur mon clavier) à perdre ma virginité avec un vieux matou de ruelle, j’avais décidé de sécher l’activité neige et de faire ça, donc, un mercredi matin. 

Je suis donc arrivé, un mercredi matin de février, à 10h dans un 1 et demi miteux du Centre-Sud  (c’est fou: je ne me rappelle pas de la rue…) et m’attendait là le vieux bum dans une robe de chambre sale, entrouverte, et une haleine du matin dégueulasse, aussi. 

Il avait compris le concept du prototype, c’était parfaitement sans ambiguïté.

Il n’y a pas eu de sang. Pas du mien, en tous cas. Il y avait sur les draps (sales et élimés) une vieille tache, de vieux sang menstruel d’une hippie du Plateau, probablement. 

Quand je suis rentrée, ça je te l’ai déjà raconté, il y avait une panne dans le métro, quelqu’un qui s’était tué ou qui avait tenté de. Dans mon obsession de la perfection déjà taille adulte, j’ai couché avec lui pendant quelques mois. C’était la misère, il avait pas le téléphone, on se crevait la faim; je vidais le frigo de la banlieue pour nourrir les pauvres du métro Frontenac. Il écrivait de la mauvaise poésie, je me souviens d’un truc qui commençait par: Comme un chat qui feule.

J’ai jamais compris comment il réussissait à entretenir cette réputation de baiseur extra, mais c’est peut-être parce qu’étant cantonné à son rôle de prototype, il ne se sentait pas l’obligation de prouver quoi que ce soit. Des fois j’arrivais chez lui, je cognais dans la fenêtre de son sous-sol crade et avant de me faire entrer, il laissait partir quelque hippie l’air assez repu.

Le punch de l’histoire, c’est que trois ans après que le prototype ait été achevé, il m’a appelé, un jour.

- T’as ouvert le calepin et t’es tombé sur ma page?

- Ouais.

J’y suis allée. Je venais je pense de vivre une défaite cuisante et je voulais refaire mes armes. C’était pas mieux qu’au temps où je séchais les activités neige, et je suis partie au beau milieu de la nuit, guérie et cynique, et je lui ai dit de rayer mon nom dans le calepin. »

 

 

Mais la première fois que j’ai vraiment aimé ça, c’était pendant Orange Mécanique

octobre 23, 2008

 

Musique : Lady Gaga, Beautiful, Dirty, Rich

Boucles d’oreilles : Sandrine Devost, Mademoiselle

Lecture : Cecily Von Ziegesar, It Girl

 

Il a plein de premières fois cutes, et pas juste dans les films ou dans les livres. Moi, à chaque fois qu’une fille me raconte qu’elle n’a pas eu mal du tout, qu’elle a quasi aimé ça, que son mec, même si inexpérimenté, était doux et expert dans l’art d’enfiler le condom en deux secondes sans débander, je trouve ça franchement douteux, et envieux. Je préfère les histoires sanglantes, le mec chiant qui voulait dès la première fois deux filles en même temps, le mec qui a eu mal au prépuce pendant deux jours ou la fille qui s’est faite éclater l’hymen sur la selle d’un cheval, à douze ans.

 

Ma première fois était à chier, j’ai demandé au mec de cesser de me pénétrer après moins d’une minute, je suis prête à parier (1000 dollars et plus). Et c’était moi qui voulait tellement plus que lui. Je sortais avec lui que pour en finir, que pour enfin sentir c’était quoi, faire l’amour. J’avais écrit dans mon journal intime, à neuf ans, que j’avais hâte de savoir c’était quoi. Trois mois après qu’il m’ait baiser, je cassais, au téléphone, comme une chienne, alors qu’il venait tout juste de fumer un joint, entouré de ses amis, dans un parc à Pointe-aux-Trembles. J’avais quand même passé de bons moments avec lui, genre regarder la taille de seins de sa sœur, affichée dans les soutifs qu’elle laissait traîner partout dans le sous-sol familial, genre me faire voir toute nue par son frère jumeau, qui a vargeait dans la porte de la chambre, jusqu’à ce que la commode, placéejudicieusement devant la porte, décolle contre le mur (c’est souvent arrivée, ça, avec d’autres mecs, me faire voir par leur frère, pendant que je suçais, encore habillée, ou pendant que j’étais à quatre pattes, le visage étouffé dans un oreiller, pas ma faute, j’ai jamais cherché cette attention, vraiment). Et comme autre bon moment partagé avec lui, la première fois de Misha.

 

J’étais frustrée contre mes parents. Je les avais pas suivi au chalet, dans les Laurentides. J’avais rempli un sac du dernier cd d’Alanis Morissette, d’une paire de jeans, de deux culottes, et d’un pyjama. Nous nous étions retrouvés quatre adolescents, chez Janvier, le copain de Misha. Ils avaient bu de la Labatt, sauf moi, because l’odeur de la bière me faisait vomir. Après avoir écouté Nightmare on Elm Street, je m’étais éclipsée avec mon mec dans une autre pièce et je le suçais quand Misha avait fait éruption, j’étais super gênée, je portais une culotte vraiment laide, et elle avait demandé à me parler, l’urgence et l’alcool dans la voix.

 

Elle m’avait dit qu’elle ne savait pas, qu’elle n’était pas sûre, mais qu’elle croyait que Janvier venait de la baiser, dans les douches. Elle n’était pas sûre parce qu’elle n’avait pas eu mal, et qu’elle était si saoule qu’il aurait pu juste la frôler avec son doigt, peut-être, et elle se sentait super mal, de pas savoir si elle vierge ou plus vierge, elle voulait pas demander à Janvier. Je l’ai trouvé super cute à ce moment-là, et peut-être que si j’avais été soûle à ce moment-là moi aussi, j’aurais bien voulu lui rentrer mon poing dans la chatte, juste pour s’amuser et pour voir si j’aurais des bouts d’hymen sous les ongles.

 

Finalement, après trois mois, je cassais avec mon mec, après quatre mois, elle cassait avec le sien et elle apprenait, deux ans après, que Janvier était putain de gai.